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Tome second. C - I.
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DRUSILLE.

(0 Josffh.

Antiqui t .

s ActesApón.

à- Ecrenice íâ sœur (B), sut un des plus grans motifs qui la portèrent à ce remue-tnenage (c).Sainte Ecriture fait mention de Félix & de Drusille [d). 11s eurent un fils nommé Agrip-

P a » qui périt avec st femme dans un incendie du mont Vésuve (e). II y a beaucoup d’apa*rencc que Tacite s’est trompé fur le mariage de Félix (C). M. Moreri a fait quelques fau-tes qu'tl lui eut été facile d’éviter (D), s’il eût écrit avec attention, Lc s’il eût formé son es-prit à l’éxactitude.

(-) Joseph,Antiquit.Libr. XX iotp, r.

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cutter- les envies de fa sœur Bernice qui efioit marrie de fagrande beauté , consentit de quitter sa religion, u*‘spoujer Félix. Mr. Arnauld d’Andilli a traduit de la mê-?p C maniéré , à Végard de l’Abjuration du Judaïsme , lea exte Grec de l’Historicn. Ce qui me persuade que. Ge-“ e orard a très-bien traduit cela, est qu’il n’y a point .d’apa-• ence que Félix, dans le poste où il étoit, eût osé se mariera une femme qui auroit regardé la Religion des Romainst-omnie une abomination ; qu’il eût osé , dis-je, épouserne femme lans lui représenter qu’il fuioit quelle con-?, ut d autres senti mens pour le culte des Dieux de Rome.. n Y a nulle aparence que Drusille ait rejette cette condì-* 0n > puis qu’il s’agissoit d’épouser un homme qui com-mandoit dans la Judée, 8c qui avoit beaucoup de part à la*veur de l’Empereur, 8c un frere favori du même Empe-eur. j c p a j tien que les Romains étoìent fort faciles à to-er cr les Religions; mais il y a bien de la diférencc entremerer une Religion qui ne condamne pas la vôtre, 8c to-®Jer une Secte qui vous damne Sc qui vous anathématise.J est ce que faisoient les Juifs à l’égard de toutes les autresReligions. Et de plus, il y a bien de la diférence entre sou-

frir

qu’une femme professe tranquillement son Judaïsme,

5 e . I épouser nonobstant cette profession. On peut mêmetarre prendre garde à la construction des paroles de Jose-P ae î car s’il eût voulu dire simplement que notre Drusillefe Maria avec un Paien, que les Loix du Judaïsme ne sou-doient pas qu’elle épousât, il n’eût pas été nécessaire deMdser lés paroles comme il les a divisées : elles contien-? ent manifestement deux Propositions, l’unc qu’elle viola>a Religion', Vautre qu’elle épousa Félix. C’est un signeû y a dans la prémiere quelque chose qui n’est pas enfer-dans la seconde. Mais jc ne voudrois pas fort insister furette-preuve: car il n’y a que trop d’éxemples qui font voirsioe les Auteurs n’observent guere les Loix rigoureuses,. e ' a Logique dans l'arrangement des mots ; 8c c’étoit an-ciennement une Figure de Grammaire (4) de séparer enueux expressions un seul objet. Pateris libamus er auro (5),pour pateris aureìs.

Ne vous a''lez pas figurer que je fasse de Félix un Paien dé-^ot, 8c un homme conscientieux ; je ne lui donne que desferupules de Politique, je supose seulement qu’il n’ignoroitPas que les progrès de fa fortune cxcitoient la jalousie de plu-sieurs courtisans redoutables, à qui il ne saloir pas fournir unPrétexte de le décrier, 8c de le ruiner à la Cour, aussi spé-cieux que l’eút été de pouvoir dire qu’il avoit chez lui uneépousé qui faisoit profession ouverte d’avoir en horreur lesDieux Pénates, 8c toute la Religion Romaine.

La jalouse . . . régnois entre elle z? Berenice fa fœuri]galante f Cette berenice: elle étoit belle 8c ambitieuse,n’aimât poim fa^^àrigue; je ne metonne pas qu’ellef la teeur ; car c etoit une sœur extremement

lui mìrnh r4H4 mS i âgée de dix ans <l uc Bcrcnice - Celle-ci, 1 j cede v ?ï° n tìers à cet égard son droit d’aînesse: en

1 • - e dc suante, dix ans de plus font un droit d’aînessep importun: on s'en passeroit bien , on l’échangcroit

rien t q uâé de cadete; mais on ne peut

contre la nature. La jalousie de Bereni-

1., P 8esnvte ^'^,'?ent caché : Drusille en ressentoit

éL t r L i Ut bicn aisc de pouvoir être enme J 3 , son Mana f e J. e Couverneur de Judée, hom-me de beaucoup de cressit auprès de l’Empereur Clau-

avoienî- ' ^ sP L te t C .^tram à Berenice. Les Anciensavment un Proverbe touchant l a haine des frétés, Fratrum

ZUT simt ac f tífm t W 1 J'Pcnse que la haine desœu s est encore plus violente; 8c fi Von peut dire que tous

f cs te ®s apartiennent au siede de fer, où l’amitié entre lesteres étoit rare , Fratrum qitoque gratia rara efi ( 8 j , jer °i qu’on le pourroit encore mieux dire par raport à celle] £ es J œi trs._ Trois choses pour Vordinaire (9) empêchent,, ur jalousie, la grâce de Dieu, le défaut de qualitez dignes«7=, 8c un grand fond de stupidité; car si l’âge souffreté paroffent en même tems avec éclat par leur beau-sibîp Par .,V r ubPjst» par leur fortune, il est presque impos-votr, qUelles salment ’ êc vous ne sauriez plus mal fairehea!L? Ur au P res ^'une qu’en louant Vautre. II y en ale clv, ont 1 adresse 8c la force de ne pas témoigner

moiù! §n T cela leur cause; mais elles ne le sentent pasne Ì ìu l f conclusion d une Lettre de Mr. de la Fontai-cette u adamc la Duchesse de Bouillon ( 10), fera la fin de», Altpm » ah ï ue - » Ces moutons. Madame, c’est votre-o-Kesse 8c Madame Mazarin. Ce seroit ici se lieu de fai-

J, re aussi son éloge, afin de le joindre au vôtre; mais com-,, me ces fortes de parallèles font une matière un peu délica-,, te, je crois qu’il vaut mieux que je m’en abstienne :

„ Vous vous aimez en sœurs, cependant (it) j’ai raison

„ D éviter la comparaison:

„ L’or se peut partager, mais non pas la louange ;

„ Le plus grand Orateur, quand ce seroit un Ange,

,, Ne contenteroit pas en semblables desseins

„ Deux Belles,deux Héros,deux Auteurs,ni deux Saints”.

Cuneus raisonne bien sur 1e motif de la défense Mosaïqued’épouser deux sœurs en même tems. In Levitici cap .XVIII, dit-il (iî)> ediiïum Numinis extat, quo Judai duasferores eodem tempore habere uxorcs vetantur, non ob aliamcaufam profelíò , qu.hn quod ardentijfima esse inter has émula-it o in tait conjunêlione filet ; cum entera omninò , que eâ c»n~fanguinitate non funt , equiore animo fub eodem marito &ta-tem unà agtmt.

(C) ll y a beaucoup d'aparence que Tacite s'eft trompé fur lemariage de Félix. ] Voici ses paroles (13) : Claudius defunc-tis regibus aut ad modìcum redatfis Jud&atn Provìnciam equi-tibus Romanis aut libertis permifit. Et quibus Antonius Félixper omntm fevitiam ac lìbìdinem jus regium fervili ingenioexerçait , Urufilla Cleopatre çtx Antoniï nepte in matrimo -nium accepta , ut ejusdem Antonii Félix progener , Claudiusnepos ejfet. Ces paroles signifient manifestement que Félixétoit mari de Drusille petite-fille de Marc Antoine 8c deCleopatre , pendant qu’il commandoit dans la Judée. Orc’est ce qui n’a nulle ombre de vraisemblance ; car Jose-phe, plus croiable que Tacite fur ce point-ci, nous faitconoitre que Félix rechercha Drusille un peu après qu’il futarrivé dans la Judée. Félix eût-il osé faire cela , s’il eûtété marié actuellement avec la cousine germaine de l’Em-pereur ? Auroit-il pu épouser Drusille sœur d’Agrippa IIdu nom , pendant la vie de Vautre Drusille petite-fille deMarc Antoine? l’auroit-il pu, dis-je, épouser sans répudierVautre Drusille ? Et s’il l’avoit répudiée, Josephe auroit-iltû un fait comme celui-là, si capable de rendre odieux ceGouverneur : car en ce cas Félix eût rompu deux Mariagespour contenter fa passion ; st eût répudié une Drusille , ileut obligé une autre Drusille à abandonner son mari. U11Historien National n’oublie guere ces sortes de circonstan-ces. L’on peut soupçonner Tacite de négligence damantplus facilement qu’il est certain qu’il a mal marqué le temsauquel Félix a gouverné la Judée. II supose (14) que Fé-lix & Cumanus commando!ent en même tems dans ce païs-là, Félix en Samarie, & Cumanus en Galilée. Rien n’estplus faux; car selon Josephe mieux instruit fans doute queTacite, Félix ne fut envoie dans la Judée qu’après que Cu-manus eut été condamné au bannissement à cause de lès mal-versations (15). On me demandera peut-être d’où est ve-nue Verreur de Tacite. Je croi qu’on en peut assigner deuxcauses. Aiant su que Félix avoit été marié avec Drusille, ilaura pu s’imaginer que cette Drusille étoit fille de Juba & deCleopatre Selene > fille de Marc Antoine & de Cleopatre, 8cne se sera pas trop mis en peine s’il y avoit en Judée uneDame de ce nom. Mais d’aûtre côté il pourroit être queFélix, avant que d’aller dans la Judée, eût eu pour femmeDrusille petite-fille de Marc Antoine, 8c que cette Drusillefût morte avant qu’il devînt amoureux de Vautre Drusille,Juive de nation. Ce dernier sentiment paraîtra le plus pro-bable à ceux qui savent que Von trouve dans Suetone queFélix avoit épousé trois Reines (16). On peut entendre parlà trois Princesses de sang Roial. Mais Tailleurs personne nefait mention dune Drusille qui fût petite-fille de Marc An-toine 8c de Cleopatre. Ceux qui voudraient dire que Dru-sille la Juive étoit née du Mariage d’Agrippa avec une fillede Marc Antoine 8c de Cleopatre, verront leur condamna-tion dans Noldius ( 17 ).

(D) Monfr. Moreri a fait quelques fautes .] I. II ne faloitpas dire qu’Epiphane promit à Drusille de se faire Juif: onne fait point de telles promesses à une enfant de cinq à sixans; c’est au pere de Drusille qu’il avoit promis cela, com-me Josephe le remarque (18). II. II ne faloit pas confon-dre Agrippa le pere avec Agrippa le fils : il faloit dire quele prémìer fiança Drusille avec Epìphane, 8c que le secondla maria avec-Azize. III. II n’est point dit dans les Actesdes Apôtres que Drusille fut présente au Discours. que tintSt. Paul devant Félix, touchant la justice 8c le jugementdernier.

(tl) En bìeiid'atitres ren*contres tlVAttdroitmieux direc'est pour-quoi , quecependant.

(ií)CunœuSde Repub.Hebr. Libr .II, Cap.XXIII , pag,m. 2j ó.VoieZifolygamiatriumpha-trix, p. 3731

{13) Tacit.Hiïtoi. LIr kV, Cap. IX,

(14) Tacit,Annal. Libf,XII, Cap,LIV,

(1 s ) 1 Joseph»;Antiquit.Libr. XX ,Cap. V.

(16) A r « mi -nus felicemquem cobortí*tus & alisprovinciaqué

Ju4a<t pré-posait triun%reginarummariturn .Sueton. ind&ud- CdpQ

xx nu,

Voicz, là-deí*sus ta, belle ,Note de Mfç

Grxvius,

( 17 ) Nol-dius, de Vì^ta &: GestisHerodum,

pag. 469.

( 18) Joseph,Antiquit.Libr. XX,Cap . K

O n

ï10 JUva.

le ( l«eseu f . £//e Régénéra, car fa vie fut tres-fcandaleufe.] Si re;je I’arrêterois tout court,fans sortir de cette Famille. Dru-

- Latin < r S P’ at médisant venoit me dire que le Quolibet fille, st est vrai, ne suivit point les bons exemples d’Agrippi-

fiju que quand -J e ^ Hîtur éviter film matrh ïter , n est véritable ne fa mere, qui fut la plus chaste Dame de son tems; mais

,,,r > cas-là qu’unp ms 16 ne vaut r ' er G stue c’est seulement en ce aussi Agrippine n avoit point suivi les mauvais éxemples de

T o p j p 2 marche fidellement fur les traces de fa me- Julie fa mere, qui fut la plus impudique femme de son siede.

(Julie) fille de Germanícus & d’Agrippine, épousa Lucius Cassius Van de M Tacfc,mc 786 (a). Elle dégénéra, car fa vie fut très-scandaleuse {A). Elle eut à faire dès fa plus 1™%,

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