DRABICIUS.
(a) Corne-lîius,
Ï77«
(p) Ibid.p t %. 179.
(<7) Ibìd.183-
(r) Votez. InRemarque(^i) del*^Article
JCoiTtRVS.
(s) Totìesinepttis ejutdecepti , euntpro 7flAgH9Propheta hd-bere pergunt,nec quìcquaminde detri-menti xttèìo-ritas ejusfrn-ft. Sic mun-dus vult deci•
pi. Append.viseur! usTheolog.Arnoldì«onrra Co-menium*
(ts) Corne*nius, Histor.Révélât, pcg.Î56» 157-
( 16 ) kAO in -fperato Prin-cipis Tranf.cum exercitt*in Poloniamadventtt , crc-dtbamus )amtllnd irnplertquod ab om-nibus bis Vi-dentibus prt-diclum , utse Oriins jun-£tt Siftcn-trioni , trt ?-
7nendumqueillr.d opus Deimox procédâtIbid./Mg.iSj.
(17) Idem ,ibidem .
(18) Roco-]es, Viennedeux foisdelivree,pag. 381.
30?
nie, frère du défunt, ne savoit rien de tout ce manege prophétique} mais Comenius lui en apritle détail, en lui donnant un Exemplaire des Ecrits de Drabicius. Celui-ci fut réhabilité au Mi-nistère le 20 de Juin 1654 ( 0 ). Comenius fit ce coup la en passant par la Hongrie pour s’en re-tourner en Pologne. Depuis son départ de la Cour de Tranfilvanie il salut se servir d’unc autrepersonne, pour notifier au Prince les visions de Diabicius. Elles se présentoient plus dru que ja-mais, 6 c donnoient ordre coup fur coup qu’on en fît part au Coadjuteur, afin qu’il les fîc conoî-treaux nations Lc langues, Lc à tous les peuples de la terre, 6 c nommément aux Tartares 6 c auxTurcs (p). Comenius se trouvoit embarrassé entre la crainte de Dieu 6 c celle des hommes: ilcraignoit en réimprimant point les Révélations de Drabicius de désobéir à Dieu } 6 c en les impri-mant, de s’cxposer à la moquerie 6 c à la censure des hommes. Voici le milieu qu’il prit (y). 11
résolut de les imprimer, 6 c de n’en point distribuer les Exemplaires} 6 c de là vint qu’on intitulale Livre, Lux in ienebris (r). Mais la résolution de tenir cette lumière sous le boisseau ne durapas} elle succomba fous deux insignes événemens que l’on prit pour la grande crise, 6 c pour le dé-nouement du mystère. L’un de ces événemens fut l’irruption de Ragotski dans la Pologne {F)\l’autre fut la mort de l’Empereur Ferdinand III. Ni l’un ni l’autre 11 e servirent de rien aux Pré-dictions : au contraire, ils servirent à les confondre. Ragotski se perdit par son irruption dans laPologne} 6 c l’on élut Leopold Roi de Hongrie à la place de Ferdinand III son pere: élection qui aremis la Maison d’Autriche dans tout son premier éclat en Allemagne, ou peu s’en faut, 6 c qui aruiné de fond en comble les Protestans de Hongrie. Les espérances qu’on fonda fur ces deux évé-nemens aiant été bientôt dissipées, on se repentit d’avoir sitôt lâché l’Edition. Drabicius y per-dit le plus (G)} car la Cour de Vienne aiant conu que c’étoit un homme qui sonneit le tocsincontre la Maison d’Autriche, chercha les moiens de le punir, 6 c l’on dit qu’elle en vint à bout.Comenius n’avoit rien à craindre de ce côté-là: il s’étoit cantonné dans un asyle impénétrable, ilétoit devenu bourgeois d’Amsterdam, 6 c y jouïíloit de toute forte de protection. II n’eut à crain-dre que la plume de quelques Théologiens , 6 c les reproches du Sécrétaire de Ragotski (//);mais ce n’étoit pas une affaire pour un homme qui ne manquoit ni d’esprit, ni d’érudition, ni deroutine à faire des Livres, 6 c à citer fur toutes choses les Phrases de l'Ecriture , 6 c autres Maxi-mes spirituelles avec de grans airs de zèle pour la cause de Dieu, 6 c pour la ruine de l’Ante-christ. II se maintint avec ces machines, & s’il perdit son autorité, sa réputation, sa gloire,ce ne sut qu’auprès de quelques personnes de bon sens, qui ne font presque jamais les arbitresdu crédit. Ceux qui avoient été crédules une fois à son égard, continuèrent de l’être (/),
6c
confidens dit là-deffus qu assurément Drabicius les jouoit:Comenius eut la bouche close, mais aiant eu le tems d’ysonger, Sc d'examiner le parallèle de plusieurs Visions, iltrouva qu’elles avoient préfiguré la mort du Prince un anauparavant. Voilà de nos gens : ils ne demeurent jamaiscourt » pourveu qu’on leur donne le loisir d’ajuster leursflûtes. Febris maligne, morbo correptus fuit (Sigismundus Ra-cocius) qtu illi 4. Februar'ti vit a finem attulit. §uod quia necpr&diHum adeo , nec exfpeélatum fuit, novus ojfenflonis lapis fuitfaélum. Pr&fertim cum Drabicius novas suas nobis fubmittensRevelationes, tanquam de vivente adhuc fermocinaretur ,quemnos non vivere jam certi eramus. Hinc amicorum rei confcio-rum unus ( J. T.) a d me : Ludificamur quàm verè vivitD eus. Ad quod nihil quod responderem habens obmutui. Nuncifta ordine relegentì fapientii Del vestigia manifesté fefe osten-
íaKt (15)-. . , ,
(F) L’irruption de Ragotski dans la Pologne .J Come-nius demeure d’accord de bonne foi qu’il prit cela pourl'accomplissement de la Prophétie que leurs trois Voiansavoient débitée, c’est que l’Orient se joindroit au Septen-trion pour faire venir cette terrible journée de l’Eter-nel (16). II avoue aussi fort ingénument qu’il se trompa :il n’auroit pas pu en disconvenir, puis que l’équipée de Ra-gotski eut le plus mauvais succès du monde. Mais voicid’où Comenius tiroit la cause de son erreur : c’est , dit-il (17) , que je n’avois pas assez pris garde que, selon lesProphéties de Christine Poniatovia , le lion oriental Sc lelion septentrional ne dévoient se joindre que pour s’abou-cher ensemble, Sc que même ils ne s’cntendroient pas as-sez , Sc se sépareraient sans rien faire. Ajoutez à cela, di-soit-il, que, selon Drabicius, il ne faloit pas que Ragotskientrât en Pologne fans avoir pris ses mesures avec les Tar-tares Sc avec les Turcs, Sc fans avoir mis bon ordre chezlui. Nous pensions, continue-t-il, qu’il avoit fait tout ce-la avant que de fe mettre en campagne , Sc nous noustrompions fur ce fait. Remarquez bien cela, Sc voiez yune preuve de l’obstination de ces Meilleurs ; ils ne man-quent jamais d’échapatoircs, il y a toujours quelque clau-se à quoi l’on n’avoit pas fait attention : Sc ainsi l’on feménage toújours une porte de derriere , Sc une ressour-ce pour recommencer à prédire fur nouveaux frais. SiRagotski avoit accompli les conditions que Drabicius luiprescrivoit, Sc que néanmoins ion expédition eût été in-fructueuse , on n’auroit pas laissé de nier que les Prophé-ties eussent trompé , car Poniatovia navoit-elle pas pré-dit que l’Orient Sc le Nord ^aboucheraient fans rien fai-re ? Comenius fut plus fin que l’on ne pense , quand ilcompila son triolet. On trouve plus de subterfuges danstrois Prophètes que dans un. Lisez la Note marginale (13)de la colonne suivante.
(G) Drabicius y perdit le plus.'] Je n’ai trouvé personnequi m’ait su dire quelle fut fa fin, & je ne sai ce qu’il fautcroire du récit que l’on va lire : je l'ai tiré d’un Auteuri iançois (18): On faìfoit plusieurs réflexions, dit-il, desquel-les je ne crois sas devoir amuser les leâteurs , qui efleélivementne font pas obligez, d y ajoûter foi,non plus qu à la folle Lettrequ un archifou ( dont je veux ignorer le nom cy la personne ) aadreflee u un grand Monarque, selon les visons extravagantes(!e Nicolas Drabicius Bohémien, brûlé comme Imposteur cy faux
Prophète, de qui le Livre a été porté en toutes les Cours desPrinces de íEurope, jusques mêmes au Grand-Vizir par un Mi-nistre de Zurich en Suisse ; lequel pour ce sujet a été quatorzeans en prison,pendant lequel tems,pour marque de son extrava-gance , il laissa croître fa barbe jusques à fa ceinture, à ce qu unGentilhomme tres-dìgne de foi, qui l’a connu, ma assuré. Mr.Des-Marets avoit ouï dire une chose bien différente, c’estque Drabicius, bien loin de batiser le grand Turc, comme sts’y étoit attendu, fut contraint de se sauver en Turquie où ilmourut. Ad multaparticularia procejserunt (hi impostures)cire* Ragocium . . . magnum Turcam à Drabicio baptizandum(cum ê contrario feratur ipsum Drabicium ad Turcas transtijfecy inter eos obiijj'e) quorum impofluras cy falsttatem oppofituseventus docuit (19).
(H) Comenius . . . n eut à craindre que les reproches du Sé-crétaire de Ragotski.'] Ce Prince aiant succédé a son frere Si-gismond fut initié aux mystères de Drabicius : st ne lailîàpas conoître s’il y ajoûtoit foi ou non , mais il ordonnaque l’on lui communiquât les Visions que Drabicius pour-rait avoir déformais ( 20 ). La* Princesse fa mere fut misede la partie : Drabicius reçut ordre en vision de nuit d’allerla trouver , pour lui annoncer bénédiction ou malédictionsuivant le cas qu’on feroit de ses Prophéties (21). Ellesfurent données à éxaminer à Jean Bisterfeld Théologien ,Sc Conseiller d’Etat, qui les rejetta (22). Mais quoi qu’ilen soit, les reproches du Sécrétaire de Ragotski témoignentque ce Prince, à son dam, n’avoit pas manqué de foi pourDrabicius. On ne demeura point muet fur ces reproches :Comenius représenta que le Prince n’avoit pas suivi les or-dres du Voiant ; car il étoit en Pologne'fans en avoireu l’agrément des Turcs. Brevi pofl à Principis Tranfyl-vania Secretario , C. S. tristes venerunt ( ternâ vice ) quibushistoriée Principis fui ruinam rteitans, non obscure culpam inRevelationes istas ( quasi fidem illis habens eo impulsas fuijfetPrinceps j conferre videbatur, causa fuit data ad nebulas Masdifeutiendum feribendi aliquid (23). II feroit difficile de direfi Ragotski ajoûta foi aux Prophéties de Drabicius, ou s’ilcrut seulement [qu’elles lui procureraient la victoire , parles dispositions où elles mettraient les peuples. II feroit as-sez possible qu’un Prince de grand cœur , de beaucoupd’esprit, mais fans étude, se laissât fort ébranler par des dis-cours semblables à ceux de Drabicius, je veux dire qu’il ytrouvât quelque chose de divin, & de prophétique, & qu’ilcraignît les malédictions annoncées par ce Prophète. Onfaisoit entendre à George Ragotski que son pere Sc son fre-re en avoient senti les effets : pourquoi ne croirions-nouspas qu’il devint crédule ? Mais Tailleurs il est très-poffiblequ’un Prince assez éclairé pour se moquer de ces chimères,forme des projets Sc de grans desseins conformément auxVisions de ces gens-là ; car c’est une très-puissante machinepour amener fur la scène les grandes Révolutions, que d’ypréparer les peuples par des explications apocalyptiques,débitées avec des airs d’inspiration Sc d’enthousiasme. C’estce qui a fait dire aux ennemis des Protestans, que leurs Au-teurs n’ont tant travaillé fur l’Apocalypfe, cju’afin d’exciterla Guerre par toute l’Europe, en inspirant à tel Prince quin’y songeoit pas l’envie de profiter des conjonctures. Co-menius n’a pas été à couvert de ce soupçon. Voiez l’Articuede Komms,
U9) fs
si US. „tirrh < A .coati* fa,
61-
JÓ2 *
(*r
•\ ibi**
£\rí.
N «I
< J r. it
-
q/fl*
i ■
v/ ,r
p r, V!i,íi‘<
It^ïlts
M
sc“'
4**
M,..IÌ .
i»,
st A