ECCHELLENSIS. EDOUARD IV.
(*) Ecchril.
f ras. ad
Apollon,
Conica,
fa) Votez, la'Remarque
M.
(i) ll cuitFrère utérindu Roi Henri
n.
fi) D’Or-léans , His-toire desRévolu-tions d’An-glet. Livr.VI, png.
284 du IITom. À Vann,1461. Je mesers tle l'Edi-tion de Paris ,16 »Z > <n 4 .
(3) Là-mê-me,gag r;z.
(4) L'a-mi-me,pag. 257.
(s) Moreri,dans l’, Arti-cle
doiiard IV,"net le com-mencement decette GuerreÀ fan 1461 ,H se trompe.
(6) D’Ot-leans Ré-volue.d’Anglet.Ton. U,pdg. 261.
(7) C’e'teitle Duc detSmmersef,
z;6
meilleur morceau de cet Article, si je les pouvois étaler avec leurs principales circonstances. Jeparlerai de la querelle qui s’éleva entre Mr. de Flavigny 6c Abraham Eccheílensis, 6c l’on verra làun exemple bien sensible du désordre que les fautes d’impreffion peuvent causer, 6c du chagrin In-suportable qu’elles donnent à un Auteur (F).
me usas est lìbemlitate, zy benesteentia, non tantum dam for-tuna mihi arridebat , non solum dam res succedebat prospéré ,non modo dum ad illum ab Anr.ro Fachraddino mijfus stngula-rì félicitâte fruebar ,sed etiam in naufragio,zy jaClura illa bar-barica,in Carrellina conjuratione Zy proditione ,in adverststimasomma. (9).
(f) Voici un exemple . .. du désordre que les sautes d'impres-stonpeuvent causer , e? du chagrin . . . quelles donnent à unAuteur .] " On fait que M. de Flavigny écrivit deux Lettres„ contre ce magnifique Ouvrage de la Bible en sept Langues„ de M. le Jay. Un habile Maronite , Professeur Royal en„ Langue Syriaque 8c Arabe , nommé Abraam Echelleníìs„ venu de Rome à Paris, avoir eu quelque part à cette Bi-„ ble. C’étoit lui qui avoir donné le texte Arabe 8c Syriaque„ du Livre de Ruth, avec la Version Latine. M. de Flavi-„ gny écrivit Tannée 1647 fa troisième Lettre contre Ecchel-„ lensis, & son Livre de Ruth, prétendant qu’il étoit rempli,, de fautes. Au milieu de la seconde page du premier feuillet„ il mit ces passages seuls, qui font tirer du septième chapitre,, de Saint Matthieu. Au vers. 3. Quid vides festucam in ocu-„ lo fratris tut , ct 1 trabem in oculo tuo non vides ?Au vers r.,, Ejice primìtm trabem de oculo tuo, zy tune videbis ejieere„ festucam de oculo fratris tui. II vouloir faire entendre à Ec-„ chellensis par ces paroles, qu’ayant laissé beaucoup de fau-„ tes dans le Livre de Ruth, il reprochoit mal-à-propos à son„ Confrère Maronite Gabriel Sionita, Professeur Royal com-„ me lui, d’en avoir laissé quelques-unes dans les Livres des„ Arabes 8c Syriaques, qu’il avoir fait imprimer dans la Bible„ de M. le Jay. Le Maronite, fe trouvant obligé de répon-„ dre, commença par accuser le Docteur d’un crime énor-„ me commis fur ce passage ; d’avoir voulu par une im-„ pieté fans exemple , corriger le Texte sacré de TEvangi-„ le, 8c en retrancher un mot honnête pour donner place„ à un autre qui ne l’étoit point. II exagere ce prétendu„ crime d’un style picquant 8c outrageant. Voici comme,, il s’y prend dans fa premiere Lettre, qu’il intitule, Epìs-„ tola Apologetica prima , imprimée in 8 en Tannée 164.7 ,,, page onzième : Ad primìtm qtìbd attinet , tua fudaica„ modestia ac pietas, humanistime Flavignane ,summopere elu-„ cescit , ut aíia entera loca omittam, ex iis verbis qua in me
„ retulisti ex cap. 7. divi Matthfi v. 3. zy v. y. quomodo au*
„ tem Sacro-sanCti Evangelii verba depravastt , zy illusifti ii*
,, hoc loco , ac sacra immiscuifti profanis , ne expecles à me ut„ illa fcundìtm sacrilegam emendationem tuam hic référant,
,, solum enim meminiffe animas horret,luCluque refugit.§uam-„ obrem non in meissed in tais scriptis id legatur. ó acerrimurn,, Débraies. veritatis propugnatorem ! Hebratcus Textus, ubt,, verbum aliquod inhoneftum occurrit , honeftis velat verbis t>, Tu vero Hebraïca Lingua Professor, illiusque Textus impor-,, tune ad ftomachum usque desensor ac rabula, Sacro-sanClt„ Evangelii Sacrosanéia verba impietate inauditâ turpas , fit-,, das, zy fpurce illis abuteris. Ex quo liquid'o apparet , quos„ tnirabiles progrejsus in pietate zy LeClione sacrarum Scriptttr„ rarum ,quas crêpas femper,feceris. Ex verbis tuis , Flavigna-,, ne, quisnam fis optime cognoscimus, quia qualis homo est talit„ etiam ejus erit oratio , orationi autem saÊla stmillima , faMit,, vit a, ut ex Socrate refert Cicero lib. 5. Quaft. Tuscul. 8c le„ reste, qui va jusqu a six pages. Voilà de grands mots. Voi-„ là une accusation atroce. Voilà bien du bruit qu’on fait,
„ 8c bien des injures qu’on dit à un Docteur. C’est un im-„ pieté qn’on lui attribue , c’est un facrilege dont on l’ac-„ eufe, c’est un soupçon qu’on fait naître contre ses„ mœurs. Qui croiroit que ces reproches si fanglans ne„ font fondez que fur une fàute d’Impression (10) ” ? Mr.Chevillier, qui me fournit ce long Passage , explique en T ^/ equoi consistoit cette faute, 8c comment elle avoir été com-mise par T.Imprimeur depuis que Mr. Flavigni eut revu la jìc dc pís ''derniere épreuve. Le mal vint de ce que la prémiere lettredu mot oculo s’échapa fortuitement des Formes quand l’im-primeur toucha à une ligne mal drejsée. Mr. de Flavigni, âpre- 169nant ce qu’Abraham Eccheílensis lui reprochoit, ne pouvoittrouver la faute dans son Imprimé .- il fallut que son ami M .d'Auvergne, Professeur Royal en Arabe , lui montrât de son ,doigt, avant qu il la reconnut, ll écrivit aussi-1 ct sa quatrième (0)^,4,Lettre . ... il jura publiquement son innocence en termes de "“d .
ïEcriture .... (ri): dit qu il fallait que la stevre chauds (ìiì^^u
eût fait perdre T esprit à TImprimeur, ct" quìlfút devenu phre- rruft'netique quand il imprima le mot avec cette faute (iz). Sa co- . ^ Ù".lere-riétoit pas tout-à-faìt éteinte (13) , trente ans après Tim-pression de fa Lettre.
EDOUARD IV, Roi d’Angleterre , fe nommoit Comte de la Marche lors qu’il mon-ta fur le thrône l’an 1461. II étoit fils d’un Duc d’Iork, qui avoit tâché de déthtôner Henri VI,& qui en feroit venu à bout si un reste de ménagement pour les aparcnces n’eût arrêté les estersde íon ambition (r?). Son fils ne ménageant rien fut plus heureux (uí): il ne s’amuía point à
se
(A) Edouard ... ne ménageant rien fut plus heureux .] UnHistorien moderne , aiant conduit fa narration jusques aucombat où le Comte de Pembroc (1), qui tenoit pour Hen-ri VI, fut batu, inféré cette Réflexion : ” Ce fut là qu’on„ reconnut, parmi beaucoup de qualitez par lesquelles le„ Comte de la Marche ressembloit au feu Duc son père,„ la différence de leur génie. Le Duc avoit fait comme„ ceux qui s’efforçoient inutilement de démesler le nœud„ Gordien : il avoit long-temps disposé les choses au dé-„ noiiement où il ne pût parvenir. Le Comte imita Ale-,, xandre, & coupant tout d’un coup ce nœud fatal , par-„ vint fans circuit à la Royauté. 11 ne fut pas plûtost à„ Londres, qu’il fit assembler les Prélats, les Seigneurs ,„ les principaux bourgeois , & leur exposa vivement Tan-„ cienne prétention de fa Maison , Taccord fait dans le der-„ nier Parlement ençre le Duc son pere & Henri, dont„ celuy-ci estant infracteur, il soutint que la Couronne„ estoit dévolue de plein droit à l’héritier de celuy-là. II„ poussa si chaudement Tassasse, qu’il fut fur le champ dé-„ claré Roy sous le nom d’Edouard quatrième, lc troisie-,, me Mars de Tannée mille quatre cens soixante 8c un (2)
On entendra mieux ce Passage, si je raporte ce que T Auteur'avoit dit des ménagemens du Duc d’Iork. Ce Duc s’étoitmis en tête de fuplanter Henri VI ; mais il observa la pré-caution convenable à une telle entreprise, il y parut tard , c 7 “quand il y parut ce sut avec la protestation ordinaire à tous lesrebelles de rien vouloir point au Roi , mais aux Ministres quigouvernoient mal le Roiaume (3). Sa faction fut nomméela rose blanche : l’autre fut nommée la rose rouge : ellescommencèrent à fe faire une guerre ouverte (4I Tan i 454 (s)‘les deux armées étalent en présence à dix milles de Londres,quand le Roi fit demander au Duc ce qu il prétendait, zypourquoi il étoit en armes. Le Duc , qui avoit intérêt de ca-cher ses desseins à ses troupes, répondit que ses intentions n'é-toient point d’attaquer le Roi, mais d’éloigner de lui un mau-vais Ministre qui abusait de son autorité (6) ; 8c pour montrerqu il disoit vrai, il promit de licentier son armée , pourvuqu’on mît en prison ce mauvais Ministre (7). On le pritau mot, 8c il fe trouva bien attrapé ; car il n’ofa fe dédire.Quelque tems après il profita de la conjoncture dune ma-ladie du Roi pour faire arrester le Duc de Sommerset chez. laReine mesme ; mais la crainte qu’il eut qu on ne penetrast plusAvant qu il ne youloit dans ses desseins , l'empefcha vray-sem-blablement de s abréger par un coup violent le chemin des for-malisez qu il faudrait garder dans un Parlement pour faire pé-rir Jon adversaire, zy par lu il fut encore une fois la duppe de
fa politique (8). Le Roi guérit, Lc parla en Roi selon laLeçon de la Reine , ce qui fut cause que Ton élargitSommerset. Le Duc d’Iork se retira de la Cour, leva destroupes, 8c les amena vers Londres, protestant toûjoursqu il n en vouleit pas au Monarque, mais à son Ministre (9).II bâtit î’Armée Roiale, 8c fit prisonnier le Roi. ll se sui-vit lui-même, zy agissant sur son prémier plan . il af-
filia plus que jamais des maniérés respectueuses envers l'infor-tuné Monarque . . . zy lui fit faire une entrée dans Londresqui avoit tous les dehors d'un triomphe, mais qui à la confidé-rer dans ses suites étoit une vraie captivité (10). On T obligeade convoquer un Parlement,qui lui donna trois tuteurs,dontle Duc d’Iork fut le prémier fous le nom de Protecteur du"Royaume. . . . Ainfì il ne resta plus à Henri de la Royautéque le nom de Roy : le Duc en avoit le solide, zy n avoit plusqu un pas à faire pour avoir tout ; mats il attendoit que luvoix publique ïexcitast â faire ce pas décifif, voulant avoiravec la couronne la gloire d'estre forcé à la prendre. Il se vitbien loin de son compte (n) ; car la Reine fit un gros parti,qui fit déclarer dans un nouveau Parlement, " Que le Prin-,, ce ayant lage meut 8c T esprit sain, le Royaume n'avoit„ pas besoin de Protecteur ; qu’ainsi TAssemblée jugeoit à,, propos de décharger le Duc d’Yorch d’un soin superflu ,,, 8c injurieux à la capacité du Monarque , entre les main*„ duquel feroit incessamment remis le grand sceau , qu’il,, confieroit à celuy de ses sujets qu’il en jugeroit le plus,, capable (12) Après divers événemens, il fe donna un ebataille à Northampton (13): le Roi y fut fait prisonnier : ' eDuc d’Iork aprit en Irlande ce bon succès, 8c passa toutaussitôt en Angleterre : il fit tellement apercevoir qu’il as-piroit à la couronne qu’on n’en douta plus. II la deman-da même en termes clairs 8c formels au Parlement ( Mi-mais comme la compagnie garda un morne silence âpresqu’il eut harangué , il vit bien que ses a faires n’iroient pasoù il souhaitoit. ll vouloit être Roi, mais il avoit dans l espnde l’itre avec Vagrément de fes sujets (15). On trouva ujtempérament dont les parties fe contentèrent. II fut étabnque le Roi conserverait la couronne fa vie durant, zy q’* efajseroit à sa mort au Duc d’Iork zy à ses enfant. La Rf inne voulut point consentir à un traité si injurieux au Ftincde Galles son fils: elle arma en diligence pour le soutien aefes droits. Le Duc marcha contre elle ; mais il fut tué dan-sa bataille qui fe donna peu de jours âpres (i6\ .
Voilà comment son ambition le confondit pour ayonété trop rafinée. II ne fe contentoit pas de la qualité oeRoi, si vouloit de plus avoir la gloire de fe faire p r \ er “
régner.
Jeans, ,yo\^ lS w
«' **q/v*
l6í è
Uí 6t
(’<•
lié*
(N)
aI’***'
01 ’/'dus
(«rf£Ï
st y*'(I«) , r«''
if** 1 *