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Tome second. C - I.
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C O M A N E.

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( 8 )Strabo,

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/'L- 370.

de la Déesse, doté de beaucoup de terres, étoit desservi par un-grand nombre de gens, fous 1 au-torité d’un Pontife homme de grand crédit, & d’une telle considération , qu il ne voioit que leRoi au dessus de lui (B). Sa dignité étoit à vie (r). Plusieurs Dictionaires & autres Livresattribuent à Strabon-d’avoir dit que de son tems il y avoir plus de 6000 personnes consacrées auservice de Bellone à Comana de Cappadoce, & que ces personnes s entre-batoient 6e s entre-bles-soient tous les ans à certaines fêtes de la Déesse. Je ne pense pas que Strabon ait du autre cho-se (/), si ce n’est que lors qu’il fit. un voiage en ce lieu-la les Munit» de Bellone croient poude 6000 tant hommes que sommes. Ce qu’on dit de ces batenes a un autre fondement (C) IIdit touchant Comana du Pont, que c’écoit une ville fort peuplée, & toit 3 u j) ? £

rendoit une grande foule de monde, quand on célébrois la fete de la sortie de Bellone, & qu entout tems on y voioit beaucoup d’étrangers qui y venoient accomplir leurs vœux o c. m dessacrifices; qu’on y trouvoit aussi plusieurs femmes de mauvaise vie , dont la psopjt“nsacrées à la Déesse du lieu (g). II ne faut pas douter que ce ne fut 1 une des ^

les étrangers. Après la guerre de Mithridate , les Romains seculari eren q q r

Pontifica! (D), Sc en firent une espece de Souveraineté fans lui Oter l’intendance des choies

(e) Ibidem )t a g. 37 °.

(/) Ibidem,3 69 .

(;) Strabo,Ubr. XI,T a S- 385.

j or 'rendoit à Diane Taures olos. II ajoute qu Oreste, qui avoîtlaissé croître ses cheveux en signe de deuil, les laissa dansce même lieu de la Cappadoce , qui fut nommé Comanapour cette raison. Or comme il dit en un autre endroit (2),lors qu’il parle de Comana ville du Pont, quelle étoit con-iacrée à la même Divinité que Comana de Cappadoce , 8cqu elle en tiroit son origine ( 3 ) , il fait assez entendre ouqu il ignore, ou qu’il rejette la concurrence qui étoit entreces deux villes , 8c qu’il tient pour nulles les prétentions deceux du Pont. II est néanmoins certain qu’ils ne cédaientpoint aux autres la qualité de Chef d’Ordre , 8c qu’ils sevantoient d’avoir la vraie statue de Diane. En quoi ilsavaient pour rivaux , non seulement ceux de Cappadoce ,mais aussi les Lydiens : deforte que ce n’est point fous leChristianisme que les hommes ont commencé de fe que-reller fur la possession d’une relique ; car , lors que l’oncommença à s’attribuer en divers lieux la possession du vraiSt. Suaire, ou du chef de St. Jean Batiste, il y avoir très-long-tems que plusieurs Villes Païennes avoient disputé furla possession du simulacre de la Diane s atirique. Les La-cedemoniens prétendaient savoir; les Athéniens soute-naient qu’Iphigenie savait laissé dans leur pais (4). Leshabitans du Pont, ceux de Cappadoce > ceux de Lydie, s’en-tre-disputoient cette relique. Aixfiefíhiixev tu xxì vï» t>jai-

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ítSj'I ôe x,xí Avìa-t oíç eV/» A'lepn A’vxìtiÍlç.Cum adhuc adeo illustre fit Taurica Diana nomen, ut Cappa-oces cu m Euxini accolis penes utramfit gentem ejus Deafig-rium tnter fe certent, & Lydi etiam illi apud quos Anaïti-, ",fanum est rem controversam faciunt (5). Dion,a 1 égard du simulacre de Diane, donne tout l’honneur à Co-®ana de Cappadoce ; il ne parle point de la concurrencedes Lydiens, ni de celle des habitans du Pont. II dit feu-lement qu’il y avoir dans la Cappadoce deux Villes quiavoient le même nom, & qui n’étoient- pas fort éloignées1 une de l’autre. Chacune fe vantoit des mêmes choses ,8c contait les mêmes fables, Sc montrait les mêmes râte-lez ; chacune prétendait posséder le vrai couteau d’Iphige-nie. Mn^oÁoyhri xxì ê'ttxvéyxt tx te clááx ttxetx ex tx cftoía,

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íyxrr. CUm reliqua omnia fimilia utrinque fabulantur osten-tantque, tum utraque urbs glaiium habet quem verum Iphige-niaejse autumant ,(6). II n’y a point lieu de douter qu’ilne veuille dire que ces deux Villes de la Cappadoce se nom-maient Comana. Or comme ni les Historiens ni les Géo-graphes ne font point mention de deux Comana , situéessune près de l’autre dans la Cappadoce, il fe pourrait bienfaire que Dion fe fut abusé, n’aiant point mis comme Stra-bon , lune des deux Comana dans la Cappadoce, & l’autredans le Roiaume de Pont. Ortelius fe trompe lors qu’il as-sure que Dion a parlé de la Comana Pontique , 8c de laComana de Cappadoce (7). Peut-être que Dion a con-fondu ensemble Comana & Castabala ; car il est vrai qu’ilY avait dans la Cappadoce une Ville nommée Castabala, oùIon prétendait que s’étaient passées les choses qui fe di-foient d’O reste , 8c de la Diane Tauropolos. La Dianessui avait un Temple dans cette Ville avait le surnom dePerasia ; cela fournissait une preuve. Au reste , les Prê-tresses de Diane fe vantoient en ce lieu-là de marcher im-punément fur la braise. E’, to7ç «íaoiç Wi « tí; ni-

fiUTtXç A’çt SpLlb'oç hptv OTTtí 7 CL C, tspslaç yvrx'tcíç 7 0~ç 7T07Í

°i. cLvô^xxtxç fbxbt^etv xtt asfeïç , xxv txuB-cl 05 tiveç tí-v xvTpt

Iç-oplav T.V Tttpt 7& O 5jÍT.V XCU 7y t ç T XVpOTS'ÓAa. II.-

xixXr/j-B-xi (pXTxantc, è’ià t'o mÉpxB-ev xù/xixS-mxi. ApudCastabala Perafia Diani fanum est , ubì ajunt sacrifient mulie-res ilUfis pedibus per primas ambulare: atque ibi sunt qui autu-ment gesta qiu de Oreste V Tauropolo Diana seruntur : dictam-que Perafiam quod trans mare eo pervenerit (8).

( B ) Le Temple de la Déesse ... y desservi _. . . fousí autorité d'un Pontife qui ne voioit que le Roi au destus

de lui .] Les habitans dê’Comana étaient censez sujets duKot, mais il salait qu’ils obéissent au Pontife : A'at^î L»

7$ pn-rtAtl TCTxytxhôi , 7 Ù êì itplcn finrxxú^Tti. Régiqui em aliàs fubditi , fed Pontificìs tamen ditîo audientes. C estm p qu jv Strab on en parle dans la page 369. II ajoûte queTemnio étoit le Seigneur de la plus grande partie durevniLÍA & , des Ministres des choses sacrées, & qu'ss per-us les fruits des Terres qui apartenoieut au Tem-

(9) Ibidem }

3 * 4 -

(10) HutteÍArchelaum-Pompejus'Sa-cerdotem Bel *lonœ ac fo-

pie: en un mot, qu’il n’y avait personne dans la Cappa-doce après le Roi que l’on honorât autant que lui. De làvint que presque toujours il étoit de la famille Rafale. EVÌ»

&Toç ò'eúrspeç Kotrà Ttfiry tîj tícfss-^rcccsextçi /uncc jicttrthêoc»gû$ t? É'ZiriToa’sXÙ Toïï cí-Ótou yívyç ^<7ctv oi ìtpî Tç t c7ç fixcitevrl. Isfecundum regem in fummo est inter Cappadoces honore :plerum-que ex eadem familia funt Pontifices z? Reges. Strabon ob-serve à-peu-près la même chose touchant le Pontife de Co- mamnanmana au Roiaume de Pont. Ce Pontife étoit le secondaprès le Roi, 8c portoit le diadème deux fois fan lors qu’oncélébrait la sortie de la Décile. H’víxx à’iç toZ e iac « r«ç

ÈJ’oiïttç AsyoftÉtxç T3ç - 7 eh dícídcua injypcxve 0oociv 3 Ìeçe 'uç; , xxi

fi lEoTípcç xctrà Tly.ì.v y.srcl r c» 6 xtiáIx. Cum bis quotannism exitu quem vpeabant Dea diadema Pontifex gestaret ex honorefecundus à Rege effet (9). Je fai ces Remarques pour deuxraisons : i, afin de montrer que le même esprit, qui a faitdans le Christianisme que les gens d’Eglile ont obtenu tantde biens 8c tant d’honneurs, avoir déjà éclaté dans le Pa-ganisme : ainsi on a beau changer de principes 8c de dog-mes , la nature recouvre toújours ses droits ; ce qui estfondé fur les passions machinales est un domaine inaliéna-ble 8c imprescriptible ; on en dépossédé la nature pour untems fous les grandes révolutions de Religion, mais tôt outard elle se remet en possession. Voilà mon i motif. Le2 est qu’il me semble que le P. Noris a fait une faute, lorsqu’il a dit d’une façon générale 8c illimitée, que le mêmehomme étoit Prince 8c Pontife de Comana (io). Je croibien que Pompée conféra ces deux caractères tout à la foisà Archelaiis; mais non fie erat ab initio, au commencement lachose nalloìt pas ainst. Je raporterai deux Passages dans laRemarque (D), qui confirmeront ce que j’ai dit du grandpouvoir de ces Pontifes.

(C) Ce qu on dit de ces bateries a un autre fondements] LesPrêtres de Bellone avoient cela de commun avec les Prê-tres de Cybele , qu’en certains tems ils contrefaifoient lesEnthousiastes , 8c témoignaient par des postures dérégléesbeaucoup d’aliénation d’esprit. Ils n’épargnoient point leurpropre corps, ils en festoient couler du sang, 8c c’étoit unepartie de leur service divin. Lactance sa reproché au Pa-ganisme. Ab ìsto genere facrorum non minoris infania judi-canda funt publica ïlla sacra-, quorum alia funt matris Deûm;in quibus homines fuis ipfi virilibus litant : amputato enimfexu nec viros fe , nec fœminas faciunt : alia Virtutis , qtmmeandem Sellonam vacant , in quibus ipfi Sacerdotes non alieno,fed fuo truore facrificant. Setìis namque humeris, & utraquemanu difiriHos gladios exerentes , currunt , efferuntur , infa-mant (n). 11 y a bien de l’aparence que cette cérémonies’oblèrvoit dans Comane où Bellone étoit en si grande véné-ration ; néanmoins Strabon ne le dit pas : il dit bien qu’il yavait à Comana de Cappadoce beaucoup de gens inspirez oufanatiques; il n’ajoûte point nique les Ministres de Bellonefussent châtrez (12), ni qu’ils fe blessassent. Quelques-unsveulent que Valerius Flaccus ait dit l’une 8c l’autre de cesdeux choses ; car, au lieu de comatos , ils lisent Comanos danscet endroit du VII livre, vers la fin :

1 Qualis ubi attonitos mœfta Phrygas annua matris

Ira, vel exefíos lacerai Bellona Comanos.

princtpetn(utraqueenim dignitasUNI KI‘

V E M Q^U E

conferebatur')coriftituerat .Noris, Ce-notapû. Pi-fan, pag.zsSmVotez, ci~des mfus la Ttf"marcs. (C)de t'ArticleArchklaus»Roi de Cap-padoce.

(u) Laotant. Insti-tut. Divi-nar. Libr, I $Cap. XXI.

(12) xAucon*traire il faitmention deleurs Fem-mes.

OfAH yu'ictt'fí.Viri unacum mulie-

nbus . Stra-bo , Lìbr.Xíl, pa£.

Z 69.

(13) Appîen,faisant ledénombre-ment desRois & desPrincesconiiituezpar Pompéeen diverslieux del’Asie, n’ou-blie pointArchelaíis:Ejus etiamDe<e , (jua à.Cornants coli-tur , xArcht-laum fecitFlamìnem ,cuìvisDynajlít.parem opibtts „Appian. it%Mithridat.pag. m* i 6 S m

(D) Les Romains sécularisèrent en quelque maniéré ce Pon-tificat. ] Nous avons prouvé ci-dessus que Je Pontife de Co-mana ne jouïssoit point de la souveraineté : il avoir le Roiau dessus de lui; c’étoit du Roi proprement que.les habi-tans de Comana étaient sujets. Mais, lors que Pompéeeut fini la Guerre de Mithridate , il donna ce Pontificat àArchelaus, fans lui imposer djautre dépendance, que celleque le Peuple Romain se réservait quand il donnait unpais (13). 11 lui défendit seulement de vendre les habitans& quant au reste il leur commanda de lui obéïr. i 7 ?->

to 7 5 Èiioixi-I STEifráçxstV'aÒTÛ. tÚtoie pát «v iyenàiE ífxxtTîjií sróa.1» oìxíSETái'E UfoStíAaì xó/neç ee-Ary tu -on-ssçtÍTxei-i. Man-

davit inhabìtantibus Comana ut Archelao parèrent Horum ergo is Prinoeps fuit es-hierodulomm in urbe degentium Dominus]mfi quod vendendi eos non habebat poteflatem ( 14 h II aug- Sparaenta de 60 stades a la ronde les terres qui apartenoieut au doScTco-Temple (15). Ces paroles de Strabon, ils étaient là au(fi ".anis fuissepour le moins fix mille (ri 6), témoignent qu’il parle de Coma- '

miliia Sc amplius. afiub.n fe trnpr, «, Íins -U »7r..W ...«"Lyw'à

(14) Strab*

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(15) Ihid.

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