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celle de le voir mort: il mourut lui-même avant Drufus. La condition de ceìui-ci n’en Fut pasmeilleure : on l’abandonna de telle forte à la fureur de la faim, qu’il rongea la bourre de ion maie-(-6). II traîna ainsi fa vie jusques au neuvieme jour. Après fa mort, Tibere eut la cruautéde l’accufer dans le Sénat, & l’imprudence de découvrir par ce moien les rigueurs qui avoient étéexercées contre ce malheureux Prince ( C ). Pendant fa prison , il courut un bruit qu’orì l’avoitVu dans les Iles de la mer Egée. Tacite, en nous aprenant par qui ce faux Drufus fut pris, nemanque pas de toucher les secrets ressorts qui font jouer cette efpcce de fupoíìtions (D). Je netrouve point que Drufus ait eu d’autres charges que celle d’Augure ( £ ), ôí celle de Gouverneur"E Rome (f). II fut très-mal marié (E).
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de son ambition , mais auffi à cause que selon 1a coutume11 haïísoit son frere , & lui envioit la préférence dont il leToioit favorisé par Agrippine leur commune mere. §ui(Sejanus ) sratrem quoque Neronis Drusum traxit in partes,ípe objeíía principis toci,st priorem State zy jam labefaâìum de-™°yijfet. Atrox Drufi ingenium super cupïâinem potentis , orfouta fratribus odia , actendebatur invidia, quod mater Agrip-pma promptìor Neroni erat. Neque tamen Sejanus ita Drusumfovebat , ut non m eum quoque semtna suturi exitii meditare-ts r ; gnarus prsferocem , zy infidiis magis opportunum (4). Mr.à Tillemont s’est trompé quand il a dit que la propre fim-™ e de Néron travaillait à fa ruine , en rendant compte à' opératrice L Aie de tout ce qu il pouvoìt faire de plus secret(5)- Cetoit à Livie fa mere, femme de Drufus, fils de Ti-l,ere , qu’elle en rendoit compte, 8c non pas à Livie l’Impé-ïatrice. J’ai oublié de marquer que Sejan fit donner desgardes à Néron & à fa mere Agrippine > & que ces gardesso contentaient de tenir regître de tout ce qu’ils obser-vent (6). Il suborna auíîi des gens qui conseilloient àc ette Dame 8c à son fils de s’en aller à farinée d’Allema-gne , ou d’implorer la protection du public. On rejettoitc es conseils, Sc on ne lailîoit pas d’être accusé d’y avoirprêté f oreille.
(B) On Vabandonna de telle forte à la fureur de la faim,qu'il rongea la bourre de son matelas .] Les artifices, dont on aparlé dans la Remarque précédente, n’avoient garde de man-RUer leur coup entre les mains de Sejan , puis que Tiberene demandoit pas mieux que d’avoir sujet de perdre cesjeunes Princes. II subornoit des gens qui les excitaient àmurmurer , & à le maudire; Sc quand il eut ramassé plu-sieurs chefs d’accusation, il en remplit une Lettre avec uneextrême animosité, & fit déclarer Néron & Drufus enne-mis du bien public. Après quoi on envoia f un dans 1 IlePontia , où on le contraignit de se tuer , un Bourreauaiant paru devant lui avec les instmmens du dernier suplice,& lui aiant dit qu’il venoit exécuter Tordre du Sénat: Vau-tre (c’étoit notre Drufus) fut emprisonné dans le palais,ou on le laissa mourir de faim. Ecoutons Suctone (7): Utzomperit ineunte anno pro eorum quoque falute publica votasufeepta : egit cum Senatu , Non debere talia prœmia tribu!,msi expertis 8c retate provectis: ex eo, patefaâla inter10-
re ànimi fui nota, omnium criminationibus obnoxios reddidit :■variaque fraude ìnduiïos, ut zy concitarentur ai convitia zyconcitatì perderentur, aceufavit per literas , amarijfìme congeftis
■ e **î m P r °bris , V- judicatos hofìes famé necavit : Neronem in !Jula Pontia: " - • --
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«d voluntarian sum ’ tn ma parte Palatn. Pmam Nerone,Status auêl 0 Z™ Dnem eoaèhm, cum et carntfex , qua fi eautem adeo aìm ' la! ì um ^ Um ° S °fl entaret : Drut
verit mander Jl^ ta f Hhdu£t<l ' Ut tomentum ' e c ’ dc ttra tentadoque collin )V amh orum fie reliquns dispersant vix q Uande Seian JJ Í, ' Oeci arriva (9) deux ans âpres la mo ,
il anrit l'es 0n - s pas 1 ue Tibere fut si . consterné <MnDrufus Hp àmations de ce Favori, qu’il songea à tire
deferiptum / vT ^° Ur Hoser à Sejan. Tradidere quidar,traHum ct fíj' ^ tacran, '> fi arma ab Sejano tentarentur ex
íopulo impínerelt\ enem ^ mm * U í ’ alati ° att ' mehatUr ^> duCer ‘
tsrir par ’ce’moien ’/^fifi 1 ■•■Weut Imprudence de decouce leune Prince 1 r* r ‘& UCMrí qui avoient été exercees envet
nal de ce qu’il avoit U fa,> qU ‘ S ga I doíent Drusus firen . t U , n J 0U1dant fa prison: ce journal X • î. out ce q u ’ fl av01t dlt P enJ e nom des esclaves qi , '; tolt si éxact > <jue l’on y vomisonnier, quand il sortoit d?mnt batu ou épouvante le pri
malédictions qu’il souhaita Vn chambre - 0n 7 volo ì t kRuelle persécution ; ] e refus ciuv n °, ur . ant a J’ auteur de JPain; les coups dont les esclaves f r < ’ t dun morceau dsemblables. Voilà ce que Tibere .immolent; & choses aire lire dans le Sénat. §uin & inv e £ W P oint de honte dbra corporis, exitiabilem in fuos ■! defìtnSíum , pre
* mrenfinn Reipublic:
animum objecit recitarique factotum diâòrumque ejus de-scripta per dies juffit. non aliud atrocius vifumadstìtiffetot per anno s, qui vultum, gémit us , occultum etiam murmurexciperent; ef potuijfe avum audire, legere, in publicum pro-mere,vix fides-, nifi quod Adiii Centurionis , Z? Didymi liber-ti epiftoU , fervorum nomina pr&ferebant, ut qui egredientemcubiculo Drusum pulsaverat , exterruerat ; etiam sua verba cen-turie fevitia plena, tanquam egregium , vocefque deficientis ad-jecerat ( x 1 ). Les Sénateurs n’avoient-ils pas bien raisond'admirer 8c de redouter Tibere , qui levoit si hardimentle masque , & sortoit si visiblement de sa dissimulation or-dinaire ( 1 z j ?
(D) Tacite , en nous parlant du faux Drusus, . ... némanque pas de toucher les secrets ressorts qui font jouer cette es-pece de fupofitions .] Ceux qui n’étoient pas contens du Gou-vernement , levèrent l’oreille au bruit d’un Drufus sauvéde prison ; & ceux qui aimoient les nouveautez , les révo-lutions , les avantures , ne la levèrent pas moins. Ces Af-franchis qui accompagnèrent’ le faux Drufus, & qui firentsemblant de croire que cetoit le vrai fils de Germanicus ,trouvèrent aisément créance. On ne parloit que des gransdesseins de ce Drufus : c’en étoit assez pour remuer toutela Grece. On accourent donc vers cette idole , 8c l’onsouhaitait tellement de dire vrai, qu’on se persuadoit enfinses propres fictions. Per idem tempus Afia atque Achaja ex-terrìttt funt, acri magis qttam diuturno rmnore, Drusum Ger-manici fiiium apud Cyclades insulas, mox in continenti vi-sum; zjr erat juvenis haud difpari State, quibufdam Csfarislibertis , velut agnitus, per dolumque comitantibus. Allicie-bantur ignari, famà nominis, zy promptis Grscorum antmisad nova zy mira : quippe lapsum custodia pergere ad pater-nos exercitus, iEgyptum aut Syriam invasurum , fingebantfimul , credebantque : jam juventutis concurfu , ;am publicisJìudiis frequentabatur, Utus prsfentibus, Z? inanium fpe (13).Poppeus Sabinus Gouverneur de Macedoine ne s’endormitpoint ; 8c il eut raison de ne pas traiter la chose de baga-telle. Les factieux pouvoient tirer de grandes utilisez d’u-ne telle fourbe. II fit tant de diligences, qu’il se saisit dupersonnage. On se peut souvenir qu’au commencementdu XVII fiecle presque tous les Princes ennemis des Es-pagnols étaient bien aises que flmposteur , qui se nom-moit Sebastien Roi de Portugal, ne fût point reconu poufImposteur ; & si les choses avoient été une fois mises erìtrain , on eût vu toutes les Puissances jalouses de la Mai-son d’Autriche accourir au secours du prétendu Sebastien.II y a eu des gens qui ont soutenu en Angleterre qu’on n’a-voit pas pris le Duc de Mommouth (14) , 8c que celuiqu’on avoir décapité comme tel étoit un autre homme.Cette sottise étoit une graine qu’on semoit alors , 8c quiauroit pu porter fruit en fa saison. Les esprits factieuxétaient bien aises que cette opinion ne s’éteignît pas : letems viendra, difoient - ils, que peut-être nous aurons be-soin de ce Duc pour attirer la populace. Vous trouverezdes choses bien singulières touchant le foin que l’on prendde fomenter cette erreur; vous les trouverez , dis-je , dansles Lettres Historiques du mois d’Octobre 1698 (15).
(£j II fut tres-mal marié, j Nous avons perdu f endroitoù Tacite avoir fait mention du mariage de Drusus, 8c d’E-milia Lepida ( 16). Si nous avions toutes les Annales decet incomparable Ecrivain , nous saurions la persécutionhorrible que Drusus eut à souffrir de la part de cette fem-me. Elle fut fa délatrice , toute couverte qu’elle étoit demille crimes qui la rendoient incapable d’être témoin. El-le demeura impunie pendant la vie de son pere; mais dèsqu’il fut mort, les Délateurs la citèrent : 8c comme il étoitcertain quelle avoir commis adultéré avec un esclave , el-le ne s’amusa poínr à se défendre ; elle trouva plus courtde mettre fin à fa vie (17). La malédiction de Dieu étoitvisible fur cette race. Germanicus même , Sc son illustreépouse, y furent envelopez.
L U A R E N (François! p ro f e( r eur en Droit Civil à Bourges au XVI siécle , croît6e Saint-Brieu ville de Bretagne. II f ut le prém j er des Jurisconsultes François qui challa sles chai-ses de Droit la barbarie des Gloslateurs pour y faire paraître les pures sourdes de J ancienne Juris-prudence. Comme il souhaitoit de ne partager cette gloire avec personne , il vit d un œil á enviela réputation de son Collègue Eguinard Baron, qui mêloit aussi la belle Litérature avec la Sciencedu Droit. Cette jalousie le poussa a composer un Ouvrage où il tâcha de diminuer 1 estime quef°n avoit pour son Collègue (tf) (-^)- On vît en lui la vérité de la Maxime, Pajàtur in v'vvis
' -l tìrha âe âim'tntier lesti-{A) il composa un Ouvrage ou ti tac» a été mar-
que l'on avoìt pour son Collègue. J u „ m \ n um opìnioni de
Rué très-fortement par Sainte Marthe. c . naîU s est , edita
Maronis do 6 lrìna concepts nonnthìl detrahe . fgjït
ln eum de jurtsdiílione zy ìmperto apologta tna
li-vor ,
in posterum sutura ( í ). J’ai cherché dans les Oeuvres dèDuaren cet Ecrit-là, 8c j’ai été étonné de l’y voir fi court f i)qu’il ne remplit pas tout-à-fait cinq p a Zes; mais il paroit
par
(ì) Dans l'Edition de ùentve ,
(b) SuetôiWin Caiig,Ot,*». Xi/.
(c) Tarit.Annal.
L- r. iV^Cáp.
XXXVI 9ad ann. 77tz»
(ri) Tacih’Annal.
Libr. Via,Cap. XXIV.
(12) ObturabAbxnt qtti-dem pâtresfpecie detes -tandi , fedpenetrabat
pavor , fr
admitatio ,callidum oL fí)fr tegendisfcelenbus ob-scur n '» hueconfidentisevenijse , uttamyuam di-ruoiu par eti -bus ojhnderet
nepotem jubverbere cents*-rionis, interfervorum ic-tus , extremavita alimente*frufìra or/m -tem. Idem,
ibid.
(iz) ldem 9Ànn. Libr.V , Cap. Xìad ann . 784,
(14I En Ptn16SÍ,
(tj) Page
4 Î 7 & J»i~
(16) ts£mi*lia Lepidaqua/n juveniDru 0 nup-tam retuli .Tarit. An-r»aì .Libr.
Cap. X L , adann. 788.
On ne trouverien de celadans les Li*vres précé-
(17) Idcmiibid.
(d) Ex Sártt-marrhano,in EJogiis,Libr. /, pagim. z S.
(t) Sam-maith E’og.L’br. I , p.gim 38.
I Co2 , in folle'