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dictions dans les choses qu’on raporte de Diogene (G), doivent prendre garde qu’un homme da°n humeur ne pouvoir manquer d’être sujet à des inégalités notables. II avoir beaucoup de pré-ence d’esprit : cela paroit par ses bons mots, 8c par les promues reparties, qui pour la plupartcontiennent un sel fort piquant. On ne jugeoit pas mal de lui, quand on l’appelloit un óoerateou {d), fl p a {p, une bonne partie de la vie à Corinthe, & il y mourut fort âgé. On ne s’ac-c °rde ni fur le genre , ni fur le tems de fa mort {II). 11 le soucia peu d’être enterré , & il le futnéanmoins avec honneur (/). La raison pourquoi il demeura à Corinthe, fut qu’un homme decette ville Tachera (IC), 8c le fit Précepteur de ses fìís. La captivité où il fe trouva n’empêchoit
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™ n tre notre Diogene, qu’il consulte Monsr. de la Motlie le je descendrai aux enfers. Í1 s’étrangla cette nuit même, 8 cti^A- ^ 5 ’ e A trm,v * un Ecrivain parmi nous fi peu équita- prétendit ne perdre pas tant la vie que la fièvre. Abite qunso,, e > dit-il (31), je ne veux pas user d’un plus rude mot ,qu il ‘ '
, a1 P°tnt fait de conscience de comparer Diogene cy Democrite,a nf U5< l uet , cy à Maijlre Guillaume (31), qu d afiure avoirfí f 0Hr ^ moins auiji sages que ces Philosophes. Bon Dieu,p,~“ P°Sfible qu on fe dispense de parler de la sorte ! ll dit queHt arque ey taértius se f u fient bien paffez de transmettre jus-1 Ue s a nous les sottijes de ces deux faquins , dont l’un ne méritéautre eloge d’honneur que celui d'un Farseur, à spavoir Demo-c s l s e , e?' ïautre d'un gros gueux de l’ofiiere. Bref, continue-toute leur difference ne se trouvoit que comme de Maître■aume à sean-Farine, or de Brusquet à Pantalon : Dioge-
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Platon quil’appelloìt(tìnfl: voies*EUea Var.Hilior. Lits.A IV, Cep.XX XIII.
C r spetìatum pergite. H&c me nox aut viílorem probabit aut vìc-tum.Si febrem vicero ,ad agmem : fi me vicerit ad inserna de-scendam : ibique per noHem eliso gutture, non tam mori se aitquam febrem exclttdtre (43). Quelques-uns ^44) ont dit qu’ilmourut le même jour qu’Alexandre , dans ia 113 Olym-piade. II éíoit âgé de près de 90 ans ( 4 y). Mais s’il n’a-voit point vécu après Alexandre , auroit-il pu être mandépar Perdiccas, & menacé de la mort s’il ne Venoit (46) ?Auroit-il pu être prié dune viiite par Craterus (47)?
(/) Il se soucia peu d’être enterré,cy il le fut néanmoins avechonneur . ] O11 dit qu’il ordonna en mourant que son cada-
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ne e flant un fou cy maniaque parfait, Democrite un bouffon vre ne fût point du tout enterré , ou qu’il íút íe'.ilemcritPerpétuel, ce font ses propres termes. En vérité, il riy a point couvert d’un peu de poussière dans une toise. II souhaitoitesprit raisonnable, ni tant soit peu connoifiant la nature des servir de pâture à toute sorte de bêtes (48). On trouve deenoses, qui ri en soit scandalisé, er que de fi extravagantes fi- plus dans Diogene Laërce qu’il voulut être jette dans l’iiis-m dttudes ne jettent dans l'indignation. fus pour le service de ses freres ; mais ces paroles ont été
Notez qu’on conte (33) qu’Alexandre aiant trouvé Dio- fans doute fourrées mal-à-propos dans le texte de l’Histo-gene endormi, lui cita le 14 Vers du II livre de l’Iliade, rien : car où est l’Auteur assez absurde pour dire que ce
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Philosophe voulut être jetté dans une riviere, afin detteutile aux chiens ? II n'y a donc point d’aparence que cesparoles viennent de Diogene Laërce. On les au-a d’abordmises à la marge, pour marquer le sentiment d’Elien (49),qui est que notre Cynique ordonna qu’on jetr.it son corpsdans rilissus; & puis quelque Copiste ics aura cousues gros-sièrement au Texte. Remarquez que lTiiflùs est une rivieredu pais d’Attique, & que Diogene mourut dans un fauxbourgde Corinthe (50); & concluez de là qu’Elien a fait une fau-te. Mr. Ménagé a fait fur ceci une Note tres-savante (51 '. 11y a dans Cicéron un Passage qui mérite d’être raporte : on yaprend que Diogene, fur la demande que lui firent ses amis,si le désir qu’il avoir de n’être pas inhumé tendait au profitdes bêtes sauvages, ou à celui des oiseaux,leur répondit qu’ilvouloir qu’on lui mît çn main un bâton afin qu’il pût repous-ser l’attaaue, V comment pourrez-vous le faire, repliquércnl-ils, vous ne sentirez rien? Que tri importe donc, reprit-il, queles bêtes me déchirent ? Dttrior Diogenes, v idem quidem fen-tiens,fed ut Cynicus aspenus,proiici fe juífit inhumatum. Tarn
. . * k - j. ..— amici ,volucribufne an seris ? Minime verofmquit ,sed bacill tm
(.34). L on marque mente expressément qu il n avoir ni probe me auo abizam, ponitote. &ui poteris ? illi ,non enim fen-
íies. Quid tptur rmht ferarum lamatus obertt mbil Jeníien -ti (52.) ?
On n’eut point d’égard à cette grande indifférence de Dio-gene pour la sépulture. Ses amis l’aiant trouvé mort ne dou-tèrent pas qu’il n’eút mis fin à fa vie par la supreslìon de l’ha-leine. Ils disputèrent avec tant d’ardeur à qui l’enterreroit ,qu’ils pensèrent en venir aux mains. Des personnes d’autoritévinrent apaiser le diffèrent. Diogene fut enterré proche laporte de l’Isthmerson tombeau fut orné d’une colonne fur la-quelle on mit un chien de marbre f; 3). Pausanias fait men-tion de ce tombeau (54). Les habitans de Sinope dressèrentdes statues de brome en l’honneuv de ce Philosophe Lutcompatriote (5 5). J’oubliois de dire qu’il y a une opinionqui porte qu’il fut enterré par les fils de Xeniades, desquels ilavoit été Précepteur (56). On ajoute que Xeniades lui de-manda comment il vouloir être enterré, & qu’il répondit, levisage vers la terre; car, reprit-il après qu’on lui eût deman-dé la raison de sa fantaisie, U arrivera bientôt un renversementdes choses, qui mettra le defious dessus. II vouloir dire, li l’onen croît son Historien, que le Roiaume de Macedoine deve-nait grand de petit qu’il avoir été. A<« ?ì íx-ik?uts~v rf» rSsM&X’ëé’óvuç ìj kx. ectrttsut oTíjZyç ’yivttr^'txi. Quia Macedonesjam potentia majore dominarentur , atque ex humilibus subli-mes fièrent (57)* Cette explication n est point juste, puis que
_ 5 _ t _, Diogene mourut dans le tems que les Macédoniens étoient
8tems après. Elien ajoute que ce valet fut errant de lieu parvenus au plus haut comble de leur puiíîimce. II mourut,, j5. u ’Ì us ques à ce que les chiens le décimèrent à Delphes, selon quelques-uns , le même jour qu Alexandre ; il avoit. V ) O/t /te s accorde point fur le genre . de fa mort. J donc vu la gloire de cette nation élevée prodigieusement. Se-
ms - U j S disent (3 8 ) siu’un débordement de bile, causé par Ion quelques autres il faut croire qu’il survécut à ce Prince,&r “,r le . de bœuf (39) ' qu’il avoit mangé tout cru, fut la qu’il vit les divisions de ses Successeurs. II devoir donc plutôt
Oeî 7Tíívvá/£i3V s'òè'etv fit/Xopopov tkvbpu.
Stertere perpetuam non dignum eft principe noêiem.
& que Diogene lui cita tout aussitôt la fuite de ce Passaged Homère,
Íìí AtsoiV l‘7ntvtsà.0itrut y-n t votro-tf, ueuyM,
Cui populique falus, cri tanta negotia cura.
°n ne pouvoir pas répondre avec plus de présence d’esprit,ui plus a-propos. Diogene se justifiait, & marquait en me-ute tems ce qu’Alexandre devoir faire. II montroit que s’ily a de la faute à dormir toute la nuit, c’est lors que l’on estchargé du Gouvernement des peuples.
( L ) On trouve des contradictions dans les choses qu on ra-porte de Diogene.] D’un côté on nous conte qu’il n’avoìtpoint d’autre logis qu’un tonneau, 8t qu’il jetta fa tasse debois quand il se fut aperçu qu’il pouvoir boité dans le creuxde sa main. Qnodam vero tempore habens ad potandum cavumhgneum vidit puerum manu concava bibere , cy elififie illudfertur ad terram dicens, nesciebam quod natura haberet pocu-lum ( 34). L’on marque même expressément qu’il n’avoit niValet, ni servante (35 ). Mais d’autre côté on nous parle dela tuite de son valet. Quelques-uns pourvoient soupçonnerun peu de fiction li-dcflòus, c’est-à-dire que l’on a feint ladésertion de cet esclave, afin d’avoir lieu d’attribuer un bonmot r a „ Diogene. On prétend qu’il répondit à ceux qui luiconseillèrent de faire chercher ce fugitif: Ne seroit-il pas ri-dicule que Menades put vivre fans Diogene, & que Diogene nepût vivre fans Menades (36) ? Pour moi Je ne trouve pointque ces Contes soient contradictoires. Cet homme-là avecles travers d’esprit ausquels il devoir être sujet, p'ouvoit-il être uniforme ? Ne doutons point qu’il n’ait voulu en untems ce qu’il rejettoit en un autre tems. Sa vie a été assezlongue pour nous fournir des années où il fe faisoit servir,óc des années où il n’avoit point d’autre tasse que sa maincreuse. Voilà ce qu’il faudroit dire , si l’on n’avoit tou-chant ce Cynique que la Vie que Diogene Laërce nous cna laissée; mais nous avons dans Elien un chapitre qui nousdispenie de recourir à une telle solution. Elien nous faitconoître que Diogene n’étoit point encore Philosophe ,quand son valet le quitta. Ce fut en se retirant de Sinopequ il prit avec lui l’un de ses esclaves > & qu’il en fut aban-donné. II avoit dès lors un commencement de Philoso-phie qui se fit dire ; il feroit honteux que Manès ft pût pafierde Diogene,cy que Diogene ne pût point sc pafier de Manès (37) .-naais il ne fut-Cynique, mais il ne renonça au superflu, queàgtems ’ ' - ’
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cause de sa mort : les autres, qu’il s’étouffa lui-mëme enre tenant fou haleine (40) : les autres, qu’il mourut de lajhorsure d’un chien (41): les,autres, qu’il se précipita (41):Ies litres , qu’il s’étrangla. Cette derniere opinion est ra-Portée par St. Jerónie comme la bonne, & avec des cir-constances qu’il ne fera pas inutile de savoir. Sa mort, dit-il,c» un témoignage de là tempérance & de fa vertu , carcomme il s ’ en àit aux jeux Olympiques la fievre le priten chemin. II se coucha fous un arbre, & refusa les offi-ces d e Ceux l’accompagnoient, 8c qui lui offroient ouT Çheval ou un chariot. Allez-vous en au spectacle, leurJ cette nuit décidera de ma maladie , fi je la surmon-c jD r ai demain aux jeux Olympiques; si elle m’emporte,
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(43; Diocr Lai?* foniìnuWet. Ccrcídas, aptíd l);og. Laërt. Libr. Í7,4ew * ^ Suïdas. ( 4 a) âau. Vai. Hist. Libr . Vlll,
prédire' fa décadence des Macédoniens, que lem agrandisse-ment 1/expression de Diogene Laerce n est jttste, qu au casm . r rmVile se raporte au tems de Philippe Roi deMacedOne s Ce fuî fous Philippe que cette Nation qui avoirMaccciom ■ fioure CO mmença de devenir formidable.
^TunTolme dl ^Corinthe tacheta .] En pafiant à l’Ile(K) Un w Pirates qui I amenerent dans l’Ile
ifgSe.â teÇere». » vc ? e. 11 ,épo„di t au Crieur quiî ■ j ,u-,r,4nit aue favez-vousfaire, qu n savoit commander
1U1 nommes & a PCtÇtr un Corinthien qui passoitnarine montra au Crieur 8c lui dit, vendez mfi à ceMonsieur car U a besoin âe maître (59). Ce Corinthien s’ap-ídloít Xeniades. 11 acheta Diogene, &: Vamena a Corinthe,8c le donna pour Précepteur a ses fils. II lm donna aussi tou-te ì’intendance de fa maison. Diogene s’aqukta 11 bien de tousces emplois, que Xeniades ne pouvoit se lasser de dire partout, un bon Genìe est entré chez moi. Les amis de Diogenele voulurent racheter. Vous êtes des fats, leur dit-il (óo), lesO 0 3
O?) Hiera-«yrhns, ai,r.t {, adv. ]o-
vinianum.
f 44 j Oemc-ítrius in z£-quivocis,r pni Laër-tium , num*
79. íMut,bympufLibr. VJU yr-p. l. Sui-das
<45J Laè'r-u'irr, Ubu
76.
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nn-ì. 57.
<4 s ) Idem ymua. 79.
(40' vj r ,Hikor Libr .Vlll, dp.
AIV.
(>o) F.'v <raK ppCViiai TtóTfo -w? Kc-fihSti yvuv*-Jn 0*4-nia : id erutGrmn.tsiumante Corin -ihxn*. Díog.Laërt. nv.m m
77-
(si) InLaërtium,Lìlr. VI,mtm, 79.
(51' Ciccro,Tuscuî. 1,
Cap. x:un m
( 53 ) Diog.Laert. Libr.Vl, nitm. 77.78 .
(54) í'ausan.
Libr. Ì 145 .
(S$) Diog.Laërt. rinm.
78 -
<56) Idem,m*m. z k.
(í7) Idem,iinm. z 2.
raporte ceciavec a*antrescirconstances.
Voiez, f on
Traité quodO-Utììs pio-bus Jiber,8Si.
(59) Laerce,dit tela ,
num. 74, a-vott dittìnm .Z 0, pue Dio-gtne prejsa UCrieur de di-re , Qui esì-ce qni veucacheter soamaître 2
(60) Tiré dçDiogeneLaërce »
Livr . VI,
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