DASSOUCI.
^P’AÍTou.Cl > Atantu-les - r°«. n
M-47. '
(?) Là-mé-
(?) Là-mé-”“’P% 47.
W í.* ™;-
^danU’F.
t" ° c ' d “«-
‘“ r “>n\oi
L /)d ’a s -
l 0 u Cl,Avo„
[so Là-mê-
-47.
3 J Là-mè~
'>?->;. 2 49 .
rzr.
■Duc de St. Simon le fit entendre à Louïs XIII à St. Germain ( 0 ) (S). Il donna dans le gente dcce Prince (p) par une Chanson à boire qu’il sit, & que touc le monde chanta à la Cour. Le Roidepuis presta toujours P oreille à fies chants , C? lui permit Ventrée de son cabinet , & on appelia d'Adoucil hebus garderobin , pour ce qu'il avoit toujours [es luths dans la gar dérobé du Roi ( q ). 11 continua cemanege sous la minorité de Louis XIV. Ce jeune Prince lifioit les vers de ce Poète à son petitcoucher , fff rioit toujours & fort à-propos du bon mot , que bien des Courtisans , qui riaient à contre-temps , ne pouvaient attraper (r). II ne dédaignait point de prêter Voreille à [es chants , ny de les exé-cuter lui mefime (f). D'Adouci, voulant retourner à Turin auprès de leurs Altedcs Roíales (/),partit de Paris environ Pan 16 f f ,avec tant de précipitation, qu'à peine eut il le loisir de paier unepar-tie de ses debtes (u). 11 étoit accompagné de deux Pages de Musique (x). 11 n’arriva à Lion
S u ’ a près avoir esiuié plusieurs fâcheux accidents , & qu’après avoir fait conoissance avec un hom-^ qui a paru dans un coin des Satires de Monfr. Des Préaux , & qui par cette raison mérite uneplace dans mon Commentaire (C). 11 trouva bien des agrémens à Lion : il y donna fa Musique
a tous les Convents des Religieuses chantantes , & il n'y avoit pas une de ces filles devotes qui n'euft dejàsfie copie de son Ovide en belle humeur ( y ). C’est ainsi qu’il intitula l’Ouvrage, où il traduisit enXew burlesques une partie des Métamorphoses’ d’Ovide. II demeura trois mois à Lion parmi lesJ e ux, la Comédie, & les festins (z,) , fort caresse de Molière , & des Repars (à) , après quoi ilsjla à Avignon avec Molière (bb ), Sc puis à Pezenas où fe tenoient les Ltats de Languedoc (cc).H ùit nourri par ces Comédiens tout un hiver (c/z/), Sc il reçut des préfens considérables du Prin-ce deConti, de Monfr. de Guilleragues , & de plusieurs personnes de cette Cour (£<?). II avoitperdu Pun de fes Pages de Musique , ÔC comme il se trouvait tout porté dans la Province de FranceVsi produit les plus belles voix aufii bien que les plus beaux fruits , il ne voulut point s’en retourner enr lemont avant que de faire une tentative pour remplir la place vacante. 11 suivit Molière jusquesNarbonne (//). H fut ensuite à Montpellier, & y courut risque de la vie. Cet accident estdevenu fort fameux par la Relation du Volage de Mrs. de Bachaumont, Sc la Chapelle (Z)). J’en
par-
(B) Le Duc de Saint Simon le fit entendre à Louis XIII as t-Germain.] Si l’on s'en tient à la narration de l’Auteur,Jet avantage lui fut procuré Fan 1640, plus ou moins ; caril supoíé qu’en 1655, un valet de pied du Roi lui dit, ily u plus de quinze ans que je vous connois, ce fut moy qui vousallay quérir quand Monsieur le Duc de Saint Simon vous fitentendre au Roy à St. Germain (9). Cela montre qu avantce tems-là , le Sieur d’Adouci n’avoit point été admis au-près de ce Prince. D’où vient donc qu’il assure en un au-tre endroit (10) qu’il a diverti vingt ans durant le Roy LouisXIII. Ce n’est pas la prémiere fois que j’ai observé queks Auteurs nc font pas de bons Chronologues dans leurpropre Histoire. Notez que notre homme nous aprend Çi1)q.u’il a été au service de Mr. d’Angoulême fils naturel deCharles IX, 8c qu’il triompha de tous les efforts qu’on fitpour l’en débusquer.
(C) Il avoit fait conoiffance avec un homme qui a paru dansun com des Satires de Mr. Des Préaux, es? qui par cette raisonmérité une place dans mon Commentaire.] O’Adouci, dansle récit de son voiage de Chalons fur Saône à Lion, nousconte qu ayant fait dire à, fes Pages de mufique plusieurs chan-sons touchantes e? passionnées (11), il attira un Auditeur qui
e 01 aveugle » & qui avoit de chaque coflé des mandibulespour Le moins un bon quartier d’oreiUes_/ï belles v fi vermeil-les, que bien que son nez. ne fujl pas moins haut en couleur, onavoit de la peine d juger qui emportait le prix , ou la pourpre desonnez , ouïe cinabre de fes oreilles (13). Interrogé qui il
étoit, il répondit ( 14 ) : ” Je fuis.des defeendans
„ d’Homere , & j’oze dire que j’ay encore quelque avan-„ tage fur ce divin personnage ; car bien qu’il fust aveugle„ comme je fuis , 8c qu’il chantais fes vers publiquement„ par les portes comme je chante les miens, il n’avoit que„ la jambe velue, 8c moy je fuis velu comme un ours par„ tout le corps. ... Je fuis Poète 8c Chantre fameux,„ mais un Chantre doué d'un organe si puissant , 8c d’unej, voix si éclatante 8c si forte , que pourveu que j’aye pris-, feulement deux doigts d’eau de vie , si je chantois fur-> le Quay des Augustins, le Roy m’entendroit des fenes--> tr es de son Louvre. Cela dit, fans attendre d’estre prié,-- d tira de fa poche un petit livre couvert de papier bleu,-- & l’ayant donné à un jeune garçon qui luy servoit de-> guide, ils unirent tous deux leurs voix , 8c tous deux le-- chapeau fur l’oreille, ils chantèrent ces agréables chan--, sons :
Hélas mon amy doux, es?c.
-> Et cette autre que chantoit autrefois Gautier-Garguille,
„ Baifez-moy Julienne.
„ Jean Julien je ne puis.
-, Après cclle-cy il en chanta une de fa façon toute nou-,, vellcment fabriquée, dont le titre estoit celuy-cy : Chan-„ son pitoyable es? récréative fur la mort d'un Cordonnier , qui» fe coupa la aorte avec son tranchet , pour fe venger de l’insi--- délité de fa femme ”. On voulut savoir son nom & leHeu où il tenoit son Parnasse. Je mapelle , dit-il , Philip-pot a -voflre fervhe , autrement le Savoyard , C? 1 /* vous pajsez,jamah s tí r l e Pontneuf.cefi far les degrez, de ce Pont que vousverrez, mon Parnasse; le Cheval de bronze est mon Pegaze, es?j sntaritaine la fontaine de mon Hélicon ( IÇ)- 11 donna llnífj? L Vres de Chansons à d’Assouci (1 6). fi eu mon pere,J t'*' 1 } (H) , Á qui Dieu fasse paix, a chante mille sots
es c anfons de Guedron es? de feu Boesfêt.di on laisse passer plus d’un siecle fans faire des Com-mentaires fur les Satires de Mr.Des Préaux, il s’y trouveratome u.
des endroits moins intelligibles que les plus obscurs quel’on trouve dans la Confession de Sanci, & dans le Catho-licon. Et je fuis persuadé qu’un Commentateur de ces 8a.-tires au XIX stecle feroit ravi de rencontrer ce petit mor-ceau de l’Histoire d’un fameux Chantre du Pont-neuf, 8cque volontiers il en orneroit fes Notes fur cet endroit-ci:
Le bel honneur pour vous, en volant vos Ouvrages
Occuper le loisir des Laquais es? des Pages ,
Et souvent dans un coin renvoiez à l'écart
Servir de second tome aux Airs du Savoiard (18).
(D) il courut risque de la vie à Montpellier. Cet accidentest devenu fort fameux par la Relation du Voiage de Mrs. deBachaumont es? la Chapelle. ] Comme cette Relation est en-tre les mains de tout le monde, je n’en tirerai qaie le grosde ce qui concerne notre Musicien. Mrs. de Bachaumont& la Chapelle racontent qu’ils' arrivèrent à Montpellier lejour qu’on y devoir brûler d’AJfouci pour un crime qui étoiten abomination parmi les femmes. Ils décrivent fort plaisam-ment l’indignation du beau sexe , sis assurent qu un hommede qualité avoit fait sauver le snalbeureux, & qu’à cause decela les femmes faifoient une sédition dans la ville , es?quelles avoient déjà déchiré deux ou trois personnes pour êtreseulement soupçonnées de conoitre d’Astouci; qu’ils eurent peurd’être pris aussi pour ses amis , & qu’ils sortirent prompte-ment de cette ville; qu’ils le rencontrèrent avec un page as-sez joli qui le fuiytit; qu’il leur conta en deux mots toutesses disgrâces ; qu’après avoir vu plusieurs villes de Proven-ce , ils allèrent a Avignon, 8c qu’un soir qu ils prenoient lefrais fur le bord du Rime par un beau clair de lune, ils ren-contrèrent le Sieur d’Aíîûuci, 8c le questionérent assezmalicieusement ;
Ce petit garçon qui vous fuit ,
Et qui derriere vous fe glisse ,
Que fçait il ? en quel exercice,
En quel art, l’avez-vous instruit ?llfçait tout, dit-il; s’il vous duit,
Il est bien à vôtre service.
Nous le remerciâmes lors bien civilement , ainsi quevous eussiez fait, 8c ne luy répondîmes autre chose,
Qu adieu, bon soir > es? bonne nuit ;
De vôtre Page qui vous fuit ,
Et qui derriere vous fe glijfe ,
Et de tout ce qu il fçait aussi,
Grandmerci Monfíeur d Ajsoucy ;
D’un si bel offre de service ,
Monsieur d’Affoucy grandmercy (19).
II y a très-peu d’Ouvrages d’esprit qu’on ait autant lu 8cadmiré que la Relation du Voiage de ces deux Messieurs,8c par là ils ont contribué 'plus que personne à rendreodieux , méprisable, 8c abominable le nom du Sieur d’As-souci. On a débité, que fes ennemis , pour le détruire , avoientfait voir cette Relation au Pape Clément IX (zo). Celaétoit un peu délicat ; car elle contient un endroit assez ma-lin , 8c fort capable de déplaire à la C.out de Rome. C’estcelui où 1 on supose que d Assouci , échapé aux flammesde Montpellier , elt h.ors de crainte , puis ou il í*c trouveà Avignon:
Mais enfin me voila sauvé;
C a u j e fuis en terre Papale (zi\
Ii " Le
(y~) Li-ml-me,pag. ixS,
(r.) Là-mì-me.
(aa) C’étoientdes Comédiensassociés à.
Molière.
(íb) D’As-souci, Tom.I>pag. 309.
(cc) Là-mê-me,pag. 3 is.
{dd) Là-mê-me, pag. 316,
(ft) Lh-mê-me,pag. 3 iS.
(ff) Là-mi-me,pag. z 15.
(iS) DesPréaux, Sa-tire IX, 7s,7í.
(19) Voiagede Bachau-mont & laChapelle,pog.rn. 7 s.
(20) D’As-souci, Avait-tûtes, Tom.It, pag. 271.
f 2 t ) Voiagede Bachau-mont , pag.75.