ELISE'E. ELMACIN.
(a) Epipha-
nius,de Vi-ns liophet.p*g* w. 237,23 S,
(1) Les Théo-logiens de Pa-risydans T.A-prêbation decet Ouvrage
dc Doiothécpublié parMargarinde la oignedans la Bi-bliothèquedes sexes.
(2) SixtusSeneaíis,Eiblioih.Ltbr. IV.
(z) Anno-tât. m Mar-tyrol. apudKainoldumde LibrisApociy-phis, Pral,CXXXVll/,pag. 153.
(4) Tom. îControv.ÏU, Libr. II ,Cap. II y apudRainold. ib,
( 5 ) Qutmad-
modum m* e-nifejlum est -partim ex r.'2{eg_. AfCollato€-um z. Jos-hu£ y pariimtdcjus planìusex Jttdic. 7.RainoMus,de LibrisApocryph.
pag. 157.
(6) Vo-ez. leLivre desNombres,ChapitreXXXII , &celui de Jo-ítlé > Chap .XXII.
(7) Rainol-di;s, de Li-bris Apocr.t'Z- U».
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E L I S E'E , Disciple da Prophète Elie & son Succeflèur , a fait un grand nombre de mira-cles , comme on le peut voir dans le Dictionaire de Moreri. II arriva un grand prodige lorsqu’il naquit : le veau d’or qui étoit à Silo poussa un mugissement si fort, qu’on l’entendit à Jé-rusalem. Sur quoi le grand Prêtre consultant les pierres de son Pectoral, trouva qu’il venoit denaître un Prophète qui détruiroit les Idoles (a). On a lieu de croire qu’Epiphane qui racontecela s’eít fondé fur une fausse tradition (A). Les Juifs, qui ont dit qu’Elic étant devenu incapa-ble d’exercer fa charge reçut ordre de la céder à Elisée, ne méritent pas d’être réfutez ( B ).
{A) Epis hane .... s est fondé fur une fauste tradition .]La Vie des Prophètes composée par St. Epiphane est enplusieurs choses la copie d'un Ouvrage de même naturecomposé par Dorothée. Quelques -uns prétendent que ceDorothée a été Evêque de Tyr (1), 8c qu’il foufrit le mar-tyre sous Julien l’Apostat (2). Mais Baronius soutient (3)qu’il n’y a point eu de tel Dorothée Evêque de Tyr. fiel-larmin avoue que l’Ouvrage faussement attribué.-à Doro-thée est rempli de Tables (4). Voici comment un Théo-logien Anglois a critiqué la Narration d’Epiphane touchantElisée. I. Epiphane n’a point su la situation d’Abelmuth:il a dit qu’Elisée y étoit né, & que ce lieu apartenoit à laTribu de Ruben. 11 ne faloit pas dire Abelmuth, maisAbelmechol, comme il paroit par le prémier livre des Rois ,au verset 16 du chapitre XIX. Si les Copistes ont faitcette faute , il en faut décharger St. Epiphane , 8t ne luilaisser que Terreur de Géographie. Abelmechol la patried’Elisée étoit au deçà du Jordain ( 5 ) : elle n’étoit donc passituée dans la Tribu de Ruben; car le partage de cette Tri-bu fut au delà de cette riviere (6). Dorothée a fait fairecette faute à St. Epiphane. II. Lors qu’Elisée fut né àGalgal, le veait d’or qui étoit à Silo mugit. Epiphane com-met là une autre erreur de Géographie dont Dorothée n’estpas responsable. II est clair qu’il prend Abelmuth & Gal-gal pour le même lieu, en quoi il se trompe. Sa faute estvenue de n’avoir pas bien compris la ponctuation des paro-les de Dorothée. Horotheus scripferat , postquam Elizœusnatus est, in Galgalis vitulus aureus mugitum edidit, quomo-do interpungcndum este locum Dorothei, vel potius authoreminterpunxiste apparet ex Ifidoro qui ita rem iftam narrai , He-lizœo nato vitulam auream cum magno boatu clamasse in
Galgalis. Epiphanius non animadvertens hanc inter-
puníìionem , putavit illud in Galgalis référendum este potius adfentent’u partem pracedentem quam ad fequentem ,ad Elizaumpotius quam ad vitulum (7). III. Aiant pris pour la patried’Eliíée le lieu où T Auteur qu’il copioit avoit placé le veaud’or, il a falu qu’il plaçât ailleurs cette idole, 8c il Ta mi-se à Silo où elle ne fut jamais. II n’est point nécessaire dedire que le miracle dont nous parlons fe raporte à Tun desveaux d’or de Jéroboam : or comme Tun de ces veaux futmis à Dan, 8c l’autre à Bethel, il est sûr que Ton se trom-pe , soit que comme Dorothée on en mette Tun dans Gal-gal , soit que comme St. Epiphane on le mette à Silo.IV. Venant au prodige même, nous remarquerons que St.Epiphane en pouvoit aisément conoître la fausseté, car siTOracle du Pectoral avoit répondu que le Prophète quiétoit né ce jour-là abatroit 8c détruiroit les Idoles, Elisée
auroit aboli l’Idolatrie de Jéroboam , il auroit fait fondre,ou mis en pieces, les deux veaux d’or ; il ne Ta point fait »il est donc faux que TOracle ait fait la réponse qu’on luiattribue, 8c ainsi le mugissement du veau d’or est une fa-ble. Je ne m’arrête point aux Observations du DocteurAnglois, fur la distance entre Jérusalem 8c les lieux ouétoient les veaux de Jéroboam , car outre que les chiffresont été falsifiez par les Imprimeurs, je ne trouve point qu ela distance fasse ici rien à Taffaire. II est aussi facile de fai-re entendre le mugissement d’une statue à 20 ou à 30lieues, qu’à 20 ou à 30 pas : quiconque pourra faire le der-nier miracle pourra faire le prémier: ainsi je voudrois quenotre Docteur n’eût pas plaisanté là - dessus. Sa railleriecontre Torinus est froide comme la glace : il dit que To-urnis aiant peur qu’une genice ne fût point capable de pous-ser un si fort mugissement, a traduit le mot une va-
the , 8c non pas une genice. Albanus Torinus ìnterpres eiutoperis videtur aliquid taie formidaste , cum Grstcam vocemfMÀtí) qua 70 Interprètes ust funt pro vitulo vel vitula , ipfiinterpretatus fit , bovem : Bos illa aurea , e? qua fequuntur ,videtur ille mihi metuiste ne vitula non postes tantum mugitumedere : ìtaque maluiste bovem dicere (8).
(.B) Les suifs , qui ont dit qu Elie étant devenu incapabled'exercer fa charge , reçut ordre de la céder à Elisée , ne mé-ritent pas d'être réfutez..'] Raportons prémierement les parolesde T Auteur qui me doit servir de témoin, 8c puis nous y fe-rons une courte Réfléxion. Jud&i etiam impingunt Elu fpi -ritus coèrcendi impotentiam , qua ineptus fuerit redditus ad pro-phétie munus obtundum , atque ìdeo justus fuerit loco fui fuc-cestorem astumere. Celui qui parle de la forte (9) prétend nerien dire qu’il n’ait lu dans Pierre Martyr, dont il cite leCommentaire fur le I Livre des Rois (10). Je n'ai rientrouvé de semblable dans l’endroit qu’il cite. Quoi qu’ilen soit, selon cette rêverie des Juifs , Elie n’auroit plusété capable de gouverner ses enthousiasmes, ou l’impétuo-sité de son esprit prophétique; 8c ainsi tout comme un vieil-lard qui à cause de son âge fuccomberoit trop facilement àla colere , il auroit falu le contraindre à fe faire déclareremeritus, 8c à céder son emploi à Elisée, comme à un su-jet plus propre à s’en aquiter dignement. Quelle imperti-nence ! car pour ne pas dire qu’un tel fait ne fe trouvepoint conforme aux Narrations de l’Ecriture , n’est-il pascertain que Tesprit qui faisissoit les Prophètes , 8c qui enle-vois si souvent Elie d’un lieu en un autre étoit supérieuraux Prophètes, 8c n’avoit pas besoin d’être réprimé ou re-fréné ? Ajoutez que le danger daller trop loin, est plus àcraindre dans un jeune homme.
(4) C est no-tre annéeIII8.
(b) La Char-ge de Secré-taire. Jffso
velut Notariou fi fuere a dfecretiora con-silia . Go'ius,Prxf. Hist.Saracen.
( 1) "EnvironTan de THe-gire $69 ì quirépond a TanT173 de Je-[m-Christ*
ELMACIN (George) Auteur d’une Histoire des Sarazins, ou plutôt d’une Chronolo-gie de TEmpire Mahométan, naquit en Egypte vers le commencement du XIII siecle. J eparlerai de fa famille (A). 11 a conduit son Ouvrage depuis Mahomet jusques au Calife Musta-
dit Billa mort l’an fiz de l’Hegire (a). 11 marque année par année, mais en peu de mots, ccqui concerne l’Empire des Sarazins , & y entremêle quelques morceaux de THistoire des Chré-tiens de TOrient. II s’attache fur tout à TArabie , à la Syrie , à l’Egypte , Sc à la Perse. II fa-loit que son mérite fût bien éclatant, puis qu’encore qu’il fît profession du Christianisme , il nelaissa pas d’occuper un poste de distinction 8c de confiance auprès des Princes Mahométans (})•Ceux qui considéreront les mesures qu’il devoit garder dans ce poste-là , ne trouveront pas étran-ge qu’il ait parlé honorablement des Califes, Sc qu’il n’ait jamais emploié des termes injurieux àla Religion Mahométane. II y a des gens d’une sensibilité scrupuleuse, qui n’aprouveront pasles épithetes d 'Orthodoxe y d'Empereur des Fideïles , (fie , dont il honore les Sectateurs dc Maho-met : encore moins aprouveront-ils qu’en parlant dc cet Imposteur, il dise Mahomet de glorieusemémoire. 11s seront capables de soutenir en conséquence de ce langage, qu’il étoit. Mahométan ímais s’ils le font il fera aisé de les convaincre de mensonge ( B ). Son Histoire a cté traduite d’A-
rabe
{A) Je parlerai de sa famille. ] En voici le précis. No-tre Elmacin étoit petit-fils d’Abultibus, dont l’aieul s’é-toit établi dans TEgypte où le Calife lui avoit accordédes privilèges. Cet aieul étoit un Marchand Syrien , 8cfaifoit profession du Christianisme. II laissa un fils qui femit au service de la Cour en qualité de Notaire : Abulti-bus fils de celui-ci fut habile dans le Notariat, 8e fut don-né par les Magistrats du grand Caire au Conseil d’Arabie.II eut cinq fils dont quatre furent Evêques : l’autre nomméAbulmecarimus épousa la sœur de Simon Elmacin Notai-re fameux, qui aiant été trois ans au service du Conseil deguerre sous Joseph Saladin ( 1 ) , fe fit Moine , 8e vécutplus de trente ans en cet état éxemplairement. Abulme-carimus sc fit aussi Moine après la mort de fa femme , 8emouiut l an 606 de l’Hegire. II avoit eu trois garçons ,dont le second qui fut pere de notre Elmacin , & quis apelloit Abuljasirus Elaamidus , obtint la charge de No-taire du Conseil de Guerre, lors quç son oncle mater-
nel Simon Elmacin la quita pour entrer en Religion-,exerça quarante-cinq ans cette charge , 8e mourut l a636 de THégire (2), après a von vécu fort pieuscmen(3). n
( 13 ) Il fera aisé de les convaincre de mensonge.] Car n ^seulement on ne volt pas à la tête de son Livre la D eC ^(ration en forme que les Ecrivains de cette Secte ont ..f C r° n ttumé de faire avec une affectation superstitieuse, qu ils 1° ,Musulmans : non seulement on volt qu’il prend un grasoin d’insérer dans ses Annales plusieurs choses qui regadent les Chrétiens, & qui tournent à leur louange ,qu’un Musulman éviteroit comme un crime ; mais on vaussi à la fin de son Ouvrage un petit détail de fa fqui témoigne d’une maniéré incontestable qu’il étoit Gtien. Or touchant la délicatesse de ceux qui condamneuTemploi des noms honorables envers les fausses Religion)»voiez T Auteur de la Critique Générale de THistoire du Gaiyinisme (4).
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