DRABICIUS.
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adrejsée (e). Dès le lendemain il communiqua fa vision aux Ministres qui croient réfugiez dans* e même lieu que lui. 11 s la communiquèrent aux autres, mais on n’en fit point de cas. Ces deuxpremières visions furent suivies de plusieurs autres la même année 1643 ; & il y en eut une qui or-donna que l’on fît confidence de tout à Comenius (/), qui étoit alors à Elbing en Prusse. II yen eut une au mois de Janvier 1644, qui assura Drabicius que les troupes Impériales ne feroientpoint périr les Réfugiez (g). Elles firent un grand ravage fur les terres de Ragotski, pillèrentla ville de Lednitz, Sc en assiégèrent le Château. Drabicius s’y enferma, Sc soit qu’il se défiâtun peu de sa vision, soit qu’il crût que bon droit a besoin d’aide, il ne s’amusoit point à des prie-res > il se tenoit proche des canons que l’on tiroit fur les assiégeans, Sc il mettoit la main à l’ceu-Vre (B ). Mal lui en prit; la flamme lui fauta au visage, Sc lui pensa ôter un œil. Les Impé-n aux levèrent le siégé. Mais quelque tems après ils assiégèrent la Place tout de nouveau, Sc laPurent. Les Réfugiez furent compris dans la capitulation tant pour leur vie, que pour leurs•siens: on ne laistà pas de les piller (b). Voilà donc Drabicius au pouvoir des Impériaux: celane l’empêcha point d’aller signifier à Ragotski au mois d’Août 164s que Dieu lui faifoit com-mandement de ruiner la Maison d’Autriche Sc le Pape (C), Sc que s'il refusoit d’attaquer cette en-geance de viperes, il attireroit fur fa maison une ruine générale, qui n’épargneroit pas même ce~à quipijfe contre la, paroi . Ce Prince favoit déjà que Drabicius faifoit le Prophète; car Drabicius,solon les ordres qu’il en recevoit coup fur coup dans ses extases, lui avoit envoie une copie de scsRévélations laquelle Ragotski jetta au feu (*'). A l’égard de l’ordre que le Prophète alla porteren personne, on lui répondit qu’on avoit conclu depuis peu un Traité de paix (k). La mort dece Prince arrivée le mois d’Octobre 1647 plongea Drabicius dans un extrême chagrin: il crut queies Révélations ne feroient que de la fumée, Sc il se voioit exposé à la raillerie. Mais il eut uneconsolation extatique qui le rassûra, Sc qui lui défendit de jetter au feu scs pancartes, puis queDieu lui ameneroit Comenius auquel elles feroient consignées (/). Comenius, aiant des affairesen Hongrie l’an isiyo f D), y vit la personne Sc les Prophéties de Drabicius, Sc fit telles réflexionsflu’il jugea bon être, fur ce que depuis trois ans les visions de ce personnage lui a voient promisComenius pour Coadjuteur. C’est quelque chose de considérable que Sigismond Ragotski se voiantpoussé par Drabicius à faire la guerre à l’Empereur, Sc par fa merc à vivre en paix, ne favoit quefàire, combatu de part Sc d’autre par de terribles menaces. Drabicius lui dénonçoit les jugemensûu Très-Haut en cas de paix, Sc fa mere le menaçoit de lui donner fa malédiction en cas de guer-r Ç- Dans cette perpléxité il sc recommanda aux prières de Drabicius, Sc à celles de Come-mus (m), Sc sc tint en repos jusques au jour de fa mort, c’est-à-dire jusques au 4 de Février i6fz.Comenius, qui ne s’attendoit point à cela (»), en fut étrangement surpris. L’Ange qui lui disoittout ne lui avoit point révélé ce grand article (E). George Ragotski, Prince de Transilva-
nie,
{£) ll s enferma dans le Château de Lednitz. . . . Life tenoitproche des canons . & mettoit la main à l'oeuvre .] Co-
menius l’en blâme. Drabicio tamen , dit-il ( 3 ), vitio da-tum , qttod dum ex Arce fermenta in hostem librarentur , illenon interejfe tant'um (ad alios praesentise divinae spe, juxtapromissionem sibì factam, animandum ) fed e? tormento uniignem ipfemet admovere voluït : cum eum in angulo este pre-cibus vacare ,pr&ftitistct. Sed inconfideratus hic novi Pétri (ma-terialï gladìo Domìnum defendere prafumentis) zelus à Dominoipso caftigatus fuit : fermijso ut flamma pars in illum rétro seagens faciem ìlli atnburerct , oculumque alterum laderet. Utilicommonitorio , ut quisque stbi demandata fatiat, aliéna muniaaliis relinquat. Un homme qui croit avoir des inspirationsdoit être rempli de foi, fat a viam inventent , doit-il dire.
Mais on voit au contraire très-souvent qu'il se défiede la Providence de Dieu , à moins quelle ne soit assistéede tout ce que la prudence humaine peut contribuer de soncôté. Nos inspirez ou soi disans tels se donnent moins de
repos que les autres hommes : leur agitation , leur inquié-tude , leur vigilance à préparer les moiens humains quiferoient capables d’amener les événemens les moins pré-vus £c les moins prophétisez , marquent qu’ils ne font quetrop imbus de ces Maximes Paiennes, dont j’ai parlé dansl'Article d’Acosta (4) , c’est-à-dire qu a 1 exemple des La-cedemonicns il faut invoquer les Dieux en mettant la mainà l’œuvre , & que, selon le Précepte’d’Heiiode, il faut quele laboureur fasse ses prières la main à la charrue ( 5 ), 8cqu en un mot les fuplîcations des fainéans font désagréablesap Ciel, 8c renvoiées à vuide f 6). On sc moqua de Per-sée Roi de Macedoine ( 7 ), qui se retira fort promptementdu combat, sous prétexte d’aller ofrir des sacrifices à Hercu-le • on prétendit que la victoire n’étoit due qu’au Généralqm la demandoit aux Dieux en se batant courageusement;voilà le véritable rnoien d’être éxaucé , disoient les .Paiens:
A t dtç At/xtÀtov 71 'AC'O eb%csíç ò . 9 - 50 ;' eti^ero ycep xpÚToç 77 c-
aeftoo K£t j víicîjv ê'épv xpurSs , nu) ietxpçófitieç ■xotpsxáZet trvpi-Tav S-eóv. Sed Pauli precibus volens propitiufque annmt■Deus, quippe petebat viéíoriam belli e? palmam hastam tenens,P u gnanfque opem implorabat Dei (8). Nos prétendus Pro-phètes suivent dans le fond ces idées-là.
( C ) fl a U a signifier ct Ragotski .... que Dieu lui faifoitC6ìn mandement de ruiner la Maison d’Autriche er le Pape .] IIre Çut ordre de s’en aller au camp de ce Prince , & de luiParler d’abord en termes de douceur, 8c ensuite en termes demenace. On devoir commencer par lui aprendre que le Ciel1 avoit choisi pour Roi de Hongrie, mais à condition qu’il ren-verseroit la domination Autrichienne 8c la Papale, en quoiUlcu l’assistevoit dune façon très-particuliere. On devoit finirP a , r lui aprendre que s’il réfistoit à la voix de Dieu, tout pérì-roi t chez lui jusques aux chiens. ” (9) Ignarus horum arcano-" L u !' tl Drabicius (10) ,mandatum accipit zz. Julii & 31. Juhi" £ nn «pis Racocii castra adeundi, Principemque primum” 5 r 'jí s verbis, deinde duris, alloquendi. Slanais : eleSlum” 7 v, " ltìis w Regem Hungaru , fed eâ conditions ut Aus-
H) Jií F T T 0 J
„ triaca est Papali dominationi finetn imponat : habitttrus auxi-„ lio Deum ad omnes hostiles exercitus clade affteiendum (Rev.„ XXX.) Duris autem : fi vìperinam illam progeniem perfequi„ renuerit , mala indutíurum este Deum, excifurumque de Do-,, mo ejus mingentem etìam ad parietem (Rev. XXXI. v. 4)C’étoit fort bien imiter le style & les maniérés des anciensProphètes. Je ne trouve pas que Drabicius ait parlé lui-même au Prince: st lui fit savoir sa commission par d’au-tres gens ( 11 ).
(X>) Comenius aiant des affaires en Hongrie l'an 1650. J LesProtestans que l’Empereur avoit banis de ses terres avoienttoujours espéré d’y revenir : les uns se fondoient sur les Li-gues qui furent faites contre l’Empereur, les autres fur lesVisions de quelques Enthousiastes. Pendant la vie de Gus-tave la chose devint presque certaine, & l’on n’eut pointlieu d’en désespérer depuis là mort ; car ses Lieutenans con-tinuèrent la Guerre à l’honneur de leur Nation, ík à l’avan-tage de la Ligue. Les Réfugiez espérèrent donc que leur ra-pel seroit un article de la Paix de Munster. Mais ils virentavec douleur que cette longue & importante Négociationíut terminee au mois de Janvier 1650 fans qu’on se fût sou-venu de leur éxil. La Maison d’Autriche négocia li fine-ment , qu’elle obtint des conditions cent fois plus avanta-geuses quelle n’auroit dû se promettre : l’Eglise paia pourl’Empereur, nonobstant les protestations de la Cour de Ro-me ; tout ce qu’il avoit fait contre les Sectaires de ses Etatsdemeura fixe & immobile. Alors ces pauvres Réfugiez quis’étoient dispersez en divers lieux se virent sans espérance ,& résolurent de convoquer une Assemblés pour aviser àleurs affaires (11). Ceux de Pologne souhaitèrent que lesautres leur envolassent des Députez. Ils eurent satisfaction,si ce n’est du côté de la Hongrie. Les Réfugiez de Hon-grie alléguèrent pour leur excuse entre autres choses, qu’ilsavoient souvent envolé des Députez en Pologne depuis leurbannissement commun, & qu’il étoit juste qu’on vînt unefois vers eux. Ils demandèrent nommément qu’on leurenvoiât Comenius Sur - Intendant des Eglises de Moravie :on y consentit d’autant plus facilement que Comenius étoitalors apellé par le Prince Sigismond Ragotski, pour certai-nes consultations qui concernoient la réforme des Ecô-les (13). Voilà ce qui fit que Comenius partant d’Elbingprit fa route par la Silesie & la Moravie, qu’il se renditen Hongrie, où st célébra la Pâque avec plusieurs Ministres& Gentilshommes députez. Drabicius s y trouva , 8c luicommuniqua ses Révélations, 8c le fit dès lors en quelquemaniéré son Coadjuteur ( 14).
(E) Ragotski mourut en 1651. . . L'Ange qui disoit tout
à Comenius ne lui avoit pomt révélé ce grand article.l Cetteexpression imitée des Mémoires de la Ducheilè Mazarin s’é-tant présentée, je m’en suis servi. On m’en excusera apa-remment. Drabicius est ici l’Ange qui disoit tout à Co-menius ; mais bien loin de lui aprendre la mort de Ragotskiavant quelle fût arrivée, il envola des Révélations depuisla mort de ce Prince qui le supofoient vivant. Un desQ q z cou-
se) De íitvifit ir audt *tìs in fcripturitrtferendìstnandatttmaccipit . . .dr à verbisithì ïactutnest ad meverbum Do-mini {f.c » onaliter) >»-choare jttbe-tur, Come-nius, Hist.Révélât.
m- 141.
(f) IbH.
p«£. >43.
(z) Ibid.
P“g. 14 s.
(A) lbid.pag. 747 .
(r) lbid.pag. 14 6.
( O lbid.pag. 14*.
(0 lbid. pag,& 14V.
(m) lbid.pag. 156 .
(n) lbid.pag- U?.
(tt) t*Tbeohgantt
líedicum ,^AuUqatraa-
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bicius, Hist.Revel. pag.147-
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