D R A B I C I U S. DRELINCOURT.
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& c’esi ce qui arrivera toujours. Ainsi les Visionnaires & les Fanatiques à venir n’ont rien à crain-dre, ils n’ont qu’à débiter hardiment tout ce qui leur viendra dans l’esprit, pourveu qu’ils aientl’adresi'e de s’accommoder aux passions du tems. Ils n’auront pas les rieurs de leur côté; maisils auront des partisans qui valent bien les rieurs. Aiez recours à l’Article de Comenius, Sca celui de Kotterus. Les Visions de Drabicius s’étendent jusques à Tannée 1666. On setrompe, quand on attribue son bannisièment à des discours séditieux (r); car il ne sut bani quecomme tous les autres Ministres de Bohcme, &c. Nous verrons ailleurs (») si Mr. Jurieu a dûdir
c, que les Savans de Paris savent à peine le nom de Drabicius.
DRELINCOURT (Charles) Ministre de T Eglise de Paris, naquit le îò de JuilletUvs, à Sedan, où son pere avoit une charge considérable (A). 11 fit ses Humanitez, 6c lésctudcs de Théologie à Sedan; mais il fut envoié à Saumur, pour y faire fi Philosophie sous lePi'ofeíTèur Duncan. II fut reçu Ministre au mois de Juin 1618, & iléxerçasa charge proche deLangres (B), jusques à ce qu’il fut apellé par TEglise de Paris au mois de Mars i6zo. 11 épouíàeu i 6 iy , In, fille unique d'un riche Marchand de Paris (a ), de laquelle il eut seize enfans C).
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{A) Son pere avoit à Sedan une charge considérable.'] IIfat d’abord Sécrétasse de Henri Robert de la Mark Duc deSouillon & Prince Souverain de Sedan, 8c puis il fut éluGreffier au Conseil Souverain de cette Ville ( 1 ). 11 épou-se N. Buyrette fille de Nicole Buyrette , Avocat au Parle-ment de Paris. Cet Avocat embrassa la Réformation : fafemme & ses enfans f imitèrent avec un tel zèle, que Tho-mas Buyrette son fils aîné est dans le Martyrologe Protes-tant, 8c que Jaques Buyrette son second fils se consacra auMinistère , & auroit été actuellement lun des Pasteuis del’Eglife de Paris, s’il ne fût mort la semaine mcme qu’onavoit choisie pour Imposition des mains. Thomas Buy-rette , par le conseil dc Calvin 8c de ses Collègues , subitla charge de Ministre à l'âge de dix-neuf ans, & l’exerçadans Lion (z). 6 }«tiques annces apr'es,la fureur des persécu-tions le contraignit de se retirer à Geneve . . .; mais ne trou-vant point de repos que dans le travail de fa vocation , il futauffi-tót envoyé a Besançon, ou Dieu lui fit la grâce detabltrune Eglise sécrété , ct 1 d'avancer le régné de J E s u s-C H KI s Td'une fajson merveilleuse. Sa mere ne l’aiant point vu depuisqu'il étoit Ministre, souhaita passionnément de le voir : il fitdonc un volage à Paris Tannée même du massacre. II tombale troisième jour entre les mains des massacreurs, qui ayantapris de lui-même quelle étoit fa religion e? la charge qu'ilexerçait, le firent mourir cruellement avec Jean Molé mari deMarie Buyrette fa soeur aînée, zy traînèrent inhumainement enla rivière le corps de l’un zy de Vautre. C’e ft ce même ThomasBuyrette dont il eft fait mention au livre des Martyrs, c? quieft mis au rang des Ministres de J e s u s-C h r i s t qui ont fèe-le par leur mort la vérité de VEvangile. Sa mere fut sauvéede ce deluge de sang par une espece de miracle, zy se retira àSedan avec le reste de ses enfans quelle nourrit zy éleva en lacrainte de Dieu. La derniere de tous étoit posthume, & futmariée avec Pierre Drelincourt qui s’étoit aussiréfugié a Sedan ,8c qui étoit alors Secrétaire de Henri RobertDrelincourt ' e P ele & se mere de notre Charles
(B) Il fut reçu Ministre . . .. &,l éxerça fa charge pro-che de Langres.] On croioit pouvoir établir une Ectise auxportes de Langres comme en un lieu de Bailliage. Ceux'qui tra-vailloient à cet établissement souhaitèrent que Mr. Drelin-court fût le Ministre de cette Eglise naissante. Comme onl’asfúroit qu'il se préparait en ces quartiers une grande moisson,il accepta cette vocation avec ardeur,zy la préféra à toutes cel-les qui se présentoient alors, car bien qu’il ne fût âgé que de 22ans zy de quelques mois, il eut le bonheur d’être désiré de plu-sieurs Eglises du Royaume, cy même de quelques étrangères desplus considérables. ... A son arrivée a Langres il fut rem-pli d’une grande espérance,car il trouva en la villt quantité deces gens que l’on apelle temporiseurs, qui semblaient n attendreque l occasion pour se déclarer : zy en la campagne il voyoit despeuples qhì soupiraient après la pureté cy simplicité de l'Evan-gile, cy même au seul bruit de l’établissement de cette Eglise ilacourut plus de 500 personnes dans Vespérance d’ottir quelqueprédication. Mais on ne put jamais obtenir au Conseil duRoi 1 Arrêt nécessaire. Mr. Drelincourt en conçut une tris-íe sfe fi profonde, qu’il tomba malade dé une maladie de 3 moisqui le pensa mettre au tombeau. ... En attendant Rétablis-fuient tant defìre il frêchoit aux Eglises voisines , CT* fnètnt auChâteau de Prtágni ,ou il reçut l’imposition des mains au com-mencement de Juin 1618. Il ne lui fut pas permis de faireJon fii our ordinaire à Langres : cela le rendit plus soigneux à"visiter, à instruire, cy à consoler les Protestans de la cámpa-grie- Enfin, lors que toute espérance de voir établir l’E-£ rse de Langres fut perdue, il accepta la vocation de l’E-ghse de Paris. II y prêcha pour la prémiere fois le 15 deMars idio. II a toujours conservé une tendresse particulièrepour les membres de sa prémiere Eglise (4).
(C) il eiit seize enfans.] Les sept premiers furent tousS lr Ç(>ns l es a mres furent entremêlez, fix fils & trois filles.
se aîné de tous étoit Laurent Drelincourt. IIrv,'abord Ministre de la Rochelle ; mais en niant été ar-1? u P ar un Edit qui défendoit à cette Eglise d'avoir des
"teurs qui fussent nez hors de la Rochelle, „ il fut apel-" J , a , Niort, où il a éxercé son Ministre avec beaucoup" " estime 8e de fidélité, jusques à ce que Dieu Tayant" P ru ’d de la vue l’an 1680, il mourut 6 mois après, âgé” , ^, ans - Nous avons de lui divers beaux Sermons: il
” * seâ' aussi un Recueil de Sonnets Chrétiens (5), fort
polis, & fort estimez par 1 ceux qui ont du goût tout„ ensemble pour la piété > & pour les belles choses. Ou-„ tre qu’il étoit solide Théologien , bon Prédicateur , 8c„ savant en Ebreuj il avoit ceci de particulier, qu’aiant à„ ses heures perdues étudié parfaitement la Langue Fran-„ çoise , il en savoir admirablement toutes les délicatesses„ & la pureté ; jusques-là que le fameux Monsr. Conrard„ le consultoit presque tous les ordinaires fur ces fortes de„ matières. II a laissé un Manuscrit entre autres, dont le„ dessein est de nettoier la Langue Françoise des façons„ de parler basses 8c impures, qui mériterait fort de vois
» le jour. Laurent Drelincourt fut marié , 8c ne
,, laissa que des filles (6) ”. Si l’on veut voir à quel pointMonsieur son pere l’aimoit, on n’a qu’à lire l’Epitre Dédi-catoire du Eaux Pasteur convaincu.
Le second fils s’apelloit Henri Drelincourt. IIfut consacré au saint Ministère, 8c l’exerça d’abord à Gien,
8c puis à Fontainebleau. Ces deux frétés eurent la conso-lation de recevoir de leur propre pere l’impofition desmains. Les Sermons qu’il fit en ces rencontres ont étédonnez au public. Henri Drelincourt mourut avant lesdernieres persécutions (7). II avoit été Avocat, avant qued’être Ministre (8).
Le troisième fils est l’illustre Charles Drelin-court, Professeur en Medecine à Leide (9) , dont j’aieu déjà occasion de parler plus d’une fois (10). „ A pess„ ne eut-il pris.ses dégrez à Montpellier en 1674, qu’in-„ continent il fut choisi pour être premier Médecin des„ armées du Roi de France en Flandre, fous Monsr. le„ Maréchal de Turenne. Depuis s’étant marié à Paris, il,, fut apellé pour être Professeur en Medecine à Leyde en„ 1668. II est à présent le Doyen de sUniveríité., II a„ servi Guillaume III Roi d’Angleterre , 8í la Reine Ma-„ rie son épouse, jusques à leur élévation à la couronne. Ce„ fut à lui seul que le Roi confia le soin de la Reine dans„ son voyage aux Eaux d'Aix en 1681. II a eu aussi l’a-„ vantage d’être apellé de tous les Grans de la Cour à la>, Haye (11) Je ne veux point passer fous silence unechose que j’ai lue dans l’Epitre Dédicatoire du Eaux Pas-teur convaincu, c’est qu’il eut envie detre Ministre depuismême son Doctorat en Médecine. S’il n’en a point le ca-ractère , on peut assurer qu’il ne manque d’aucune des qua-rtez que doit avoir un vrai Ministre de l’Evangile. II n’ya point de Théologiens qui possèdent l’Ecriture mieux quehh, 8c il n’y en a guere qu’il ne surpasse en cela. Sa piétéest solide, bienfaisante, officieuse, charitable. II n’a épar-gne ni sa bourse, ni son crédit, ni ses conseils, envers lesRéfugiez qui ont eu besoin de ses bons offices. Jamaishomme ne fut bon ami au point qu’il ì’est. Ceux qui fe-ront son Panégyrique auront de la peine à décider, fi lesqualitez du Savant sont plus sublimes en lui, que celles deTHonnête homme. Si l’on rassembloit tous les éloges queplusieurs Auteurs lui ont donnez, on en formerait un Li-vre. Ceux que ses Collègues lui donnent dans leurs Haran-gues publiques (iz) me paraissent d’un grand prix, 8c l’on.fait que depuis peu (13) ils ont parlé de son mérite très- vft A*avantageusement dans une Action (14) qui les apliquoit àun autre objet, le plus grand, 8c le plus noble qui se pûtvoir, 8c le plus capable d’attirer 8c d’épuiser toute l’atten-tion de V Orateur. Tous les Ecrits qu’il a publiez font d’uncaractère original 8c inimitable. Consultez les Nouvelles dela République des Lettres, où l’on trouve les Extraits dequelques-uns de ses Ouvrages de Médecine. Voiez aussil’Epitre Dédicatoire d’un Sermon imprimé à Leide lan1681 (15). II entend admirablement la Langue FrançoiseLçs Vaugelas 8c les Bouhours marqueraient moins sûrementque lui les fautes 8c les négligences de nos Ecrivains Fran-çois. Les défauts du style les plus petits, 8c les plus imper-ceptibles, ne lui éc hapent jamais, quand il veut se donner lapeine de les faire remarquer.
( 6 ) Tiré deladite Viemanuscrite*
(7) vie ma*nuferite.
(8) Votez,PEpitre Dé ’*dicatoirc dii
Faux Pas-teur con-vaincu , ûto*
tée du 4
kAvyìI1656. IÌn'étoit pasencore Ali-
(9) VoìeZt
f ÍArtìcU
suivant «
(10) Volet*entre autresendroitì ci -dessus la Pre*face de P ^Ar-ticle ACHIL-LE, lamarque {-A)de P ^ArticleAndroma-que deCrC-tc, à la Ré*marque (G)de l*KArttcleBriseï
(tO Tiré de1 * Vie ma-nuscrite.
f f 2) Voiez,
V Oraisonfunebre déMr. Her-mannus,
composée patMr. BidlûOfProfesseur il-lustre en Mé-decine à Lei-de. Je lai }]iplajìeurs au-tres Haran-gues otè il est
Le auatrieme fils se nomme Antoine Drelin-
t L à rWLoe. C—:rr r. ~.
court. Il est Médecin à Orbes en Suissise » r í-
dans là profession. Les Seigneurs de BerrJ v cst j méMédecin Extraordinaire. * ne ^ ont à leur
Le
(14) Có-raison fune-bre de la
Reined’An-
gleterre.
Mn. Span-heim & Pe-rizonius o»ífait chacunune trés-ùelU Harau*gue fur laMort de cettegrande Prirí-.cesse.
(15) n a
pour Titre,Les Etoilesde l’Eglise
& les Chandeliers mystiques. Il fut prononcé par Laurent Drelincourt , Symdtdc Poitou ù Fontenai le U d'OSlobre HÍ77. L'Muteur de l'Epitre Dédicatoire s'apeiltMonsr. Baignoux. Il étoit Ministre de Poitiers, ir H » éçoufé la fille aînée de Lau-rent Dielir.couic,
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