D I O G E N E.
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(e) Voitz.Remarque
(JO- . ,
{/) Votez, URemarque
( K.,) à U fia.
'uz. u point qu’il ne conservât tout son caractère (e). Ce qu’il y a de plus impudent,& de plus inexcusabledans fa vie,est qu’à la vue du public il se plongeoit brutalement dans les exercices de l’impureté (L).II en donnoit de fort mauvaises raisons (M). 11 eut d’illustres Disciples (/) , & il com-
poíà plusieurs Livres (g) -, mais on doute que les Tragédies qui coururent fous son nom fus-íént de lui. On ne sauroit dire bien certainement s’il étoit Athée (N) -, mais il est lûr
( 6 r) Hem
I>iogcn.
titim, z o.
(61) Idem ynum. 31.
(63) Ilid.xmn. 29,30.
(64) Ilid »
num. 75.
(65) T olzu-*nt ric rr-^s-erìív ìúy^AioyîviíÇ*roh xóyatt.Tanta Dio-genis fermo-nibus illeccbrainerat. Idem,num. 76.
(66) Plu-rarque, /»Alexandre),pa*. 7 OI (ír
de Foie. autVirt. A-lexandriP*z : 331,
*(sàre qttel* Onesicrite deU Courd*<A-le::audre a-voit été Dis -ci pie de Dìq-£í»e.
(él) Diog.Laért. Libr,VI , num. 7 6.
(68) Idem ,
ibid.
(69) Idem ynum. 69.
(70) 'EÌtoSit
li TTXVTctTTOiett cy t cofAt-TCd <7LL
Hff-Ì TZA'^clirut.Soldat AutemêmnÌA paíamfaccre <& quxad Cererem& qux adVcnerem per-tinent, Idem,
ib id.
(71) Terent.
in Prologo
Audrue, f.16.
( 7 î) Diog.Lacrtius,
Libr . Viynum. 69,item 46.
(7î) DioChrysost.
Oiat. VI,m ‘ so.
(74) licm,
ibidem.
(75) lion,ibidem.
(76) Achen.Libr. IV,Cap.XV,par. ,58.
(77) Plut.de Stoïcor.í-epug. f ^.104,.
( 78 ) Votez,ci-dejstts UTlemarq. (C)de V.ArticleBadyl jS.
lions ne font pas esclaves de ceux c, ni les nourrissent,mais ceux-ci font les valets des lions. II dit nettement à Xeniades , ilfaut que vous m obéissiez , car les gouverneurs e? les médecinsquoi que valets ne laijfent pas de demander l obeïfjance à ceuxdont ils font gouverneurs ZA médecins (61). II éleva très-bienles enfans de Xeniades ,& s’en fit tellement aimer qu’ils le re-commandoient fort à leur pere 8c mere. II vieillit dans cettemaison, 8c quelques-uns disent qu’il y mourut, 8c que sesDisciples l'enterrèrent (6a). La vente de Diogene servit desujet à quelques Auteurs : Menippe, 8c Eubulus firent desTraités qui avoient pour Titre Aioyísm; orpanç , Diogenis auc-tio (63). Suïdas remarque que Diogene étoit déjà vieux,lors que les Pirates le prirent. Mais s’il fut attaché tout le res-
te de fa .vie au service de Xeniades, comment fera vrai ce dem studìofigraviter ferunt,à. literìs natura necejfitatibus avo-qu’assûre Dion Chrysostome, qne Diogene passoit l’hivet à cari. Voici un morceau de l’Anthologie:
ò ^ fïn cVfnnnPTCl D 28 QU il ílit fì 2 ^ - -- .; î- .
Athènes, & l’été à Corinthe ? On ne s’étonnera pas qu il ait sibien réiissi dans l’éducation des enfans de Xeniades , si 1 onse souvient de l’éloquence persuasive que son Historien lui adonnée (64), Lc des esters de cette éloquence. Onesicrite a-voit envolé à Athènes l’un de ses fils : ce jeune homme aiantouï Diogene se fixa dans cette ville ; son frété aîné en fit au-tant dès qu’Onesicrite l’y eut enveié. Onesicrite lili-mêmeaiant eu la curiosité d’entendre ce Philosophe, de vint son Dis-ciple , tant l'éloquence de Diogene avoir d’atraits (65). Cefut un homme d importance qu’Onesicrite : il fut fort consi-déré d’Alexandre (66) , st le suivit dans ses guerres, il y eutdes emplois de distinction, 8c il composa une Histoire. Pho-cion encore plus illustre que lui fut Disciple de Diogene (67).Ajoutez que Stilpon de Megare le fut aussi (68).
(L) ll fe plongeoit brutalement dans les éxercices de l’impu-reté.] Voici quel étoit son raisonnement. Ce n’est pointun péché que de dîner ; donc ce n’est point un péché quede dîner dans les rues (6g). Sur ce fondement, il man-geoit en quelque lieu que ce fùt, & il prétendoit que sonprincipe se devoir étendre sur toutes les nécessitez naturel-les ; desorte que comme il croioit qu’st étoit permis d’a-voir à faire avec une femme , il concluoit qu’il n’y avoirpoint de mal à la conoître à la vue du public (70). C’é-toit apeller la raison au secours de ses passions. C étoitl’outrer, c’étoit ne l’entendre pas , à force de subtiliser pourl’entendre ; c’étoit en quelque façon reéla cum ratione insa-nité. On peut apliquer aux Cyniques ce Vers de Teren-ce, Faciunt nu intelligendo ut nihil intelligant (71). Diogeneennemi de toute superfluité, 8c cherchant l’indépendanceautant qu’il étoit possible, commettoit publiquement ceque les Casiustes apellent péché de mollesse , & disoit ef-frontément qu’st seroit bien aise de pouvoir apaiser par unesemblable voie les désirs de son estomac, ’x.upapyàv ze h
zs sto-a r»ívfj, e'ÍS-e f> , 'sÁíyt , xxì rr,v xotAÍai japarpt-’ip'cípcsvoi lits.tu vrccutrctrS-ctt. Cîlïïicqut H 71 ÎC Ofd OtntllUfìî tUT -
pi ter sdpe operaretur, utinam liceret , ajebat, perfricato ventreà famé conquiescere (7 z). 11 se glorifient de cette impuden-ce , prétendant trouver en lui-même , & sans aucuns frais,ce qui porte les autres hommes à faire mille dépenses &mille ravages. II ajoutoit que si tout le monde lui eût res-semblé , Troie n’eútpasété prise, ni Priam tué sur l’autelde Jupiter. Otî y d p éb'et aurcy dúaiJLOze t'Act {U àppoó icÌójveveteev , àAAÒt ccccísrr eAeyev , à7?ctrrcty J ìs rcxtliicc: ciùiuí rr,vh’ppoS'ízr.y a-po’íy.ct.ìCeque enìm usqttam illì (*71) eundumerat obrem veneream , sed jocans dìcebat ubique stbi adejse veneremgratis (73). II cherchoit dans la nature, & dans la mytholo-gie de quoi fe justifier ; il alléguois l’éxemple de certainspoissons. E’V? éì T«s iyjdúy.p -yjì'cy zt ÇpoyiuazépUí <Pal-yetr&ai zâ't àyâpó>7rm' éztte yàp êemzui zo o-srepftu ûsro^uAelyÌaS-ovzcíç c (ci rc coTy.:d.zCTc/.i zrpòç ro zpuyv. Dtcebat autem Z?pistes nonnihil prudentiores apparere quam homines. Gpuum e-nim illis opus est ut semen emittant, egredi z? sese affricarc adaspera (74). II alléguois aussi l’éxemple de Pan. II disoitque Mercure aiant eu pitié de son fils Pan, qui couroit nuit& jour par les montagnes enragé d’amour pour une maîtressequ’st ne pouvoit embrasser, (c’étoit l’Echo,) lui enseigna cet-te voie de soulagement, & que Pan l’enseigna ensuite auxbergers (75). Martial, quelque déréglé qu’st fût, entenditmieux que ce Philosophe la voix de la nature,
Jpsam crede tibi n a t u r a m dicere rerum,
Istud quod digitis, Pontice, perdis, homo est.
C’est ainsi qu’st parle dans l’Epigramme XLII du IX livreà un homme qui suivoit les maximes de Diogene. Cettevilenie se trouve , non seulement dans les deux Auteurs quej’ai citez, mais aussi dans Athenée (7 6 ),dans Plutarque ( 77 ),dans l’Homélie de St. Chrysostome fur le Martyr Babylas,dans l’Homêlie XXXIV du même Pere fur St. Matthieu,dans l’Anthologie , dans Galien , &c. 11 est donc bien sur-prenant qu’Erasme, qui avoir tant manié le Babylas de SaintChrysostome (78) , fe soit si lourdement abusé sur l’endroitou Diogene Laërce parle de la Chirurgie impure du Cyni-que. À peine se pourroit-on imaginer , si on ne l’aprenoit
J* 7 i) La Mothe le Vayer dit que Zenon ér quelques autres ont aprott-ve cette turpitude , à cause ■vraisemblablement de s indépendance esautruiqu. elle semlle mus aquerir-, fr Diogene faisant le Pasteur Menalcas,fr u-Jant de an c gentille Ctnrurgie , foui,alto,t de pouvoir austì commodémentDextra milù Deus, & telum quod missileDla l. Sceptiques d’Oiaíìus Tubcto,
contenter son ventre affamé.libro, disoit quelcun sur ce sujet.
p3g.m. 143, 344
II ccìiz otpec Atoyhyç éssvyeo zcíbt' zov T vptéioítoeH etoev oroeAocpcp Acetb'oç d yeezeeov.
Omnia fane Diogenes ejfugit h st cnuptias veroPerfecit dextra , Laide nihil opus habens.
C’est la conclusion dune Epigramme (80) , où Agathiasfait le catalogue de plusieurs inconvéniens â quoi l’on est ex-posé , quand on s’attache à servir le sexe, 8c dont Diogenese délivra. Je m’étonne que Galien ait plus travaillé à exté-nuer ce crime, qu’à le condamner. II dit que ce PhilosopheCynique le plus ferme de tous les hommes contre le plaisirdes sens, goûta celui de l’amour, non pas par l’attrait de lavolupté, mais afin de chasser les maux que la rétention de lasemence a coutume de causer. Une fille de joie lui avoir pro-mis de se rendre auprès de lui ; mais parce quelle tarda trop,st ne put avoir patience, & fe . . . ; puis quand elle fut ve-nue , il la renvoia, & lui dit qu’st n’avoit plus besoin d’eUe,8c qu il y avoit déja pourvu. lìyxS vszy,', u. ô z r.c, d7cczaisa.r0
Tct Tzreçptot -c Poracczoiecoq z r. yeipt zb ai coi01' xset ptezòt zceZzccoruçctysvepúvw àtsrézceptfev , eizrèet z> J* p'ílçot tpS-úzcti zov tlpihceiovejísrcci. Cum diutius cejsaret ipse manu pudendis admota sementxcujstt, ac venientem deinde mulierculam r émis. t, inquiensmanus hymenstum celebrando prstvenit te (81). II n’en usoitpas ainsi avec la fameuse Courtisane Laïs. La Chroniquescandaleuse raporte que cette femme , qui attirait tant debeau monde par ses charmes, & qui mettait ses faveurs à unsi haut prix, faisoit la courtoisie toute entiere à notre Cyni-que , tout maulîàde 8c pied poudreux qu’il étoit ( 82 ). Ellelui permettait de jouir d’elle pour rien : sb st t aùzr, zoo-Szov
uçyvptov bìcolc, t) ô£ 7: ppoir.ee Atoyevet zeu y.vvt trvyr.tiAÍezctt. Vous
lui donnez, tant d’argent , c’est ce que le valet d’Aristippe di-soit à son maître, ZV elle se veautre avec ce chien de Diogenesans en tirer une maille (83). Nous verrons dans l’ArticleLaïs la réponse d’Aristippe ( 84).
(M) . . . Il en donnoit de fort mauvaises raisons .] Je lesai reportées au commencement de la Remarque précédente,8c j’en parlerai plus amplement dans les Remarques de l'Arti-cle Hipparchia.
(N) On ne sauroit dire bien certainement s’il étoit Athée. ]Car toutes les preuves que l’on allégué sont équivoques. LePere Garasse en aparté deux : l’une, qu’i/ se moquait des Dieuxque la populace adorait communément-, l’autre, qu’i/ dogmati-sait qu il ne fuioit avoir aucune honte de faire tout ce que lanature nous diêle ( 85 ). La prémiere de ces preuves est im-pertinente; car il n’y avoit rien de plus digne d’un Philoso-phe bien persuadé de l’éxistence du vrai Dieu, que de se mo-quer des superstitions païennes. La seconde preuve n’estpoint concluante, veu qu’il est possible de croire un Dieu, 8cd’'être persuadé en même tems que la honte n’est fondée quefur le droit positif. Les Adamites ne soutenoient-sts pas leurserreurs par l’Ecriture mal entendue ? Us n’étoient donc pointAthées. Voici d’autres preuves de l’Athéisme de Diogene.I. II disoit en voiant les Précepteurs, les Médecins, & lesPhilosophes, que 1 homme est le plus sage de tous les ani-maux ; mais quand il voioit les interprètes des songes (86),les devins, ceux qui ajoutent foi à ces gens-là, les avares, 8cles ambitieux, il croioit que l’homme étoit le plus fou detous les etres (87). II. 11 refusa d’être initié; & quand onlui dit que ceux qui avoient eu cet avantage dans ce monderegnoient dans l’autre, il répliqua que rien ne seroit plus ridi-cule que de voir Ageíilaíis & Epaminondas dans le bourbier,pendant que plusieurs faquins qui auroient été initiez seroientsor le thrône des bienheureux (88). III. On lui attribuela taillerie que j’ai reportée dans l’Article de Di ago-ra s (89), c’est qu’il y a beaucoup plus de gens qui pé-rissent nonobstant leurs vœux, qu’il n’y en a dont les priè-res soient éxaucées (90). IV. II disoit que la longue pros-périté d’Harpalus portoit témoignage contre l’éxistence deDieu (91 ). Diogenes quidem Cynicus dicere folebat Barpalumqui temporibus illis prsido fœlix habebatur, contra Deos tefii-
monium dicere , quod in illa fortuna tandiu viveret .•
Improborum igitur prosperitates fecundstque res redarguunt, utDiogenes dicebat ,vim omnem Deorum ac poteftatem ((92). Deces quatre preuves les deux prémicres font si fossiles, qu’el-les ne méritent pas d etre éxaminées. La troisième est unpeu plus forte , & néanmoins incapable de convaincre ;car combien y a-t-il de gens aujourd’hui, qui, fans cessesd’être Papistes , pourroient & penser & dire en voiant le SEx voto de Nôtre Dame de Lorette, ce que l'on fait dire
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par ses propres yeux, qu’Erasme eût pu faire une si lourdebévue. 11 a cru que Diogene Laërce disoit que son Philoso-phe Cynique s’étant apliqué à un travail corporel, 8c y aiantgagné beaucoup d’apétit, avoit souhaité de pouvoir satisfaireson ventre en le frottant. Erasme a trouvé là l’humeur de cespersonnes studieuses, qui sont fâchées que les besoins de leurcorps les détachent de leurs Livres, 8c il a mis ce discours aunombre des Apophthegmes de Diogene. II en a été cruelle-ment censuré par Robortel, 8c très-mal justifié par Nannius.Voici les paroles d’Erasme (79). Sjuum in foro in conspeóluomnium suifset operatus , utinam quoque liceat (inquit) sic per-frlôlo ventre à famé este quietum , Jtntiens agitatione corporisacui stomachi orexim , à qua necestitate cupiebat este liber. Iti-
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