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Tome second. C - I.
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D I O G E N E.

2,y<S

{4) Votez, ci-dejstis U Re-inerii'.c ( .-4)de l’.ArticleAkch'^laus,ïhiloiophc.

(b) Votez. UTiemetr.-i.iFl),Lit.xtien ( 14).

(iz) August.de CivitateDei, Libr.VUI, Cap. ir,t*&- m. 7 u.

(1 î ) Cicero,de Natur.Deoiiim,Libr. L , Cap,XII.

(14) Lesca-lop. in Ci-cer. de Na-tura Deor.Libr. I, pag.4 *> 4 S.

(t s) .AeremcoMpote^a di-vin* ratio ni s.Áu^ust. deCim. Dei,Libr, VIII 7Cap, II , pag %7 iU

(16) Notez*que selonDiogene il n’yavoit pointde diférenceentre tt^jn.principiutn

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elementum :car il ne re-canoijfeitqu'un élé-ment, Volez,

U Citât,(zz).

que riçn ne pouvoit etre produit de cette matière lans la vertu divine qu’:

Anaximenes n’avoit point ainli expliqué la génération des choies ; l’air avoir été, selon lui , lacause unique Lc universelle ; les Dieux mêmes en avoient été produits (C). On accusa à tortCicéron de n’avoir point raporté fidèlement ce dogme de Diogene ( b). 11 ne faut point douterque Pìutarque n’ait allégué quelquefois les opinions de ce Physicien (D) , quand il a marqué

simple-

fr») Aristo-teles, Libr.I,dc Anima,

(*p. II, par.479, E, Tom.* Optr.

(S) Il reBista un feu le sentiment de son Professeur touchantla cause prérniere.] Je n’ai trouvé dans aucun Auteur au-tant de détail fur cela que dans un Ouvrage de St. Augus-tin. Jsie ( Anaximander ) Anaximenem discìpulum, çr suc-cessoral reliquit : qui omnes rerum causas instnito aeri dédit,nec Deos negavit , aut tacuit : non tamen ab ipfis aerem fac-tum, sed ipjos ex acre ortos credìdit. Anaxagoras vero ejusaudìtor , hartttn rerum omnium, quas videmus, ejfecîorem , di-vinum awimumisenfit : ex dixit, ex infinita materia, qua cons-taret difjimilibus inter se particulis, rerum omnium généra promodulis ex speciebus propriis Jmgula fieri, sed anime facientedivino. Diogenes quoque, Anaximenis alter auditor, aeremquidem dixit, rerum ejse maierìaih, de qua omnia fièrent : sedeum ejse compotem divine: rationis , jine qua njhil ex eo fieripojfet ( í i). Cicéron a représenté dune maniéré beaucoupplus succincte ce dogme de Diogene. Gfiuid? a'èr , dit-il (13),quo Diogenes Apolloniates utitur Deo, quem fenfum haberepotest, aut quam formam Dei ? Le Jésuite Lescalopier trouvebeaucoup de mauvaise foi dans ces paroles de l’EpicurienVelleius l’un des interlocuteurs de Cicéron, & voici de quelair il l’apostrophe (14). Quandìu importes, Vellei,extinêlìs,sepultisque philojbphis, qui reclamare non pojsunt, ex illis erro-res affinges in quos nunquam impegerunt ? ecce hic quoque áè-rem Diogenis Apollonìata Detim facis, quem ille pro Deo nun-quam habu'tt : nam dixit quidem libro nono Laértii, aérem es-se 5•»(»£(«» i. e. elementum ,non autem Deum,c?' libro ostavode Civitate Dei, capite secundo , aerem esse materiem rerumde qua omnia fièrent ; sed eum esse compotem divinse ratio-nis , fine qua nihil fieret. Jam verò in altiffimâ illâ, dìvlnaqueratione frustra sensum, frustra figitram requiris, qui, niji incorporea natur à, non inveniri, opinor, intelligis : est enim illaratio divina meré stpiritalis. La plainte de ce Jésuite est in-juste ; car il est certain que le Pastàge de Cicéron contienttoute la substance & toute la, force de celui de S>t. Augustin,8c qu’il aboutit.au même sens qui est de dire, que selon lesHypothèses de Diogene l’air étoit Dieu. II enseignoit, si nousen croions St. Augustin, qu’il y avoit deux choses dans l’air,premièrement une matière > dont tous les corps de l’Universpouvoient être produits, secondement une vertu divine, sanslaquelle rien ne pouvoit être produit de cette matière. N’é-toit-ce point faire de Pair & de la vertu divine un tout ou uncomposé, dans lequel si l’air étoit la matière, la vertu divineétoit l’ame ou la forme ? Or comme c’esl la forme qui spéci-fie le composé, & qui lui donne le nom, il s’ensuit que l’airanimé d’une vertu ou d’une nature divine devoir être apelléDieu; 8c par conséquent lors que Cicéron supose que l’airétoit Dieu selon Diogene, il ne supose que ce qui résulte né-cessairement de l’exposition que St. Augustin a donnée de ladoctrine de ce Philosophe. L’Objection que le Jésuite fondesur le mot çotyJM est nulle ; car, comme je lai déjà dit, no-tre Diogene admettoit deux choses dans l’air, une matière,& une cause efficiente, & il les unissoit intimement l’une àl’autre (15): sur ce pied-là, l’air entant que matière étoitl’élément ou le des diférens corps de l’Univers (16) ;

mais cela n’empêdaoit point que considéré conjointementavec la vertu divine dont il étoit doué, il ne fût Dieu. On >peut fortifier ceci par une nouvelle observation; les parolesde St. Augustin nous peuvent faire juger que cette raison oucette vertu divine que Diogene joignoit à l’air, étoit plutôtun attribut, qu’une forme, ou qu’une ame distincte de l’air,c.’est-à-dire que selon Diogene il n’y avoit qu’une substancedans l’air, laquelle étoit tout ensemble le principe matériel detontes choses, & la raison,la sagesse, l’intelligence,qui com-me cause efficiente dirigeoit la production de toutes choses.C’est donc avec toute la bonne foi imaginable que le Velleiusde Cicéron attribue à Diogene d’avoir enseigné que l’air estDieu. Aristote favorisera merveilleusement ceux qui enten-dront de cette maniéré la Phrase de St. Augustin. II nousaprend que l’ame de l’homme étoit d’air selon Diogene, £cquelle conoissoit 8c se mouvoir entant quelle étoit d’une na-ture aérienne. Sa conoissance étoit fondée sur ce que lait estle principe de toutes choses, fa vertu motrice procédoit dece que l’air est le plus subtil de tous les êtres. Atoyhn à" <áV-

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peipéraTo,, xtrmxói eïmi- Diogenes autem, stcut ex alii qui-dam, aérem ipfam cenfuit ejse: hune subtiliffimt subftantii,rerumque princípium este putans. Idcirco cognojcere atque mo-vere, animât» dixit : hoc quidem cognojcere, quo frimum est,

C5» ex hoc ipfo atera constant : hoc autem ejse motivum, quosubtilijstmum est (17 ). Ces paroles d’Arislote font voir clai-rement que Diogene donnoit à l’air la nature de premierprincipe, celle de premier moteur, la conoistance, & la sou-veraine subtilité comme des attributs qui constituoient permodum unius une feule & même substance qui étoit Dieu.

D ou il résulte que son Système ne diféroit presque point duSpinozisme: Dieu y étoit tout à la fois la cause matérielle, &la cause efficiente de toutes choies; il étoit la cause imma-nente de tons les êtres ; il produifoit en lui-même tous les

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corps de l’Univers, cette infinité de mondes que Diogene re-conoislòit ( 18). Observons en passant que les Vers de Sido- (i«)^,nius Apollinaris que je raporte en un autre endroit (19) , con- g en ' jg,viennent infiniment mieux à la doctrine de Diogene, qu’à s? .celle d’Archelaûs à qui Savaron les a apliquez. Juste Liplé a "eu beaucoup de raison de les prendre pour la description dusentiment de Diogene (2.0).

II est bon de voir comment il philosophoit sur la produc-tion du monde : ses pensées à certains égards & en gros sontassez conformes à l’Hypothefe de Monst. Des Cartes. Tou-tes choses étant en mouvement, disoit-il, les unes se con-densèrent , & les autres se raréfièrent : or dans les endroits oùla condensation se forma, les corps firent volte face, ils setournèrent, 8c entraînèrent les autres par leur révolution ; cequi se trouva plus subtil 8c plus léger gagna le haut, 8c formale soleil dans la région supérieure. Voici mon garand; je m’en ^

Vais copier son Grec; Ùstoytroç ò A zraÁXusiáTtiq.áspa ùtpíç-tcTXt

•Taíyétr.t' xiietrâxi oì 7a 7rxì7ct,à-srtípxí 71 etsxt tìç xba-fzis s'x«s—izozo-oielSè S701Í' «11 TSîraiTOî xit&u,íns,x.xi i Av àçxtéss bí TT-jy.'ttíyiíttfiét* > óWk rmsxópeiTe 70 orvxsòv, <rvs-poQw 7 vots,trat, xat ísra7 a Auiarà, xarà îòv âvr'ot ÁÓyov, rà xntpírara 7ry cita rá|i»

Xafs'ma, -.ot r,>.tot «zroTeAÉrai. Diogenes Apolloniata, Aéremelementum ponit, moveri autem univerfa, ex infinis os ejse man-das affirmai. Citerum ejusmodi somniat eorum molitionem :scilìcet eum universum ita moveretur, ut rarius hic, alibi den-fius fieret, ubicunque major denfitas contingeret, ibi convolu-tionem quandam effecijse, tum similem in modum Citera : quaautem omnium levijfimi partes effient, eas regione ftperiori oc-cupât â Solem produxijfe (21 ). II ne semble point facile d’ac-corder cette Hypothèse avec ce que nous avons vu ci-dessusqu’Aristotc dit des sentimens de ce Physicien. II lui attribued’avoir enseigné que l’air est le plus subtil de tous les êtres.Comment donc eût-on pu dire après cela qu’au commence-ment du monde il y eut des corps qui se condensèrent, 8cd’autres- qui se raréfièrent ? Ce qui est subtil 8c délié au souve-rain point n’est pas susceptible de raréfaction. Je 11e voisqu’un seul moien de résoudre la difficulté; c’est de suposerqu’au premier branle que l’air reçut il s’épaissit, comme onvoit que le vin se trouble quand on remue le tonneau. Lemouvement continua, 8c dans ce progrès d’agitation il y eutdes parties qui s’épaissirent encore plus, 8c d’autres qui se cla-rifièrent. Celles-ci naquirent point un dégré de raréfactionsupérieur à la subtilité essentielle du prémier principe, maissupérieur seulement à la densité où toute la masse de l’air futréduite par le prémier mouvement. Si nous avions les Ecritsde Diogene, nous verrions fans doute qu’il avoit prévenu ouéclairci toutes ces sortes de difficultés; mais comme son Systè-me ne nous est conu que par un très-petit nombre de parti-cules détachées,nous ne pouvons marcher qu’à tâtons,quandnous voulons entreprendre d’y rajuster les pieces mal assorties.

Notez qu’Aristote (zz) le loue d’avoir reconu que si touteschoses n’étoient point faites d’un seul principe, il ne pour-roit point y avoir d’action 8c de réaction; car le froid 8c le ubr. 1 ’chaud ne se peuvent point métamorphoser l’un en l’autre, Ils VI-demandent donc un sujet commun qui soit successivementfroid 8c chaud. Aristote trouvoit son compte dans cette no-tion générale, lui qui ôtoit aux quatre élémens la nature deprémier principe matériel, pour la donner à un seul être qu’ilnommoit matière prérniere.

Je croi que Diogene Laërce se trompe, quand il dit que pío-Diogene d’Apollonie admettoit un vuide infini (23). J’ai- ( l, \tme mieux suivre Pìutarque, qui assure que tous les Phy- A’

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B.

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siciens successeurs de Thaïes jusques à Platon rejetèrent levuide (24).

(C) L’air avoit été ... la cause unique, les Dieux mêmesen avoient été produits .] C’est une chose tout-à-fait étrange,qu’il y ait eu des Philosophes assez aveugles pour donner àDieu une fi basse origine. L’ordrc vouloir qu’ils assurassentque Dieu a produit les corps, 8c quelques-uns d’eux au con-traire ont assuré que les corps avoient produit Dieu. La cau-se peut-elle être moins parfaite que son effet? Une nature in-telligente ne peut donc pas avoir pour Cause une matière bru-te - Je ne sai si l’expérience de l’espece humaine n’a pointobscurci les notions du sens commun. On voioit sortir so SHéros, les Sages, les plus grans hommes, d’où? à peine I eSyeux, 1’imagination, peuvent foufrir cet objet, tant il est s a "le, dégoûtant, hideux. C’est là néanmoins qu’il vous fauttrouver les principes des plus grandes âmes, à moins q ueDieu ne nous révélé que c’est lui qui crée un esprit pourPunir à la machine du corps humain. Nous verrons ail-leurs ( 25 ), fi ce qui se passe dans la propagation de l’aniwajraisonnable a pu jetter dans P égarement ceux qui ont chantetant de chimères fur l’origine des Dieux. / ,

( D ) Il ne faut point douter que pìutarque n ait allegf' e _quelquefois les opinions de ce Physicien.'] Je ne considéré icique ses Livres des Opinions des Philosophes. Les endroitsoù il raporte les sentimens de Diogene font ceux-ci, autantque j’ai pu m’en apercevoir; le I, le VIII, 8c le XIII cha-pitres du II livre; le chapitre V 8c XVI du IV livre :J echapitre XV, & XX , 8c XXIII du V livre. Je P U1S

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