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Cins (C). Tout cela s’eft perdu. J’ai parlé ailleurs (/) du jugement que l’on fit des longues Haran-gues qu'îl inféra dans son Histoire. On fe moqua bien de lui fur la maniéré dont il fie mention deiu patrie (D). II laisia un fils dont je dirai quelque chose (E). II ne tint qu’à lui de íuivre la
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Eù^ ííl0? p 0ur Y’.'iptpoi dans Cleraent Alexandrin , 8cv e „ Par une semblable faute nous trouvons Eílpopo 5 au lieuP_ l î > of55 dans D.ogene Laërce à la Vie de Thaïes. II croituiii que l’Euphorbus de la Chronique d’Eusebe (46) n’estutre que notre Ephorus, que l’on a d’abord changé enu-uphorus, & puis en Euphorbus. II est sûr qu’Eusta-1IUS ,Í47). apuié fur le témoignage d’Etienne de Byzance,, C1 te un Euphorus qui se nomme Ephorus dans le Livreo"ì ,? et Etienne (48). J’adopterois facilement l’opinion de
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, , car il ne. faut jamais multiplier les Auteurs non
plus qu’aueune autre chose lans nécessité.
- voilà bien des minuties, me dira-t-on. Oui, repondrai-I e ; mais qui se trouvent dans les Ouvrages des plus savansunîmes de ce siecle. C’elt une fatalité inséparable de laCritique , 8c n’en déplaise aux Censeurs , je ferai encoreme Remarque de même nature. Quand le nom du mêmeonvain est raporté fi diversement dans un Ouvrage, qu’illernble qu'on puisse juger qu’il s’agit là de plus d’un Au-eur , st ne f aut p. as to ûjours s’en prendre aux Copistes, laaute peut fort bien être dans l’Original : ne doutons point1 U Athenée n’ait pu écrire tantôt Eiípogcç tantôt E’js°^?,3 u °i qu’il eût en vue le même Auteur. On m’avouera qu’ile trouveroit aujourd’hui des Ecrivains, qui aiant à parleruu Pere Bouhours dans un Ouvrage de longue haleine, lettomnieroient quelquefois Bours , quelquefois Eoiiours , quel-quefois Bohours. J’ai vu des Lettres écrites par d’habi-Jes gens où tel nom propre étoit orthographié tantôt d’u-ne façon 8c tantôt d’une autre , tantôt Bordeaux ou Tho-mfe, 8c tantôt Bourdeaux ou Toulouse. Voiez la Remar-que ( b) de l’Article Demetrius, 8c l’Article Durera ía fin.
(O) L’on fit un Livre . ... oh l’on marqua fies larcins . jEusebe nous a conservé un beau fragment du I Livre deorphyre 7 rzpt OiÀoXoyíctp cty.eoÁTi{aç , de erudito auditu .Ou voit là une Dispute entre deux Savans dont l’un préfé-r °it Ephore à Theopompe ( 49 ) , & l’autre traitoit Epho-m de Plagiaire, 8c l’accusoit d’avoir pris de Daimachus, deCallisthene, 8c d’Anaximene jusques à trois mille lignes mot-a mot. AÙti» 7 ç ?ii£ecriv íV?)» oie ïas? /níraiiêévTof
Tria nonnunquam verfiuum milita totidem verb'ts inJ “fi transtulcnt ( 50 ). Je ne trouve point que son Adversai-re nie le fait, il se contente de récriminer, il dit seulementque Theopompe a été un grand Plagiaire. On verra dansUn autre lieu ( ;i ) ce que c’est. Porphyre quelques pagesaprès assure qu’on avoit deux Livres d’un certain Lyfima-c hus nepi tï? b’tpópn y-Xonro , de furto Ephori , 8c qu’AlcéePoète satirique avoit censuré d’un air moqueur les voleriesà cet Historien.
II fe présente ici une petite difficulté. Daimachus, l’undes Auteurs qui selon Porphyre furent pillez par Ephore,fut envoié en Ambassade à la Cour du fils d’AndrocottusRoi des Indes ; il a donc vécu après Ephore, 8c par con-séquent Porphyre se trompe. Voilà une raison chronolo-gique dont Voffius (51) s’est servi pour réfuter Casau-oon (53) > qu) a cru que le Daimachus volé par Ephoreest celui qui étoit natif de Platée, 8c que Plutarque (54) 8cAthenée ( 55 ) ont cité. II est sûr que celui qu’Athenée citeavoit fait une Relation des Indes, 8c qu’il étoit de Pla-tée (56). II est donc certain que celui dont CasaubonParle ne difere point du Daimachus qui fut qnvoié aux In-âea (57), fous le Régné d’Allitrochade fils d’Androcot-. .(58)- II s’agit donc de savoir si Ephore a pu être Pla-giaire d’un tel Daimachus. La Chronologie , dit-on , ye Pugne , car Androcottus régnoit aux Indes lors que 8e-d!* CUS ^lissoir les fondemens de la puissance qu’il obtintepuis (59). Voffius trouve très-forte cette raison, Cavei’tur putes, dit-il (60) après lavoir alléguée, Ephorum ple-hujus Daimachi in hiftoriam fuam totidem verb'ts tran-J ^ rt Pj l jfe . . . nam Ephorum tanto ejfe antiquiorem fiatis ex ïis ,fors. J ll P r f diximus, liquet. Pour moi je ne la trouve pointtem E P h °™ étudia l’Eloquence fous Ifocrate en mêmeans Theopompus. Celui-ci n'avoit que quarante-cinqvi t r > lors qu’Alexandre le fit rétablir dans fa patrie. Ilcroirn'i C ^ ne è Ptolomée en Egypte. Pourquoi donc nement V 0I Í P as qu’Ephore vécut jusques à sentier établine-cfie a ^ a Monarchie de Seleucus ? Rien ne nous empe-& que ri • er 3 u " e E Règne d’Androcottus fut assez court,aux” n j Uaim achus étoit avancé en âge lors qu’on l’envoia'E 65 • B pouvoit donc avoir publié des Histoires avantenvoiât. Ephore pouvoit les avoir lues , 8c ne
qu’on l’y 'faire
-'Uie pas plus de difficulté ^ ? m u ne fom point du toutd’Anaximenes son contemporain- p^ore pilla l’Histoireprétendre que Porphyre ajt cru q V entendu sans doutedes Indes composée par DaimachU • ^ r - el yppistoive desquelque autre Ouvrage , comme {{ , ue à ce Daima-
Grecs attribuée visiblement par 1 uMicis machinamen-chus (6z), qui fit aussi un Traite ^ Religion (64)-
T fi (6)j, 8c peut-être même un I . Otites ces choses.Si Mr. Ménagé ( 65 ) avoit bien ex»®®. Elle a été aussiu nauroit pas adopté l’opinion de v gj l’on J at-
adoptée dans le Recueil des Plagiaires v q n'a aucuntend des méthodes d’absoudre Porphyre, ^ m p rc .
uefoin. ìladem reprehenfio in Porphyrtlint aue nílatn /wjf evocat Cafaubomts nìst vel doceant erudtti aim» 1TOME II.
Daimachttm Ephoro fiupparem aut antiquiorem , vel nomenDaimachi apud Porphyrium fuifie corruptum (67). ,
Au reste , tous les curieux doivent savoir gré à Eusebed’avoir sauvé du naufrage un ii beau morceau de Porphy-re : mais il me semble qu’il ne devoir point l’emploier dansun Ouvrage intitulé Prœparatio Evangelica ; car dequoi i'ert-il, ou pour l’avantage de la Religion Chrétienne, ou pourla confusion des fausses Divinitez , que les Auteurs Grecsaient été Plagiaires les uns à f égard des autres ? N’est-cepas une coutume de tous les pais, 8c de tous les tems ? LesPeres de l’Eglise ne prenoient-ils pas bien des choses lesuns des Ecrits des autres? Ne fait-on pas cela tous les joursde Catholique à Catholique, 8c de Protestant à Protestant?Eusebe a été plus judicieux quand il a fait voir que lesGrecs avoient été Plagiaires à l’égard des Barbares (68):cela sert de quelque apui aux Histoires saintes. D où l’onpeut conclure en paflant qu’il étoit moins désavantageuxaux Grecs de s’être pillez les uns les autres, que d’avoir pilléles richesses étrangères. Ce désavantagé est une exceptionaux réglés communes. Le Marin difioit que prendre fur ceuxde fia Nation , c estait larcin : mais que prendre fur les F.stran-gers c estait conqueste ,Z 7 je pense qu’il avoit raison. Nous nés -tudions que pour aprendre nous n’aprenons que pour fairevoir que nous avons efludié. Ces paroles font de Mr. de Scu-deri (69). si j’ai pris quelque chose, continue-t-il, dans lesGrecs ey dans les Latins , je n ai rien pris du tout dans les Ita-liens, dans les Espagnols, ni dans les François: me semblantque ce qui est estude chez. les Mnciens est vollerie chez. les Mo-dernes. La Mothe le Vayer est du même sentiment, car voi-ci ce qu’il a dit dans l’un de ses Livres : „ Prendre des An-„ ciens 8c faire son profit de ce qu’ils ont écrit, c’est comme„ pirater au delà de la ligne ; mais voler ceux de son fiecle„ en s’apropriant leurs pensées 8c leurs productions, c’est ti-„ rer la laine aux coins des rués, c’est ôter les manteaux fur„ le pont neuf (70) ”. Je croi que tous les Auteursconviennent de cette Maxime, qu’il vaut mieux piller lesAnciens que les Modernes, 8c qu’entre ceux-ci il fautépargner ses compatriotes preferablement aux étrangers.La piraterie literaire ne ressemble point en tout à celle desArmateurs. Ceux-ci se croient plus innocens lors qu’ils exer-cent leurs brigandages dans le nouveau Monde , que s’ilsles exerçoient dans l’Europe : les Auteurs au contraire ar-ment en course bien plus hardiment pour le vieux Monde,& ils ont lieu d’esperer qu’on les louera des prises qu’ils yferont. „ Celui qui a fait des Annotations fur la Hierusa-» I em du Tasse a creu lui faire honneur en faisant remar-„ quer dans son Poème deux ou trois mille endroits imi-„ tez de divers Auteurs : 8c les Commentateurs de Petrar-„ que 8c de Ronsard ont aussi fait la même chose (71)Tous les Plagiaires quand ils le peuvent suivent le plan dela distinction que j’ai alléguée: mais ils ne le font point parprincipe de conscience, c’est plutôt afin de n’être pas reco-nus. Qu’un jeune Ministre François fe serve des Prédica-tions de Mr. Daillé, ou de celles de quelque autre Minis-tre de la Nation , cachera-t-il son pillage ? Ne doit-il pascraindre que les Auditeurs ne sachent bientôt d’où il a prisce butin ? La prudence veut donc qu’il les dépasse, 8c qu’ilse pare des ornemens d’un Prédicateur Anglois. Malheurà lui néanmoins, s’il y a une trop grande disproportion en-tre ce qu’il vole, 8c ce à quoi il le coût (71). Elle faitjuger aux conoisseurs non feulement qu’il est Plagiaire, maisauffi qu’il l’est mal adroitement. Ils se persuadent qu’il agâté une excellente matière 8c qu’il l’avoit dérobée puisqu’il y a mis une si mauvaise forme (73). Le meilleurremede à cela ne vaut rien du tout. Ce seroit de débi-ter , sans y rien changer, ce que l’on emprunte ; mais c’esten ce genre-là le souverain crime: L’on peut dérober à lafaçon des abeilles fans faire tort h personne, mais le vol de lafourmi qui enleve le grain entier ne doit jamais être imité (74).Si vous aimez mieux cette Pensée en Latin lisez ce quisuit: Multum intereft apum more circumvolitans agilts Thymaex variis floribus odorem excerpas , an vero ìgnavum fucos pe-cus imitando mel ex alveari'ts fuffurerts. C’esl-ce que Frisch-lin représentoit à son ennemi.
(D) On se moqua bien de lui sur la maniéré dont il fitmention de sa patrie. ] En ce tems-là, dit-il, la Ville de Cri-me étoit en repos. Xr.ázrTSTat êè ;MÌ ô k v 2>opoí S tint TÏ;ç mx.-içiccç ùx ’i%m içyù Ççáéjetv £» fií í tapiBy.mt rav aXXmob f«ív cùiï as áfiwnóvevsoii abris ùsai âíXus , ou-Ttyç cmp&isst. ÌCarà áb ros aoros y.atoov K.vptatot raç zcv%taç
b/os. Ephorus notatur fals'e, quòd in rerum gestarum enttme-ratione cum nihil haberet quod à fuis diceret ablum,^ esc tamenpatrie, vellet mentionem facere, ita acclamaverit : Eo tempo-re quieti erant Cumsei (75 ). N’eût-il pas bien mieux valune rien dire de ce Peuple, que de le faire paraître fous uneforme si peu honorable ?
(£) ll laissa un fils dont je dirai quelque chosefi Ce filss’apelloit Demophile, 8c étoit homme de Lettres, car oncrut qu’il avoir mis la derniere main à l’Histoire de sonpere, c’est-à-dire, qu’il en avoit achevé vers la fin ce qu’E-phore avoit laissé imparfait. De là vient qu’Athenée (76)aiant à citer le dernier Livre de cet Ouvrage , paraît in-certain s’il doit le donner à Ephore , ou à Demophile. LePere Hardoiiin n’a pas bien compris cela; car il supose (77 )’Lz x qu’A-
( f) Dms Id
"pimarq. ((,')de /*
Thho-
POMPE.
(67 ) íllO-masius, dePlagio Lite*ratio, pag.l3o.
Çfi8) Euscb.înp. E-vang. Libr,X, Cap. V.
Otsíi-V » T I O N Sfur les di-vt ; fes ma-nières duïiagiaiisme.
( 69 ) Scude-
ri, Préfacea’Aiant:.
(70) LaMothe leVayer, LettreCX XXIX,pdg. 261 dteXII Tome,
( 71 ) Scude-ri, Préfaced’Alaric,
(72) Purpu-reus, latc quifpltndeat une tìr ttlrerajfui *tur pannus.Horat. deArre Poët.
Ii-
(73) ggíbene vertend»tir easdemdeferibendamaie , exGracìs bonisLatinas fecitnon bonds,
Teremius,
in Prolog?
Eunuchi,
V. 7.
(74) LaMothe leVayer, Lettreex XXIXdu XII To-me, p ag. 26 a.
( 7 î)Strabo,Lit,r. XIII,pdg. 42S.
(76) Athen.Libr. VI,Cap. IV, page232.
?77) Har-duinus, inIndice Au-torum Pli-nii.