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Tome second. C - I.
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D

I A G O R A S

(b) Diodor.Sicul. ibii ..

(c) Athen.Libr. XIII,ptg. âll.

(5) Libr. Ide NaturaDeorum.

(S) IJbr. IICop. XXIII,Var. Histoi.

(7) In Dio-gene, Libr.VI, n»m. 59.

(8) In O-dyfls. Libr.III.

(9) Voffius,de Histor.Gticis ,[«g.436.

(10) Theatr.Sopliistar.pas. 7 z.

(11) Bene-dictus inPindar. OdeVU Olymp.pag. 123.

(12) In A<*-yâgat.

<ij)Ciceto,de NatutaDeorum,Libr. I , inìt.Il dit dans lemême Livre :Quid , Dia-goras > A-theos cj'iïdictus est,posteaqueTheodorusLionne «per-te Deorumnaturamsustuierunt ?Nam Abde-rites quidemProrago-ras . . .eum in prin-cipio librifui sic po-fuifl'et, deJPiis nev.settt Jìnt nequeítt non Jinthabeo dicere,Athenien-sium jussuurbe arqueagro est ex-• terminatus.Voter, jac-tance de IraDei, Cap.IX.

(14) Valcr.Maxim.

Libr. I,Cap. I,fub fin.

(15) Volez.Leopardus,Emendât.Libr. XI,Cap. XI.

(ií) Cita-tion (î s).

f j 7) Sext.Empiric.adversesM atliema -tic. pag. aï8.

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L’Ile dc Mclos l’une des Cyclades , ou la ville de Melia dans la Carie , étoient le lieu de fa nais-sance {B). Un entêtement d’Auteur , une tendresse excessive pour une production de son es-prit, l’entraîna dans l’iinpiété (C). Ce fut l’un des plus francs, & des pìus déterminez. Athéesdu monde : il n’uíii point d’cquivoques , ni d’aucun patcìinage ; il nia tout court qu’il y eût desDieux ( D). Les Athéniens le citèrent pour lui faire rendre compte de son dogme, mais il cr' w . ei “%prit la fuite, fur quoi ils mirent fa tête a prix (b), lis firent promettre à son de trompe untalent à quiconque le tueroit , 6c deux à quiconque Pameneroit vif ; & ils firent graver ce Dé-cret sor uns colonne de cuivre. Leur sévérité s’étendit fort loin (F) -, mais eile ne fit pasqu’on l’attrapât, car il s’embarqua 6c fit naufrage (c). Tatien ( d) raconte qu’il fut puni pouravoir mis a l’étalage les myíteres des Athéniens (f). Quelques Savans conjecturent que le Livre {’J/.

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( 23 ) L’île de Mtlos, . .... ou la Ville de Melia, . - - - -étoient le lieu de fa naissance.^ On le surnomme Mehus.C’est l’Epithete que Cicéron (;), Elien (6), & DiogeneLaërce (7), lui ont donnée. Eustathius (8) , qui luidonne celle de Mileíìen , se trompe : Voffius, qui le faitAthénien , se trompe aussi. Je dis qu’il le fait Athénien;car après avoir parlé du Philosophe Diagoras; il ajoùte pu-to eundetn ejfe Diagoram Athenienfem, qui reliquit fermonesPhrygios ( 9 ). 11 cite les paroles où Tatien dit que Dia-goras étoit d’Athencs , Atccyíoctc’Afavetios r,r. Crcfollius (10)ne parle que d un Diagoras Athénien, qui est le même quecelui que Tatien a cité; desorte que comme, selon toutesles aparences, Tatien n’a eu en vue que le même Diago-ras qui fut surnommé l’Athée , il faut conclure qu’ils onttous^ignoré d'où il étoit. Volâterran , & Benoit, ontsuivi Terreur d’Eustathius, celui-là au XV livre de faCompilation, celui-ci dans son Commentaire sur Pin-dare ( 11 ).

(C) Un entêtement d.'Auteur . l'entraîna dans l'im-

piété.] Voici comment cette affaire sc paffa. 11 se plaisoità faire des Vers, Sc il avoit composé un Poème qu unPoète lui déroba. II fit un procès au voleur : celui-ci juraqu’il n’avoit rien dérobé, & un peu après il publia cet Ou-vrage , qui lui aquit une grande réputation. Diagoras con-sidérant que celui qui lui avoit fait du tort, non feulementn’avoit pas été puni de son vol & de son parjure, mais aussiqu’il en avoit tiré d c la gloire, conclut qu’il n’y avoit pointde Providence , ni point de Divinisez , & fit des Livrespour le prouver. C’est Hesychius Illustrius (11) qui faitce Conte. II feut avouer que jamais Auteur n’a été plusamoureux de ses Ouvrages que Diagoras , & ne les a osémettre à un tel prix. Quoi , parcc que Diagoras a perdula gloire qu’il attendoit de Tun de ses Livres, il faut quetout l’Univers en souffre, il faut que la nature soit privéede son directeur Sc de son conservateur? quelle compensa-tion est-ce que cela? Qu’on ne me dise pas que ma Réfle-xion est forcée; je conviens qu’il y a du faux dans ce tour-là, & quelque chose d’outré ; mais je maintiens que Dia-goras n’cút point raisonné comme il fit, s’il n’eût eu uneestime très-particuliere , Sc une affection très-intime pourle bien qu’il avoit perdu. Je ne sai si jamais la prospéritéd’un mal-honnête homme a fait douter de la Providence àceux qui se ressentoient de cette prospérité, ou qui dumoins n’en recevoient aucun mal. Nous verrons dans laRemarque suivante d’autres causes de l’impicté de Dia-goras.

( JD ) Il nia tout court qu il y eût des Dieux. ] C’est ainsiqu’on caractérise fes dogmes, quand on les veut distinguerde ceux de Protagoras , qui ne fail'oit que mettre en pro-blème la Religion. In hac qmstione plerique, quod maximeverifìmile est, ejr quo omnes duce natura vehimur, deos ejfe dì-xerunt : dubitare fe Protagoras ; nullos esse omnino■Diagoras Mehus cr Theodorus Cyrenaicus putaverunt (13). 11y a donc bien de l’aparence que Valere Maxime s'est trom-pé , quand il a dit que Diagoras fut bani d’Athènes pouravoir dit qu’il ne savoir point s’il y avoit des Dieux , 8cque s’il y en avoit il n’en conoifloit pas la nature. Athe-ntenfes Diagoram Philofophum pepulerunt, quia feribere aufusfuerat , primum ignorare fe an Dii estent : deinde, fi jint, qua-les fint ( 14). Cela convient parfaitement à Protagoras, 8cnullement à Diagoras : disons donc que Valere Maxime apris l’un pour Vautre (15): cela lui est assez ordinaire. Mr.Moreri le copie fans fe défier de rien, 8c tombe dans plu-sieurs péchez d’amission selon sa coutume. Voiez ci-des-sous (16) le Passage d’Athenagoras, Sc la Remarque (G),où nous parlerons du Titre d’un Livre de Diagoras contrela Divinité. Ce que Sextus Empirions observe mérite no-tre attention. Diagoras avoit été superstitieux autant quequi que ce fût, & il avoit commencé dévotement ses Poé-sies ; mais dès qu’il eut vu l’impunité de l’homme parjurequi lui avoit fait du tort, il soutint qu’il n’y avoit point

de Dieu. Atceyê^uç à’s L Mjj/Waç, otêvpoíuno-srotbç, me epavrt,tò orçavtov ytvotíEvoç , ryç sitiç y.czt uXXoç Ssto’ibcetie.otv oç ysy.tii Tri trotÌ tío>í íetvT£ kutì-^xto t#í t fottrop rîso»’ r-ocrùSoit f, '-5V66 Ktti Ttisov* orúna tíXíItciC àhr.r,B-eií íè êtsrá ritoqttTtoofio-oaToç y.ut ftníf» étexic tjrns ora.B’óvTot;. fií^upu-otrccrottç 70 xéystv y.r. tïvott Btor. Diagoras aiitern Mehus, qui fuit,ut dicunt > primum Dìthyrambicus, ut fi quis alius fuperstìtio-fus , qui etiam poéfim fuam tnchoavit hoc modo, A DnmoneCT fortuna fiunt omnia. Iniuria autem ajfctrtus ab aliquo quipejeraverat, tv propterea nihil pajfus fuerat, eo deduâius estut diceret non este Deum (17). Lc Scholiaste d’Alistophaneassure que Diagoras, fort craignant Dieu auparavant, fe jet-ta dans 1 impiété pour avoir perdu un dépôt par la fraudedu dépositaire. Auzyopcis 0 aj c, ?, vvo 7. 74 0-

trífìr.ç , orst?ctxaTct.y?Xr, ì i bvs’o 7 ttoç ù.zrnçëpr.íbît'; izr'i to áS-totìiíSçxput (18). Ce dépôt ne consistoit point en Vers,mais en effets, ou en argent (19). On lit dans le mêmeScholiaste que Diagoras devint Athée, parce que les Athé-niens a voient subjugué sa patrie (20). 'A cela se raporte,ce me semble , ce que le même Scholiaste raconte en unautre lieu ; c’est que l’Edit de proscription qui fut donnécontre cet impie à cause qu’il divulguoit les mystères, Scqu il détournent les gens de s’y enrôler, fut principalementpublié lors dc la prise de Mélos; car avant ce tems-là iln’empêchoit point que l’on ne fe fit initier. L’Edit pro-mettoit un talent à quiconque le tueroit, 8c deux à qui-conque l’ameneroit. O mot yàç 7 bv t uiv dz-o - 7 £i voov 706

ciù ton 7 oehoettov Àct/tfititçrj. 7 av ûi uyxybrtoi c úo. I r. z si y ft] bi tu-70 Stà 70 àvijìíí tiittis IttíÌ 7co uvfrptx orart biv/ttro y.oaovroiâtUOTot. v.ctt 7 L 3 ; fiís>.ofr.evèso favthrfctt ùrrozpspríoo y.uijû.cr=p xpeut-pòç iôopti. îxr.ey.rjpvx 7 sit òe y.y.M<ïX vttrò 77V áXorrit 775 mj :>.u ùoh

yup xaÁÙct orpózscov (2.1). Craterus n’oublia pas cet Edit dansson Recueil des Décrets des Athéniens. Nous venons de voirque le Scholiaste d'Aristophane cite ce Recueil. II le cite aussidans ses Notes fur la Comédie des Grenouilles, à la Vil Scè-ne du I Acte. Consultez le feuillet ioj de l’Edition de Flo-rence, 1525.

(F.) La sévérité des Athéniens s’étendit fort loin .] Catoutre qu’ils mirent la tête de Diagoras à prix, comme nousvenons de dire, ils persuadèrent à tous les peuples du Pe-loponnefe d’en faire autant. C’est ce qu’on peut recueillirdu Scholiaste d’Aristophane, à l’endroit que j’ai cité de fesNotes fur la Comédie des Grenouilles. II emprunte celade Craterus. En un autre endroit il cite Menandre , quiavoit dit dans son Traité des Mystères, que la proscriptionregardoit non seulement Diagoras , mais aussi les Pella-niens (22), à cause qu’ils avoient mis en lumière son Ou-vrage (23). Le même Scholiaste raporte que Tindignationdes Athéniens contre Diagoras les porta à faire beaucoupde maux à Melos la patrie de cet Athée. E's ú «1 a.V

xxíol uyMa.y.Tr.G-a.'tTE't , 77V Mtjhov èxzxcorciv ( 24). Les Me-

liens aquirent une si mauvaise réputation depuis l’affairede Diagoras (25), qu’on croît qu’Aristophane (26) nedonne à Socrate le surnom de Melien, qu’afin de le fairepasser pour Athée. „ Aristophane donne ce nom à Socra-„ te, parce qu’il avoit été Disciple d’Aristagoras, qui étoit„ de Ville de Melos, & que tous les Meliens avoient la„ réputation dette Athées, depuis le Philosophe Diagoras„ qui s’avifa de nier la Divinité ’’. C’est Mademoiselle leFevre qui dit cela dans la page 349 de ses Notes fur lesNuées d’Aristophane. Elle l’a pris du vieux Scholiaste, &par conséquent ce n’est pas contre elle, mais contre lui queje m’en vais faire une Observation. Le Décret des Athé-niens contre l'impie Diagoras fut publié Van 1 de la 91Olympiade (27); c’est donc depuis ce tems-là que les Me-liens auroient dû avoir ce mauvais renom. Or alors So-crate avoit plus de cinquante ans : il se seroit donc passéplusieurs années depuis les Leçons qu’Aristagoras lui auroitfaites; aussi c’eût été une très - mauvaise plaisanterie , quede faire remonter si haut, 8c par un effet si rétroactif, lesmédisances que Diagoras excita contre fa patrie. Arista-goras eût été alors dans le tombeau , ou du moins fortvieux. Qui pourroit comprendre qu’Aristophane eût puse persuader qu’il seroit grand tort à Socrate , en faisantsouvenir le peuple qu’Aristagoras Melien avoit enseigné So-crate? Je pourrois proposer une autre Objection. La Co-médie des Nuées, où Socrate est apellé Melien, fut jouéeavant la proscription de Diagoras (28) : mais si Von encroit les Scholiastes (29), il y a des choses dans cette Co-médie qui fe raportent a des faits postérieurs à la proscrip-tion ; ainsi je n’insiftc point fur cette difficulté. Or com-me ni Diogene Laërce, ni ses Commentateurs, n’ont au-cune conoissance de cet Aristagoras Melien, maître de So-crate , il me vient un petit soupçon que le mot Aristagorass'est fourré dans les Scholies d’Aristophane au lieu de Dia-goras. Ce qui fortifie ma Conjecture est de voir , que leScholiaste donne deux caractères à son Aristagoras qui con-viennent à Diagoras ( 30 ) ; il le fait Poète dithyrambique >Sc profanateur des mystères. En un autre lieu de ces Scho-lies (31) il est dit que Diagoras est contemporain de Simo-nide 8c de Pindare. Selon cette suposition il auroit pu ensei-gner Socrate.

(F) Tatien raconte qu il fut puni pour avoir mis à jétala-ge les mystères des Athéniens .] Voici les paroles de Ta-tien (32): Aiuyóçceç A’&ztixïoç w, ùXXct 7870 » il-t>p%7;ráti£>ot

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A'ïyaiç (vTvyxc&vovTsc ruck$ ^tefitcrv.K'tí.'rs. Diagoras jíthenieftfi 5erat, fed quod mysteria apud Athenienfes prophanastet, punirasest: hujus Phrygios libros cum legatis, nos odistis. Je ne sai si

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