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Tome second. C - I.
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DASSOUCJ.

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fci'sonnes ; & cela lui fit grand tort. 11 s’aperçut que l’on se refroidissent envers lui, & lepis fut qu’aiant demandé son congé ou son érabhísoment (»«)•* il obtint à son grand regret lapremiere de ces deux choses (oo). Je ne puis donner la fuite de ses Avantures, je n’ai eu enmain que les trois prémieres Parties de l’Hiíloire qu'il en a faite. Je me souviens qu’environ Panl674 il publia deux petits Volumes qu’il avoit composez dans les prisons du Chatelet de Paris, ily etoit détenu encore , & je ne lài point les particularitez de son élargissement. On n’a pas besoinde consulter les Satires de ses ennemis, pour former de lui une très-mauvaise opinion. Ce qu’ilavoue, ce qu’il raconte lui-même , susit pour cela. Je ne íài si présentement (pp) on pourroitobtenir un privilège à Paris pour faire imprimer un Ouvrage semblable aux Relations de notrePoète burlesque j car elles sont parsemées de profanations. Et notez qu’entre autres crimes on1 accusa d’impiété : cependant il fe glorifie d’avoir pris la plume pour la défense de P Eglise Ro-maine (F). II se plaint de Mr. Boileau, qui n'avoit pourtant rien dit que ce qu’il faloit contrele Burlesque (G). L’endroit, où il parle de quatre Poètes fols (qq ), est divertissant : je n’en co-pierai que ce qui concerne celui qu’il nomme, Lc qui est Auteur imprimé ( H ). II eut entre au-tres

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un barbet , par tout on voyoit mon Luth cy Pierrotin à faJuttc-,par ce moyen je devins en peu de temps la plus devote per-Jonne du monde ; car il ne faut pas croire que cette pieuse Prtn-Ce If e > qui pleurait ordinairement aux Autels, eust crû satisfaireaucunement à fa pieté, assistant à une seule Mejse, il luy enJaloit tous les jours pour le moins deux , cy le plus souvent trois,durant lesquelles je faifois une tres-longue cy tres-devote Musi-que , cy toûjours a deux genoux. Juges , LeSleur ,fi je ne devoispas estre tout à Dieu; cependant, je t’assure que la chose à qttoy]t pensois le moins c estait de l’importuner de mes prières. Apol-

qui par tout me tenon au colet, me pardonnait eneoremoins en ce Saint lieu , j'y avois toûjours l'imagination rempliede l'idée de quelque beau motet ; cy quoy que les paroles que jemurmurais entre mes dents, fussent toutes saintes (y sacrées,te n’étoit pas tant pour la gloire de Dieu, que je les voulois unir« mes chants, que pour la satisfaction de cette Divinité mortel-le : qu alors, moy malheureux, j'eusse préféré à la Divinitémesme (41). Voiez la marge (43 ).

(F) ll fe glorifie d’avoir pris la plume pour la défense de

I Eglise Romaine . ] L’une des extravagances dont il blâmeses, ennemis est de lavoir accusé d’irreligion. Vous avezcte assez médians & assez sots, leur dit-il (44), pour avoir

•fait paster . pour impie celuy que Dieu ria exposé à vos

persécutions,que pour le raffiner dans l'exercice de la pieté;pourun Ecrivain ennemy des choses sacrées, celuy qui dans ses écritsa deffendu Rome des attentats de ïennemy de fa gloire cy de fes-dutels, cy qui a employé toute son ancre cy répandu tout sonencens en saveur de fes saints Ministres ey de fes sacrez. Pré-cis. II ne devoit pas se faire un mérite d’avoir entreprisUn tel Ouvrage : la dévotion y eut-elle part ? Ne fut-cePas plutôt pour obtenir quelque récompense ? C’est là le-toile polaire des Ecrivains comme lui : ils passent d’un sujetProfane à un sujet tout céleste, dès que l’espérance du gainfe montre de ce côté-là (45) : Graculus efuriens, in cœlum,jujseris, ibit (46).

(G) n j- e pi a - ínt j\i on f r< Boileau, qui n avoit pourtant rien

lé nV ' " 'K‘ i faloit contre le Burlesque.] D’Assouci réfute

leux M'il peut (47 ) ces paroles de Mr. Boileau,

. .. .. QFenfin la Cour désabuséeeprijâ de ces vers ï extravagance aisée.

dit-il (48), de toucher un faquin qui rid deu e chose; m a is n e ji y ten ma l a ifé d'émouvoir un Stoique cons-pe qui ne rid de rienc est pourquoy, quoy qu on die de l'hé-

1 “ S en f aut ^ ten q u 'H soit de fi dijficille accez que lepierres S ^ UC ’ ^ Ut dernier effort de l'imagination, ey laca rre < B t0líC r ^ e à bel esprit, ey non pas encore de tout esprit ;aut ^ our . J réussir il ne suffit pas d’avoir de l’esprit comme unre , 1 faut estre doué d'un génie particulier, qui est fi rareR Z/Z e ™ ent cn n-oflre climat, que hors de deux personnes,■ . % ran ff q ue je fois l’une, chacun fiait que tout cequi s est mefle de ce Burlesque ria fait que barbouûler du pa-

tant dèparties ‘excellâtes, Ce ,,^’ UrieS fi Ue & */ „ . jf. »• . . ntcs “t détours a^reables^apres avoir h

c’TJT f íaZ nV a rr* r r ce -’ a ceffé de divertir íostre Cour,(•fi ^ e , . • Ce ff e vivre, ey que j’ay ceffé d’ester ire ; cy

fije voulois commuer mon Ovide en bill/humeur, cette mesmeCour qui fe divertit encore aujourd'huy des vers que je luy pré-senté, s en àivertiroit comme autamì . “ J V-z. ■

a,.: ■ ± -ni t.-, a r- ali t ar avant , ey mes Libraires

yut ont rimprime tant de fois cet QiLntvn** r • *

Ai,m,. ( 4 ?) : Un hoSSÍ?,’“jfcnfcT

peinent k haute opinion qu’il a conçue de fes Poclessera, ii l’on veut, un témoin peu digne dc foi à le-ard deslouanges qu’il fe distribue a foi-mcme ; mais lors mi’st décla-

5e M a u f0rt sensib e a lmJUre c0ntenue dans ces paro-cs ae Mr. Boileau, l

Et jusqu à d'Affoucy tout trouva des testeurs ,

II passer pour un témoin très-sincere. „ Ha ! cher

" ^eeteur , si tu sçavois comme ce tout trouva me tient" vœur, tu plaindrais ma destinée^ j’en fuis inconsola-” c ’ dc je ne puis revenir de ma pâmoison, principale-" ™ ent quand je pense qu’au préjudice de mes titres dans" i em Vers ' qui me tient lieu d’un Arrest de la Cour de Par-" j e me voy descheu de tous mes honneurs, &

’’ Charles d’Assoucy d’Empereur du Burlesque qu’il

1» l'^vmier de ee nom, il n’est aujourd’huy, si on

Tome rC ’ ^ U£ âernier reptile du Parnasse, Lc le

„ marmiton des Muses. Que faire, Lecteur, en cette ex-,, transité, après l’excommunication qu’il ajettée fur ce pau-„ vre Burlesque si disgratié, qui daignera le lire, ny feule-„ ment le regarder dans le monde fur peine de fa maledic-„ tion (50) ". II se console par la pensée que la jalousie aété la cause de cette Censure foudroiante (51): Voilà, cher'Leíleur, ce que ï on gagne à faire de bons vers burlesques; carst j’en euffe fait d’auffi mefehans que mon Poète (51) , il (53)m’auroit laiffé vivre auffi bien que VAuteur de ïOvide bouf-fon ; mais quoy, il ri est pas nouveau de voir des esprits ja-loux pester contre les choses excellentes, ey de blâmer ce quisurpasse leur capacité. Mettons ici le jugement qu’il a faitde la Poésie impertinente au souverain point. Elle fait ri-re, dit-il (54).. mais il ne suffit pas de rencontrer

dans son plus haut degré cette impertinence, qui est fi nécessai-re à cette sorte de Vers, il faut quelle soit encore accompagnéed'une certaine naivetê, que les meilleurs Esprits ne fiauroientcomprendre, ey que tant plus on est excellent, on peut moinsimiter, comme il paroist clairement dans la Grande Bible desNoéls; où bien que plusieurs beaux Esprits fe soient efforcés d'i-miter dans leurs Noëls nouveaux ces précieux Noëls de ïanti-quité , aucun rien a trouvé, ny rien trouvera jamais le secret ;ty les vieux Noëls, toûjours preferez. par tout V en toute ren-contre aux nouveaux, feront toûjours d’autant plus honorez, cyplus estimez dans tous les stecles, qu ils font plus sots, cy plusexcellemment remplis de cette admirable forte d'impertinence cyde naivetêcar enfin, est-il quelque homme de bon sens , quifiache de quoy il faut rire , cy quand on doit rire , qui ne riede tout son coeur voyant ces Vers, que j'ay tirez d'un Uvre quifut vendu vingt pistoles à un encan, intitulé, Les pois pilez.C'estait le Christ qui prenoit congé de Saint Matthieu , en ccstermes.

DIALOGUE.

C. Adieu Matthieu.

M. Adieu, Dieu.

C. Prens ta lance & ton épieu,

Et t’en vas en Galilée.

M. Prendray-je aussi mon épceí

C. Et quoy donc ?

M. Adieu donc.

Est-il rien de plus sot cy de plus impertinent que faire parlerainfi ces personnes celestes ? Cependant, est-il rien de plus plai-sant , ny' de plus naïf ? Et ne m avouerez-vous pas que ces Vers ,qui feraient rire Saint Matthieu , cy le bon Dieu-mesme, s’ilestoit encore fur la terre, valent mieux que tous les Vers médio-cres qui font au monde, qui ne sentent ny sel ny sauge ?

(if) Je copierai ce qu’il dit concernant un Poète fol, ... cyqui est Auteur imprimé.] „ Mais qui peut mieux autenti-„ quer cette folie autentique que le pauvre défunt Ra-„ gueneau ? Ragueneau connu de tout le Parnasse, Ra-„ gueneau aimé de tous les Poètes, & chéri de tous les„ Comédiens. Enfin ce fameux Pâtissier Ragueneau, qui„ avec six garçons dans fa boutique > travaillant fans cesse„ auprès d’un feu continuel, dans un four achalandé, fai-„ soit la nique à tous les Pâtissiers de Paris; ce fameux Pa-„ tiffier Ragueneau, qui ne fàifoit pleuvoir fur le Parnasse„ que des pastez de Godiveau. Ce pere nouriffier des Mu-„ ses, âpres avoir bien nourry ces ingrates filles, helas !-, qu’est-il devenu? C’est à vous, Beïs, que je le deman-„ de, qui luy inspirâtes la folie dc faire des Vers; vous,„ Beïs, qui nous avez ravi le plus excellent Pâtissier de Pa-„ ris, pour en faire le plus méchant Poète de l’Univers.„ C’est vous, barbare, qui répondrez un jour dans la val-„ lée de Josaphat, non seulement de toute l’ancre Lc de tout„ le papier qu’il a gâté dans ce bas territoire, mais encore„ de tous les pastez que (fans comprendre ceux que le Par-„ nasse lui a excroquez) vous luy avez mangez à la gueu-„ le du four. Ouy, Beïs, vous rendrez compte un jour„ de ce pauvre innocent ; car enfin , c’estoit le meilleur„ homme du monde ; il faifoit crédit a tout le Parnasse;" Lc quand on 11’avoit point d’argent, il estoit trop payé,-- tr0 P satisfait, Lc trop content, quand seulement d’un" P e rit clin d’teil on daignoit applaudir à ses Ouvrages. Je” m e souviens que pour avoir seulement eu la patience» d écouter 1 une de ses Odes Pindariques, qu’il me fit cre-" dlt P^ us & J 10 Ìf 7 , n J°' s ssms me demander jamais un fol

( 55 )- N’estant pavé de personne, Lc ses crean-„ ciers \oulant estre payez, le pauvre Ragueneau fous les

Ii z „ rui-

(m) D’Aï-ïouci, Aven-tures d’Ita-3 3S,

(00) Là-mc-

342,

{pf) On écrisceci en Oòit-ire liss.

(qf D’As-souci, Airaa-tures d’ita-lie, png. 273ir sttiv.

(îo) D'Al-loues Avan-tures d’ita-lie, pag. 263.

(51) Lí-mi-■me,pag. 26j.

(î 2) C'est-k-dire un Pob'ttAuvergnat)qui étoìt k

( 53 ) C’est-à-dtte Monsr*Boileau.

f 54) D’As-souci, Avan-tures d’Ita-lie. í*g- 320,

(s !) Li-

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283 &