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Tome second. C - I.
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D R U S U S.

32.<5

Ce poison fit son effet : Drusus en mourut l’an 776. 11 laissa des enfans (C) comme on le verra

dans les Remarques. Tibere marqua dans ceite rencontre tome l'inléniibuit-, que es S’oïciensdemandoient (D ). Rien ne me paroît plus louable dans Druius, que l’amitié qu’ii cunierva pourGermanìcus (£J, son cousin germain, &í Ion frere d’adoption.

{z) St P on tncrois Dion,Livr. LVuI,709 t

ce sut Sejan*}ti (tanna, Ujouslet.

(3) Tacit.Annal. Libr,IV, Oxç ïll,diann. 776.

(4) Idem,ibidem, Cap.VIII,

(5) Idem,ibidem , Cap,XX XIX,

( 6 ) Ibidem ,Cap tìLVo.cz. attjfîïl\nç , Ltbr .XXIX, Cap.1 .

(*») Dlo,Libr. L VilI,pag, 7zi ,adann. 784.V-tez. attjfìSuerone , inT j ber io ,

Cap. L XII.

(*) Tacit.Annal. Ltbr.

VI, Cap. II.

(9) Glan-dorp. Ono-xnaíì p ;g.

452

(toi Suet.

*■1 Tìber.

Ca L\V,

(1 : - Tacît.Annal Libr.VI, Cap.XXVII.

( 12 } idem,LU r. , I, Cap

L V XXIV,ad ann. 772.

(t 3 ) Sueron»in Tlberio,Cap. ultime.

k> 4 ) Din,Lvr. U'I.I,f.ig. 7 19 -

(u) Suetonin Caí gCap. XXIII.

(ífi} fbtâ.

Cap. XV.Votez, -lujfi

Dion, L'br.

LIX mit.

(17) Dio,Libr. LVÏlUpe.g. 729.Sucton. inTibfr. Cap.LXU,,

eut assez mauvaise opinion de cette femme pour croirequ’en lui parlant d’amour, il l’engageroit à le seconder dansle dessein qu’il avoir forme de faire périr son mari. 11 luiparla donc d’amour , 8c jouit d’elle facilement, & puis illui proposa que li elle vouloir empoisonner Drusus, i) lé-pouseroit, 8c la feroit Impératrice. Cette espérance incer-taine /obligea à renoncer par un crime abominable à uneespérance certaine; tant il est vrai qu’une femme, qui a unefors prostitué Ion honneur, se laisse tourner l’esprit à droit& à gauche, selon le caprice de celui à qui elle s’eít aban-donnée. Ce n’est pas moi qui fais cette Réflexion ; c’estTacite. Lisez ce qui suit, vous y trouverez le soufflet queDrusus donna à Sejan (2 ). Drusus impatiens amult, y ani-mo commotior , ortoforte iurgio, intenderat Sejano manus, ycontra tendentis os verberaverat. lgttur cunéía tentanlipromp-tijjimum visum ad uxorem ejits Liviam convertere. Qu* jororGtrmaritú ,form<t initio atatis indecor/t ,mox pulchritudine pra-cellebat. Hanc , ut amore íncenfus, adulterio pellexit : y post-quam primi flagitii potitus efi (neque semina amijja pudicitiaalia abnuerit, ) ad conjugiì Jpem , conjortium regni , y neçemmariti impuìit. Atque illa cui avunculus Auguftus , focer Ti-bcriiis, ex Drufi liberi, seque ac majores cr postera ■■ municipaliadultero soedabaf, ut pro honefiis y prdsentibus , flagitioja. yincerta expeclaret (3';. On donna un poison lent a Drusus,afin de faste penser qu’il meuroit de maladie (4). Le Mé-decin de Livie nommé Eudemus, qui étoit aussi son adul-téré , fut admis à la confidence ( 5 ). La veuve somma Se-jan de lui tenir fa parole (6 j : Sejan la fìr demander en ma-riage à Tibere > 8c ne l’obtint point. Lors qu’il eut étépuni de ses crimes, Apicata fa femme répudiée fit savoir à/Empereur /empoisonnement de Drusus , 8c les crimes deLivie : fur quoi Tibere ordonna que Livie fût mise à mort ;d’autres disent qu’en considération de sa mere il ne la fitpoint punir; mais que fa mere la laissa mourir de faim (7).Le Sénat rendit de très-rigoureux Arrêts contre la mémoire,8c contre les effigies de cette méchante femme (8). J’ai ditque Sejan ne /épousa pas; cependant Glandorp a débité lecontraire: Primum repuljam patiner, poflea tamen cum nonabfifieret , fit -uoti compas ( 9 \ Mais Suetone est plus croia-ble, qui nous représente Tibere leurrant Sejan de /espérancede Ion alliance, dans le terns même qu’il se préparoit à leruiner, comme il fit fort peu après. Spe affinitatìs ac Tribu-niti* potejtatis deceptum inopinantem triminatus efi pudendamiserandaque oratione ! ro).

(C) il laijsa des enfans.] Sa fille Julie fut mariée en pre-mières noces a Néron son cousin germain, fils aîné de Ger-manicus , & en fecc ndes à Caius Rubeilius Blandus (n).Peu ap-ès la mort de Germari us, fa sœur Livie, femme deDrusus , ac‘-< n esta de deux jumeaux , de quoi Tibere futíì ailé qu il ;:’en st II I ta en plein Sénat ( iz). L’un de cesjumeaux m >urut peu après l’on pere : l’autre nommé Ti-bere devoir succéder a l’Ëmpire avec Caïus Caligula ; carl’Empercnr Tibere les déclara tous deux ses héritiers égale-ment (13): mais, comme Tibere l’avoit prédit (14), Ca-ligula fit mourir son cohéritier (ij). N’oublions pas qu’ilfit casser le Testament de Tibere ; par ce motet, il régnaseul. II adopta ensuite Tibere le petit-fils. Fratrem Tìbe-rium die virilis tog& adoptavit , appellavitque prìncipem iuven-tuns f i(,\ Je trouve ici une petite difficulté: si Tibere lepetit-fils étoit né peu après la mort de Germanìcus, com-me Tacite l’astûre, il avoir dix-huit ans lors que son aieulmourut. D’où vient donc que son aieul ne lui avoir pointfait prendre la robe virile? Cela n’eût pas été inutile pourlui a fi tirer la succession. On me répondra assurément qu’ille croioit illégitime à cause des adultérés de Livie, & quecela fut cause' - qu’il le négligea ( 17>. Au reste, on fit mou-rir ce jeune homme pour un sujet fort léger. 11 avoir prisun remede contre une toux violente. On prétendit que

c’étoit un antidote , & que par cette conduite il accusoitCaligula de le vouloir faire empoisonner. Fratrem Tiberuiminopinantem repente immijfo Tribune mtltutm tnteremit . ■caujjatus . . . quod antidotum oboluijj'et quafi ad prxcavendavenena sua stmtum , cum . . . propter ajfiduam y vehemen-tem tufjtm medicamento njus effet (18).

^ D ' Tibere marqua .... toute l'insenfibilité que les Stoï-ciens demandoient. J On ne le vit point inquiet pendant queDrusus étoit malade , ík il ne discontinua point daller auSénat, non pas même dans le tems qui s’écoula entre bmort & les funérailles^jde son fils. Lui seul, pendant quetout le Sénat gemissoit Sc fondoit en larmes , posséda toutson sens froid. Tiberius per omnes valetudmis ejus dies nuttometu f an ut firmitudinem animi ofientaret) etiam defunâlo nec-dum sepulto curïam ingrejjus : Consulesque sede vitlgari perspeciem mœfiitií sedentes honorìs locique admonuit , y ejfusuT»in lacrymal Senatum , vida gemitu firnul oratione continuaerexit ^19). II conserva tellement dans son discours le ca-ractère de son esprit dissimulé & comédien, qu’il étoit fa-cile de conoitre qu'aucun sentiment de déplaisir ne le tra-verioir. Lisez cela dans Tacite, vous n’y perdrez pas vo-tre peine: mais je doute fort que dans des Traitez de Con-solation l’on faste bien de citer un tel exemple (20); carTibere n’en usoit ainsi que parce qu’il n’avoit aucune affec-tion naturelle. 11 trouvoit striant heureux d’avotr survécuà tous ses enfans ( 21 ).

(E) Rien ne me parait plus louable dans Drufis , que l'ami-tié qu’il conserva pour Germanicuss Germanìcus avoir étéadopté par /Empereur: il étoit donc aussi bien que Dru-sus le successeur présomptif: inais d’ailleurs il étoit l’amour& les delices du Peuple; il avoir fait de belles actions; ilavoir des qualitez éminentes. Drusus ne poíîêdoìt aucunde ces avantages. Comment se pouvoit-il faire qu’il ne haitpoint un tel rival? D’où pouvoir venir qu’une ame ii maltournée rendoit justice à Germanìcus, aimoit Germanìcus?II faut reconoître en cela l’empire bizarre du tempérament :les vices n’ont pas entre eux la liaison que l’on s'imagine,& il y a telle vertu qui se conserve mieux dans un cœur,avec plusieurs vices éclatans , qu’avec des défauts médio-cres. Je n’ai pas dit toutes les raisons qui croient capablesd’allumer la jalousie dans l’ame de Drusus. J’en ai mêmeoublié les principales, que l’on trouvera bientôt dans lesparoles de Tacite. La Cour s’étoit partagée entre Drusus& Germanìcus : les amis de l’un lé brouilloient avec ceuxde l’autre : 8c les chefs de ces deux factions croient seulsd’accord : Divisa y discors aula erat ; tacitis in Drusum , autGermanicum fiudiis. Tiberius ut proprium, y fui sangmnisDrusum sovebat : Germanico alienatio patrui amorem apud en-ter os auxerat , y quia claritudine materni generis anteibat ,avum Marcum Antonium , avunculum Augufium serens. Con-tra Druso proavus eques Rom anus , Pomponius Atttcus, dede-cere Claudiorum imagines videbatur , y conjunx GermaniciAgrippina , fsecunditate ac fama Liviam uxorem Drufi pricel-lebat : sed fratres egregie concordes , y proximorum certaminl-bus inconcujfi (22 b Volez dans la marge un autre stastagede Tacite, où Tibere fait fort valoir au Sénat /amitié deDrusus pour les fils de Germanìcus (23). L'Historien tou-che la raison pourquoi l’on devoir jug-r que Dru/us faisoiten cela une chose très-difficile : cette raison est la concur-rence de /autorité. Sur ce principe lors que Pison se vitaccusé de la mort de Germanìcus , il s’en alla trouverDrusus, 8c il espéra de le mettre facilement dans ses in-térêts (24); il crut qu’un homme, qui auroit délivréDrusus d’un très - dangereux rival , ne feroit pas vu d’unmauvais œil : mais il n’en tira qu’une réponse fort va-gue , que l'on prit pour une leçon de Tibere; car il n’sparoissoit rien de /humeur franche 8c peu circonspecte deDrusus (25).

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(a) C.mparez.Tacite, An-nal Libr. 1JI,Cap. s, XIX ,avec Annal.

L. iv. c: iv.

DRUSUS, fils de Germanicus 8c d’Agrippine, fut d’abord avancé aux charges avant l’âg ecompétent, 2c cela à la recommandation même de Tibere («)* mais ensuite il fut oprimé pur'les artifices de Sejan (j 4 ). Cet injuste Favori eut la joie de le faire emprisonner, mais non p aS

celle

(A) Il fut oprimé par les artifices de Se'tan. ] Nous al-lons voir un manège détestable : Sejan avoir des espionspar tout , 8c n’épargnoit rien pour s’agrandir. Comme ilaspiroit à /Empire, il commença par se défaire de Drusus,qui en qualité de fils de Tibere occupoit le premier rangdans /ordre de la succession. Néron fils aine de Germani-cus suivoit immédiatement Drusus; c’est pourquoi il fut lesecond objet des machinations de Sejan. Tout ce qu’il di-soit étoit raporté au Favori , 8c cela fournissoit souventmatière d’acculation ; car encore qu’il ne fût pas mal in-tentionné , il lui échapoit des paroles d’imprudence, à quoiles conseils précipitez de ses amis ne contribuoient que trop.Ces gens-la , plus pour leur propre intérêt que pour le lien,ennuiez de fa mauvaise fortune , lui confeilloient de faireun peu le méchant, 8c lui disoient que c’étoit le vrai che-min de 1 autorité. Là-dessus il lui échapoit des paroles dontCIÌ lui faisoit des crimes. Maximeque inseSlarentur Néronem

proximum sicccfsioni , y quamquam modesta juventa , plerutn-que tamen qmd in pr&sentiarum conduceret oblitum-, dum à h"bertis y cltentibus adipìscend* potentin properis exfiimulatur »ut erectum 8c fidentem animi ostenderet : velle id populu®Romanum : cupere exercitus : neque austirum contra Se-janum , qui nunc patientiam senis , 8c segnitiam j u venirjuxta insulter. Hec atque talia audienti , nibil quidem prav*cogitationis : sed ìnterdum voces procedebant contumaces , y in ~consulta ; quas adpofiti custodes exceptas au flasque cum defi r 'rent , yc ^ i ). 11 n’étoit pas à couvert des Délateurs; carses soupirs, lès veilles, 8c son sommeil, étoient raportez a j!Favori : sa femme en rendoit compte à la mere, 8c celR' c Jà Sejan (2). Son frere Drusus (3) lui devint contraire-Sejan eut /adresse de le gagner , lui faisant entendrela prémiere place lui étoit sûre par la perte de Néron- 1jettoit en même tems les semences de la ruine de ce D r ‘ 1 .'lus, qui donna dans ce panneau , non feulement à eau e

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