DRUSILLE. D R U S I U S.
(*r) VùiêXàxt-dejsus , (a‘Reïtwrq. (L>)de l 9 . ArticleCAWOOIA.
(c) Sueton.tri CafiguU»Cap. XXIV.
(d) Dio,LiOr. LIX ,ad xnn, 791.
(j) Vìgefìmoánatií annotucitHS Ca-prcas a Tibe-rio nno atqueeodem Aie to-gaw fumpjît >i.trbamtjttefofuit. Sue-son. in Ca-lig. Cap. X.
( ì) Primumin ynatris ,deinde ex re-Icg.ita in Li -vix .Axgujixproavix juxcontahemiomanfit, SlvamdefunSfamprxrtxtatHS
etiam tnm proroflris Lit*-davit , trans-iiUsité ad%A>iu>niam
Idem, ibid.
(?) id. ibid .Cap. Vilí.
(4) Dans leTexte deL* ^ArticleCaligula.
(a) Le Nomde fa Famil-le étoit D ÚC-scìlí.
(b) jl ct.itProfjfeur c nThéologie.
(\) Curìan-der, in ViraDiusri, pag.
O li, m ,
(1) Meur-íins, Athcil.Bat a y. pag.
r».
ìló
tendre jeunesse avec son frété Caligula, qui fut trouvé furie fait, n’aîant pas encore la robe vi-rile {_b) {B )'■ elle continua toute sa vie à s’abandonner à cet incestueux commerce, 8c la paillonde Caligula pour elle fut íi publique & si excessive, qu’on ne vit jamais rien de semblable. 11 (? ^l'ôta à Lucius Cassius son mari, & vécut publiquement avec elle comme avec fa femme légiti- J<
me (r); & quand elle fut morte l’an 791 de Rome, il se porta aux plus impies extravagancespour honorer iâ mémoire (C). Dion raporte qu’elle étoit mariée à Marcus Enulius Lepidus (d).
Monfr. Moreri a fait deux fautes: il ne devoit pas dire que Germanicus étoit frere de Tibère(e), ni que Drusillc étoit petite-fille d’Augusle (/).
(B) Elle eut à faire à Caligula, qui fut tròuvè fur le fait,7 i aiant pas encore la robe virile. \ On auroit pu dire en cetterencontre quelque chose de semblable à notre Proverbe ,L’habit ne fait pas le Moine. Caligula avoit la robe d’enfan-ce , Sc n''étoit pas un enfant : il n’avoit pas la robe virile ,Sc il donnoit de fortes preuves de virilité. N'allons pasnéanmoins nous imaginer qu’il nous fournit un de cesexemples extraordinaires dont les Auteurs font mention ,un exemple de ces garçons qui ont engendré à l’âge de dixou douze ans. II faut dire les choses comme elles font, &rendre justice à tout le monde. Le mauvais naturel deCaligula pouvoit bien avoir hâté ses criminelles résolutions ;mais non pas les forces qui lui étoient néceflaires pour feplonger dans l'incelte. La robe d’enfance, fous laquelle jlfut trouvé en flagrant délit, n’empêchoit pas qu il n eût Pa-ge compétent selon le cours ordinaire de la nature. II neprit la robe virile qu’à vingt ans ( i ), & il en avoit dix-huitlors qu’il entra chez son aieule. Or ce fut chez son aieulequ’il fut trouvé aux prises avec fa sœur. 11 fut élevé rchez sa mere, z chez Livie, 3 chez Antonia (z). 11 n’en-tra chez cette derniere qu’après la mort de Livie, c’est-à-dire qu’en Tannée 781 ; Sc il étoit né l’an 764 (3 ). Cepen-dant a Dieu ne plaise que je rétracte ce que j’ai dit ci-des-fus (4), que* la corruption de Caligula parut de bonne heure.Quand il auroit eu vingt ans lors de son inceste , j’auroisdroit de dire de lui > qu 'aux âmes mal nées , Le crime n at-tend pas le nombre des années. On ne peut proférer son nomfans réveiller les idées de la plus excessive méchanceté dontPhomine puisse être capable. Sa vie est un tissu d’énormi-tez ii furieuses, qu’il y a des gens qui soupçonnent les His-toriens d’avoir fait le mal plus grand qu’il n’étoit. II estvrai que de tels monstres sont fort rares, 8c beaucoup plusrares que les grans Saints, & que les Héros les plus accom-plis ; mais enfin Caligula n’est pas le seul en qui la naturehumaine ait fait voir jusqu’où elle est capable de porter facorruption. Je doute que jamais elle ait déploie quatre foistoutes ses forces de ce côté-là fur le même thrône, en aussipeu de tems quelle le fit fur le thrône des Césars depuis Ti-bère jusques à Domitien.
(C) Caligula fe porta aux plus impies extravagances pour
honorer fa mémoire .] Les funérailles ne manquèrent d’au- II) pr-enne chose qui les pût rendre très-magnifiques : st fst faire d‘
des Décrets pour honorer la mémoire de Drusille tout fem- „ifir‘é l, ‘blables à ceux que l’on avoit faits pour Livie femme d’Au- pun» rs rguste; Sc outre cela il y eut un Décret public qui déclara «#tque Drusille étoit au nombre des Immortels. On la mit - 1 °""en statue d’or dans le Sénat : on lui éleva une autre statue ^fchrá ' 1 ’ 1dans le Forum toute semblable à celle de Venus, sous les ^orit " 1 nl *mêmes honneurs que l’on rendoit à cette Déesse. On lui ont fr 1 ’consacra un Temple tout particulier : on ordonna que leshommes 8c les femmes lui consacreraient des statues, que c í“' a ls<péles femmes jureraient par son nom quand elles attesteraient „pillí ^quelque chose , 8c que son jour natal ferait destiné à des ¥ „rí‘jeux qui feraient semblables à ceux de Cybele. Elle fut laí cl “L-apellée la Panthea (5) , & on lui rendit les honneurs di- Sa'? te ’vins dans toutes les Villes. Livius Geminus Sénateur Ro-main déclara qu’il l’avoit vue monter au Ciel, 8c couver- («)fer avec les Dieux, Sc fit des imprécations tant contre soi- pimême, que contre ses propres enfans, si ce qu’il difoit LlX,in’étoit véritable, Sc il prit à témoin entre autres Divinisez 7,, ‘celle de Drusille. Cela lui valut une grosse somme d’ar- (7) ^gent. Les Romains ne furent jamais si embarrassez qu’en dt r ’ 0ce tems-là ; ils ne fa voient quelle contenance tenir. S’ils ^paroissoient tristes, on les accusoit de méconoitre fa Divi- Jjijft, ^nité; s’ils paroissoient gais , on les accusoit de ne pas re-gretter fa mort ( 6 ). Caligula faifoit valoir la nature hu- """ A <>»'maine de fa sœur contre ceux qui ne pleuraient pas, Sc fa ,4,"-''nature divine contre ceux qui s’affligcoient. Pendant ledeuil public qu’il lui destina, ce fut un crime que de rire » M-ro»- *que d’entrer au bain, que de manger en famille ( 7 ). Unpauvre homme qui avoit vendu de Peau chaude fut mis à &!■ ' jmort comme coupable d’irreligion (8). Depuis cette mort,
Caligula, dans les choses même de la derniere importance,ne jurait jamais ni au Sénat, ni àl’armée, que par la Divi-nité de Drusille (yj. Joignons ceci aux autres marques defa fureur maniaque qui ont paru dans son Article. Seneque ~a très-bien décrit les disparates 8c les folles bisarrcrics du deuil °U
dc Caligula ( 10).
dam venditqm impietatìs nus faillis , à C ai o trucidants fuit. Dio, Libr.
7 SJ. (?) idem, ibid. (10) Seneca, de Consol. ad Polyb. Cap. *
DRUS 1 US (a) (J f. an) né à Audenarde en Flandre le 2,8 de Juin iffo, a été un fort doc-te personnage parmi les Protestans. II fut dessiné aux études de Théologie, & envoie de bonneheure à Gand pour y aprendre les Langues, & puis à Louvain pour y faire ion Cours dc Philoso-phie. Son pere aiant été proscrit pour la Religion Protestante l’an 1567, & dépouillé de sesbiens, se retira en Angleterre. Sa femme bonne Catholique n’oublia rien pour empêcher que no-tre Jean Drusius ne suivît la même route: elle le rapella à Audenarde, & l’envoia à Tournai; maiscomme le chagrin de se voir privée tout à la fois & de son mari, & de son bien, lui avoit causéune maladie considérable, elle ne put pas avoir l’ceil dc telle forte fur son fils, qu’il ne trouvât lemoien de le dérober pour aller joindre son pere à Londres. 11 y arriva fur la fin de l’an i y6/. Oneut soin de ses études, on lui donna des maîtres, 8c il eut bientôt une occasion favorable d’apren-dre l’Hébreu fous Antoine Cevallier, qui étoit passé en Angleterre, Lc qui enseigna publiquementcette Langue dans l’Académie de Cambrige. Drusius logea chez lui, Lc eut beaucoup de partà son amitié. II ne retourna à Londres qu’en tyyi; Lc lors qu’il fe préparoit à faire un voiageen France {A), la nouvelle de la Saint Barthelemi le fit changer de résolution. Un peu après ilfe vit apellé à Cambrige par Thomas Carthwright {b), Lc a Oxford par Laurent Humfred: ilaccepta la derniere vocation ( i> ), Lc fe vit par ce moien Profesieur aux Langues Orientales à sa-ge de vingt-deux ans. II les enseigna quatre ans à Oxford avec beaucoup de succès. Après celail voulut revoir íà patrie, Lc y étant arrivé il s’en alla à Louvain où il étudia la Jurisprudence. Lestroubles de Religion l’obligérent à s’en retourner à Londres auprès de son pere j mais la pacifica-tion
( Jl ) Il fe préparoit à faire un Voiage en France. ] Meur-fius faute d’attention n’a pas bien compris ce Latin de Cu-riander. Poftea cum Cevallerius à fuis in Galliam revocatusabitum pararet , impetravit à pâtre (Drusius) ut ibì adhucannum integrum commorari poffet ( I ). Le principal piegen’est point-là , mais dans les paroles que je m’cu vais ra-porter: Anno post difeeffum Cevallerii fanusnosterprofeSlusest Londinum, hac fine, ut in Galliam, Philosophie ftudiumprofequendigratta, denuo concederet (z). Meursius interpré-tant l’itn de ces Passages par Pautre a cru pouvoir dire queDrusius suivit en France Cevallier, Sc qu’étant retourne àLondres, il fe préparoit à faire un second voiage en Fran-ce , lors que le massacre de la St. Barthelemi Pcn détourna.Xevocato in Galliam Cevalerio eum comitatus, ad HebreamJumma cum contentione animum advertens privatim quoqueadolescentes duos Angles docere cœpit. Inde Londinum reverfuseum recurrere eo omnino statuiffet, laniena Parifienfis nuntìa-tur. JÌLlfa de causa mutate constlio, cre s 3 ). I] est Certainque Diuiius n alla point en France avec Cevallier, il s’ar-reta a Cambnge , &c y enseigna les deux Anglois dontMeursius paile. Lela est clair par la Narration de Curìan-
der, à la page 6. U est certain aufíi qu’après le départ deCevallier st s’attacha plus au Grec & à la Philosophie qu’àl’Hébreu , doit parait que Meursius n’a pas bien caracté-risé les occupations de ce jeune homme. Dans le secondPassage de Curiander il faloit mettre la virgule après denuo ,
& non pas devant ; Sc voilà ce qui a trompé Meursius.
L’Auteur veut dire que Drusius vouloir s’en aller en Fran-ce, a fin de continuer encore un coup ses études de Philo-sophie. Je fuis sûr qu’on rencontrerait dans les Livres centfautes de cette nature , si l’on prenoit la peine de comparatles Abrégez avec POuvragc dont les Abrégez ont été pris. E*voiez en passant de quoi sont capables les simples défauts d eponctuation. _
(B) Il se vit apellé à Cambrige ... & * Oxford . . . • 1accepta la derniere vocation .] C’est celle d Oxford: corrige®donc le Sieur Paul Freher, qui a dit dans son Théâtre des ^ p,pHommes illustres (4), Hebree Lingue Professer in Univers- J}1 „,tate Cantuarienfí an. etatis zz constitutus eft. Deux sautepour une : il est faux que Drusius ait professé à Cambrige,
Sc il est faux que l’Académie de Cambrige fe nomme Can-tmrhnfis. Ce dernier mot est l’adjectif de Cantorberi.