(8) Herod.Libr. III,Cap. LXVIII,LXIX.
(») Idem,Lit, Vil,Cap.CCXXIV.
(io) Hieio-rymus inCap. XIDanielis,aputl Chris-tianuraMatthiz,in TheatroquatuorMonarch.pag, m. 207.
24S D A R I U S. D A S S O U C I.
Cet Auteur a très mal compté les expéditions de ce Prince (O).
Usurpateur, découvrit qu’il n’avoit point d’oreilles , ce quifit conoitre pleinement Imposture (8). Darius prit en-core à femme Phratagune, fille unique 8c héritière univer-selle d’Atarnes, qui étoit frere de Darius (9). Voilà debon compte six femmes de ce Monarque mentionnées parHérodote. On lui en donne une septième, qui avoit nomPantaple, 8c qui avoit été au faux Smerdis (10).
(D) Moreri a tres-mal compté les expéditions de ce Prince .]La Critique que j’ai à faire présentement n’est pas fondéefur ce qu’on a dit que Darius fit cinq expéditions considéra-bles ; mais fur ce qu’après avoir ainsi débuté , on n en amarqué que trois , celle de Samos, celle de Babylone ,celle de Scythie. Ceux qui voudront démêler 5c devélo-per les deux autres seront obligez de compter pour la qua-trième , ce qui n’est qu’une branche ou qu’une queue de latroisième, 6c de joindre cette queue avec la campagne deMarathon- Après quoi il faudra qu’ils prennent pour lacinquième le châtiment des Egyptiens soulevez. Ainsi,en devinant ce qu'un homme a voulu dire, 6c en le tirantdu cahos d’une Narration très-confuse, on parviendra aunombre promis, je veux dire à cinq expéditions, mais enmême tems on découvrira bien des bévues. Voici les pa-
roles de Moreri. Darius en s'en retournant de la Scythie,laissa son Général Magabyze avec 80 mille honpmes pour con-quérir l'Europe. Elle ( 11 ) efi mémorable par la défaite des
Perses en la bataille de Âlarathon . son armée composée
de plus de 500 mille hommes fut défaite par 11 mille Athéniens.Que Megabyze ait été laissé en Europe avec un détache-ment (iz) de farinée de Darius, ce n’est qu’une queue del’expédition de Scythie. Réduire à une seule expédition lesexploits de Megabyze, 8c la bataille de Marathon, c’est con-fondre prodigieusement les choses. II y a vingt ans d'inter-valle entre l’expédition de Scyfhie, 6c la bataille de Marathon.C’est dans cet intervalle que l’on a coutume de mettre laquatrième expédition de Darius ( 13 ), qui est la Guerre d'ío-nie (14), pendant laquelle les Athéniens secoururent le re-belle Aristagoras, 8c l’aidérent à brûler la Ville de Sardes. Etce fut pour se venger de cet affront, que Darius fit palier enGrece une formidable armée, qui fut batue à la plaine deMarathon. C’est ce que l’on compte pour la cinquième ex-pédition de Darius. Quant à ce qui concerne la révolte desEgyptiens, il mourut en faisant des préparatifs pour la pu-nir (15). II n’emploia donc pas des troupes contre eux,comme l’affùre Mr. Moreri.
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Llir. mCap. iV-
00 D’As-souci, a » IITome de ses
Aventures,
55.
(£) C k-mê-me, ?«-L. 5 7.
(c) Lk-mê-me»p*x. 5 S.
{d) Là-mê-54 -
(í) Lk-mê-me:
(/) Lk-mê -me ,/mç. 6r.
(g) Lk-mê-me , pqg. 64.
(h) Lk-mê-pag< 6-.
(i) D’As-souci, Tom.21, de ses
Avanturcs,
5 8 érjuiv .
(a) Lk - mê -
me, pag. 6a,
63 .
' D ASSOUCI, ou D’A SSOUCI (Charles Coypeau, Sieur) Musicien,& î-oëte François, au XVJI siécle. 11 a publié lui-même d’un ítyle presque bouson scs Aven-tures qui font très-bizarres. II raconte qu’il eít né à Paris (a) ; que son pere Maître GrégoireCoypeau Sieur d’Assouci, Avocat au Parlement (b), fils d’un Cavalier Cremonois nommé d’Ag-nanis excellent faiseur de violons (c) , étoit de Sens en Bourgogne {d) ; que íìi mere étoit Lor-raine (e) , fort petite, & fort bilieuse; 6c qu’il y eut si peu de concorde entre son mari & el-le (yí) , apfapres avoir partagé leurs enfans (fi leurs biens , ils se séparèrent volontairement VuncleVautre (f) ; qu’il demeura auprès de son pere dans Paris, 8c qu’il fut si maltraité par la servante ,que cela lui fit faire souvent des escapades (g), 6c qu’à l’âge de neuf ans (h) il prit son vol jusques àCalais (i), où il fit acroire qu’il favoit l’Astrologie, 6c qu’il étoit fils de ce grand (fi fameux faiseurd'horoscope {k) nommé César (/); qu’aiant guéri par un petit tour de souplesse un malade d’imagi-nation , il pastà pour un célèbre Magicien ( m ) , quoi qu’il n’eût encore que neuf ans ; que ceuxqui Vavoient reçu dans leur logis, aiant eu le vent que le sot peuple le vouloit j et ter dans la mer .. ., lefirent sortir secrètement de Calais (n). Je n’ai trouvé la fuite de ses Avantures qu’au tems que le
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{A) Sa mere étoit . fort petite z? fort bilieuse, &
il y tut . . . peu de concorde entre son mari Z 7 elle. ] On vavoir un éxemple des déréglemens de plume à quoi s’expo-sent ceux qui s’érigent en plaisans, 8c en Ecrivains burles-ques. Ils se trouvent engagez à divertir le public à leursdépens, & à boutonner contre eux-mêmes, 8c contre toutce qu’ils devroient le plus épargner. Voici comment notred’Assouci parle de fa mere : „ C’estoit un petit bout d’A-„ masone, prompte 6c colere, qui pour réparer les deffauts„ de fa petite taille, portoit des patins si hauts, que qui en„ auroit fendu le liege , en auroit fait aiscment de fort,, beaux cotraits de l’école; si bien qu’elle ne 1e déchaussoit,, jamais fans perdre justement la moitié de son illustre„ personne. C’est pourquoy mon pere, qui n’estoit pas tant,, ipirituel qu’il ne fuit encore attaché à la matière, difoit„ que ma mere estoit si petite qu’elle sc perdoit dans le lit,„ 8c ne la trouvant point dans les draps, se plaignoit qu’el-„ le n’avoit point de corps , 8c qu’elle estoit tout esprit.„ Mais en récompense , outre la qualité qu’elle avoit de,, chanter comme un Ange , 8c de jouer divinement du,, lut, elle estoit douée d’un si merveilleux esprit de con-„ tradiction 8c d’une humeur si impérieuse , que durant,, quarante ans , n’estant encore jamais convenue avec„ mon pere l’Avocat d’aucune chose , Monsieur l’Avocat„ mon pere n’ozoit presque plus ouvrir la bouche, de peur,, de faire un outrage à fa capacité. Et quoyque je fusie„ encore bien jeune, il me souvient qu’un jour mon pere„ parlant des Loix , 8c ma mere en voulant parler auffi,„ ils eurent un si furieux contraste fur un passage de Justi-„ nian, qu’ils mirent tous deux l’épée à la main, 8c se bat-„ tirent en duel pour l’explication de la loy, Frater à sra-,, tri; ( i ) ”. Un peu plus bas, il ne fait point dificulté dedébiter que son pere avoit fait de sa servante fa concubine.Estant soumis aux caprices dune servante, je comment ay àgoûter les aigreurs de la vie auparavant que dlen avoir reffentyle s douceurs. Car cette servante, ou plut ost cette maiftrese ,qui avoit des libertez avec mon pere que je puis bien donner apenser, mais non pas a lire, ayant autant de haine pour moy,que f en avois pour elle, il n y avoit point d heure dujour quenous ne fusions aux couteaux (z).
Un homme de son humeur avoit lu sans doute les Ecritsdu Pere Garasse, 8c je m'imagine qu’il en tira çe qu’il ta-pette touchant les patins de fa mere ; car voici un Passagede la Doéfrine curieuse de ce Jésuite. ,, Sainct Vinc.nt,, Ferrier raconte dans l’un de ses Sermons > qu’un hom-„ me d’honneur de son temps s’estant marié par procureur„ avec une femme , laquelle peut-estre n’avoit-il jamais,, veue qu’en peinture , de bonne 8c belle taille en appa-„ rence, se trouva bien trompé lors qu’il la vid dans fa,, chambre fans patins , car elle avoit diminué 8c descreu„ de la moytié , ce qui l’essraya si fort, que s’addressant„ à elle il luy tint ce discours à demy en cholere. Vbi po-,, fuisti reliquum perfona tua ? où avez-vous laissé le reste de„ voflre personne ? C’est qu’elle s’estoit deffaicte de ses
„ patins, qui la faisoient paroistre une autre fois plus gran- t.
„ de qu’elle n’estoit (z) ”. Si d’Assouci avoit lu les Mé- Q) G ? r fmoires de Brantôme, il auroit apparemment ajouté à ses cufieusoexpressions fur les patins de fa méfie quelque allusion à la fis 3 :>massue d’Hercule, quand ce n’eût été que pour déguiserson larcin. Lisez ce Passage : „ 11 me souvient, qu’une», fois à la Cour, une Dame, fort belle 8c de riche taille,
„ contemplant une belle 8c magnifique tapisserie de clias-., sc, où Diane, 8c toute la bande de vierges chasseresses„ estoient fort naisvement représentées, 8c toutes vestues„ monstroient leurs beaux pieds 8c belles jambes, elle„ avoit une de ses compagnes auprès d’elle, qui estoit dc„ fort basse 8c de petite taille, qui s’amusoit auffi à regar-„ der cette tapisserie, elle luy dit : Ha petite, si nous nous„ habillions toutes de cette façon, vous le perdriez comp-„ tant, 8c naîtriez grand advantage ; car vos gros patins„ vous decouvriroient, 8c n’auriez telle grâce en vollre„ marcher , 8c à monstrer vostre jambe comme nous au-„ tres, qui avons la taille longue 8c haute ; parquoy il vous„ faudroit cacher, 8c ne paroistre gueres : remerciez donc„ la saison, 8c les robbes longues que nous portons, qui„ vous favorisent beaucoup , 8c qùi vous couvrent vos„ jambes si dextrement qu’elles ressemblent avec vos grands,, 8c hauts patins d’un pied de hauteur, pîustot une„ massue qu’une jambe ; car qui n’auroit de quoy se bat-„ tre , il ne faudroit qhe vous couper une jambe , 8c la>, prendre par le bout, & du costé de vostre pied chaussé Q) $ c s°„ 8c enté dans vos grands patins, on feroit rage de bien > ne> (mv„ battre (4) Jules Cesiir Scaliger observe que les sent- mes r »»».hmes d’Italie portoient de fort grans patins, 8c que son pereavoit coutume de dire, que les maris qui avoient de telles e , c*'femmes n’en trou voient au lit que la moitié, l’autre moitiéétant restée dans la chaussure. Soccus humilis est. Italas y^ c . Ls,mulieres alftjstmis usas vidimus , quamvis diminutiva voce dt- / ; c,tp- M 'cant Socculos. Patris meiperfacetujn didlum memìni, Ejusmo- pag. ri, ‘* ’di uxorum dimidio tantum in leClis frui maritos, altero dimi- . >dioin stoccis depostto (5). Un de ces maris sc plaignoit fort ; t ioì«,plaisamment d’avoir épousé une femme impartie, moitiéde bois 8c moitié de chair (6). Scioppius sc figure qu’il atrouvé dans Juvénal qu’en certaines femmes les deux por- s;if t di‘ rrions de ce partage n’étoient pas égales , 8c que le corps ssfcofhumain ne devoir être considéré que comme l’appendix. rset'-st^-Les Editions portent:
Si breve parvi
Sortita est lateris spatium, breviorque videturVirgine Pygmaa, nullis adjuta cothurnis,
Et levis ereílâ confitrgit ad ostcula planta (7).
Mais Scioppius, au lieu à’adjuta , veut qu’on lise adjuncîa ,8c il confirme par un éxemple fa conjecture : ParvampuelU staturam exprimit, dum eam cothurnis adjunâìam ait,stcut Cicero de genero suo, quis meum generum alligavit gU-dio (8)?
S%9-