I§2
CLAUDE.
(t) La Ré-ponse deMr. Martel
a été impri-mée à Kauën yin 4, Van.Iâ 7 Z.
(c) C'était unjour de Cène.
(d) Abre'géde la Vie deMr, (Clau-de, M2.43.
Monsr. Martel , Professeur en Théologie à Montauban, avoir mission íynodale pour cela (£),il renonça à cette entreprise. S’étant oposé dans un Synode du bas Languedoc à un hom:<ne quela Cour avoit gagné, pour tenter des voies de réunion, il en fut puni par un Arrêt du Conseil,qui lui défendit d’éxercer son Ministère dans le Languedoc. II savoir éxercé huit ans à Nîmes.II s’en alla à Paris pour tâcher de faire lever cette défense -, 8c ce fut pendant ce voiage qu’il com-posa un petit Livre qui a donné lieu à la plus fameuse Dispute qu’on ait jamais vue en Franceentre les Catholiques &c les Protestans (B). Après avoir séjourné six mois à Paris fans obtenirrien, iL fit un voiage à Montauban. .11 y prêcha le lendemain de son arrivée (c), & accepta lavocation que l’Eglise lui adressa. Au bout de quatre ans, la Cour lui fit faire défenses d’éxercerfa charge dans Montauban j ce qui l’obligea de faire un second voiage à Paris. II y demeura près
de neuf mois, sans pouvoir forcer les barrières qtion lui opofoit pour son retour à Montauban .
Durant cet intervalle , il sut recherché par VEglise de Bourdeaux , mais celle de Charenton nesouffrit pas qu’on lui enlevât un homme cl'un fi grand mérite (d) : elle l’apella en 1 666. Depuisce tems-là, jusques à la cassation de l’Edit de Nantes, il a rendu de très-grans services à cetteEglise, Lc à tout le Corps, par ses excellons Ouvrages, & par le détail oti il entroit fur les affai-res que les Députez des Provinces lui communiquaient. Jamais homme ne fut plus propre quelui pour être à la tête ou d’un Consistoire, ou d’un Synode (C), ou pour disputer fur le.champ.Cette derniere qualité parut dans la Conférence que Mademoiselle de Duras souhaita d’enten-dre (D). II fut distingué des autres Ministres par la maniéré dont la Cour veulut qu’il se reti-
contra Reformât os l'tbrum qui Methodus dicitur , refutandumsufeiperet (i). II n’a pu letre avant l’année 1654: car,avantque de l’être > il avoit servi huit ans TEglise de Sainte Afri-que ( 2 ) ; 6c avant que de servir TEglise de Sainte Afrique, ilavoit été un an Ministre à la freine (3). Ajoutez ces neufans à 1645 , qui est Tannée de fa réception au Ministère (4),vous rencontrez Tan 1654.
Lors que la Bibliothèque de Monsr. Claude fût ven-due à 1 a Haie , on s’aperçùt qu’il avoit écrit beaucoup dechoses fur son Exemplaire de cet Ouvrage du Cardinal deRichelieu. Cela fut cause qu’il y eut des gens qui ^em-pressèrent à Tacheter. J’ai ouï dire que bientôt après ilfut envolé en France, pour être mis dans la Bibliothèque duRoi.
(i?) ll composa un petit Livre , qui a donné lieu à la plus fa-meuse Dispute qu on ait jamais vue en France entre les Catho-liques etr les Protestans (5).] Mrs. de Port-Roial aflìegeoientMr. de Turenne en ce tems-là, 8c se servoient contre luid’unc baterie assez bien imaginée. C’étoit de montrer queTon avoit toujours cru dans TEglise ce que Ton enseignedans la Communion de Rome touchant la réalité. Ils luimirent en main un petit Ecrit où ils prétendirent faire voirque le changement de créance , tel que ceux de la Reli-gion le suposent, est impossible. Madame de Turenne ,qui craignais toujours ce qui arriva enfin après fa mort,c’est-à-dire, que son mari ne changeât de Religion, le for-tifiait autant qu’elle pouvait. De là vint quelle fit faireune Réponse à l’Ecrit de Mrs. de Port-Roial. Mr. Claudefut chargé de la faire , 8c y réussit divinement. On latrouva si ingénieuse, fi délicate, fi forte, qu’on en fit fai-re plusieurs copies (6). Mrs. de Port-Roial aiant su celacrurent qu’ils ne pouvaient pas se dispenser de la réfuter.C’est ce qui a produit le fameux Ouvrage qu’ils publièrentTan 1664, sous le Titre de la Perpétuité de la Foi de VEgliseCatholique touchant l’Eucharistie. II contient le premierEcrit, 8c la Répliqué à la Réponse de Mr. Claude. CeMinistre , qui étoit alors à Montauban, composa une Ré-pliqué qui fut imprimée avec sa prémiere Réponse Tan1666 (7). Cet Ouvrage est intitulé, Réponse aux deux Trai-tez. intitulez, la Perpétuité de la Foi de VEglise Catholique tou-chant /’ Eucharistie. II fit un bruit extraordinaire ; desorteque tel Curé de village , qui n’avoit jamais ouï parler dedu Moulin ni de Vaille, savoit que le Ministre Claudeavoit attaqué d’une maniéré dangereuse le Saint Sacre-ment. Les Prédicateurs de Province , depuis les plus cé- ilébres jusqu’aux moins conus, affectèrent de prêcher pen- ’dant TOctave du Saint Sacrement > & en d’autres occasionscontre la possibilité de l’innovation : les Chaires ne reten-tissoient alors que de Paschase , de Lanfranc, de Ratram-ne, &c. II est certain que le' beau tour, la politesse, &T esprit, qui accompagnoient les raisonnemens solides deMr. Claude, contribuèrent extrêmement au grand bruitque fit son Livre ; mais il est sûr que T état où etoit alorsle Jansénisme fut une des principales causes de.ee grandéclat. Plusieurs Evêques étoient les amis déclarez de Port-Roial ; plusieurs autres les favorifoient fous main ; ce Par-ti avoit par tout une élite de Savans qui oioient parler ,(car le silence ne fut imposé qu en 1668;) & Ton ne sau-toir dire avec quel empressement les. Jansénistes prônoientles Livres de leur Parti. C’est ce qui fit qu’en travaillantpour leur propre gloire , ils firent voler par tout le nom& le mérite du Ministre Claude. Leurs ennemis travail-lèrent d’autre côté avec ardeur, quoi que par des voies in-directes 8c occultes, à faire valoir TOuvrage de ce Minis-tre (8 j: ils ne comptoient pour rien son triomphe, pour-vu qu’il servît de rabat-joie à Mrs. de Port-Roial. Celafans doute servit de beaucoup à rendre célébré le Livre deMr. Claude. Tant il importe de se produire sous certainsterns'(y) > & contre certaines gens, plutôt qu’en d’autrescirconstances ! Mr. Arnauld entreprit Ta Réfutation du Li-
(3) On le trotivoit a acheter chez, le Lit.rnire de f'An hevêque de Paris. Votez, la Pré-fet d* Livre de Monsr . Claude contre le P. Noiiet, (9) Quantum interefi in qu&tempera cujusqiie virtus inciderîr !
(1) A&aEruditor.Lipf. 1687,pag 658.Notez, queces paroles
corictones<]uotidiehabendícestent, nedoivent pasctre entenduescomme fi Mr.Claude a-voit préciséchaque jour.L’Abrégé defa Vie ditfeulement queP on prêchaittous les joursk Nîmes.Mais cetteEglise avoitfrets o u qua-tre Minifirespeur le moins •
(2) Abrégéde fa Vie,M- U.
(3) Lk-mé-me, pag. 10.
(4) Lk-me-
(?) Votez, ci-dejsus la Re-marque (O)de P .ArticleAunaud(Antoine)Òo&ettr deSorbonne ,
(6) Voici cequ*on dit dansla Préfacé dela Perpétuité:Ceux de sonParti la re*levèrentd’une ma-niéré extra-ordinaire ,
& ils lamultipliè-rent telle-ment parles copiesqu’ils enrépandirentpar tout v &dans Paris,Le dans lesProvinces,qu’elle n’estguere moinspubliqueque si elleítvo't étéimprimée.
(7) Voiezci-dejsus la Ci-tation (58)de P ^ArticleArnauld(Antoine)
Doíleur deSorbonne
vre de Mr. Claude, 8c publia un gros in quarto Tan 1669.Ce Volume fut suivi de deux autres qu-lque rems après.Mais, avant que ce prémier Tome parût, le Pere Noiietfameux Jésuite se mit sur les rangs, 8c publia un Livrecontre Mr. Claude auquel celui-ci fit une Réponse (10),que quelques-uns préfèrent à ses autres Livres, & qu’il re-gardent lui-même comme son Livre favori ( 11 ). Le PereNoiiet ne répliqua point, il se contenta de publier une Let-tre de 60 pages in 8 (iz). L’Auteur du Journal des 8a-vans tira son coup contre Mr. Claude , en donnant TEx-trait du Livre de ce Jésuite (13). II s’étendit fort fur lesqualitez 8c fur les maniérés de disputer qu’il faifoit entrerdans le caractère d’esprit de ce Ministre; 8c comme ce-qu’ildisoit n etoit rien moins qu’obligeant, Mr. Claude n’eutpas la patience de se taire. II publia une Provinciale (14)contre lui pleine d’esprit, à laquelle le Journaliste réponditquelque teins après (15). On en demeura là; mais à l’é-gard de Mr. Arnauld , il salut que Mr. Claude s’engageâtdans un travail bien pénible : car il salut batte bien du paispour éxaminer l’opinion de TEglise Greque , & celle desSchismatiques de T O rient ; il salut lire bien des Voiageurs,& bâtir bien des Hypothèses. Toute Thabileté de Monsr.Claude parut autant que jamais dans la Réponse qu’il pu-blia au I Volume de Mr. Arnauld. Les Jansénistes n’ontfait qu’une Réponse générale à ce Livre de Mr. Claude.II est vrai que pour ce qui regarde Topinion des Grecs, lePere Paris Religieux de Ste. Genevieve vint à leur secourscontre ce Ministre. La Dispute changea de matière quel-que tems après. Ces Messieurs publièrent leurs Préjugezlégitimes contre le Calvinisme , lesquels Mr. Claude réfutapar un des plus beaux Ouvrages que lui ou aucun autreMinistre ait jamais faits ; 8c qui demeura fans repartiejusques en Tannée 1684 ( 16). Monsr. Nicole répliqua en-fin cette année-là, par ses Prétendus Réformez convaincus deSchisme.
( C ) Jamais homme ne fut plus propre pour être à la têteou d'un Consistoire , ou iïun Synode. ] Cela ne sauroit êtremieux commenté que par les paroles que Ton va lire.„ Monsieur Claude excelloit sur tout à la tête d’une Com-„ pagnie : il a paru tel durant plusieurs années dans le Con-„ íìstoire de Charenton ; tel Ta-t-on vu dans plus d’un Sy-
„ node de TUe de France où il a été Modérateur.
„ Qu’on proposât dans le Synode des assures embrouillées„ par elles-mêmes , 8c plus enyelopées encore par le nua-,, ge que l’ignorance ou les détours des parties y répan-„ doient, Mr. Claude avoit un esprit de discernement íi,, juste , qu’il dévelopoit dans un moment tout ce cahos ;
„ il formoit une proposition claire 8c précise pour dire son„ avis nettement, comme li les opinions avoient dû rou-„ 1er fur un oui ou fur un non : caractère qui ne trompe„ jamais pour juger d’un homme qui préside dans une>, Compagnie , puis que le choix des matières & le beau„ jour où Ton les met est une marque certaine de la» présence , de la netteté, 6c de la force d’un grand gé-,, nie (17)
(V) ... ou pour disputer fur le champ. Cette .
qualité parut dans la Conférence que Mademoiselle de Du-ras souhaita d’entendre.] Cette Demoiselle (18) ne vou-lut point abjurer sa Religion , fans avoir fait disputer enfa présence Mr. l’Evêque de Meaux 8c Mr. Claude. Elleeut le plaisir qu’elle souhaita : ces deux illustres 6c braveschampions entrèrent en lice chez Madame Ta Comtesse deRoie fa sœur le r de Mars 1678. Chacun d’eux fit la Re-lation de la Conférence, 6c s’attribua Ta victoire. D’abordces Relations ne coururent qu’en manuscrit : mais enfin ,Mr. de Meaux publia la sienne Tan 1682 : celle de Mr.Claude la suivit de près. Les Journalistes de Leipsic n’ontpas distingué le tems de la Qonférence , d’avec celui oùles Relations parurent. Poftea, disent-ils (19), anno 1683,occafione illustris Durafite a Reformata ad Romanam relido-nem ’tranfeuntis Colloquium cum Epifcopo Condomensi , pos-tea Meldenfi, habuit , cuius relationem , ut notum est , ttttr-que edidit.
(10) Elit P
imprimée li 1 *166S.
(11) Volet-i’Abrégé
fa Vie, M*
(12) Elle‘Fadrejscc kMr. Claude& datée di* *d'OÛobre1668: c’efipourquoi e*^comprend P* Sce qu*il ditpaz . 5, que ctqu*il avofirépondu A ,Mr. Claude favoit occupece Mini fit e ,près de tr^ans: car 1 '®**vrage du P’Noiiet ne p*rut quevirs?fin de fa**?1 666 : les LÍ"braires ontmis a» Tin*166 /.
f 13 ) Dans tfJournal d*28 Juin1667.
ct» Q* 1
Erudit 0 *^16 i; r, r'*'661 .