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Tome second. C - I.
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D R U S U S.

( »} Strabo,

Libr. VII,tircA init.

(h) Sueton.in Claudio,Caf. /.

(0 vl'ô,

Libr. LIV,

pag.

( k) Idem ,ibtdem. Votez.auJP Suéto-ne , in Clau-dio, Cap. /.(/) Mr. deiarrey, dans^Histoired'Auguste,pag. 40$, pré-tend que Dru-fus avoitpajséÀ 7 \ome touteVannée de ftnCensulat , éx

f 14) Horat.Od. IV Libr.IVJ. i.feqq.

F. 14 •&22<

fts )Monsr.I)acicr metcela en faitdans ses Re-marques furla IV Odedu IV Livred'Horace ,pag. m. lis.

(t 6) Tacît.Annal. Libr.IV t Cap.LXXI/yAiann. 781.

(17) lìostemet iam fre-quenter cafamac penitus inintimas soli-tudines atîumnon prius des -trkr't infequiyejuarnfpeciesfrarbaramu-lierìs huntanaetmplior vie -torem tendereultra fermentLatino prohi -buijfet. Su et.in Claudio,Cap. I.

(18) Dio,Libr. LV,puti».

3*4

cambres fur leurs propres terres, il gagna un combat naval contre les Bructeres fur l’Ems (g)yil fubjuga les peuples de Frise (Z)), & il sut le premier Général Romain qui s’embarqua fur TO-céan septentrional (h). De retour à Rome Tan 743, il y obtint la Préture (r), & ne s’y arrêtaguere: il partit dés le commencement du printems, pour aller continuer ses beaux exploits dansl’Allemagne. II y fubjuga plusieurs Nations jusques au Weser, & fit construire des Forts enquelques endroits. Cela lui fit obtenir à Rome les ornemens triomphaux, ôc l’honneur de l 'Ova-tion ^ 6c la dignité de Proconsul (k). 11 fut élevé au Consulat en Tannée 747 (/), 6c retournaen Allemagne où il poussa ses conquêtes jusques à l’Elbe. 11 tâcha de passer cette riviere, 6c neput y réussir (m) -, mais on croit que si une force majeure ne Teût arrêté (£), il scroit venu àbout de tout autre obstacle. 11 reprit la route du Rhin , 6c mourut de maladie avant que d’avoirregagné ce fleuve (»), Tan 74s, à Tâge d’environ trente ans. Quelques-uns disent qu’il mou-rut d’une fracture de jambe (F), son cheval s’étanc renversé sous lui. Son frere, qui s’étoit misen marche au prémier bruit de la maladie, le trouva agonisant (0) (G). II conduisit le corps à Ro-me, où il prononça TOraison funebre du défunt (/>). Auguste en prononça une autre. On ren-dit toutes sortes d’honneurs à la mémoire de Drusus, 6c on lui donna le surnom de Germanicus,à cause des victoires qu’il avoit remportées dans la Germanie (q): c’est ainsi qu’on apelloit alorsl’Allemagne. II y avoit fait faire un canal entre la Mer 6c le Rhin (H). Nous avons parlé

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l’éloge ; car les Panégyristes modernes poussent leurs idéesplus loin que ne faisoient les anciens, quoi que ceux-ci eus-sent une plus ample matière. Mais finissons la Digreffion,& citons Horace ( 14)-

Qualem miniflrum fulminis alitent

Gjualemve letis caprea pafeuisIntenta , fulve matris ab ubereffam lacle depulsum leonemDente novo peritura vidìt-,

Videre Rheti bella sub AlpibusDrufum gerentem or Vïndelicï - - -------- - sed ditt

Lateque viâlrices caterveCon/iliis juvenis reviâleSenfere , quid mens rite quid indolesNutrita faustis sub penetralibusPojfet , quid Atigusti paternusln pueros animas Nerones.

II faut demeurer d’accord que ces louanges ne font pas ou-trées , & je trouverois même fort étrange qu’Horace n’eûtpas insisté un peu plus fur les beaux exploits de Drusus, s’ilétoit vrai qu’il eût composé cette Ode après l’an de Rome740 ( 15) ; car en ce cas-là il auroit su les belles chosesque ce jeune Général avoit faites au delà des Alpes. Com-ment est-ce que le Poète eût pu fe borner à la feule Guerredes Rhetiens ?

(D) Il fubjuga les peuples de Prise. ] Dion n’est pas le seulqui le remarque. Tacite le dit aussi, & ajoûte que Dru-sus ne leur imposa qu’un petit tribut. 11 les taxa à fournirun certain nombre de peaux de bœuf. Eodem anno Frifiitransrher.anus populus pacem exuere noflra magis avaritiaquam obfequïi impatientes. Tributum lis Drusus jujferat modi-cum pro angustia rerum , ut in tisus militares coria boum pende-rent ( ió). Ils fe soulevèrent quelque teins après,à cause queles éxacteurs de ce tribut leur firent cent avanies, avec toutela dureté des plus intraitables maltotiers.

(F) On croit que fi une force majeure ne l’eút arrêté. ]J’apelle ainsi la vision qu’on prétend qu’il eut. On pré-tend que lors qu’il pourfuivoit ses victoires de lieu en lieufans se vouloir fixer nulle part , une femme plus grandeque ne font les hommes, Lc habillée à la façon des barba-res , lui aparut, & lui commanda en Latin de s’arrêter ( 17 ).Suetone & Dion parlent de cette Avanture; mais Dion aoublié de marquer que ce spectre parla Latin, ce qui étoitune circonstance capitale, & qu’un Historien éxact n’écar-teroit jamais de fa Narration s’il la savoir. D’autre côtéSuetone a oublié une circonstance qui n’est pas moins es-sencielle; il n’a point dit que cette femme, après avoir cen-suré Drusus de ce qu’aucune conquête ne le pouvoir con-tenter, lui déclara qu’il eût à fe retirer, & qu’il mourraitbientôt. Si Drusus avoit eu une semblable vision ; je nem’étonnerois pas qu’il eût rebroussé chemin , & qu’il fûtmême tombé bientôt dans une maladie mortelle. Je ne faisi les guerriers les plus ardens qui soient aujourd’hui aumonde, de quelque Religion qu’on les supose , feraient àl’épreuve d’une telle aparition. _ Quel bouleversement nedevoit-elle donc pas faire dans lame de Drusus, qui n’en-tendoit parler à Rome que d’auspices, que de prodiges,que de Génies bienfaifans ou malfaifans ? Voions les paro-les de Dion (18): Fmii yúç r/ç i x.ctrù ònB-pónrts Çú-

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sutt t&ì íçyav x-cei 7 k (ila 7í?.ru7j ppcsrçi'.' rf r. Etenim mil-lier quidam humana amplior forma ei obviam faâlaDruse ,inquit ,quo tandem nullum tua cupiditati modum flatuens con-tendis ? Non tibi fatis concejsum h&c omnia videre. Quintu abì- ja m emm or operum tuorum b visa infiat tibi ter-minus.

Qui fait si les Allemans n’eurent point l’habileté defaire habiller en femme quelque homme de leur Nationqui parlat Latin , & qui fût d une taille extraordinaire ,& de 1 engager a fe produire comme un spectre sur le che-

min que Drusus tenoit ? Je ne doute point qu’on n’ait eu re-cours plus d’une fois à un pareil stratagème.

(F) <§uelques-uns disent qu il mourut d'une srafíure de jam-be. ] Nous verrions le détail de cet accident, si nous avionsle dernier Livre de Tite Live; car le Sommaire qui nousen reste contient ces paroles : Ipse (Drusus) ex fracturaequo super crus ejus collapso tricesimo dit quam id accideratmortuus est. Mr. Moreri est ici en faute. Drusus, dit-il, fepréparoit même à continuer ses conquêtes , dans le tems qu étanttombé de cheval il fe rompit une cuijfe , dont il mourut IZjours âpres. Avoir mis treize jours au lieu de trente n’est pasfa feule méprise: il est démenti par Dion sur un autre chef;car Dion astùre que Drusus s’en retournoit vers le Rhin,tant s’en faut qu’il fe préparât à continuer fies conquêtes. Jelaisse les fautes qui concernent le langage : les conoisseursn’ont pas besoin d’en être avertis; mais si je leur laisse lefoin de remarquer celles qui se trouvent dans les parolesque j'ai raportées, je n’en use pas de même envers le com-mencement de l'Article : Drusus êtoit fils de Tibere Né-ron or de Livie ,qui épousa depuis Auguste, frere de l'EmpereurTibere. C’est ainsi que Mr. Moreri commence. Or c’estun mauvais arrangement : le mot frere se peut égalementraporter à trois personnes, ou à Drusus, ou à Tibere Né-ron , ou à Auguste. Un homme qui ne saurait pas l’His-toire ne sautoir choisit entre ces trois relatifs. Voici unefaute d’une autre nature. Mr. Moreri dit que Drusus fitla Guerre en Allemagne pendant plusieurs années. II n’y aguere de Lecteurs qui n’attachent à ces mots l’idée de dixou douze campagnes pour le moins ; & c’est trop de lamoitié : je ne pense pas que Drusus en ait fait cinq en cepais - là. C'est le plus beau fleuron de fa couronne. IIfaifoit plus en un an que d’autres guerriers en toute leurvie (19).

(G) Son frere , qui s’êtoit mis en marche au prémier bruit

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de la maladie, le trouva agonisant.] II fit tant de diligence, /hflfque Pline a mis ce volage entre les plus promts qui eussent J*été Jamais faits. II prétend (20) que Tibere marchant nuit& jour, & fans se servir que de trois relais > fit 200 mil-les. Valere Maxime s’accorde avec Pline quant à la dis-tance du chemin, mais il dit que Tibere changeoit souventde cheval (21 ). Je ne sai pas comment on pourrait ici dis-culper Dion Cassius, qui a dit qu’il n’y avoit guere loin dulieu où Auguste reçut la nouvelle de la maladie, jusquesau lieu où Drusus étoit malade ; car quand on suposcroitque Pline, & que Valere Maxime, n’ont pas donné la jus-te distance, il serait toûjours très-vrai qu’il y a loin de laLombardie jusques en Wetteravie. Auguste étoit à Pavielors qu’il aprit que Drusus étoit malade : Drusus tombamalade en se retirant des bords de l’Elbe vers le Rhin, &il mourut avant que d’être arrivé fur les bords du Rhin.

Suposons, afin de favoriser Dion le plus qu’il fera possible,que Drusus avoit dessein de retourner à Maience, st fau-dra dire selon cette suposition qu’il tomba malade dans laWetteravie. Que veut donc dire cet Historien avec cetteParenthèse (« y «f prlstu ) ? Auguste, dit-il, aiant aprisla maladie de Drusus, car il ri êtoit pas loin du lieu, lui envoiapromtement Tibere. Les Traducteurs de Dion le déchargentde la bévue ; car ils le font parler d’une maniéré qui peut si-gnifier qu’Auguste fit venir promtement Tibere qui n’étoitpas loin de là (22). Mais Casaubon réfute leur Traductionpar deux Remarques solides (23). I. La Langue Grequene souffre point qu’on tourne par fit venir. II. Au-

guste & Tibere croient alors à Pavie, comme nous l’aprendValere Maxime. II faut donc conclure que Dion s’est expri-mé, ou en mauvais Géographe, ou en homme qui ne savoitpas les circonstances du fait. Ajoûtons une autre chose q u ‘rend fort singulier ce volage de Tibere. II alla de Pavie enAllemagne avec toute la vitesse d’un postillon, & st retournaà pied d’Allemagne en Italie (24) avec toute la lenteur d’unconvoi funebre. Drusus étoit mort pendant l’été , & s<? ncorps n’arriva à Pavie qu’au cœur de l'hiver. C’est Tacitequi le dit (23).

(H) ll fit faire un canal entre la Mer or le Khini] Voici com-ment Suetone en parle. Trans Rhenum foffas novï or immenfioperis esté ci t que nunc adhuc D R u s x n a vocantur (2Ó).Ta clte

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