DASSOUCI. D A T I.
(rr) LesPieçes-contreSoucidascpti je trou-
{5 6 ) D’As-íbuci, Avaû-tures d’ita-lic ,pag. 288 .
( 57) D*As-souci, Tom»155.
(/») Votez.fltalïa rég-nante deMr . Leti,
Parte 111 >pAg* 3 &9& fuiv,Konig nousrenvoie k lapage 170 decet Ouvragede Mr . Leti.C'eft fairedeux fau-
(i) Leti,Italia rég-nante, Tons»111,pag. zSz,3 64 .
tres ennemis Cyrano de Bergerac (rr ), 6c Loret. Celui-ci le maltraita en toute occasion dans faGazette burlesque, 6c fut si prompt à débiter les nouvelles désavantageuses à d’Aíîcuci ( 1 ) , qu’ilpublia plusieurs fois fa mort , 6c toujours ti cs - faussement.
„ ruines de son four resta entierement accablé. Ce fust un„ jour marqué de noir pour Messieurs les Poètes, que dés„ l’aube du jour on rencontra par les rues se torchans le„ bec, aprés avoir pris cez luy le dernier déjeuné (qu’u-„ ne troupe de Sergens affamez) à la barbe d’Appollon ,,, encore toute dégouttante de la graisse de tant de friands„ Passez, eurent bien la hardiesse d’arrester 8c de prendre„ au collet son cher bien aimé Ragueneau , 8c le mener„ encore fans aucun respect , ny de ses Vers , ny de ses,, Muses, dans le fond d’une Prison, dont ( aprés un an de„ captivité) estant sorty pour donner au monde les excel-„ lens ouvrages (qu’à limitation de Théophile) st y avoit„ composé , ne trouvant dedans Paris aucun Poète qui le,, voulust nourir à son tour, ny mesrne écouter seulement„ l’un de ses vers, ny aucun Pâtissier qui fur un de ses Son-„ nets luy voulust faire crédit seulement d’un Passé de re-„ queste ; maudissant le siecle, 6c pestant contre l’ignorance„ du temps, il en sortit avec sa femme 8c ses enfans, luy,, cinquième, contant un petit asne tout chargé d’Epigra-„ mes, pour aller chercher fa fortune au Languedoc, où,, ayant rencontré une troupe de Comédiens qui avoient be-„ foin d’un homme pour faire un personnage de Suisse, il„ entra avec eux en qualité de vallet de carreau de la Come-” die, où quoy que son toile ne fut jamais tout au plus quede quatre vers, st s'en acquita st bien, qu’en moins d’un,, an qu’il fit ce mestier, il acquit la réputation du plus mé-„ chant Comédien du monde ; de forte que les Comédiens„ ne sçachant à quoy l'employer, le voulurent faire mou-„ cheur de chandelles; mais il ne voulut point accepter cette„ condition comme répugnante à l’honneur 8c à la qualité„ de Poète; depuis ne pouvant résister à la force de ses des-„ tins, je l’ay veu avec une autre troupe qui mouchoir les„ chandelles fort proprement : voila le destin des fous quand„ ils se font Poètes, 8c le destin des Poètes quand ils devien-„ nent fous (56)
( I) Loret . fut . . . promt à débiter les nouvelles
désavantageuses à d’A souci. ] „ Du moment que je fus ar-
„ resté, mes ennemis.mandèrent incontinant à
„ Paris les nouvelles de ma mort, qui n’estant autune-„ ment désagréables à feu Loret, fans en attendre la con-„ firmation luy inspira ces beaux vers qu’st fit en grand„ haste à ma louange, 8c que depuis à fa confusion on a,, vû courir la pretantine dans fa Gazette. Ajourd’huy ce„ mauvais Poète est allé mentir en l’autre monde, 8c moy„ je fuis encore en celuy-cy (57) ”• Joignons à cela cetautre Passage: Ce font ces mesmes Sots, qui servant d'échos àl’dùir-dire,m'ont tant de fois tué dans leurs Gazettes, c?" quiaprés m avoir noyé à Ferrare cy à Vemze , auparavant que fyeujfe jamais mis le pied,m ont tiré de la Mer cy de tous f es fleu-ves , pour me venir cuire à MotìtpelUer , cy qui enfin aprés rrìa-voir bien ietté de la poésie au feu, éventré , mis a ïétuvée , cyhaché menu comme chair à pajlé, mont remis en mon premierétat pour me refricajjer de nouveau en Avignon, dont de leurgrâce ils ment encore rètiré fans aucune lezion ny solution dtcontinuité, pour me confiner pour le reste de tnes jours dans lesaint Office,dont pourtant je viens de sortir auffi brillant cy auffi
entier que fl je venois de naistre, fans que dans tous ces voya-ges , que Messieurs les Sots mont fait faire, le temps feulementm ait esté un cheveu de la teste (58). II lé vangea de Loretautant qu’il M fut possible, 8c l’accusa d’une insigne fraude.Voici ses paroles; „ Qu’avois-je fait à ce beau Rimeur des„ halles, pour insulter íì fièrement contre l’honneur de mes„ Muses, plus éclairées 8c plus honnestes que les siennes ?„ Quoy que. son mestier de piper au jeu le put bien dis-„ pencer de faire de si mefehans vers, l’avois-je apellé fi-„ lou, l’avois-je apellé Poète de balle , ne l’avois-je pas„ toujours nommé Loret : Quoy donc jouant contre luy,, chez feu Monsieur le Mareschal de Chombert, ne m’a-„ voit-il pas dérobé assez d’argent avec ses fausses cartes ,„ fans dérober encore mon honneur 8c ma fortune avec„ ses fausses rimes ? Quoy, mon Ovide en belle humeur,, l’avoit-il pû rendre assez chagrin pour se vanger de mes„ Vers au préjudice de mes mœurs? Cependant, ce bar-„ bare Rimeur s’en est bien vengé, puisque c’est fur cette„ baze que la sotte canaille, encore plus barbare que lùy,,, a depuis fondé fa médisance pour m’en persécuter par„ toute la terre , aussi bien que tant d’honnestes gens qui„ croiraient jusques au Jugement final que j'aurois esté„ boucanné par les Sauvages de Montpellier , si mes Ecris„ pour le moins aussi durables que les siens ne vérifioient„ le contraire. Ouy ce pied plat s’en est bien vengé; puis-„ que c’est luy qui a fourny des armes à tous mes ennemis,„ 8c de prétexté à la calomnie de tous mes envieux, qui a„ ravagé ma fortune, 8c ruiné mes espérances, qui de mon„ meilleur amy en a fait mon persécuteur, 8c qui enfin m’a„ exposé à tant de périls 8c à tant de mortelles disgrâces.„ Dieu! peut-on voir fans frémir de tels assassinats? 8c la,, France peut-elle souffrir fans honte de tels assassins (59) ” ?Je pense qu’on publia aussi qu’il avoit été pendu en effigie,car il se plaint qu'on l’a fait passer pour un homme de qui lePortrait a fervy dé épouvantail de Cheneviere, cy de terreurpublique aux méchant-, mais il soutient que ce portrait n ajamais esté veu que chez leS Libraires du Palais, qu’on le voltbriller encore an front de tous fes Ouvrages, cy que les Peintresles plus curieux le recherchent aujourdéhuy comme un Originaldigne de leurs copies (do). Je ne croi pas qu ils le fassentpour avoir à peindre un beau visage; car celui de d’Assoucin’est lien moins que tel. Je n’ai pas trouvé dans la Relationde Mrs. de Bachaumont 8c la Chapelle, qu’on le fasse le Ter-fite de nostre siecle (61 ). II se plaint de cela (61), 8c oposeà cette injure les Vers que l’on fit fur son Portrait:
On vous avertit que voicyLe portrait du grand d'AJfoucy,
Cette merveille de nostre âge.
Contemplez-le donc bien ; cy fiA peu pris aux traits du visageVtus croyez qu un tel personnageNe peut qu avoir bien réúffi,
Achetez viste son Ouvrage,
Et vous verrez qu il est ainfi.
D ATI (Carlo) Professeur en Humanitez à Florence íà patrie, est devenu fort célé-bré, tant par ses Ouvrages, que par les éloges qu’une infinité d’Ecrivains lui ont donnez (At).II étoit fort honnête St fort officieux envers tous les doétes voiageurs qui passoient par laville de Florence : plusieurs d’entr’eux lui ont témoigné leur gratitude dans leurs Ecrits (a).II étoit membre de l’Académie délia Crufca , 6c se donnoit en cette qualité-là le nom de Smar-rìto. 11 fit en Italien un Panégyrique de Louis XIV , 6c le publia à Florence l’an 1669 (£)•La Version Françoise qu’un autre en fit fut imprimée à Rome Tannée suivante. II avoitdéjà publié quelques Poésies Italiennes à la louange du même Prince (c). Vous conoîtrezpar là en quel tems il a fleuri.
DAVID
(A) ll est devenu fort célébré, tant par fes Ouvrages, quepar les éloges qu une infinité d’Ecrivains lui ont donnez. 1 Ontrouvera dans le III Volume de Y Italia régnante de Mr. Le-ti tout le Commentaire que ce Texte peut demander: jen’en copierai qu’une petite partie. . Mr. Leti ( 1 ) remarqueque le Livre intitulé Lestera di Timauro Antiate à Filaleti,délia vera storia délia cicloide > e deìla famofiffima esperienzadell’ argento vivo , est une Composition de Carlo Dati : ilnous renvoie à la page 149 du Traité de Placcius de Scriptiscy Scriptoribus Anonymis atque Pseudonymes. Ce renvoi estbon ; car on trouve dans la page indiquée que le prétenduTimauro Antiate est Carlo Dati, 8c que cela paroit manifeste-ment par la page 26 de la Lettre. On y trouve auffi que cetEcrit fut imprimé à Florence l’an 1663, 8c que l’Auteurprouve deux choses : l’une, que Marin Merfenne n’est point11nventeur de la ligne cycloïde, comme on l’a débité dans1 Histoire de la Roulette; mais que la gloire de cette inven-tion apartient à Galilée .: l’autre, que Torricelli est inno-cent du plagiat qu’on lui impute, à l’égard de 1 Hypothèse
qui explique par la pression de Pair la suspension de l’argentvif. C’est lui qui a été le prémier Auteur de cette Hypothè-se , si l’on en croit Carlo Dati. II y a beaucoup d’aparenceque Monconys confond les choses qnand il dit : Le Sieur Car-lo Dati me donna fa Lettre imprimée pour prouver que Torri-celli avoit trouvé le premier la roulette (2). Le principal Ou-vrage à quoi notre Dati s’apliqua fut celui délia Pittura anti-ca. II en publia un essai ou un morceau l’an 1667. Je le cite-rai ci-dessous (3). L’éloge, que Chimentelli a donné à cetEcrivain, est le seul que je copie parmi plusieurs autres allé-guez par Mr. Leti. Nec fecus inter rarissimes numerandus ,qui Librum utendum permtfit Clariffimus cy amicifmus D. Ca-rolus Datus nostra flos illibatus Urbis , fuadaque Etrufc/t me-dulla , quam omni literarum paratu quotidie auget, atque il-lustrât. P arum enim mereri putat , qui fer fe tâm egregtè tne-retur, nifi ad bene merendum de Republica Literaria altos quo-que omni ope, cy confìlio adjuvet. Nihil ut minus fitum habeat,quam quod in ufum cy gloriam eruditionis impendi poffit ; p eneipfum Je flbi fubtrahens, nedum temporis, aut opéra parcus (4>*
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Oeuvré /«<entrt d'AS*souci.
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