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Tome second. C - I.
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DRUSIUS. DRUSUS,

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fait que fe rendre digne de censure.

fierté que Mr. Baillet raporte. Mais revenons au P. Garasse,& disons que fa Censure ne vaut rien. II se peut faire quedans un même chapitre de Drufius l’on voie la Citation d'unAuteur Sacré précédée 8c suivie de la Citation d’un AuteurProfane, mais non pas selon l’arrangement ridicule dont ceJésuite se plaint. La méthode de Druiius est d’être assez courtfur chaque sujet, & de joindre ensemble les matières quiont de Taffinité entre elles. De là vient que dans un cha-

pitre assez court il explique quelquefois trois ou quatre cho-ses : il fait voir fur chacune la conformité des Auteurs Sacrezavec les Auteurs Païens ; il faut donc qu’après avoir alléguédes Passages de l’Ecriture , il cite des Auteurs Grecs ouLatins, 8c qu’enfuite entamant un autre sujet il allégué en-core des Passages de l’Ecriture, 8c puis un Poète , un His-torien , &c. Cette conduite n’a rien de mauvais, 8c a étéignoramment 8c impertinemment décrite par le Censeur.

(a) Tire deSuetone , inTiberio,Cap. III.

( 4 ) Traditttretìam pro-fratore exPrtvìncideC allia retu -lijse aurumSenonibus o-lim in obfi *diane Capitoliidatttm, necjHtfama y extor-tttm à Camil-le. Idem,ìbid.

(c) Idem t

ibidem.

(d) Tacit.Annal. Libr.JI , Cap .XXXI.

fl) Drnfttsbejlium duceLrauft comi-nus îrucidatofibi pojleris-que fuis cog-nomen invc-nit . Sueton,in Tiberio,Cap. III .

(2) Car Sue-tone le placeavant dan-1 dius Pulcher ,qui perdit uneBataille na~'vale a la 1Guerre Puni-que. Les Com •wentateursde Suetonene disent riende ce ClaudiusDrufus.

O) Livius,in Epit. Libr.LXIII.

(4) Plutarc.■in Qu a: st.Rom .p. 276.f5) Gland.Onomast.Roman, pag,543 *

(6) Sueton.in Tiberio,Cap, III.

(y) Id. ibìd,(8)Cicero,in Eruto,fag. m . 204,(p) Il nommeCésar Avun-culus d\Att-gujlci &néanmoinsCésar ctoit legrand Oncleà' .Auguste.Sueton. mAug. Cap,

VU.

(10) Cicero,Tuíèulan.Libr. V, folio

m. 278, B.(n) Valet,iMaximus,Libr. Vin ,Cap. VII ^

(12) Olive-lius » in hunelocum Val.Jtfaximi.

(13) Cole-111s.

f , 4 ) Voiez.Guill. G ro-tins , in VitisJuriscon-si'it. paç. 33,

DRUSUS, Famille Romaine, branche de celle des Livius. La Famille Livia, ou des Li-vins, quoi que Plébéienne, eut part aux plus belles charges de la République. Elle jouît de laDiélature, & de la charge de Colonel Général de la Cavalerie. Elle posséda huit fois le Consu-lat, deux fois la dignité de Censeur, St trois fois l’honneur du triomphe. Elle produisit des per-sonnes de grand mérite, Sc entre autres Marcus Livius Salinator, St Marcus Livius Dru-sus. Celui-ci fut surnommé Drufus, à cause qu’il avoit tué Drausus (^f), Général des enne-mis (a). On lui attribue d’avoir retiré d’entre les mains des Gaulois l’argent qui avoit été au-trefois donné à leurs ancêtres, lors qu’ils assiégèrent le Capitole. Si cela est, il ne faut pas croi-re le bruit qui avoit couru, que Camille les avoit contraints de le rendre (6). On ne peut gueremieux conoître en quel tems ce prémier Drufus a vécu, qu’en fe souvenant que C a ï u s LiviusD Rus us son fils, ou Ion petit-fils, fut Consul avec Scipion l’Africain le jeune l’an 606 de Ro-me. L’Empereur Tibere descendoit par adoption de la Famille des Drufus; car Livius Dru-sus Claudianus, son aieul maternel, l’un des descendans d’Appius l’aveugle, fut adoptépar un Drufus (c). II y a quelque aparence qu’un autre Drufus adopta quelcun de la Famille desScribonius, dans laquelle le surnom de Libo étoit fort commun; car nous trouvons un Mar-cus Livius Drusus Libo, Consul l’an 738 , & un Lucius Scribonius LiboDrusus, Préteur, qui fe tua pour prévenir le fuplice qu’il craignoit, se voiant accusé de cri-me d’Etat fous Tibere l’an de Rome 769 (I). Nous dirons un mot de quelques-uns des descen-dans du prémier Drusus (B) dans les Remarques ; mais nous ferons un Article à part pour chacun

de

(A) Marcus Livius . . . fut surnommé Drusus, k cau-se qu il avoit tué Drausus .] Ceci a tout l’air de ces mau-vaises 8c fabuleuses traditions qui se conservent dans les an-ciennes Familles, 8c qui attribuent l’origine du prémiernom , 8c celle des armes à quelque fait chevaleureux. Sila branche des Drusus avoit dû son nom à l’exploit raportépar Suetone , on auroit su en quel tems 8c en quel lieucela se passa, 8c contre quel ennemi; 8c Suetone n'en par-lerait pas dune façon auffi vague qu’il en parle (1). Ajou-tez qu’il fait mention d'un Claudius Drusus, quiavécu avant la prémiere guerre Punique ( 2 ) ; ce qui prou-ve que ce surnom étoit conu, ou avant que le prémier Dru-sus de la Famille Livia tuât le prétendu Drausus, ou du moinsindépendamment de ce combat. Car qui oserait dire queparce qu’un Livius vainquit Drausus , un Claudius fut sur-nommé Drusus ?

(B) Nous dirons un mot de quelques-uns des descendans dupremier Drusus .] Je crois que Caïus Livius Drusus,Consul l’an 606,'descendoit de lui ; mais je ne saurais di-re s’il étoit son fils ou son petit-fils. II laissa un fils nom-

.mé Marc Livius Drusus, qui fut Consul l’an 641,8c qui se bâtit avec de grans avantages contre les Scordis-ques, peuple de Thrace, originaire - des Gaulois (3). Nousverrons ci-dessous s’il en triompha. II fut Censeur avecMarc Emilius Scaurus, 8c il mourut pendant qu’il éxerçoitcette charge (4). Je ne crois pas que l’on doive le distin-guer, comme fait Glandorp (5), de ce Marc Livius Dru-íùs, homme d’esprit 8c fort éloquent, qui étoit Tribun dupeuple avec Caïus Gracclius, 6c qui le favorisa dans ses en-treprises; mais qui aiant changé de parti, soutint avec tantde vigueur les intérêts des Patriciens, qu’il fut qualifié Pa-tron du Sénat (6). II étoit abnepos du prémier Drufus (7),& il eut un frété nommé Caïus Drusus, qui fe fit co-noître par son éloquence (8). Je vois que nos Grammai-riens ne s’accordent pas fur la lignification d 'abnepos ; carMonsr. Danet citant Suetone entend par ce terme l’arriere-petit-fils : dans Calepin ce même terme sc prend pour lefils de l’arriere-petit-fils. II est même vrai que Suetone (9),8c plusieurs autres anciens Auteurs , n’observent pas exac-tement les dégrez de la parenté. On parle d’un CaïusDrusus, grand Jurisconsulte , 8c fi laborieux , qu’encorequ’il fût aveugle 8c chargé d’années, il ne laissoit pas d’avoirtoujours fa maison pleine de gens qui le confultoient. C. au-tem Drufi domum compleri consultoribus solitam accepimus ,quum quorum res effet sua ipfì non videbant c&cum adbibebantducem (10). Valere Maxime parle de lui honorablement. Con -stmilis per/everantia Livius Drufus qui atatis vìribus & acie 0-culorum defeàlus jus civile populo benignijstme interpretatus est,utilijfimaque discere id cupientibus monimenta composuit. Namut senem illum natura , c&cum fortuna facere potuìt , ita neutrainterpellare .valuit ne non animo es? vident C 3 “ vigeret (11 j.Un Commentateur (11) s’est imaginé faussement que ce Dru-sus est le pere de célui qui excita tant de troubles, pour fairedonner aux Latins la bourgeoisie Romaine. II se trompe ; carle pere de celui-ci s’apelloit Marc Livius , 8c non pas CaïusLivius : c’est le même qui fut honoré de l’éloge de Protec-teur du Sénat. Un autre Commentateur (13) s’est éton-né que Pomponius ne dise rien du Jurisconsulte Caïus Dru-sus. II y a lieu en effet de s’en étonner, vu que ce Juriscon-sulte a été Auteur; 8c que Celsus se souvient de lui honora-blement dans le Digeste (14). Les Modernes sont parta-gez fur la question si ce Caïus Drufus est le même qui fut

Consul l’an 606 , ou si c’est le frété du Consul de l’an 641.

Rutilius embrasse cette derniere opinion ; d’autres, aimantmieux la prémiere , le réfutent par le terme d ’ accepimusdont Cicéron s’est servi. II est fort vraisemblable que Ci-céron parle d’un homme qu’il n’avoit point vu ; car ensui-te il fait mention d’un autre aveugle qu’il avoit pu voir,qui opinoit dans le Sénat, 8c répondoit aux confultans, 8ctravailloit à une Histoire. Or il semble que Cicéron aitpu voir Caïus Livius Drusus, frété de celui qui fut Con-sul l’an 641. II est donc probable qu’il parle du Consul deTannée 606 (15).

Volons maintenant si le Consul de Tan 641 a triomphédes Scordisques. Je ne le croi point ; car toute la preuveque Sigonius allégué (16) est un Passage de Pline mal en-tendu. Voici les paroles de Pline (17). Prater ejus Allo-brogicus primus omnium pondo mille habutt. At Livius Dru-sus in Tribunatu plebis X/(i8). Nam propter quinque pondonotatum k Censoribus triumphalem senem (19) ,fabulosum jamvidetur. Pour bien entendre ces paroles , il faut prendregarde que Pline opose au luxe des derniers tems la frugali-té des premiers. II montre par quels dégrez le luxe s’ac-crut. Scipion T Africain ne laissa à son héritier en vaisselled’argent que 64 marcs (20). Son frere Quintus FabiusMaximus TAllobrogique fut le prémier qui en eut pourdeux mille marcs. Mais Livius Drusus dans son Tribunaldu peuple en avoit pour vingt-deux mille marcs (21 ) ; car,ajoûte Pline , nous traitons déjà de fable qu’un vieillard,qui avoit eu l’honneur du triomphe , ait été noté par les'Censeurs à cause de dix marcs. Nam propter quinque pondonotatum k Censoribus triumphalem senem , fabulosum jam vi- t p p,detur. C’est ainsi que dans chaque lìecle on a de la peine f

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que les Histoires disent des anciens tems , quiparaît trop éloigné de T esprit moderne. C’est ainsi que nousdirions qu’il semble aux Dames de la prémiere qualité ,qu’on leur conte un Roman ou une Fable, lors qu’on leurfait voir qu’autrefois les personnes de leur rang alloient àpied dans les rues, nourrissoient elles-mêmes leurs enfans,Lc ne dépenfoient en habits que tant chaque année. L’His-toire qui selon Pline paroissoit déjà fabuleuse , ne regardepoint Livius Drusus dont il venoit de parler. C’est uneHistoire beaucoup plus ancienne. C’est un acte de Censu-re exercé Tan 478 de Rome contre Cornélius Rufinus quiavoit été Dictateur, 8c deux fois Consul (22). Les Cen-seurs le dégradèrent de la dignité de Sénateur pour causede luxe , parce qu’ils lui trouvèrent le poids de dix livresen vaisselle d’argent. II en pouvoir avoir le poids de cin<3livres : ce fut donc pour cinq livres qu’on le dégrada, Prop-ter quinque pondo notatum k Censoribus triumphalem senem-Lors que Valere Maxime raporte ce fait, il tombe dans l a

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même Réflexion que Pline. II craint qu’on ne le traite de ^rdiflsconteur de fables , 8c il avoue qu’il n’est presque point íFscroiable, que la même ville, qui méprisoit tant la pauvreté»eût puni un Consulaire pour avoir eu vingt marcs d’argent- c*!- ' 6t ,Ipss. médius fidius mihi litera saculi nostri obstupescere videntu f > í^’c'um ad tantam severitatem reserendam ministerium accornmo- "U,,dare coguntur ; ac vereri m non noftra urbis a6ía commémorai v int' ^existimentur. Vix enim credibile est , intra idem pomeerim» s e ~ j."

cem pondo argenti , er invidïosttm fuisse cenfum , cr inopiam r s iS do l,,t 'haberi contemptijstmam (23). ^ A u '^/,

Gellius, Libr. IV, Cep. VIII, ir Libr. XVII, Cap. XXL Valet. M 8 *'®cap. ix, nam 4. (aï) Valet. Maximus, ibii.