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Tome second. C - I.
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rat dans les pais étrangers (E). II choisit la Hollande pour le lieu de fa retraite, & y fut très-bien reçu, & honoré d’une pension considérable par Monsieur le Prince d’Orange. 11 prêchoitde rems en rems à la Haie: ion dernier Sermon fut celui du jour de Noël 1686. II réussit au-tant ou plus que jamais : Madame la Princesse d’Orange fut très - satisfaite de cette Action. IItomba malade le jour même, & cela d’une maladie qui Pemporta le l ; de Janvier 1687. 11 don-

na dans le lit de mort plusieurs témoignages de fa piété, fie de la sincérité avec laquelle il avoitprofessé la Religion Réformée (e). Sa mort affligea tout le Parti, & fut d’autant plus sensibleaux personnes sages, qu’il n’y avoit guere que lui qui fût capable de redresser les égaremens oùquelques plumes téméraires précipitoient les esprits crédules, & de balancer la faction de cesgens-là. Plusieurs ont dit que s’il eût vécu plus long - teins, on n’auroit pas vu éclater tant dequerelles scandaleuses qui ont réjoui les Catholiques ; mais plusieurs autres croient & disent quenen n’eût été capable d’arrêter le branle que cette roue avoit déjà pris avant que Monfr. Claudemourût. Je ne faurois dire laquelle de ces deux opinions est la plus juste (f). H laissa un filsjqui étoit Ministre (F)-; & qui eut soin de publier plusieurs beaux Ouvrages du défunt. Je m’é-tendrois fur les éloges de Mr. Claude, & contre les déchainemens de la calomnie, si je ne voioisaans le Moreri de Hollande tout ce qu’un Dictionaire peut remarquer là - dessus. Je cotterai quel-ques fautes du Suplément de Moreri selon TEdition de France (G). Monfr. Paulian a fort maltraité Monfr. Claude dans íâ Critique des Lettres Pastorales de Monfr. Jurieu , & lui a donnéfaussement un Livre , 6c le dessein d’un autre Livre (H). II a même osé publier que fa mort avoit

fait

(, 20 ) ll y aDétembredan s r A.bré-

gf de sa Vie.Dans P Ex-trait qut lesJournalistesde Ltìpstc endonnèrent ,A&a Erudit.ï 6 S 7 , p 4 g-662 5 U y a,die 7 De-cemb.

(21) llltàì t

lui - mêmedans la pageSi è* 9) desîl-iintcs desîrotefìans,

(22) Abrégéde fa Vie,

lot.

(13) Là-mê-14.

( 24 ) Lk-me-W'ìpag. 15.

sis)

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75

' 74 ,

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(E) ll f u t distingué des autres Ministres far la maniéré dontla Cour 'voulût qu il fe retirât dans les Pais étrangers .] Voi-ci ce qu’on trouve dans la page 100 de l’Abrégé de fa Vie.Il avoit quinze jours comme les autres Ministres four sortirdu Roiaume : lés Ecclésiastiques trouvèrent moìen d’abré-ger ce tems ; car le lundi 22 d’Octobre (20) r68; > quifut le jour auquel l’Edit revocatif de celui de Plantes fut re~gitrê au Parlement de Paris, Mr. Claude reçut ordre a 10heures du matin de partir dans 2,4 heures (11). ll obéit avecun profond respeùl , «7 partit accompagné d'un valet de pieddu Roi qui devoìt le conduire jusques aux frontières de Fran-ce , csr qui exécutant fidèlement fa commission ne laijfa pasd agir honnêtement avec Mr. Claude, tant il est vrai qu ungrand mérite a du pouvoir fur les coeurs mêmes qui ri aimentpas nôtre Religion . Il prit à Paris le caroffe de Bru-

xelles son nom, qui marchait devant, lui attira plufieurs hon-nétetez dans (on voiage (22)- Il paffa par Cambrai ou ilcoucha : il y f M régalé de quelques rafraîchissement de la partdes Jésuites; le Pere Reffeur lui fit ïhonneur de le venir voir.I répondit a cette civilité, £7 la diversité de Religion n inter-rompu pas te commerce de complimens, V ces marques d uneestime réciproque. .

' 11 í ai -^ a un 1 ul 'W* Ministre .] II s’étoit marié

a Castres l’an 1648 (23). De ce Mariage sortit IsaacClaude, né à Sainte Afrique le ; de Mars 1653 (24).Son pere l’aimoit tendrement, & fut „ bien aise de voir» que son inclination le tournât du côté du Sanctuaire, &

» que ce choix qu’il fit & qui doit être si libre eût répon-

„ du aux inclinations de son cœur : il eut cette satisfac-

„ tion de trouver en lui un sujet propre à profiter de ses

„ lumières & de son exemple. II étudia dans les Acadé-mies de France fous les meilleurs maîtres, qui prenoientgrand foin de lui : il revint auprès de son pere qui ache-

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27 ani, queíf* Journalis-tes de Leipfic«mr bien dé'mêlé en sui-vant le Narréde Air. de Va.Deveze, <ie-leur fairefaire attentionk l’endroit

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de former ion esprit fur tout pour la prédication ,

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„ après quoi il fut examiné à Sedan au mois de Septembre„ 1678, & jugé très-digne dette reçu à la charge du Saint„ Ministère. 11 fut demandé par l’Eglife de Clermont en„ Beauvoisis à quatorze lieues de Paris dans le Synode de„ l’Ile de France, 8c son pere eut la consolation de lui im-,, poser les mains le 9 Octobre 1678 (2;) ”, & de le trou-ver Ministre de l’Eglise Wallonne de la Haie, quand il seréfugia en Hollande fan 1685. Isaac Claude mou-rut à la Haie, le 29 de Juillet 169;. II étoit de pere enfils le quatrième de fa famille qui eût éxercé le Ministère ;car son bisaieul étoit Ministre. Cette particularité a été«mise par Mr. de la Deveze. 11 a laissé un ou deux fils qu’onfait étudier.

(6) Ae cotterai quelques fautes du Suplément de Moreri se-lon l'Edition de France.j I. La Salvetat (26), patrie deMr. Claude, n’est point une petite Ville du haut Languedoc,non loin de Castres. II. II n’est pas vrai, que comme son peresouhaitait avec pajston de le voir promtement Ministre, il n at-tendit pas à le faire recevoir en cette qualité quil eût l’âge de7 -; ans. Mr. Claude fut reçu Ministre l’an 164;. II avoitdonc 26 ans, lors qu il fut admis à cette charge. Or c’estUn âge où ceux qui ont été destinez au Ministère, & quine font pas encore Ministres , commencent à passer pourvieux Propofans (27 ). II est donc faux que le pere de Mr.Uaude ait agi en homme impatient. III. Et il est absur-de de suposer que, pour satisfaire son impatience , il salutqu st s e servît de son crédit dans la haute Guienne 8c dans1 ? aut Languedoc. S’ìl avoit eu quelque impatience, el-ie letoit seuiement fondée sur ce que son fils fut reçu Mi-^fitre , n’aìant étudié que trois ans en Théologie ; maisun Proposant d’autant d’esprit que celui-là, 8c à í’âge qu’ilavoit, s’avance plus en trois ans que d’autres en quatre ouSi.PT IV. Mr. Claude ne fit point de Leçons publiques -derhéologie à Nîmes. II n’y eut jamais le grade de Professeur ;

^ “J,feulement des Leçons particulières : on le marqueostil c ' ans l’Abrégé de fa Vie (28). V. II est faux

voia-r^a ^^ a ^ déclaré qu’il n’entreprenost son premier■ e Paris, qu e p 0 ur montrer qu U n avoit aucune opofi -

Vr 1™ ^ojet de réunion que l’on machinoit en France,tuposition de l’Auteur du Suplément, que le Mi-

nistère fut interdit à Mr. Claude dans le Languedoc par unArrêt du Conseil, à cause de son éloignement du projet deréunion, est conforme au narré de Mr. de la Deveze (29).Mais si l’on supose que l’Arrêt du Roi contenoit cette rai-son ,.on se trompe lourdement. Or il faut qu’on l ait su-posé, puis qu’on a dit que Mr. Claude n’a pu prétendre sejustifier, qu’en témoignant du panciiant à la réunion. Pe-sez bien l’endroit du Suplément, où l’on veut convaincreMr. Claude d’avoir fait un acte de fourberie pendant ceVoiage , ce qu’on tâche de prouver par cette Remarque;c’est qu’ìl fit un Livre contre la Perpétuité de la foi : pesezbien cela , dis-je , & vous verrez que le Continuateur deMoreri supose manifestement que Mr. Claude ne travail-loit à faire lever k défense , qu’en déclarant qu’elle avoitété surprise , 8c qu’il n’étoit pas vrai comme on le fupo-soit dans l'Arrêt qu’il fût contraire au projet de réunion.Un Ministre , qui auroit tenu un tel langage à la Cour, 8cqui cependant auroit fait un Livre de Controverse tel quecelui de Mr. Claude , auroit fans doute été fourbe. Maisc’est une fausse imagination , que de dire qu’il se voulûtjustifier à la Cour par un tel langage. VII. Je crois très-fausse la raison qu’on donne dans le Suplément, pourquoiU ne s’engagea pas avec l’Université de , Groningue. J’aitoujours ouï dire qu’il n’y eut que les démarches du Con-sistoire de Charenton , 8c les prières de plusieurs particu-liers , qui déterminèrent Mr. Claude à remercier Mrs. deGroningue. VIII. II n’est pas vrai que fies Sermons n aientjamais été trouvez excellent par les Huguenots mêmes; car ilscontenoient tout ce que les Huguenots demandoient : ungrand ordre , une profonde Théologie, beaucoup de gran-deur Lc de majesté, une éloquence mâle, un raisonnementsolide. Ceux de la Religion ne font nul cas de ces orne-mens mondains , & de cette Rhétorique efféminée dontles Prédicateurs de l’autre Parti fe parent. Tout ce qu’onpeut dire est que Mr. Claude n’avoit pas la voix agréable ;8c c’est ce qui fit dire un bon mot à Mr. Morus (30):mais cela n’empêchoit point que ses Sermons ne fussenttrès-estimez. IX. Rien n’est plus faux que de soutenir queceux d entre les Calvinistes qui ont été éclairez ont reconu quele caractère de Mr. Claude étoit proprement celui d’un habileSophiste, c? d'un adroit Héclamateur. X. Et rien n’est plusadmirable que de prouver cela par les choses que peut avoirdites l’illustre Vicomté de Turenne ; car tout le monde faitque ce Héros , dont le génie étoit merveilleux poítr toutce qui regarde la Guerre, 8c les fonctions d’un Général, nese piquoit poiat de science, 8c ne pouvoir point être con-sidéré comme un juge compétent en fait de Guerres d’Au-teurs. XI. II n’y a rien qui fente plus le Roman, je dis leRoman forgé contre les idées de la vraisemblance, que ceprétendu projet de Mr. Claude , où les Ministres île voientdemander une Conférence avec les Evêques. II est de noto-riété publique que sous le régné de Mr. Claude, s’il est per-mis de parler ainsi, tant lui que les autres Ministres regar-doient comme des pièges toute proposition de Dispute oude Conférence. L’un â’enx (31 ) publia un Livre fur cesujet (32), où il montra qu’il faloit bien prendre garde dene donner pas dans ce panneau. XII. Je n’ai rien à diretouchant la mystérieuse Conférence qu’on veut que Monfr.Claude ait fait demander à l’Archevêque de Paris. On entrouve la Réfutation dans un Mémoire que le fils de cégrand homme a fait inférer dans I Histoire des Ouvragesdes Savons (33)* Voiez aufíì le Moreii de Hollande. C'eftune honte à notre siecle, qu on ait osé mettre a Paris dansun Dictionaire Historique un Roman st éloigné de la vrai-semblance , 8c que cette hardiesse n ait pas été châtiée.

XIII. Ce fut le 22 d’Octobre, 8c non pas le 22 Décembre1685, que Mr. Claude partit de Pans pour s’en aller à la Haie.

XIV. Enfin, il est faux que Mr. Claude soit jamais demeuréd’accord dc 1 infaillibilité dc 1 Eglise.

( H) Mr. Paulian lui a donné faussement un Livre, & ledessein d’un autre Livre. ] II le fiait Auteur de la Lettre dequelques Protestans pacifiques qui parut l’an 168;. II ditque Mr. Claude l’avoue lui-même dans quelques Lettres f& qu’une de ses intimes amies en avoit fait depuis peu l’a-

(í) Tire de^Abrégé défa Vie, com-posé par Mi\de la Deve-ze, Ministrede la Haie.J 9 ai reclifié Iaméprise tou-chant í* annéede la naissancede Air. Clau-de.

(f) Non noS-tmmintervQStantas com-ponere lites .Virgilius,Eclog. ///,Vers 108 ,

(29) Dans/’Abrégé déla Vie deMr, Claudéjpag. 19.

(30) Lorson com-mençoit à jet-tes les yeuxfur Monfr .Claude ,pourl* Eglise deCharenton , onle fit prêcher .

s issue dteSermon , Mr„Murrn dit , llaura toutesles voixpour luihormis lalìeane.

(3 t) C’est Umême qui de-puis a publié/’Hístoire .de l’Edit deNantes.

( 32 ) Il eneftparlé dans lesNouvellesde la Répu-blique desLettres,

Mois de Mas168ç, pag .

5 74 de la zEdit. Voiezaujst le Moisde Décembrede la mêmeannée ypag*

13 33 .

( 33 ) -j*

Mois de No-vembre 1689 ,

pa%. 133 à*juivantcSei