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Tome second. C - I.
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ELISABETH.

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du Comte d’Eíîèx ait causé ce cruel chagrin (T 1 ). Quelques Controveríìíles ont publié une mau-Vaiíè plaisanterie qui n’a point de vraisemblance (e) : ils ont dit que le Maréchal de Biron sev *ntoit d’avoir vu danser le chef de l’Eglise Réformée*. Ils auroient dû faire débiter cela par unautre Ambassadeur ; car Elisabeth n’étoit plus d'âge à danser (/), lors qu’Henri VI envoia verselle le Maréchal de Biron. Si Balzac avoit pris garde à la vieilfeslè de cette Reine (g) , il sescroitmen gardé de dire qu 'elle étoìt Ji charmante que le Comte d’EJfex aima mieux mourir que de lui deman-c f er à vie , de peur d'être encore importuné de son amour 13 de ses carej'es ( h ). 11 n’y a pas pour une

incongruité dans ce discours. On verra dans la derniere Remarque les fautes de Mr. Moreri (U).

Le Pape Clement VIII tint des discours fort deíbblígeans de cette Reine, Sc qui témoi-gnoient qu’il n’étoit pas bien informé de l’état de l’Angleterre (X).

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avoient préféré beauté de cette 7 \dne k telle d’Helene»

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» lu user d’aucun remede que l’on lui ait proposé, nonobs-" ta nt les prières Lc menace de fa mort que ses serviteurs" Médecins lui faisoient, comme fi ou l’apprehension» du mépris de fa vieillesse, ou quelque autre ressentiment" secret que l’on attribue au regret de la mort du feu Com-» te d’Essex (57) , l’eussent émue à la chercher & defirer» elle-même. Quoi que ce soit, c’est la vérité que dellors» qu’elle se sentit atteinte de mal, elle dit de vouloir mou-" tir. Elle n’a fait aucun testament ni déclaration de son» successeur, 8c ne s’est mise au lict que trois jours avant» fa mort, en ayant demeuré plus de quinze assise sur des*1 coussinets, Lc vestue, les yeux fichez en terre, fans vou-» loir parler ni voir personne. L’Archevêque de Cantur-" bery Primat d’Angleterre , l’Evesque de Londres avec" sen Aumosnier n’ont pas laissé de l’assister à la fin , où" elle a témoigné beaucoup de lignes de dévotion & de» recognoissance envers Dieu (58) ". Cette Relation esttres-éloignée du Narré de Mr. Leti, selon lequel la Reinetut 7 semaines fans raisonner, ZV dans un déliré perpétuel quefa fievre lui causoit, ev qui cessa 3 jours avant qu’elle mou-^ (59). Selon les Mémoires de í’Abbé Siri, cette Reine» étant assise sur son lit toute habillée , tenant les yeux co-» lez à terre 8c le doigt dans fa bouche, qui fut la posture>» où elle voulut mourir, elle fit venir fa Musique ordinai-» te qu’elle entendit tranquillement jusqu’au dernier sou-» pir de sa vie , pour mourir, dit agréablement cet Au-» teur, corne era vijsuta allegramente (60) ”. Je m étonnestu ils ne lui prêtent les dernieres paroles d’Auguste (61).

. (T) - . . Quelques-uns veulent que la mort du Comte d’EssexWt causé ce cruel chagrin .] Depuis 1 exécution de ce Comte,laseeine fut assez long-tems aussi gaie que de coutume , Lc«le le témoigna fur tout pendant l’Ambassade du Maréchalde Biron. 11 y a donc bien de l’aparence que si elle mou-tut de chagrin à cause du Comte d’Essex , ce ne fut pastant parce qu’elle l’avoit fait mourir, que parce quelle vinta conoître qu’il avoit recouru à fa clémence, par unevoie dont elle lui avoit promis l’infaillibilité. Mr. du Mari-ner nous expliquera ce petit mystère. Il ne sera pas inutile,dit-il (6z) ,.ny désagréable d'ajouter icy ce que le même PrinceMaurice tenoit de Mr. Carleton Ambassadeur d'Angleterre enHollande, qui est mort Secrctaire d’Etat, fi fort conû fous lenom de Milord Dochester, homme d’un tres-grand mérite;la Reyne Elisabeth donna une bague au Comte d'EJfex dans laplus grande ardeur de fa passion,luy disant qu il la gardât bien-,Cr quoi qu il pût faire, en luy rendant ce dépôt, qu elle luy par-donneront. Depuis les Ennemis du Comte bayant emporté furt esprit de la Reyne, 57" d’ailleurs fe trouvant irritée du méprisque le Comte faifoit de fa beauté, que l'âge rmnoit, Elle lui fitfaire son procez : zV dans U temps de fil condamnation, atten-doit toujours qu’il luy rendit cette bague pour luy donner grâce,selon fa parole. Le Comte, dans la derniere extrémité, eut re-cours a la femme de l’Amiral Bavard fia parente, O 1 la fitsupplier par une personne confidente, de bailler cette bague â laReyne en main propre ; Mais fin Mary , l'un des ennemis capi-taux du Comte, à qui elle le dit imprudemment , l’ayant empê-j. f s'acquitter de fa Commission, elle consentit à st mort, in-‘gnée contre un esprit fi rogne esx fi altier, qui aimait mieuxT que de recourir â fa clemence. (Quelque tems âpres, cettemirale étant tombée malade, cr abandonnée des Médecins,onvoya dirç à la Reyne qu’elle avoit une chose de grande impor-3 nct , a ^ Ul dire devant que de mourir. La Reyne étant au che-r** f u ^ lt ,a y ant f att retirer tout le monde, l’Admirait luyd? U ì° rS semps cette bague du Comte d'EJfex , s’excusant* ne luy avoir pu donner plutôt , fur ce que fin Mari l’enleur* em f^ c hóe. La Reyne fe retira auffi-tót,frappée d’une dou-dut merte ^ e > fnt quinze jours à soupirer, fans rien prendrenuiss C0HC hant toute habillée, zr fe relevant cent fois lati 'I n ^ n e ^ e mourut de faim, V de douleur d'avoir confen-lin f erte s on Amant, qui avoit recouru à fa miséricorde.Qu Evc u C * ^ eî fautes de Mr. Moreri .] I. II ne devoir pas direde c à- à laissa dans l’Eglise les noms d’Evêques, Chanoines,des p"les Evêques de l’Eglise Anglicane ne font pointde vï, V T eS titulaires, ils exercent actuellement les fonctionsrairV pl C0 P at ' Lc ils ont fur les Curez les prééminences hié-Ue J qUes ss ui °nt lieu dans la Communion de Rome. II. IICath v Point exagérer à plusieurs reprises la persécution desom 1( î u es Romains, fans exprimer les actes de rébellionVoit m ex P°se r ent à cette tempête. Un fidèle Historien de-v ern ct arc l Uer en prémier lieu leurs complots contre le Gou-eii e ent de la Reine, Lc puis les châtimens rigoureux dontseroir mt Ces corn Plors. La transposition de ces deux chosessens Deefia- n °c re infi délité dans l’Historien (63) : il ne pourroitqu’unemt j lre Ptécéder les châtimens, s’ils n’avorent eteTome 1I com P lots - Q uclnom donnera-t-on donc à

la conduite de Mr. Moreri, qui suprime entièrement cescomplots? Une telle omission n’est pas simplement une fau-te, c’est un crime, c’est ce que les Latins nommeraient fee-lus, ou pour le moins flagitium. Je ne considère ici Mr. Mo-reri que comme Auteur, Lc st je l’accule d’un crime, ce n’estque d’un crime d’Historien. III. Le plus grand crime quel'on imposa à la Reine d’Ecosse, dit-il, fut d’avoir sait ses ef-forts pour sortir de sa captivité. 11 se trompe, on lui cn im-posa d’autres bien plus atroces. S’il avoit dit que ce fut leplus grand crime qu’on pouvoit lui imposer justement, il au-roit pu se battre en retraite, Lc disputer le terrain à la faveurdes Relations oposées que les deux panis publient ; mais c’estune question de fait que l’on décide invinciblement en troismots, que de savoir sur quoi les Juges se sondèrent. On n’aqu’à lire le Procès : Mr. Moreri ni fes partisans ne peuventtenir contre cela,ni alléguer un seul mot pour leur justification.IV. II n’est point vrai que Henri III ait apris avec déplaisirla mort de Marie, ni qu’il eût envolé Bellievre pour sauvercette malheureuse Reine. L’Ambassade de Bellievre ne futqu’une Comédie. Les Ligneux surent bien reprocher àHenri III d’avoir poussé à la roue pour faire périr MarieStuart (64). Mr. du Maurier a découvert le mystère ( 6 g). V.La Virginie n’est point une Ile. VI. Elisabeth n’est pointmorte le quatrième d’Avril, mais le troisième. VII. II estfaux que le quatrième d’Avril nouveau style soit le vingt-quatrieme de Mars selon le vieux Calendrier. VII. Le Régnéd’Elisebeth a duré quarante-quatre ans & quelques mois : ilne faloit donc pas dire qu’elle mourut après un Régné detrente-cinq années. Ce qu’il y a d étrange est qu’on n’a don-né que trente-cinq ans à un Régné dont on avoit mis lecommencement au mois de Novembre r558, 8 c la fin aumois d’Avril 1603. L’intelligence des Mathématiques n’a pasété en fait de Science le fort de cette Princesse , commel’assûre Mr. Moreri ( 66 ): je ne voi pas même que Monsr.Bohun qui marque en détail ( 67 ) les Sciences qu’elle avoitaprifes, lui attribue d’avoir jamais manié Euclide. Ce feradonc la IX faute.

(X) Le Pape Clement VIII tint des discours . . . desobli-geans ... ct 1 qui témoignaient qu’il n’étoit pas bien informé deïétat de l’Angleterre.) Voici ce qu’on trouve dans une Let-tre du Cardinal d’Ossat ccrite de Rome le 1 de Février 1795.„ Le Pape me répondit . . . que l’Angleterre avoit été con-„ quisc autrefois, 8c qu’elle le pourroit bien être à présent„ qu’elle étoìt peu unie en soi, pour la diversité de Religions,„ 8c regie par une femme vieille, fans mari, 8c fans fucces-„ scur certain: que cette femme devoit aussi meshui êfre au„ fond de fes finances,ayant fait plusieurs dépenses: que d’ail-„ leurs il avoit observé, que les femmes, qui avoient régné» longuement, 8 c aimé le déduit en leur jeunesse 8c en la,» vigueur de leur âge, devenoient puis après, en leur vicil-», leste, méprisées de ceux-la mêmes à qui elles s’étoient»> adonnées : Et m’allégua deux Reines de Sicile, qu’il disoit„ avoir vécu de même: desquelles l’une, en fa vieillesse,,, endurait d’être foutìetée pat un qui l’avoit entretenue en,, se jeunesse : qu’aussi croyoit-il, que cete-ci devrait être„ déformais peu estimée de ceux-là mêmes qui l’avoient au-„ trefois aimée 8c prisée: que lui 8c moi n’étions point st„ vieux, que pour toutes ces considérations il n’esperât que,, nous la pourrions voir un jour subjuguée (68) Mr.Amelot de la Houssaie fait trois Remarques fur cela. La Icontient ces paroles : Clement VIII étoìt assurément mal-ìnfor-mé de l'état d'Angleterre, qui ne sut jamais plus florissante,ni plus puissante par mer c T par terre, que fous le régné d'E-lifabeth: V Sixte V, son prédécesseur, parloit bien autrementque lui de cete Reine , dont il disoit à tous propos, Ch’era ungran cervelle di Principessa. La II Remarque consiste en ce-ci : „ Jeanne II , Reine de Naples 8c de. Sicile, fe laissoit ba-tte parle Sénéchal Giovanni Caracciolo, son galant: mais” à la fin elle s’en lassa, 8c le fit assassiner. Par où finissent„ ordinairement ces roiales amours ”. _ Volons la III Re-marque: fe ne fai pas, fi tout ce que Ion a dit ou écrit desamours ZV des amans de la Reine Elizabet est bien vrai-, matsil est certain, qu’elle n avoit point de vulve; zv que la mêmeraison, qui l’empêchait de se marier, la devoit empêcher d’-^i-mer le déduit. Elle pouvoit bien aimer, zv elle aima en effetpassionnément le Comte d Ejsex;mais de la maniéré qu elle éto'ttfaite, elle ne pouvoit connoìtre charnellement aucun homme,fans foufrir d'extrêmes douleurs; ni devenir grosse (69), fanss’expofer inévitablement à perdre la vie dans le travail de fa-rouchement. Et elle en étoit fi persuadée, q f un jour qu'ellefut priée avec des instances importunes , de vouloir épouser leDuc d’Alençon , qui la recherchait avec passion : elle répondit,quelle ne croioit pas être fi peu aimée de fies sujets , qu’ilivoulussent ïensevelir avant le temt.

(4f) Voiet, 'Lonïs d’Or-

leans, dansson Catholi-que An~glois, s- Ja»ques le n os-

W, a la fiagg4Z dt* 1 De-vis.

(6* ) Vans taPréface de setMémoires.

Votez, ta Cri-tique géné-ihIc deMatm-bo »rg. Lit-tri íl.

(66) Elleavoit une bet-te cvnnotjfan*ce de tontes UtA ciences } A»

se r tout desMathéma-tiques. M„.reri, Tom. f,

pag. m. 109 j.

(67) Carac-tère de )a 'Reine Eli-zabet h , pag^3 & Jitiv.

(6») Lettr.'d’Ossat,

Tom.l, pa£199 .

(6s)Vo!iz dá

dejfiti la Rg-mar^ac (