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Tome second. C - I.
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D I A G O R A S.

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<3^1 lui attribue traitoit des mystères de la Déesse Cybele (G). D’antres disent que Diagorasdicta de très-juites Loix au Législateur des Mancinéens (//). Cicercn raporte quelques reparties

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Un bon Rhétoricien eût voulu raisonner ainsi : Vous avez,}um un homme qui avoit profané vos mystères-, L? quoi quevous listez ses Livres vous ne laistez pas de nous haïr. Le butpíì ^den eit de faire voir que la haine des Gentils pour lestairétiens étoit injuste ; & pour 1e prouver il leur allégué«eux choses: Fune, qu on avoit puni le profane Diagoras;

1 autre , qu’on lisoit ses Livres. II me semble qu’il n’y avoitPas trop ci’adresse à rapeller le souvenir de l’ancienne sévérité"Es Athéniens contre ceux qui s’étoient moquez de la Reli-g'on des Grecs, comme les Chrétiens s’en moquaient. EtP"is Dation ne voioit-il pas qu’il étoit facile de lui répondre ïell‘and on vous aura traitez comme on fit Diagoras , on traite-ra st os Livres comme l’on traite les siens : il y aura des curieuxconserveront les Ecrits que vous composez contre nos Dieux,nen s 0 i ez p as m p e j ne ; s 0 U jst reZl feulement une punition fem-lst°le à celle de Diagoras dont vous nous faites restouvenir.Vu on nie pardonne lì je critique quelquefois les défauts deraisonnement. 11 est encore plus utile de les montrer aux jeu-nes Lecteurs, que de leur montrer une fausseté de fait. Jereviens à mon Texte.

Athenagoras &c Suidas nous aprenent ce même étalage‘jes mystères des Athéniens. Je mets en marge les paroles" e Suïdas (33): elles témoignent que cet impie ne lé con-tentoit pas de faire savoir à tout le monde ce que c’étoitst u e ces mystères ; il s’en moquait auffi, ík détournait dey. faire initier ceux qui en avaient envie. Nous avonsàjà cité (34) pour ce fait le Scholiaste d’Aristophane.yoions ce que dit Athenagoras. A tayi^x p.ai yáç lìx-oiai

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otei ce qu’il dit ( 36 ) : J’attens bien que nos beaux esprits^ciidus me reprefentent que Diagoras Milcstus (37), qui futappelle t At^heïsie par excellence , avoit un fort bon esprit,if que Sardanapale estait un brave Prince-, car pour Diago-ra yquise moquait publiquement des Dieux, V dogmatisaitqu il n y avoit point de divinité au monde autre que la bonnen J t J Ur< í ’ en, s ant à ce qu on dit un jour dans une hostellerìe , fitd'Juìnnl es Ì r ,‘ t ■> dont toute l'antiquité fit grand estât (38) ,son disrrr^eZ ‘f^ a . ì7t . tr ouvé autre chose que des lentilles pourfi ^ - lo í\ s dépourvus de bois pour les faire cuire , il, J “ un fi Hux idole d’Hercule , qui estait le Dieu tut claireu jogis, esr s addreffant à luy, iuy va dire, Veni Herculesrertium decimum subi certamen & excoque lenteur. Il faut ,dit-il, qu aujourd huy je vous faste entreprendre un treiziesmecombat, contre des lentilles. une autre fols entrant dans labaste Cour ou les Prefires prenaient augure du manger des oy-feaux , c_y voyant que tout le sacré College estait grandement ef-frayé de ce que les poulets ne mangeoient pas , il les prit comme‘n chelere , er les faussant trois ou quatre fois dans une cuvepleine d'eau Vous boirez, dit-il (39), puis que vous ne man-S ei Plus : ey jtm- ces deux rencontres on voudra contester que cet-stthéisie avoit fort bon esprit , C7 que d'introduïre l'Athéismen e st point marque de beftise. ste confejfe que ces deux repartse gueule font affez bons pour un faquin , mais de tirer de ceseux responfes que Diagoras eufi l’esprit excellent , c est cela queJe ne puis comprendre , d autant qu il y a maintenant mille cro-eteurs isr savetiers, lesquels ayant l’esprit un peu gay z? att-cunement e,chauffe de vin, font des rencontres meilleures que

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(G) Quelques Savans conjeSíurent que le Livre que Tatienst’ attribue traitait des mystères de la Déesse Cybele. j VosslUS"Ela ; car âpres avoir cité les paroles de Tatien iljoute (40): Phrygios jermones fuisse arbitror hifioriam eoruml U * ad Cybelenstve matrem Phrygiam & e ;„ S r acra pert ; m .fstt, a t que ab eo este fine. hpc confcriptam ut à facris illius ho-st lne .s averteret. II me sen?ble que Tatien a dû alléguer lesLcrits les plus impies de Diagoras, & par conséquent ceux"ont nous votons le Titre dans Hefychius IUustrius 8c dansguidas. Ces deux Auteurs content que quand il eut vu laProspérité de son Plagiaire, il publia un Ouvrage touchantsj 1 renoncement à la Religion ( 4 1 ) ; c est-à-dire, qu’il publia

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fôon hif S i de r îa derniere "de toutes les apostasies/les Motifsì: yoi - Ue 3 conversion. Cet Ouvrage avoit pour Tit re“» 03 ri^yi£ MTÍÍi Hadrien Junius veut que cela signifie

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^r>Nv , ’ifi , ex Verstum Hadriani Jnnii/tf,-

ur dc Suïdas, dit , qu2 coutinent icfutitionesn opiníonis

TOME II.

pro-

des discours qui précipitent du haut en bas d'une tour, quasiorationes de turribus précipitantes dicas. Himilius Portus, Tra-ducteur de Suïdas, explique ce Titre comme s’il lignistoit,des discours qui renversent les tours er les fortifications , tur-rium ae munitionum destructrices. Peut-être que l’Auteuravoit en vue de lignifier que l’on Ouvrage étoit une forteres-se munie de très-bonnes tours contre tous les traits desThéologiens. Selon l’idée de Junius, cet Impie l'e seroit van-té d’avoir renversé du ciel dans les abîmes du néant toutes lesDivinisez ; selon celle dVEmiiiusPortus,il se vanterait d’avoirruiné les remparts dont la Religion s’est fortifiée. Peut-êtres’adresiòit-il directement à Cybele, comme Voisins le pré-tend ; à Cybele, dis-jc, la mere de Dieux, la Déesse toutecouverte de tours :

Shtalis Berecyntia materInvehitur curru Phrygios t u r r 1 t a per urlesLdta Deûm partu , centum complexa nepotesOmnes cœlicolas, omr.es supera alta tenemes (41).

Peut-être s’imaginoit - il qu’en ruinant la mere il ruinaittoute la famille , fans prendre la peine d’attaquer chaqueDieu en particulier. Selon cette conjecture, qui ne meparait pas trop solide, on concilierait aiíëment Tatien avecSuidas & avec Hefychius, touchant le Titre de f Ouvragede Diagoras.

(H) D’autres disent qu il diíta de tres-justes Loix . . . auLégistateur des Mantinétns. ] II n’y aura rien dans cette Re-marque qui ne soit digne d’attention. Élien aiant débi-té (43) que les Loix de Mantinde étaient très - justes, 8 Caussi bonnes que celles des Locriens, celles de Crete, cel-les de Lacedemone , & celles des Athéniens, ajoûte quecelui qui donna ces„ Loix au Peuple de Mantinée étoitl’Athlète Nicodore , c très-renommé par ses victoires , maisqui s’étant aplìqué fur ses vieux jours à dresser des Loix, avoitrendu à la patrie un service beaucoup plus utile que nepouvaient être les proclamations des prix dont il avoit étéhonoré (44). O’-^-í Ì,áix.ìxs, Ktù uerù tj;» xa< so-

fxoS cîîjç st utoÏs iytìieto , /astKfìst t&rtí ctfíeivcy 7 roÁi~evtrteu.i*°$ "ms?tí 7 pièt rurj Kijpeyaárúit tav iv tû 7 $ ved/oíç. Aítatis fila tempo -re , er exacla pugilatione legistator eis extitit , longe utiliorem fepat ri a in ea re prafians , quam quum publice viblor in ftadiisproclamaretur (45). Ce n’est pas le tout: Elien remarqueque selon sopinion commune ces Loix furent composées parDiagoras, qui les donna toutes dressées à Nicodore son ami.Enfin Elien déclare qu’il aurait beaucoup de choses à di-re de Nicodore , mais qu’il n’en fera rien, parce que leslouanges qu’il lui donnerait, sembleraient apartenir aussi àDiagoras. Voilà quelque chose de remarquable. Un Athéefans détour ni réserve, qui donne des Loix à un Etat, aussijustes que celles de Solon , & que celles de Lycurgue.D’autre côté , voilà un Prêtre qui s’érige en Historien ,& qui fuprime les louanges que Nicodore a très-juste-ment méritées; qui les fuprime, dis-je, parce que la gloi-re en rejaliroit fur Diagoras. Ce n’est pas que Diagoras nefût digne de participer à ces éloges, mais il nioit la Divini-té , & par conséquent il ne salait pas que l’Historien fûtéquitable en son endroit ; il salait être prévaricateur auxLoix de l’Histoirc > puis que cela dérobait à un Athée lebien qui lui étoit dû. On s’étonneroit moins dune Moraleii dépravée , si l’on ne songeait que c’est un Prêtre Païenqui la débite. Pauvres gens ! vous vous regardez commenécessaires à Dieu, vous croiez qu’il a besoin de l’usage po-litique que vous faites de vos injures & de vos louanges.Vous ne croiriez pas cela, li vous aviez de la foi pour lesOracles de Job (46).

Remarquons ici un grand travers du Jurisconsulte Bau-douin. 11 raporte ce qui concerne le Législateur de Man-tinée , 8c y fait cette réflexion, que sImpiété est nonseulement une grande plaie des Loix, mais aussi une gran-de ruine des Etats; 8c qu’il faut plutôt souhaiter qu’ii n’yait ni Loix, ni juridiction, ni société, que non pas que lajustice soit entre ies mains de l'impiété; 8c qu’il soutiendratoujours que les Loix de Diagoras font suspectes. NarratJElianns , quendam olim pugilem Nicodorum , apud Mantìnen-fisfasíum esté praftantijftmum Legistatorem : nec alìo quàm Dia-gora athei hominis confilio ufum este , ab eoque leges accepìste,quas ferret. De Diocletiano , ey ipfis ade'o Bornant juris aubîo-ribus , idem dici posté videlur. Ego vero in ta perfio sententia ,magnarn este e? legum labem , c r civitatum pernïciem , impieta-tem: cr potiusquam hac jus dicat, optandum este ,nullam pla-né este jurisdiâlionem, nullam legem, civitatem nullam. Pre-mant licet Epicurai huius atatis legulei: ego tamen Diagora le-ges fuspeíías este conttndam (47 ). Un esprit exact n’eut pointparlé de la forte, il eût marqué avec beaucoup plus de jus-tesse ce qu’il saloir distinguer. Si ceux qui exercent la jus-tice , soit par rétablissement des Loix, soit par l’exécutiondes Edits 8c des Ordonnances du Législateur, étoient toutensemble dans les principes de l’Athéisme , 8c animez depassion contre tout ce qssi apartjent à la piété 8c à la vertu,ii est certain qu’il vaudroit mieux vivre fans Loix 8c fansTribunaux, que d’être soumis à une telle juridiction; maissi nonobstant leur Athéisme , ils avoient du zèle pour lebien public,_ 8c se piquaient de faire valoir les Réglemensqu ils jugeraient les plus propres à réprimer les malfaiteurs,à prévenir les chicanes, à maintenir les droits des veuves

Nu z &

(42) vîrgíj,’^En. Libr mriy Vtrf.7 * 5 .

( 43 ) MlìíttícVar. Hist.Libr. U yCap* XXII*

(44) LesVilles Gre*ques s*esti-maient très*heureuses H*très-glorieu-fes , lors queceux quiremportoientles prix desJeux étoientde leurs b&-

(4$) jEîiaa.Var. Hift.Libr,

Cap» XXUI^

( 4 Í) Chap.XIII, Vtrst

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(47) Fran-cise. Bal-dninus adE dictaPrincipuraRomano-rum deChntïumt.

pag. 7». ui t