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^ faire conférer le titre de Protecteur, il alla tout droit à la Roiauté, Sc l’Èrnporía brusquement j^oi qu’Henri VI fût plein de vie. II marcha peu après contre ce Prince, Lc gagna fur lui une
Victoire signalée proche d’Iork, Lc le contraignit de se sauver en Ecosse avec Marguerite d’Anjou
a lemme, Princesië de beaucoup de cœur, Lc plus propre que son époux à relever le Parti vain-cu (£). Elle passa en France pour y demander du secours, Lc n’obtint que peu de chose. Néan-^oins, dès qu’elle fut retournée a Barwic, elle assembla assez de soldats pour faire un petit corpsarmée , Sc entra avec son mari dans le Comté de Northumberland, Sc s’avança jusques vers Dur-a m. Elle y fut jointe par des renforts considérables} mais tout cela fut défait par les troupes d’E-°tiard l’an 146z (c). Elle Lc son époux furent contrains encore une fois de se lauver en Ecosiè (d).principaux de leurs partisans périrent ou dans le combat, ou par le dernier lûplice. La feulev |He d’Iork en vit périr vingt-cinq fur l’échafaut (e). La désolation de ce Parti fut beaucoup
plus grande (B), après que le Roi Henri, qui se déguisant avoit osé retourner en Angleterre,
cut été mené à Londres les jambes liées fous le ventre de son cheval (/). On renferma dans la Tour.La bonne fortune d’Edoiiard se démentit quelque tems après : il mécontenta en plusieurs manie-res le Comte de Warwic, qui avoit été le principal instrument de la dégradation d’Henri VI (C).
(b) rhô:-Jeans, Re-»volutionsd’Anglet..Tòm, il ,pag, 285Edit, de P a*ris en 1693.
(c) Là-rr.è-Wf,/>*£. 292®
(d) Là-me-me,pag. 29
(é) Là-mi»me,
(f) Là-mi*
meypag, rz>Sj
e ? n ^ r - Il n’osa user de violence pour se faire élire : il crai-uu’ t « 1^ quelque flétrissure de réputation : 8c en attendantt>o e ™ n . on se serviroit des ssormalitez les plus solennellesVe U ' s , mettre en rnain le sceptre , il mourut sans y par-nir. S’il eût fait ce que fit son fils , son Régné eût été«1 long : ii perdit le fruit de ses peines , parce qu’il n’em-i; ota point toutes ses forces ; le ménagement en ces cho-, a i-'ss presque toujours nuisible. La fortune ne hait pasH u oti lui ravisse ses faveurs (17), elle veut qu’on soit bouil-‘ n t > elle vomit les tiedes (18). Res efi frofeélo ftulta ne-Vtitu moius (19). Je me souviens d’une Réflexion de Me-e pu qui n'eft pas mauvaise : Comme il est aussi feu de gransfmes pouffez, jusqu au bout, dit-il (20) , que de -vertus heroï-V <es > ces gens (21) , en aiant commencé un fans nécessité, n enJ f sent faire un second qui leur étoit nécessaire pour couvrir lepremier.^ C’est ainsi que Dieu réprime le mal : il ne per-/Er point qu’on le pousse à bout, 8c il dispense ordinaire-ment les choses avec une œconomìe qui fait que ceux dontc a àrdiesse n’a point de bornes ont l'esprit borné , & que‘“Pxqni ont assez de génie pour conoître tout ce qu’il se-c lt: a -P r opos de faire n’ont pas le courage de l’exécuter.
, Par là que l’innocence oprimée respire , 8c mêmequ elle se dégage assez souvent. Hoc uno modo , Judices , sapeu torum improbitate depreffa Veritas emergit,ey innocentude-’cfpo interclusa respirât : quod aut íi , qui ad fraudem caillâtf nt ’ non ta ntu.m audent quantum excogitantaut illi, quorumMinet audacia atqueprojeâla efi, à consdiis malitu deferuntut:l°ra• att * confidens afiutia,aut callida effet audacia ,vix ullo0 fifit modo poffet (zz). L'assemblage d’une extrême auda-ce avec une malignité inventive & ingénieuse seroit un tor-rent a quoi il ne seroit pas possible de résister (23); ce se-roit une foudre qui abatroit tout ce qu’elle fraperoit. Au-cun thrône ne se pourroit soutenir contre des factieux quiauroient ces deux talens. C’est par les crimes que les cri-nies se maintiennent (24). Je pourrois citer bien d’autressentences fur ce lieu commun : mais en voilà sufiíammentpour aujourd hui : finissons par dire que le Texte de cetteRemarque demandoit que je donnasse un petit détail de laconduite du Duc d’Iork , non pas tant parce que cela faitmieux conoître ce qui apartient à cet Article , que parcequ’il s’agissoit de montrer que son fils le surpassa dans P Artdes Révolutions.
.(if) La désolation du Parti de Henri VI fut beaucoup plusgrande .] Dès qu’on eut apris que Henri sixième étoit enPrison, ce qui refioit des Lancaftres se dispersa dans les contréesvoisines. La Reine mena son fils en France. Le Comte dePembroc erra caché C inconu par l’Angleterre. Edmond, nou-veau Duc de Sommer set depuis la mort de son frère Henri, ser ff a en Flandre avec Jean son cadet, csr Henri Holland DucExcestre. Quoy que la Duchesse de Bourgogne fust Infante deortugal , petite-fillc d'une Lancaftre , <& affectionnée à cetteraison, tout parut tellement suspeét à ces Princes, qu ils rio-[ff- h e déclarer, qu âpres avoir demeuré long-temps cachez àPh l' te cet * e Cour, ou ù peine trouvaient-ils dequoy vivre.Ma * if* “ e hommes raconte qu il en vit un mendiant son pain,a l f C a ant nu ds pieds, cr dans un état pitoyable, jusqu à cequ a ant f econu > on lui donna une petite pension, aujsi bientre Sommerfets , quand ils se surent sait connois-
JC) Mécontenta en plusieurs maniérés le Comte de War-Fìeiìr^v principal instrument de la dégradation de
no'ft " k es services que les Rois ne peuvent recon-0 . , re ks rendent d’ordinaire ingrats. Un homme de
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’ 3 1 lls °nt beaucoup receu semble estre en droit de leur”> m* 11 ?! Cr * 3eaucou P , & quiconque a droit de tout de-r , importune lors mesure qu’il ne demande rien.>> toit° U r devoit s a Couronne au Comte de Warvik: c’es-elL U " . rvice au dessus de toute récompense, & lequel
„ attj . joint d’ailleurs à des actions fort éclatantes, avoit» pies r Ce soigneur de grands applaudissemens des peu-„ qu> ’ Co Roy en conceut de la jalousie, & s’imaginant» Satìl 6 coni paroit avec le Comte de Warvik comme„ comm CC David . craignit qu’on ne dist en Angleterre„ di x ■ autr efois en Israël : Sa'úl en a tué mille, er DavidC e r c f‘ Ule (-6) Voilà le prémier mécontentement.8c il s’afi C ne à P as récompensé selon ses mérites (27) ,la renfe^^’^oûard le regardoit d’un œil jaloux. Ce-Possible enf beaucou P de choses désagréables : car il est im-siijets „ . oi » qui porte envie à la gloire d’un de ses?Òme en Plusieurs maniérés.
Le second mécontentement vint de l’Ambassade dont céComte fut chargé , pour traiter le mariage de son maîtreavec Bonne de Savoie sœur de la Reine de France. Ce ma-riage fut conclu, Çc l’on n’attendoit plus que le retour d'unAmbassadeur que le Roi de FranCe avoit envoiê à Edouardpour lui en faire signer le traitté (28), lors qu’on aprit que lenouveau Roi d’Angleterre avoit épousé la veuve d’un Che-valier. ” (29) Toute l’Angleterre vit ce mariage avec une„ extresme indignation : mais personne n’en eut tant de„ chagrin que le Comte de Warvik , qui ne douta point„ que le Roy ne l’eust voulu jouer pour le rendre ridicule„ à toute l’Europe , en renvoyant demander une grande
,, Princesse , pendant qu’il épousoit une Demoiselle.
„ La conduite d’Edoiiard envers le Comte , quand il fut,, de retour à Londres , acheva de l’irriter contre lui. Ce„ Seigneur avoit espéré que son maistre se mettroit au,, moins en devoir d’adoucir son chagrin ou par de bonnes„ paroles ou par de mauvaises excuses ; mais on ne luy„ parla de rien , 8c on le traita avec une hauteur, dont„ un homme moins fier que luy auroit eu peine à s’ac-„ commoder. Pour comble d’outrage , il apprit que ce„ Monarque débauché avoit tenté la pudeur de fa niece ,
,, d’autres disent de sa sœur, 8cavoit voulu faire une mais-„ tresse dans fa famille (30), pendant qu’il prenoit une„ femme dans une autre
Warwic plein du désir de vengeance résolut de remettreHenri sur le thrône , 8c il éxécuta heureusement ce projet ;8c voilà de quelle maniéré il se jouoit de la couronne : ilen priva Henri VI , pour la donner à Edouard ; 8c puis il1’ôta à Edouard , pour la redonner à Henri VI : preuveévidente qu’il n’écoutoit ni les Loïx ni la justice , mais sesintérêts 8c fa passion. II eût eu assez de crédit pour mon-ter lui-même fur le thrône; mais il crut qu il y avoit plus degloire à faire des Rois qu à régner (31). Le caractère de sonambition ne le portoit pas à régner , mais à gouverner ceuxqui régnoíent (32). Au reste , on ne voit presque jamaisque ceux qui élèvent fur le thrône un usurpateur jouissentlong-tems de ses bonnes grâces. Ce n’est pas toujours àcause de la Maxime, On aime la trahison cr non pas les traî-tres-, ce n’est pas toujours à cause qu’on s’imagine que desgens qui ont travaillé à déthrôner leur prémier Maître , nese feront pas un scrupule de déthrôner le second ; c’est prin-cipalement à cause que ces gens-là se persuadent qu’on neles récompense pas selon leurs mérites, 8c qu’nn Prince quileur est redevable de la Souveraineté doit leur accordertout ce qu’ils demandent (33). II ne le peut faire , ni nele doit. La-dessus ils se dépitent, ils en viennent à des re-proches , ils se font disgracier. Commentons un peu cesparoles : Les services que les Rois ne peuvent reconoître les ren-dent d’ordinaire ingrats, eerc (34).
Le prémier Pallàge que je veux citer est dans les Mé-moires du Duc de la Rochefoucaud (35). ” II étoit difi-„ este que la Reine eût une reconnoissance proportionnée„ aux grans services que Mr. le Prince lui avoit rendus , 8c„ que Mr. le Prince se contînt dans la modestie qu’il de-„ voit après avoir si utilement servi ; car les dettes de cet-te nature ne fe pouvant paier produisent ordinairement” de la haine dans l’esprit du Souverain, 8c à même tems„ inspirent des pensées de domination aux sujets Mr.de la Châtre me fournit le second Passage. Depuis que nousavons des obligations extraordinaires à des personnes il sembleque nous redoutions leur présence , comme fi elle nous ìncitoitfans cefi'e à la reconnoissance , O? blâmoit notre ingratitude dansle moindre retardement (36). Philippe de Confines nous aconservé une très-bonne pensée de Louis onze, 8c il la ra-porte au sujet de quelques Grans qui ne s étoient pas bientrouvez d’avoir mis à un trop haut prix les services qu’ilsavoient rendus à leur Maître. Il nomme entre autres leComte de Warwic: ” Advient tres-souvent que cette au-„ dace vient d’avoir bien servi, 8c qu’il semble à ceux >„ qui en usent, que leurs mérites font tels que l’on doit„ beaucoup endurer deux, 8c qu’on ne s’en peut passen,, Mais les Princes , au contraire , font d opinion qu’on est„ tenu à les bien servir, 8c le tiennent bien en leur dit ;„ 8c ne desiient qu a se depçscher de ceux qui les ru-
i, dolent. Encores en ce pas me faut alléguer nostre mais-„ tre en deux choses, qui une fois me dit, parlant de ceux« siui font grand service (8c nfien allégua son Autheur, 8c„ de qui il le tenoit) que avoir trop bien servi perd aucu-
j, nés ibis les gens, Lc que le plus souvent les grans services
V V foní
(28) D’Or-leans, Ré-volutionsd’Anglet.
Tarn. n,çag. 302.
(2 9) Là-tnê-me,pag. 305 .
(3 o) Voici leiparoles de t*o-lydore Virgi- .le, Nec ab-horrer àvetirateEdouardumrentaflè utaiuiit, ne-fcio quidin domoComitisquod abhonestate
cmnino ab-efier; cumhomo effetqui facile[niellas ocu-îis allicereÉcasque de-peiiiet.
(31) D’Or-leans, Ré-volutionsd’Anglet.
Tom. II ,pag. 306 : ilcite ThomasMoius.
(ií) Là- mê-me, pag. 3384
(33) Votez,ci-dejfus IaR emarcj. (B)de P^irticle
Colonne
(Pompée).
(34) Je les aireportées at*commence-ment de cettec B^ma.r^e m
Passagesfur lTngra-titude.
CsslRocheafoucaut,Guerre dcParis.
(311 LaChâtre,Mémoires,