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Tome second. C - I.
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à ceux quî ont fait le plus de figure. Mr. Moreri mérite d’être repris en quelque chose ( C).

Je m étonné que Sigonius ait pu entendre le Texte de1 ™ e aussi mal qu’il l'a entendu. A-t-il pu s imaginer .

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( C ) Monsr. Moreri mérite d'être repris en quelque chose, j11 a dit que la Famille de Drufus étoit une branche de cel-le des Claudiens , zy que , quoi que plébée, elle fut néanmoins

recommandable par huit Consulats .cy illustre

par les grans hommes qui en font sortis , entre lesquels lesprincipaux furent Salinator c? Drufus. Je lui passe toutesles fautes de langage, & tous les péchez d’omiffion, & mecontente de remarquer : 1 , Que la Famille des Drufus étoitune branche, non de celle des Claudes, mais de celle desDivins: II, Que c’est la Famille des Divins, & non la bran-che particulière des Drufus, qui fut recommandable par huitConsulats, &c; III, Que Salinator n’est point sorti de laFamille des Drufus, si ce n’est de la maniéré que la Maisonde Bourbon est sortie de la Maison de Bourgogne. On nesouffriroit point cette derniere expression. Deux ruisteauxqui viennent de la même source ,■ ne sortent pas pour cela,l’un de l’autre.

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M a P r ès l’an 641 de Rome, l’ancienne frugalité de la Répu-usistue fût assez observée, pour que neuf ou dix marcs d’ar-ëent de plus ou de moins fissent dégrader un Sénateur ?

Ces choses n’étoient plus fur ce pied-là : la corruption & leluxe s étoient déjà terriblement débordez. Mais les propresparoles de Pline ne pouvoient-elles pas éclairer Sigonius ? El-les marquent dune maniéré précise que Drufus étoit Tribunuu Peuple lors qu’il avoir tant de vaisselle d’argent; & toutuussi-tôt Pline raporte une censure éxercée sur un vieillard quiav ?it obtenu autrefois l’honneur du triomphe. II est doncclair que ce vieillard n’étoit point Drufus ; car si Drufus avoircensuré pour cause de luxe, il l’auroit été au tems de son1 ribunat ; ou bien il faudroit accuser Pline de raconter leschoses dune maniéré tout-à-fait impertinente. Néanmoins? n ne fauroit croire combien ce Passage de Pline a trompé< * e gens (z 4 ).

DRU SUS (Marc Livius) fils de celui qui fut Collègue de Caïus Gracchus dans leTribunat du peuple, 8c qui mérita Péloge de Protecteur du Sénat, imita son pere pour ce qui estde favoriser les Patriciens} mais la maniéré dont il s’y prit excita de furieux désordres (sì). 11

a voit de grans dons, beaucoup d’éloquence, beaucoup d’esprit, beaucoup de coeur} 8c s’il n’enfit pas un bon usage, ce fut la faute de l’ambition excessive qui le poíìedoit, 8c dont il donnades marques dès son enfance ( B ). Les factions qui divisoient la ville étoient celle du Sénat, 8cc clle des Chevaliers (C): ceux-ci, outre qu’ils faisoient la levée des deniers publics, possédoientfoutes les charges de Judicature («), qui avoíent autrefois apartenu aux Sénateurs: par ce moien,fis tenoient, pour ainsi dire, le pied fur la gorge au Sénat. Drufus, volant que Cepion son ému-le favorisoit la cause des Chevaliers ( D), entreprit de soutenir 8c de relever celle du Sénat} 8ca fin de ne manquer pas de créatures (-), il s’aviía de faire revivre les Loix des Gracches, touchantla distribution des terres au peuple, 8c de promettre la bourgeoisie Romaine aux Latins. La vio-lence dont il usa envers le Consul Philippe, qui s’oposoit à ces Loix, ne fauroit être assez con-damnée (£). La promesse qu’il avoit faite aux Latins fut la source d’une guerre très-fâcheu-se,

a bien de la peine à croire que Drufus ait eu cette charge,& celle d’Edile (6): sa raison est qu’il mourut dans le T ri-bunat du Peuple, charge que les Romains éxerçoient pourl’ordinaire avant l’Edilité. Mais peut-être que Drufus, aiantbesoin d’être Tribun afin d’éxécuter ses desseins, se fitdonner cette charge pour la seconde fois dans l’année qu’ilmourut.

(C) Les sablions qui divisoient la ville étoient celle du Sé-nat , z? celle des Chevaliers. ] De Passage de Paterculus nousa fait savoir que les Gracches ôtèrent aux Sénateurs tous lesTribunaux de justice, afin de gratifier les Chevaliers. Volonscomment Florus confirme la même chose (7): Judiciarialege Caji Graccht diviferant populum Bjimanum , zy bicipitemex una fecerant civitatem équités Romani, t an t a potestate fub-nixi, ut qui fat a fortunasque patrum vitasque principum habe-rent in manu , interceptis veHigalil/us pecularentur suo jurerempublicam.

(D) Drufus voiant que Cepion son émule favorisoit la causedes Chevaliers.’] D’émulation de ces deux Romains , quicausa tant de désordres, & qui pensa perdre la République,étoit venue d’une bagatelle. Une bague vendue dans unencan fut la cause de leurs divisions (8) : ils renchérirentl’un fur l’autre, & se piquèrent au jeu si vivement, qu’ilscherchèrent dans la fuite toutes sortes d’occasions de se tra-verser l’un l’autre. Et voilà qui confirme ce que bien desgens remarquent, que les grandes Révolutions d’Etat n’ontla plupart du tems pour principe qu’une fantaisie, ou qu’unsot caprice de quelques particuliers (9). Je ne sai si l’é-xemple , que nous en avons ici, a été jamais remar-qué. Paterculus a beau dire que Drufus agissoit par zèlepour les intérêts du Sénat, dont il souhaitoit de rétablirla puissance, nous en croirons plutôt ceux qui disent qu’ilembrassa ce parti, parce qu’il voioit Cepion à la tête duparti contraire. In hoc statu rerum pares opibus, ani-mis, dignitate (unde zy nata Livio Druso amulatio accesse-rat) equitem Servilius Capio , Senatum Livius Drufus ajfe-

rere ( 10). .

(£) La violence dont il usa envers le Consul Philippe ....ne fauroit être asez. condamnée.] Da dignité de ce Consulfut respectée si peu, qu’on lui ferra la gorge jusques à cequ’on lui vit sortir le sang par les yeux & par la bouche.Quelques-uns disent que Drufus éxerça lui-même cette vio-lence ; & que bien loin de revenir de fa colere à la vue dece sang, il en tira un nouveau sujet d’insulte : il dit que cen’étoit point du sang, mais une fausse de grives; il faifoitainsi un reproche de gourmandise a Cepion. Philippe Con-suli legibus agrariis refistenti ita collum in comitio ob t or fit, utmultus sanguis eflueret e naribus , quem ille^ luxuriam obpro-brans muriam de turdis este dicebat (11). D autres disent queDrufus fit faire cette violence par une de ses créatures, oupar Tun de ses huissiers. Qu& (Sénatus majestas) à M. auoqueDruso trib. plebis per summam contumeliam vexata est. Par-vi enim habuit , L. Philippum Consulem , quia intersari concio-nantem ausus fuerat , obtorta gula, zy quidem non per viato-rem, fid per clientem faum, adeo violenter in carcere pmeipi-tem egijfe, ut multus e naribus ems cruor profunderetur (iz).Voila ce que dit Valere Maxime, & voici ce que dit Florus:Ausus tamen obrogare de legibus Consul Philippus, sed appre-hensum fauetbus viator non ante dimifit , quam sanguis in or av* oculos redmdarct (13).

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{A) ll favorisa les Patriciens ; mais la maniéré dont il s’yprit excita de furieux désordres.] II ne seroit pas impossibleque la raison pour laquelle Paterculus a pris son parhautement ait été T envie de faire fa cour a T ibere , 1fans doute de notre Drufus; mais peut-être n a-t-il tait au-tre chose que parler selon ses lumières. Quoi qu U en loir,il lui attribue les meilleures intentions du monde, & u dé-ploré que le Sénat en ait jugé avec tant d’aveuglement otd’iniquité. 11 s’exprime là-dessus avec beaucoup d éloquen-ce, Lt cela fait que je prens la liberté de transcrire tout lePassage, en faveur de ceux qui sans consulter beaucoupLivres veulent voir dévelopée la conduite d un grand 1nie. Tribunatum iniit Marcus Livius Drufus , vir no i ijl‘mus , eloquentijstmus , santlijfimus , meliore in ommaingen o ,animoque, quam fortuna usus , qui , ihm SenatUl prijeum restituere cuperet decus , zy judicia ab equiúbus ad eum transjer-re ordinem - ( quippe , eam poteftatem nabli équités Gracchamslegibus y cum in multos clarïjjìmos, atque ìnnoce)îttjfìfflo$ vif oss&vijfent , tum Publium Rutïlmm , virum non seculi fui , / e »omnis avi optimum, interrogatum lege repetundarum , maxi-mo cum gemitu civitatis, damnaverant ) in iis ipfis, qu& p r0senatu moliebatur , senatum habuit adversarìum , non intelli-gent em, fi qua de plebis commodis ab eo agerentur ,veluti tnes ~candi., illiciend&que multitudinis cauffâfieri,ut minoribusper-ceptis, majora permitteret. Denique eafortuna Drufi faits utmalefabla collegarum , quam ejus optim'e ab ipfi cogitata , séna-tus probaret magis ; zy honorem, qui ab eo deferebatur , sp e fneret ; injurias, qua ab aliis intenàebantur , aquo anima reci-peret ; cy hujus fumma gloria invideret , illorum modtcam jer-ret. Tum conversas Drufi animus, quando bette cœpta maiecedebant, ad dandam civitatem Italia quoi eum moltens re-vertijjet e foro, immensâ illâ, zy incognitâ , qua eum sempercomitabatur, cinëlus rnultitudine, in atrio domus sua culítllopercustus, qui affixus lateri ejus r eh Élus est, intra paucas horasdecejstt (1). On aura meilleure opinion ici de la bonne foi dePaterculus, si Ton fait ce que Salluste a pensé du même

Drufus; c’est pourquoi je mets en marge les paroles de Sal-luste (z).

(S) ll donna des marques de fin excessive ambition des finenfance.] Avant que d’avoir pris la robe virile , tout pu-pille qû’il étoit, il fe mêla de solliciter les Juges en faveurdes accusez Lt il le fit avec tant de force, & avec tant deressorts qu’il extorqua d’eux plus d’une fois les jugemensqu’ils rendirent N’avoit-il pas bien raison de dire qu’ilétoit le seul pour qui il n’y avoit jamais eu de fêtes? Des

gens oui commencent de si bonne heure a fe donner tant

de disonctssin ?“éritent d’être redoutez. Ecoutons Sene-que. Exfecratus inquietnm a primordns vitam, dicitur dixis-fi, Uni f bi, nec puera quidem, unquam sériasconugife. Au-sus enirlzy pupilles adluczy pratextams, qudicibus reos com-mendare zyTa iamfuam foro interponere tum tfstcamer ut

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q.uadam ìudicia constet ab Mo rapta. hr h,atum e?

tmmatura ambitio ? fiires in malum ’ , J- s ’-

Pubhcum, evasuram ìllum tam pracoquem

que querebatJ, nullas contigise : aJu^o fidiMj ^

V foro gravis ( a j On donne comme une marque de ion

orgueil ce qu’il fit e n Afie pendant ía Q l ' est “ e ;.^ t é neÇa fans sc parer des omemens extérieurs de & digmte , nevoulant fe distinguer que par fa personne ^ Dat n exp ime mieux ce que ie veux dire (4 j. Un savant homme [5)

tome u

(a) Patercu-

lus, Ltlr, ti,Cap. XI U.Jecilefts pa-reils dans la(^).

(t) Florus,Libr. III,Cap. X VU.

( 6 ) --T.dilhmiínus mag-nificeniìjji-nmm dtdit.Aurcl Vic-tor , de Viîisiilusiribus.

(l) Libr. UT,Cap. XVII.

(8) Inter Ca-pionem &Drufum exannulo m auc •

tione venaliìnìmìcìtíxccepere : undtofigosocìalisbelli exitìarerum. PJi-nius, Lìbr mXXX 11/ 9Caf>.I,p a g m12,13.Cette Guerrecoûta la vie kplus de 300mille hom-mes. Pater-culus, Lil>r m//, Cap. XV*Volez. Florus 3Livr. III yChap. XVIIU

(9) Voiez, UtPensées di-verses furles Comè-tes , num.2Z6.

(10) Florus

Libr. III,

Cap. XVIIr.

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VictViri!tribiU V

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fia) Valer.Maximus,Libr. IX,Cap. V, nstmiz.

(rz) Florus,Libr. III,Cap. X VIII,