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Tome second. C - I.
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338
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EDOUARD,

(.?; v'Or-leans, Ré-volutionsAugier.Tom i. , pAf.3 j 2 ■, a satin.

1470 .

( b ) Lk-mé-

me, pag.xii 6 .

(?) Lk-mt-ZIS-

(O Lk-mt-me,pag. 323.

(/) Là-mi-me,pag. 324.

(w) Co mi-nes Us apelleQjïrelins,

(ra) Ville dela HollandeSeptentriona-le.

(0) D’Or-leans, Ré-volutionsd’Anglet.Tom. îl ,pa&- 3 29 .

(pì .Au mois

d'Oclobre

1470.

(37) Philip-pe de Co-mines, un. r.-

11 ' , Chap.

dermer , pag.

m. 191,1-2.

(z8) Monta-gne, Essais,Livre l/l ,

Ch ip. Víll ,

pag. m. it».

(î) Le Benfait eji agréa-ble iusques aces tcrmiSyqu y on le puijscrícennotjìre :qttand il lesPHtrepaJse deloin , on payede haine pourgratitude.Tacit. An-nal. IV. c.i r.

(\)Or cettuy-la cjui croidefue ce luy se-rtit honte demancjuer à larécompense ,vottdroit quecetuy qui litdoit recevoirne fttst point.Scnec. Epist.LXXXI.

(t) Car qui-conque pensettt satisfairepas a quel-qu’un ne peutnullementejìreson amy.Cîcero, inEpifr.

(39} Eo per-dues us est su-*or u: pertcu-lojìjfima resfit bénéficia inahque/n mag-na co*]ferre ,naw qui pu-taty c r c.Senec. Epist.LXXXI.

(40) Idem .Epist. XIX,fag. m. 200.

( 4 tVPlin.in Paneg.Cap. LXL

33S

Il sc maria desavantageuscment ( D ) , 6c se fit haïr des Anglois par cette mésalliance. Ce Com-te, aiant attiié dans ta faction le Duc de Clarence frere d’Edoiurd, lui donna (k fille cn mana-ge, & projetta avec lui de remettre lur le tbiône Henri VI. 11 s’en salut peu q i’ns ivexécu-tassent cette entreprise; car ils enlevèrent Edouard dans Ion camp {g): mais comme il trouvale moien de s’évader du lieu où on le gardoit , ils ne purent tirer aucun avantage du bonheurqu’ils a voient eu de se rendre manres de fa personne. Le Général de leurs troupes fut batupar Edouard qui lui fit trancher la tête. Cette disgrâce les obligea à paíscr en France, poursolliciter le secours qu’ils se promettoient de Louis Xl (b). 11s y furent fort bien reçus: Mar-

guerite d’Anjou femme du Roi prisonnier joignit ses intrigues aux leurs; le Prince de L»ahes Ionfils épousa la seconde fille du Comte; ce mariage sut ménagé par Louis onzième comme unechose qui foitifieroit notablement la faction: elle le sortifioit d’un autre côte en Angleterre; sesamis du t omte y préparoient toutes choses pour déihrôncr Edouard, qui, bien loin d être fur sesgardes, comme le Duc de Bourgogne son beau frété l’y exhoitoit, ne perdoit ni un jour de chas-se , ni une des parties de plaisir qu'il f ai soit souvent avec les Dames (i). Le Comte débarqua heu-reusement à Darmouth les troupes que le Roi de France lui prêta, & fut bientôt joint par beau-coup d’Anglois. Edouard maicha contre lui avec une belle armée, il le difposoit à meure sestroupes en bataille, lors qu’ii ap it que le Marquis de M ont aigu, en qui il s'étoit fié jusques là, avoitcrié le p; ém:er vive le Roi Henri , & que d'autres y ayant répondu le mal s'étoit successivement com-muniqué à tous les quartiers, & que par tout on entendoit crier , vive le Roi Henri (k). „ 11 déli-

„ béra avec ses amis du parti qu’il avoit à prendre : les choses parurent si désespérées , qu’on ri’en„ trouva point de meilleur que celui ... de passer la mer, 8c d’al er chercher du secours chez„ ses étrangers, pendant que les serviteurs du Roi lui prépareroient le retour (/). „ 11 s’embar-

qua en effet, Sc fit voile vers la Flandres: quelques pirates (m), grans ennemis des Anglois, l’at-taquérent, 6c le poursuivirent jusqu’à Alcmar (») où il débarqua (o). Cependant le Comtede Warwic mena son armée à Londres, 6c remit le Roi Henri fur le thrône (/>). On convoquaun Parlement, où Edouard fut déclaré traître (f usurpateur de la Couronne , ses biens confisquez, ì3les Edits portez fous son nom annuliez (q ). 11 ne put obtenir du Duc de Bourgogne qu’un petit

secours en cachette: il ne laiíîa pas de s’engager á retourner en Anglet- rre, se fiant sur les amisqu'il y avoit, fur les Lettres qu'il en recevoit, & plus encore fur le penchant du peuple Anglais pour lesnouveautez {r). II débarqua, 8c il s’avança dans le pais fans oposition: il fut joint par le Lucde Clarence, qui débaucha autant de soldats qu’il lui fut pois ble, 8c qui abandonna le pa;ti d uRoi lans ménagement En un mor, quoi que le Roi f u fl dans Londres avec un nombre considérablede Seigneurs de fa faEìion, & que le Comte de Warvick if) leur euft mandé qu'ils tinssent feulementtrois jours, {f qu'il les asseuroit du secours , Edouard ne se fut pas plutôt présenté qu'il trouva toutiS

les

„ font récompensez par grande ingratitude: mais qu’il peut„ auíïì bien advenir par le défaut de ceux qui ont fait les-„ dus services , qui trop arrogamment veulent parler &„ user de leur bonne fortune , tant envers leurs maistres,„ que leurs compagnons , comme de la mesconnoissance„ ctu Prince. Médit davantage qu’à son advis, pour avoir« biens en Cour, c'est plus grand heur a un homme, quand„ le Prince , qu’il sert , luy a fait quelque grand bien , à„ peu de desserte, parquoy ìl luy demeure fort obligé, que„ ce ne seroit s’il luy avoit fait un lì grand service que le-„ dit Prince luy en fuit très-fort obligé : & qu’il aime plus„ naturellement ceux qui luy font tenus, qu’il ne fait ceux„ à qui il est tenu (37' ”, Voìons le jugement de Mon-tagne là-dessus : Quand je leus Philippe de Comines, dit-il (38),il y a plusieurs annees , tris-bon Autheur certes,j'y remarquayce mot pour non vulgaire : Qu il se saut bien garder de fairetant de service à son maiftre, qu on l'empejche d'en trouver lajujle récompense. Je devois louer l'invention, non pas luy. Jela rencontray en Tacitus, il n y a pas long-temps : Bénéficiaeò usque laeta sont , dum videntur exolvi poste, ubi mul-tûm antevenere , pro gratia odium redditur (J). Et Sene-que vigoureusement: Nam qui putat esse turpe non reddere,non vult este cui reddat (,p. A, Cicero d'un biais plus las-che: Qui se non putat satìsfacere , amicus este nullo mo-do potest (f)- J e voudrois que Montagne n’eût pointtronqué le Passage de Seneque : il en a ôté le commence-ment 8e la fin , Le c-’étoient des Pieces qui portoient coup.Voiez la marge (39), Le considérez ceci : c’est la fuite dece que Montagne raporte : Tibi habe quod accepifti, non re-peto, non exigo. Prosuiffe tutum fit : nullum csl odium perni-ciofius quam ex beneficii violati pudore. On pouvoit aussi ci-ter la XIX Lettre de Seneque , car on y trouve que lesbienfaits produisent la haine : Nullum habet majus malumoçcupatus homo, er bonis fuis obfejfus , quàm quod amicos fibiputat, quibus ipse non efi : quod bénéficia sua efficacia judicatad conciliandos amicos, cum quidam, qito plus debent, magisoderint. I.eve as alienum de’,itorem facit;grave inimicum (40).Pline le jeune , qui conoissoit admirablement tous les lieuxcommuns du Panégyrique , n’a pas oublié de remarquerque son Héros ne ressembloit point aux autres Princes : ilsne croient presque jamais qu’ils aient de l’obligation à quel-qu’un ; & s’ils le croient, ils n’aiment pas cette personne.Vtriusque cura, utrhtsque vfiilantia obstriSlus es Casar. Sed inprincipe rarum ac prope ìnsolitum est ut se putet obligatum , autst putet amet. Debes ergo Cafar, c ? solvis (41).

(D) ll se maria desavantageusement. ] ” II estoit d une

„ complexion susceptible de toutes les natures d’amours :» il en avoit de vagues 8t de fixes , d’enjoíiez & de se-" deux; attaquant toutes les femmes par un esprit de dé-" hatiche , & s’attachant de temps en temps à quelques-„ unes par des passions suivies. Celle qu’il eut pour Eli-,, zabeth WodwiUe, sole du Baron de Rivers & de Jacque-,, line de Luxembourg", q«j estant veuve du Duc de Beth-,, ford avoit épousé ce Seigneur, sot de ce dernier carac-,, tere. II estoit allé à la chasse vers 6raison, demeure

„ du Baron, & y estoit entré pour rendre une civilité à fa

,, femme. Elle avoit fa fille avec elle , qui estant

„ veuve du Chevalier Jean Cray, tué au lervice d’Henri„ VI à la seconde bataille de Saint-Alban , avoit perdu„ une partie de son bien dans la confiscation de celuy de„ son mari. La jeune veuve , voulant profiter d’une occa-», lion lì favorable de recouvrer ce qu’on fuy avoit tait per-„ die, prit adroitement son temps durant cette visite pour„ demander cette grâce au Roy 142.) Elle l’obtint, &n’accorda point au Roi celle qu’st lui demandoit : Je nem estime pas astez., luy repondit-elle , pour croire que je puisseeflire Reine ; mais je ne m estime pas afl'tz. peu, pour me rejoudreà estre maistrejfe. Je ne puis aimer qu un man : puisque vousne le pouvez estre , contentez-vous que je vous honore commemon Roy, CZ que \ aye pour vous toute la reconnoistance que I ondoit à son bienfaiteur. ” Elle acheva de lentlammer , ps„ les remontrances qu’elle lui fit pour luy persuader d’é-„ tousser la passion qu’il avoit pour elle, quand elle le vit„ tout-à-fait hors d état de profiter de ses leçons. Elle le„ mena si loin par cet artifice , qu’il résolut de l’épouser,„ quelque engagement qu’il eust ailleurs, Le quelque essort„ que fist pour l’en détourner la Duchesse d’Yorch sa me-„ re , laquelle après y avoir employé inutilement les plus„ fortes raisons , poussa la chose jusqu’à solliciter une des„ maistresses du Roy nommée Elizabeth de Luci, de dé-„ clarer que ce Prince inconstant luy avoit engagé fa soy,,, & qu’elle ne s’estoit abandonnée à luy, qu’en conséquen-» ce de la promesse qu’il luy avoit fait de l’épouser. La„ Duchesse retarda de quelques jours le mariage du Roy f? 11„ fils par le bruit de cet engagement , & par la dénoncia-,, tion qu’elle en alla faire elle-mesme à l’Evesque ; w aïs>, le fait bien examiné, on trouva pat le témoignage de 1*,, personne intéressée, qu’elle s’estoit laissé séduire par l’es-„ pérance, mais non pas par la promesse du mariage. Cet,, obstacle estant donc levé , & rien n’estant plus capable» d’en faire aux volontez d’Edoiiard sor ce point, il épou-», fa Madame Gray avec toutes les solemnitez & toute I 1,, pompe d’une nopee Royale (43)

On ne fait pas ce qui seroit arrivé,si Edouard eût eu unefemme lots qu’il parla d’amour à la jeune veuve. ^ Peut-être n’eût-il pas trouvé tarit de résistance , & peut-être netémoigna- S t-on tant de dédain pour la qualité de maîtresse »que parce qu’on le voioit dans la liberté de se choisir unépouse. Thomas Motus insinue qu’il y eut de Partissedans le procédé de la Dame , elle prêcha lors que l’auditeu^n’en pouvoit plus profiter. Au fond , une femme de q ualité qui à de l’esprit répond toujours comme fit la DaMGray. Cela peut servir Sc ne sautoir nuire , car il Y a ^bons moiens de remédier au mal d’un premier rebut,l’on mene loin un homme quelque grands qu’il soit, squ’il est bien amoureux & garçon , & qu on fait lui - aentendre que s’il n’aime pour le Sacrement , il ne tienjamais rien. On a vu ailleurs O44) qu’une mairied’Henri VIII le poussa par une ruse semblable jusques audivorce.

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