DEMETRIUS. DEMOCRITE.
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Denys d’Halicarnasse un Passage dont je parlerai.
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P e (,z8). II raporte tout le Passage. On y volt que De-m etrius avoit d’abord observé qu’il y avoir eu quatre Di-narques , 8c qu’ensuite il avoit dit quelque choie de cha-cun d eux, en commençant par l’Orateur. On y volt aussiî° u t ce qu’il avoit dit de cet Orateur. La Critique deLenys d’Halicarnasse est très-bonne là-dessus : il se plaintstue le discours de Demetrius n’aprend rien , ni de 1anaissance de Dinarque , ni de son fiecle , ni du pais oùIon éloquence fut emploiée. C’étoient des choses donton auroit pu être très-bien informé , si l’on eût vou-
‘fi in trattaiu de homonymis , ire. Dionysius Halicamass. mP a S- m. 3451.
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lu prendre la peine de s’en instruire. Denys d’Halicar-nasse le prouve en étalant les lumières qu’il avoit aqui-ses fur ces points-là par ses recherches. Je .me félicited’avoir eu un semblable goût avant que d'avoir lu cetendroit de Denys d’Halicarnasse : je ne íavois point qu’il <i9)Voiez.leìeût marqué ces défauts de la Narration de notre De-, Nouvellesmetrius , lors que je blâmai ceux qui font l’éloge d’un bUnue^eT'homme fans marquer ni le lieu , ni le tems de fa nais- Lettres,sance , 8c de sa mort, 8cc (39). Ces défauts ne peu- J»in 1684,vent pas nous consoler de la perte des Ecrits de cet Au- ^ An - L fac-teur ; car ses Narrations, bien qu'imparfaites, nous ren- 5 °° f du,ndroient de grans services. * 1 8
DEMOCRITE, l’un des plus grans Philosophes de l’antiquité, étoit d’Abdere dans laThrace («). II suc élevé par des Mages {A ), qui lui enseignèrent la Théologie & l’Astrolo- (a) tw ;*B le - 11 ouït ensuite Leucippe , Lc aprit de lui le Système des atomes Sc du vuide. L’inclination M)»,
extraordinaire qu’il eut pour les Sciences le porta à voiager dans tous les pais du monde où il es-P ei 'a de trouver d’habiles gens. II fut trouver les Prêtres d’Egypte : il consulta les Chaldéens ôc|es Philosophes Persans-, & l'on veut même qu’il ait pénétré jusques dans les Indes & dans1 Ethiopie , pour conférer avec les Gymnofophistes. II dépensa à cela tout son patrimoine, quiv aloit plus de cent talens (b) ; après quoi il eut besoin d’être entretenu par son frere : & s’iln eut pas donné des preuves sensibles de son grand esprit, il eût encouru une note d’infamie , -c>».
pour n'avoir pas conservé son bien (B). E'esprit des grans vo iageurs régna en lui : il alla cher-eber jusqu’au fond des Indes les richestès de l’érudition, Lc ne fe soucia guere des thrésors qu’il silsisisisi*"avoit presque à fa porte. Il ne fut jamais à Athènes (r), si nous en croions quelques Auteurs ; m>s effuíou s’il y fut, comme l’assûrent quelques autres , il ne s’y fit conoitre à personne. 11 donna deuxPicuves d’une sagacité extraordinaire ( C) , qui le firent admirer du grand Hippocrate. («),
Mais t ' ínufin '
(.A) Il fut élevé par des Mages.'] Xerxes Roi de Perse ,f») Dioe àm logé chez le pere de Democrite, lui fit présent de quel-stUes Mages, qui furent les Précepteurs de Democrite ( I ).cric Dc:mo - v comme si y a une différence infinie entre loger le RotXerxes, 8c régaler son armée , on ne peut disculper l’Au-5 4. sour qui a dit que le pere de Democrite avoit pu fournirjjl Valet. V)} repas à l’armée de ce Monarque sans s’incommoder (1).tii a *“nus, Mr. Moreri donne dans ce panneau; ill’eût évité, s’il avoitCa P- vil 1 ’ Î5 '- S garde aux Paroles de Dìogene Laërce; mais il ne pa-4> ’ rort pas lavoir consulté. Auroit-il dit après une telle con-mltation que Dìogene Laërce veut que Democrite soit de(,) n , . , Jet ? Laërce ne veut point cela ; il dit seulement que
""'W/xsi ) opinion de quelques-uns. Je dirai en passant que
JV Moreri ne devoir point citer Hérodote tout court,
f'©-. '-■étoit le moien de persuadera ses Lecteurs, que l’on trou-
(4) Diojr 7 e ^? ns * es Muses d’Herodote le fait dont il parle. Or ce-îr?ëxt. ,4 la est faux, 8c il n’y a nulle aparence que Diogene Laër-Démo. ce à voulu citer l’Auteur de ces Muses. Je crois qu’en^siendroit, 8c en quelques autres il entend un Hérodoteslitterent de celui que nous avons.
si) Athen. +,;<■ . si” e . ut $ as donne des preuves .... d'un grand es-
k-sisisi conservé sonteT'Tf ÎToi/T d ' in f amie '. t° Kr n ' aV0Ìr ***.
dsisisie P eu j e W si pouvoit avoir encourue. Pour 4t effet ilchoisit entre ses Ouvrages celui qui surpassât t ous les au-ík-si 8 kém" ties (3), & le lut aux Magistrats. Ils en furent si char-' mez , qu’ils lui firent un présent de cinq cens talens, & luisi) Hora ciiZérent des statues, 6e ordonnèrent qu’après fa mort lexu' Public auroit soin de ses funérailles. Ce qui fut exécuté (4}.siiogene Laërce étrangle de telle forte ses Narrations, que(s) „ . , J a i cru y devoir joindre quelques petites circonstances.
Lamu°"L Athenée conte mieux le fait; voici comment (5). C’est
Lanibinsi -av. . vviu Lummun K) I- y til
« pA i“ r siue Democrite fut accusé dans les formes , & obligé deplaider fa cause , 8t qu’aiant lu un de ses Livres (6) , &teprésenté que les dépenses qu’il avoit faites pour se mettret*» en état de le composer a voient englouti son patrimoine ,Wfa, „si, u, fut absous. Tout le monde fait les Vers d’Horace qui
Horace.
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-, ì-dit ies vers ariorace
bien I ^ ne l lt a négligence de Democrite par raport
aux
Miramur, si Vemocrtti pecus edït agellos
. ^n aXa . biens de la terre;
p&c.
ÓHtn . , ^ • • r *'*"»•» ageuos
ïlut ' de ? *’si C ultaque, dum peregre efi animus Jme corpore velox (7).
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j’si 0 pae. Simon Bosius (8) a cru à tort qu’Horace par un défaut deTíj/,?', mémoire avoit dit de Democrite , ce qu’il faloit dire d’A-^xagoras. II est vrai que Plutarque nous aprend qit’Ana-k.ÒÌ’t' Xa S°ras laissa ses terres incultes (9); mais rien n’empêche8ue Democrite n’en ait fait autant. Cicéron ne l’avoit-ìlP 38 dit avant Horace ? Democritus, qui (vere saisi,ív ■f e si C1 ’ rer emus ) dicitur ocalis fe privasse , certe ut quam am .
‘““■«S v > ^ cagitationibus abduceretur , patrmontum neglexit , agros
■ , .,;..v A»--
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reremus)7ùitur Vculis fprivaffe , cerù ut quam minime ani-
nSH Plílon témoigne mie Ti Gïecs ont dit qn’Anmffim 8t
«.«.n r>en»cH,?S nîhiffi «*f; ftsi&V.O
» .. cupet avec moins de diitaction à 1 etude de 1a lagellc t»>
A r lduEtus Maie .
si sittitttsisisi ,ncKÍtum -votait
si cap. TxW de l ^ r,ic/r A y * K __ t -,
^caiocxiic X ("1 Oe vit a contemplât, pat,. Spt.
' mm - 35. V-i-L aujp. Eliciu Lh,Y. ìv". rh «o
t MaiV - VCL moins de diltraétion â l etusle ae ra lageite (, n ).
les à^minent, me direz-vous, peut-on accorder ceci 8cri- eurs qui ont dit (iz) que Democrite partageant la
r\ > CK Sum vatatumque. Idem, in Pericle, pag. Tíl, S. Votez.
c a co r a s. (r o) Cicero, de Finibus, Libr.
, jpntemplat. peg. 89 t. ( 12 ) ^iptti Laërt. in
Ehcn, Livr. IV, Chap. XX.
succession avec ses deux stères, choisit le plus petit lot quiconsistoit en argent, 8c qui par conséquent étoit plus pro-pre à un voiageur? Je répons que l’on se doit contenterd’aprendre les divers Récits que l’on trouve de ces choses ;il feroit trop difficile la plupart du tems de les accorder , 8cde choisir le meilleur. Voilà Valere Maxime qui nousconte que Democrite donna tous ses biens à fa patrie, àla réserve d’une somme très-modique. II nous représentece patrimoine comme un bien immense , 8c il ne fait au-cune mention des freres de Democrite. C’est narrer leschoses très-négligemment. II y a quelques autres fautesdans son Récit. Democritus cum divitiis cenferi poffet , qu&tanta fuerunt , ut pater ejus Xerxis exercitui epulum dare exfacili potuerit : quo magis vacuo animo fludiis literarum effetoperatus , parva admodum siumma retenta , patrimonium fitumpatria donavit. Athenis autem compluribus annis moratus ,omnía temporum momenta ad percipiendctm oc exercendam doc-trinam confèrent , ignotus illi urbi vixit ; quod ipsie in quodamvolumìne teftatur (13). J’ai déjà censuré le repas de cetteprodigieuse armée. II n’est point aparent que Democriteait fait un si long séjour à Athènes, puis qu’il y a des Au-teurs qui disent qu’il n’y fut jamais. Les grans volages deDemocrite, dont on ne dit rien, méritoient plus de con-sidération que sa demeure à Athènes. On n’a rien dit dumerveilleux de ce séjour. II faloit principalement faire ré-flexion sur le mépris qu’eut Democrite pour la gloire qu’ilauroit aquise, s’il eût voulu se faire conoitre.
(C) li donna deux preuves d'une sagacité extraordinaire.]Democrite étant allé voir Hippocrate , celui-ci sit aporterdu lait. On ne dit point si ce fut pour mettre à lepreuvel’habileté de Democrite ; on dit seulement qu’il décida quece lait étoit d’une chevre noire qui n’avoit porté qu’unefois. Hippocrate avoit mené avec lui une femelle : la pré-miere fois que Democrite la vit, il l’apella fille, mais lelendemain il l’apella femme ; 8c il se trouva qu’elle avoitété déflorée la nuit précédente. Voilà sans doute un espritfort pénétrant, 8c je ne m’étonnerois pas qu’Hippocratel’eût admiré. Si l’on me demandoit mon sentiment sur cet-te Histoire , je répondrois fans hésiter que je la crois faus-se. Ce n’est pas que je ne croie possible que la cause de lanoirceur d’une bête , 8c la fécondité réitérée produisentquelque qualité particulière dans le lait. II n’est point im-possible que cela se fasse, 8c il est d’autre côté fort possi-ble que cela ne se fasse point. Disons le même de l’autrearticle. II est possible que la perte de la virginité produi-se quelque changement dans l’extérieur des personnes ; 8cst est possible qu’elle n’y en produise aucun. Ces deux cho-ses oposées étant possibles, íupofons que dans le lait d’unechevre noire , 8c qui n’a porté qu’une fois, il y ait unequalité particulière qui dépende de la noirceur , 8c de laprémiere portée , sera-t-il possible à un homme de conoi-tre cette qualité ? Je répons que cela ne me paroit pas im-possible ; mais je ne crois pas que jusqu’ici aucun hommesoit parvenu à ce dégré de connoiflànce. On dit que lesabeilles ont un discernement assez fin pour conoitre entreplusieurs personnes qui s aprochent de leurs ruches , .cellesqui ont goûté depuis peu le plaisir vénérien (14). II n’ya rien là qui ne soit probable ; car les organes des insectessont si délicats, qu’une émanation de corpuscules qui n’ex-cìte point de sensation dans un homme (15), peut irriterl’odorat des abeilles 8c des fourmis. Mais la science deDemocrite surpasserait celle des abeilles , puis qu’on ne ditpas qu’elles sachent discerner si c’est la prémiere fois qu’ona exercé cet acte. Je dis donc que quand tout ce que l’onconte des abeilles feroit vrai, 8c qu’st feroit constant queL 1 3 la
(13) Valei.Maximus,Libr. VUIyCap . VII,Extern, nttm n4 .
(14) Tlu-tarch. inPraec. Con»jug. pag.
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(ií) Votez,néanmoins ct<jui fera ditdt* Pere Cot -ton dansP^ArticleMari ana ,Ttcmarq. (C).