E P I C U R E.
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dans Pile de Samos ( -). C’est ce qui fie qu’Epicure pafla dans cette Ile les années de íbn enfan-ce - Il ne revint à Athènes qu’à l’âge de dix-huit ans (c). Ce ne fut pas pour s’y fixer , car à Pâ-gc de vingt-trois ans il alla trouver son pere qui demeuroit à Colophon, & depuis íl séjourna endivers endroits avant que de fe fixera Athènes, comme il fit à l’âge d’environ trente-six ans (d).H ^ mit à ériger une Ecole dans un beau jardin qu’il acheta (e) : il y vécut avec lés amis forttranquillement, & il y éleva un grand nombre de Disciples. 11s vivoient tous en commun avecleur maître (Z>) , & l’on n’avoit jamais vu de socicté mieux réglée que celle-là. Le respect: que
. ses
i,d) Vâtez,Gassendide VìtaôcMorìbusEpi cuti,Libr. I, CapìUs.
( e ) Laërt.tn Epicuio,Libr.
num . io.
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^ ou l'on peut recueillir en passant que les Vaugelas, Scies“ouhours ont plus de raison qu’on ne pense , de recom-mander un arrangement de mots qui exclue jusqu’aux. indres ambiguitez. Naudc avant Gassendi avoit corh-Q s cette faute. Neodes, dit-il (14) , disoit à la louange d’E-Hom * s on srere, que lors de fa génération la nature avoit aflem-
a t0Us . ^ es atomes de la prudence dans le ventre de fa mere. IIsoìí^' 5 . dair que c’elt une Paraphrase bien libre du Grec de Plu-
(j , J r< l u , e ’ ou plutôt que c’en est une falsification. Le P. Ra-
*ìon S ; s . e ^ égaré encore plus. Epicure, dit-il (z;), étoit na-
fhilòso ' lre ‘-[ement sage, puis qu il étoit Philosophe jusques dans le plai-tWe, f J‘ r ' *1 àoir st éclairé me son frere Niocles dit dans Plut arque,
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e la nature avoit assemblé tous les atomes de la sagesse cr descience pour composer sa personne , pendant qu'U dit lui-mê-' qu’il ne sait rien. Ce qu’il y a ici de rare, est de voir que
361
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í ’ 1 Noíîí? *° n a Hvgue comme une preuve de la modestie d’Epicure,>f S d « la 0 stue Plutarque avoit allégué pour le convaincre d’orgueil.J'Nrtique On iupose qu’il rejette très-humblement les éloges que íbntere présente, & c’est lui-même qui se donne ces élo-
f* S ' ® es dans l’Auteur qu’on cite. Tant il est vrai que quand
,l! sfiwcr Q vtre assuré du sens literai Le original , on s’expose à d’é-
irlssfi n ai fanges menteries !
w Mr. Chevreau a suivi Terreur de Gassendi, & du Perer®* Rapin. _ ' '
' s. / re.] Lacrce (26) témoigne qu’Epicure avoit tant d’amis,0(1'^ les villes mêmes n’auroient pu les contenir. On al-
Ai, ?it à j ui toutes j es viu es de la Grece, & de l’Afie (17).
> X iamu.ll VJU Vil >- XX vu »1<11 VIU qmuiu
. ... 011 s amuse à apliquer des Passages pris hors de ía source ,
nc ùìt'‘ M’on se bazarde à en tirer des conséquences avant que
^ mfìiiucr ^ CtsC ílíîVlPC du ÍCP 0 n n (hml ah e’avn^rn «
lï’ssft Hat tra . n ges menteries !
Chevreau a _, ,
Voiezla 2 page du I Tome du Chevraana.
(2) Ses disciples vivoient tous en commun avec leur mat-
m 0t ^ êc 1ÍÌWÌXV, 1U1 W- ■*- ja m.
ti^.f-picu- de Lampsaque , où il avoit professe la Philosophie (29),C V. lui en envoioit beaucoup. II ne voulut pas imiter Pytha-
(j 8 . ’ goras, qui enscignoit qu’entre amis les biens doivent être
communs: i\ trouvoit qu un tel établissement marquoit detarch^ îlu - la défiance (30), Sc il aimoit mieux que les choses fussent, ' fur un pied que chacun contribuât volontairement aux be-
< t "" lc, ins des autres quand cela étoit nécessaire, II est sûr que
ht> n L**’, cette idée aproche plus de la perfection que ne tait 1a com-
“kas. munauté de biens, & qu’on ne sauroit assez admirer 1 u-îji°n des Disciples d’Epicure , 3c l’honnêteté avec laquelleVo,, ^ » ils s entre-aidoìent, chacun demeurant le maître de son pa-
'• trimoine. Voici un beau Passage de Cicéron. De qua
samrcitia) Epicurus quìdem ita dicit , omnium rertim quas adbeate yivendum sapientia comparaverìt , nihil ejse tnajus amici-*ia, nihil uberius , nihil jucundius. Eieque vero hoc oraitone so-um,sedmtdto magts vita,cr moribus comprobavit.Quod quàmMagnum fit , fiels yeterum fabula déclarant , in quibus tamì nultis tamque vartis. ab ultìma antiquitate repetitis, tria vixatnicorum paria reptriuntur , ut ad Orestem pervenias prosettusa X heseo. At vero Epicurus una in àomo, c/ ea quidem angus-IjUlCìc*^ ta 1 quàm magnos ,quantaque amoris conjpiratione consentientesamiconm greges ? ffjuod fit etiam nunc ab Epicureis (31).Xx"' 1 ’ up. Qu on nous vienne dire âpres cela que des gens qui nient lac rovidence, Lc qui établissent pour leur derniere fin leur pro-.satisfaction ne sont nullement capables de vivre en so-dete, que ce font nécessairement desjrraîtres, des fourbes,
7pte même lui envoioit des Disciples (28). La ville
des
empoisonneurs, des voleurs,8cc. Toutes ces belles doc-
Eí
r -«v/nu^.iU3 9 vi^o V vaìvwi-h JV-Cii Denes QOC-
ines ne sont-elles pas confondues par ce seul Passage de Ci-eron ? \Jne vérité de fait, comme celle que Cicéron vientu attester__ r ■ ”* - J -
1 "* mens
fta-
, r . ,',a nas cent volumes de raisonne-
ter > ne renverfe-t-ell P d’Epicure dont 1a moralespéculatifs ? Voici la secte y e nullement de-
• «' uien? Ue sU ^ kS deV f rS d r r ?ès lU 8c nous allons voir qu’au, . m s>. sentie pendant quelques siécles . oî n _. n ii PS d e aue-
‘■''tíìT Q* ^ lle ìes Sectes les plus devotes étoien à'une paix
Epieu,!-" ' ah te es ^ de partialitez , celle d’Epicuve; 3 contra-
{CÏÏs: P^fonde. On y suivoit sans contestations , kns contra _
dlct;1 ons, la Doctrine du Fondateur (32). Dole ? f . amIV, ' e °[. (fuccessores Platonis) omma molttos non #1^,,le »(lum' 1S ' 'j 6 ’ at ^ ue xnt egram in omnibus cumPlatone consens j,
'J* dennt - Et ea quidem Plato dignus erat, qm magno tUo P<j'tV E ?°- & ora Ut tnelior non suerit , non suit tamen fortajje à"or.11 > eJ , cu ; vem discipuli quod seamû omnes ac veneratt ^
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r .... quod fequuti omnes ac vencratífuerint,td etiame Ztre potiffìmum ut íummo apud omnes tn preno habeatur. Hoc
ipfum nie H, f> ut J u :ii; aí iidem, sei tamen cum tntelhge-r T F -Í)f‘ r tt,perpcram tlh f>f e ™ 0 ’j ístdere vi si sunt, sedpo-“ e, »“tcU J* 1 ’ nallíl unquam tn re ab EptW j■ ■ . jJ nr. : ure
m ,US eac, -em omntno se cum Saptcnte f f Unoisìmo âeinccPs
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’«■ oT r ' eod d í°. C0n fiv mtt EptmetftW*> *., tJmimffe attincat ,«« JrZ KplCW0 tantìUllm ^ Vtûus impietatis ille dam-
ÍTn ní e / me ' Im ° ( celens a P ud m ’ ^ Ltare nemo prorsus id au-
Ur , qm novt qutpptam mvexerit. A. omnium inter fe
o, ‘ at ' Se<l eorum dogmata ob confiantem tranquillis-
ai ■ :? P.VPttuamque concordiam , in altijfìma qu& tu \dam K eipu-Oìu a f c <” face verfantur. Ita h&c V.picttri feff* 1 v -rr
bhu P‘rsimUisest, ’ .
Xx v’ ' ‘Ijfdam una ’eo^ ’ ^ u . am ap omni seditione remotiffimam , mensfit. “tftiplinam ey unaque fententia moderctur. Quam illi
tíir etiamnutn 1T s e< i uut ' t fant multi perlìbenter, v 1 fiquun-' 1 U ° a ^ eo > »t fimillimum veri est , in poste-
rumsequentttr. At Stoicosinter saSliones extitere,qiu ab ipsts eo- N Ume ^rum commijfi Principibus,ad nos risquepropagata sunt (3 31-Voilà nìus apudce que dit un homme qui vivoìt dans le 11 siécle : l’union EuscE Frai-des Disciples d’Epicure s’étoit conservée jusqu’à ce tems-là , P"-& ne paroissoit point menacée de quelque revers. C’est ce c.Lv,pasque Numenius témoigne. Sa Conjecture n’a pas été de- 727 . ’mentie que je sache.
Parlons ici d’une chose que j’ai promise dans les der-nieres lignes de T Article de Carneade. L’une des accu-sations intentées à Epicure fut d’avoir parlé satiriquementdes plus illustres Philosophes. Diogene Laërce (34), vou- f 34 ) Laë«ílant montrer que c'étoit une calomnie insensée, se conten- utn. x ,te de dire qu’on avoit des témoignages sufisans de l’honnê- »* m -teté , 8c de la débonnaireté extrême d’Epicure envers toutle monde. II allégué les statues d’airain érigées à ce Philo-sophe , le grand nombre de ses amis , rattachement im-muable de tous ses Disciples, Le la succession perpétuelle deson Ecole. II dit que les Leçons d’Epicure furent un chantde Sìrene, qui captiva tous ses Auditeurs, excepté Metrodorede Stratonice, qui le quitta pour s’attacher à Carneade : o'írt
yìagty .01 7TLT7-; , 'lAç poyuxuxiti^ etirrn o-iisf-l ■SJPor.cc T'X‘r'xi~ibeVTtç, M.OTÇoè'd)Çtí TiS ^ 7 pce- 70 VlKÌaç STpOç Kupvlábílìl U 7 S 0 -
yjup ;í«í»T«ç , raya, stagv'iftínoç, 7«îç «vuxsf j3A'<roi j uùrH ■■pyçó-
7 r, 7 tíi. C’est-à-dire, selon la Version Latine imprimée avecle Grec de Diogene Laërce, Praterea omnes discipuli quos il-lius dogmatica syrenes occuparunt : pr/iter ttnttm MetrodorumStratonicensem , qui ab illo se ad Carneadem contulit : cui fortegravis erat viri incomparabilis bonis as. Selon cette Traductionla bonté extraordinaire d’Epicure fut cause que ce Metro-dore le quitta. Ce sens choque d’abord les Lecteurs ; maisil s’acorde parfaitement bien avec le but de Diogene Laër-ce , & quand on a fait une serieuse attention aux bizarre-ries du cœur humain , on ne trouve point incroiable qu’ily ait des gens qui se trouvent rebutez , importunez , 8c fa-tiguez de l’exceílive bonté de leur bienfaiteur. C’est pour-quoi si Ton supose que Diogene Laërce a voulu dire queMetrodore , qui de tous les Disciples d’Epicure fut le seulqui Tabandonna, ne le fit peut-être , que parce que les tror>grandes bontez d’Epicure lui étoient a charge, on trouve-ra un raisonnement suivi, & un fait assez possible ; on trou-vera que la désertion même de Metrodore sert à prouver1 humanité incomparable dont il s’agissoit d’aflùrer la louan-ge Lc la possession à Epicure. Mais comme il arrive plusírequemment fans comparaison que les marques excessivesd’amitié attirent les gens, qu’il n’arrive quelles les éloi-gnent , il y a une interprétation des paroles de Laërce mil-le fois plus naturelle que celle qui a couru jusqu’ici ; c’estde dire , que Metrodore ne fe sépara d’Epicure pour s’atta-cher à Carneade , que parce peut-être qu’il fe trouva acca-blé du poids des bontez que Carneade avoit eues pour lui.
Cette interprétation est moins favorable au but de TAuteurque la prémiere, Lc néanmoins elle ne le traverse pas beau-coup ; car si vous fuposez. que rien ne débaucha Metrodoreque l’amitié extraordinaire, Lc que les caresses excessivesde Carneade, vous ne pourrez pas soutenir que sa désertionébranle ce que Ton a dit du bon naturel d’Epicure, Lc qu’ona prouvé entre autres raisons pár l’attachement fidelle deses Disciples. Ainsi rien n’empêche que nous ne prenionspour plus naturel ce nouveau sens des paroles de DiogeneLaërce. Ce n’est pas peut-être ce qu’il a voulu dire , carcet Auteur n’aiant guere plus d’éxactitude dans ses raison-nemens que dans ses récits , on peut fort bien se tromper,en lui imputant les pensées qui semblent avoir k plus gran-de liaison avec ses phrases. Quoi qu’il en soit, faisons sa-voir au public que Mr. de k Monnoie est TAuteur de lanouvelle interprétation qu’on a vue ci - dessus ; mettonsici TExtrait d’une de ses Lettres. ” Je fuis persuadé avec„ Gassendi, que lors que Diogene écrit, que de tous les„ disciples d’Epicure , Metrodore est le seul qui le quitta,, pour s’attacher à Caméade, on ne doit pas entendre que„ Metrodore ait été auditeur d’Epicure , mais simplement,, qu’il a été le seul Epicurien qui ait changé de secte, &
,, renoncé à 1a Philosophie d’Epicure pour suivre celle de„ Caméade. Mr. Ménage déclaré qu’il seroit volontiers„ de ce sentiment sans ces mots de Diogene , rjyf,, 3-fvroç 7 clic, àtv 7 rsçstX>) 7 oiç uòrS yprcorrmr, p 3 C OU il paroit ,
,, dit-il, que , nonobstant toutes les explications de Gas-„ sendi, if faloit que ce Metrodore fust contemporain d’E-,, picure , puisque ce ne fut que pour se défaire des hon-„ nêtetez fatigantes d’un si bon maître desquelles il étoit„ accablé, qu’il cessa d’eslre Epicurien & passa de ce parti à„ celui de Caméade. Mr. Ménagé ni Mr. Gassendi n’ont„ pas vû que le véritable sens du passage de Diogene estque si Metrodore, d’Epicurien qu’il étoit auparavant de'vint sectateur*de Caméade, ce ne fut peut estre’qu’à
— r —. qu
„ cause des bontez fans bornes dont celui-ci l’accabloit. Le (,;) ta„ pronom aòtS qui doit estre entendu de Carneade a été Monnoie,„ jusqu’ici mal raporté à Epicure , 8c c’est ce qui a lait *Q ma:qt ' =„ tout Vembarras (3s)
Z z 3 Ceux