D O L E T.
f>) Ct-des-sus dans UT^ernarq. (l)de C^ArtidêBbrquin.
(/) Addit. àCastelnau,
Tarn. y, pat,
3 SS, 3 J«.
fe) Patinia-n a, ptig. rrEdition deParis.
{h)C*c(ì Tan-née de la,Naissance dsP r an f ois I .
( 5 ) (Test ceqvTil écrivitÀ. iAtnot*lPerron. 'Votez,fa XIV Let-tre , à la page3 S de P Edi-tion de Tou-louse >in 4 ,1620.
( 9 ) Laërt.m Flatone,Eibr. lll,num. 34.
(t o) FetrusGalUndius ,pag. 62.
(n) VoitTLlaTHemarq. {C) ,& (G'j.
Apologie pour la Secte des Ciceroniens qu’Erasme avoir insultée. Cultivant les belles Lettresautant qu’il faifoit, il ne faut pas s’étonner qu’il eût part à l’affection de Castellan, Prélat docteSc fort aimé de François I. Caítellan pria tant pour lui , qu’il le fit sortir de prison (D), Sc re-lança d’une maniéré très-raisonnable les reproches qu’un Cardinal lui fit là-dessus (£). Je croifacilement que Dolet promit qu’il feroit bon Catholique ; mais comme il ne tint pas cette pro-messe , il n’y eut plus personne qui osât parler pour lui la seconde fois qu’on l’emprilònna. Aban-donné donc à la fureur des Inquisiteurs, il fut condamné au dernier fuplicè. On a publié uneLettre qui témoigne qu’il fe recommanda à la Sainte Vierge , St à St. Etienne un peu avant qued’êtrc étranglé (F) j mais , pour les raisons que j’ai dites en un autre lieu (e) , ces fortes de té-moignages iont fort suspects. Les Poètes des deux Partis s’escrimérent fur ce fuplice. Voiezquelques-uns de leurs Vers dans Mr. le Laboureur (/), qui a eu grand tort de dire que Dolet aété placé au Martyrologe des Protestans (G).
On a dit (g) qu'il étoit bâtard de François premier , niais qu’z 7 n.étoìt pas reconu tel. Je nesaurois croire qu’il fût fils de ce Monarque : je íài bien qu’il étoit encore jeune lors qu’il publiadeux Tomes in folio l’an tyz6 ; mais je ne saurois me persuader qu’il le fût assez pour pouvoir êtrefils d’un homme qui étoit né l’an r494 (h). On raporte dans le Patiniana qu ’/7 écrivit contre laville de Toulouse quelques Harangues pour lesquelles il fit amende honorable.
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ces. 11 prétendit entre autres choses que les plus beaux orne-mens de fa Harangue avoient été pillez par Dolet, 8c placezdans un faux jour; & pour ce qui est des louanges que Doletlui avoit données, il ne lui en favoit point de gré, elles vin-rent après coup, & de trop mauvaise grâce, pour réparer laprémiere offense. On jugera mieux de tout ceci par ces paro-les de Scaliger (8): Arbitror te Doleti vìdiffe Dialogum ad-verses eum (Erasmum) quem non puduit extantibus firiptismets, flexu alto orationis omnia mea suffurart, atque ineptìlfi-mis martre calamistris. ltaqite e<tdem qua in orationìbm in-temperia, stilus paulo minus asper, sed çmendicatus, ut verbispotìus alienis conquifitis, atque corrogatis , qiiàm oblato argu-ment o ejus loquacitas excrefcere videatur. At Casarem laudat,inquies, accipio. Nam te ajunt ad eum retulijfe ,consuleret dig-nitati sua, qui temere atque stolide nimis super Italico nomineineptijfet; à me integrum Dialogum apparatum, quo illius os-tenderem cr malevolum animum eum inani glorìa conjunblum,C? praceps ingenium cum fiupore > c? impurum dicendi genuseum loquacitate , er amentem diclionem cum impudentia. Itaigitur adblanditum, ut animum meum deflefíeret à propofito,ita laudajje, ut sequi potìus alìorum judìcium invitas, quàmsuum ipse libens apponere videretur. Pro ea re data est à nobisopéra , ut es 1 eum e? alium, quem velit ipfe, pœniteat posthacrabiei illius, feu impudtcitie. Audio illum prdeffe Lugdunì Lì-brariis, quorum manum emendet. Id quoi ji verum est, in iislibris , quo s nuper invulgatos à Gryphio are comparavimas ,de-prehenderunt etiam pueri noflri vel infigni feutica vitia ani-madvertenda. Perstrìnxi eum in bac secunda Oratione, sublatoquidem nomine, sed ita depiStum , ut vel ab infantibus Tolosa-nis agnofiì pojfit. II dit plusieurs autres choses contre Doletdans la même Lettre. Confirmez par ce Passage de DiogeneLaërce ce que j’ai dit des Auteurs qui écrivent fur les mêmeschoses. E v oIXS é'è rat EstotpZv orqoç uÒt'ov ’ctfív Ûx. eò/xuZs'artrsq yS» ê'taplSttìtucSrtiç rà cj uùlst yeyqatpa.cn , trvfivrítnóv ,terroXoylar, ra ystjiyà y.rrou’.yue'tus.ara. VideturXenophon haudquaquam amico in illum (Platonem) fuisse ani-ma : nam veluti contentionis studio fimilia scripsere , Sympa-,stum, Socratis defenftonem , Comment aria moraìia (9).
(D) Castellan pria tant pour lui, qu il le fit sortir de pri-son .] Voici ce qu’en dit l’Auteur de fa Vie ( 10) : ld magisverum este credat qui Doletum longi carceris illuvie fœdatum,prima accusatione tinpìi sraudis reum , Caftellano supplice car-cere emíjsus, c omni noxa conàonata liberatum esse cognoverit.Le reproche qu’un Cardinal fit à Castellan témoigne que l’A-théïsmc ( 11 ), ou quelque chose d’aprochant, étoit le crimedont Dolet se trouva suspect : Unus primi nominis CardinalisCaftellanum gravi er objurgatrice oratione adortus efiet , quodcum in F.cclefia Qrthodoxorum Pontifiât locum teneret , contraomnes tamen hommes quibus religio C pietas cordi efiet , eorumqui non modo Lutherana lue infeíli , sed etiam Dei expertesimpietatis rei ejsent , partes tueri apud Chrijlianijfimum llegemaufius effet. Nous verrons dans la Remarque suivante la ré-ponse générale que fit Castellan ; & voici ce qu’il réponditen particulier touchant Dolet : Se apud Regem Doleti fraudi-bus c? fceleribits nullum patrocinium tribuiffe, pro eo qui pro-mitteret vite. morumque emendationem homine chrifiiano dig-nam Régi fiuppliccm sacium esse. Cela montre que Doletpromit de renoncer à ses débauches.
{F.) .. . Caftellan . . . relança ... les reproches qu unCardinal lui fit là-deffus. J II lui soutint qu’il faifoit ce qu’unEvêque doit faire , mais que le Cardinal éxigeoit que lesPrélats fissent le métier de bourreau. C’est le propre desEvêques, lui dit-il, de porter à la clémence l’esprit desPrinces, & de charger fur leurs épaules les brebis égarées.J’ássoiblis trop les expressions de Pierre Galland , pour nedevoir pas les raporter en espece, asm de ne faire rien per-dre aux Lecteurs qui entendent le Latin. Memini Caftel-lanum cìtmpaulum fie collegiffet animo satis incitato ejr commo-to respondiffe, se de quo accusabatur in accusatorem mérita ré-torquera fosse, cum ipse quod viri Ecclefiaftki c? viri Pontifiaisproprìum effet , feciffet ; il le vero quod vert carnlficis effet abr.ptficopis exiger et. F.pifcoporum enim esse ecr Sacerdotum Chriftib olorum, vìrorumque sanâîorum qui nobis fiuo sanguineF.cc esiam consecrarunt exemplo, Regem à savitia ct* immanìta-te ad mansuetudmem , clcmentiam esr misericordiam convertere,
errantem ovem humerts tmpofitam in ovile rtducere , dequeea recepta tanquam expugnatìs hostium castris gaudio trium-phare ( 11).
(E) On a publié une Lettre qui témoigne qu il fie recomman-da .. . un peu avant que d’être étranglé .] Monsr. Almelo-veen (lz) l’a insérée dans l’un de ses Livres ( 14). Elle futécrite de Paris le 23 d’Août 1546. Florent Junius qui récri-vit raconte que le 3 de ce mois Etienne Dolet fut puni dudernier fuplice, & que le bourreau aiant préparé toutes cho-ses l’avertit de penser à son salut, & de se recommander àDieu & aux Saints; que Dolet ne se pressant point, & ncfaisant que m annoter quelque chose, le bourreau lui déclaraqu’il avoit ordre de lui parler du salut devant tout le monde :il faut donc, lui dit-il, que vous invoquiez la Ste. Vierge,& St. Etienne votre patron, duquel on célébré aujourd’hui lafête; 8c fi vous ne le faites pas, je fai bien ce que j’ai à fai-re. Tout aussitôt Dolet prononça une prière conforme auformulaire du bourreau (15), 8c avertit les assistans de lireses Livres avec beaucoup de circonspection, 8c protesta plusde trois fois qu’ils contenoient bien des choses qu’il n’avoitjamais entendues ; 8c s’étant ensuite recommandé à Dieu, ilfut étranglé, 8c puis réduit en cendres. Florent Junius ditqu’un homme qui aíîìsta d’office à l’éxécution lui racontatoutes ces choses (r6).
(C) Mr. le Laboureur A eu tort de dire que Dolet a été pla-cé au Martytologe des Protestans .J ,, Le prétendu Martyro-„ loge des Huguenots fait grand cas de ce Dolet, qui véri-,, tablement étoit homme d’esprit 8c de lettres, mais Liber-„ tin > comme tous les premiers Prédicateurs du nouvel E-„ vangile ”. Voilà les paroles de Monsr. le Laboureur (17).On y feroit trompé fort facilement; car qui pourroit croirequ’il ait avancé une telle chose sans avoir jette les yeux fur levolume où l’on a, dit-il, tant loué Etienne Dolet ? Cepen-dant , ce qu’il assûre est très-faux ; le Martyrologe des Hu-guenots ne parle point de ce personnage. J’ai consulté toutexprès le petit Martyrologe Latin de Jean Crêpin, 8c puis legros in folio qui fut imprime en François l’an 1582; mais jen’y ai rien trouvé touchant Etienne Dolet. Je me souviensaufîì d’avoir remarqué que Théodore de Beze, qui tient uncompte assez éxact (18) des personnes qu’on faifoit mouriren France pour ce qu’on nommoit le Luthéranisme, ne ditrien de ce prétendu Martyr. Ce silence m’auroit étonné, fije n’eusse su que Jean Calvin a mis Etienne Dolet au rangdes Impies. Agrippam, Villanovanum, D o l e t u m , c fi-tniles vulgo notum est tanquam Cyclopas quospiam Evangeliumfiemper fastuofe sprevifié. Tandem eo prolapfi sunt amentu er*furoris, ut non modo in filium Dei execrabiles blasphemias evo-merent, sed quantum ad anima vitam attinet, nihil à cani-bus forcis putarent fe differre ( 19). En cela Calvin 8cPrateolus trouvent un centre d’unité; car Prateolus, parlantdes Athées (20), associe Etienne Dolet avec Diagoras,Evemerus, Théodore, 8c semblables gens que l’Antiquité areconus pour n’avoir admis aucune Divinité. Au reste, Mr.le Laboureur (21 ) raporte des Vers Latins, au bas desquelson déclare qu’Etienne Dolet, natif d’Orléans, fut brûlé àb place Maubert le 3 d’Août 1546, jour de St. Etienne quiétoit son jour natal (22). Ainsi Mr. Moreri ne devoir pointrévoquer en doute ces circonstances raportécs par La Croixdu Maine ; encore moins devoit-il fonder son doute sur ceque La Croix du Maine étoit Protestant ; car s’il y avoitquelque mystère à trouver dans ces circonstances, ce feroitbeaucoup plus l’affaire d’un Catholique, que d’un Protestantde le chercher ; un Catholique en tirerait plus de réflexionsdévotes qu’un Protestant.
Je viens de m’apercevoir que Théodore de Beze , quiavant que de professer ouvertement la Religion Réformée,avoit publié une Epitaphe tout-à-fait glorieuse à notre Do-let (23), la retrancha des Editions de ses Poésies depuisqu’il eut abjuré la foi Romaine. C’est une preuve que lesProtestans ne prenoknt point d’intérêt au fuplice de ce pet"sonage.
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Juvenilia Theodori Bczx, nu ftuilict zi de l'Edùitn dent. je me fi? 1 ’ “jans ntm d'Imprimeur & fme date.