ERMITE.
(a) Valet.André,Eilvioth.Beig. gag.ISS.
(i) Christo-phe Arnoi-dus /,? ci lehonorable-ment dans laVie de MarcVell'erus.
(t) EpistolaXCVII,/wg.*43 Edit.Francof.161 ». IIécrit cela À
Casaubon.La Lettreeft daiée du15 d'.ylaíc! :Fannie ymantjue ; c'estlâoz.
(0 Tn ClaviEpistoía-rum Scalï-geii, pag.
U t Opus-culorum,Edit. Vltraj ,IÍ651.
(4) Z’rgeèatestimas <Ttoi ob fer-vataijstnmsEremita nos-ter. Casaub.Epist. adScaligetum.
C'ejì ta CC
Lxxxin,
pat.- 324Edit. Gra-•viana r 65 6:elle fut écriteeut mois deFévrier >6oz.Ego illumfcmper tuamaxime gra-tta babnicba -rijsimum , cfquibascunquepotui offuiisfum prosecu-tus. Idem,Epistola
CCLXXXVad eumd.Scaligerum.
ft) Idem ,Epist. CCEXXX 1 V.
f 6) Idem ,Epist. CC1 XXXV.
( 7) Idem ,
Epist. CCLXXXVI,datée P onziè-me d' .AvrilISoz.
ERMITE (Daniel l’) en Latin Eremita , natif d’Anvers, & Sécrétaire du Duc ácFlorence (s J , vers le commencement du XVII siecle , étoit une aíïèz bonne plume (xi) } niaisses mœurs & fa conduite ne répondoient point à la profession des belles Lettres à laquelle il s’e-roit voilé. Scaliger a volt conçu assez d’estime pour lui, & l’avoit fort recommandé à Caiàu-bon j de quoi il lé repentit peu après (B) , aiant fu que ce jeune homme s’étoit fait Catholi-que. Calaubon a parlé assez amplement de cette Avanture (C). Ce changement de Religionn'empêcha pas que l’Ermite ne conservât de bons fentimens pour Scaliger. 11 le témoigna publi-quement après même que Scaliger fut mort; car il écrivit pour lui contre le terrible Scioppius (D)-L s’en trouva mal : Scioppius le réfuta à fa maniéré, c’elt-à-dire en publiant mille Con-tes diffamatoires concernant la vie de Daniel l'Ermite (E). Celui-ci mourut de la vérole a,
Li-
(A) C'étoit une assez bonne plume .] Le Panégyrique duDuc de Florence qu’il publia lan 1608 fut estimé. L ’Epis-tolica Relatio (i) de Itìnere Germanico quod Legatione magniEtruria Ducis ad Rodolphum U. Imp. Prmcipesque Z? Respubli-cas aliquot Germanist anno 1609 peraâlum fuit , Sc fa Lettrede Helveticorum, Rhetomm , Sedonenfium Situ , Republica , zyMotibus, méritent dette lues. Voici le jugement que Sca-liger fit de lui (l) : <§Luas ^ literas ) ad te ab * * * scrìptasmihi m'tfisti aliquam bona frugis spem faeìunt. Interest illudingenium quibttsdam finibus coérceri, in quibus fi contineatur zyillam luxuriem depafeatur nihil ab eo ntfi bonum expeètandumeft. Ses Vers Latins furent insérez dans le II Tome desDelices des Poètes Flamans.
(B) Scaliger . . . l’avoit fort recommandée Casaubon ; dequoi il se repentit peu âpres , aiant su qu’il s étoit fait Catho-lique.'] Nous venons de voir ce qu’il écrivit à Casaubonle 15 d’Août 1603 , & voici-ce qu’il lui écrivit le 8 de Dé-cembre de la même année. P r oh facims indignum ! quidde * * * audio ! adeo immutatum ingenium ejus, ut alius abeo quem tibi commendavì difeederet ? Me ver'o stipitem qui in
aliis à^v^ÀÍorri îç fum, in ifto ifivá-erie-a,, tnóf>Àao-o-ov .
Nefcìo an unquam quicquam mihi accident quod aut juftiusaut gravites doluerim , tum quia in tlla atatula vulpem non de-prehenderim, tum quia k me exprejferit ut se tibi commenda-rem. Sed vs. illi qui in te ingratus fuit , z? me hominem ftul-tum qui vulpem non hominem tibi commendavì. Obstrinxeratme aliquo prìvato beneficio , non t amen quod aquaret comitatemqua illum amplexus fum, sed t amen {que. eft orpoêuitíu mea )quantulumeunque ejset quod mihi prestìtiffet pro magno benefi-cio habuì, neque potui illum splendidìus remunerarì quam fì illiportam aperirem ad amìcìûam tuam. Je croi avec Mr. Colo-miés (z) qu’il s’agit ici du changement de Religion de Da-niel l’Èrmite; mais je ne sai pas pourquoi ceux qui pu-blièrent les Lettres de Scaliger ménagèrent la mémoire dece personnage , en faisant mettre des étoiles à la place deson nom. Ils réarrangèrent pas bien les deux Lettres oùil est parlé de lui; car ils comptent pour la XCVII celleoù Scaliger juge de cet homme ce que l’on a lu dans laRemarque précédente, 8 c ils comptent pour la LXXXVIIIcelle où il en dit ce que je viens de citer. Mr. Colomiésqui a cru qu’il s’agit de Daniel l’Ermite dans l une & dansl’autre ,. devoir bien s’apercevoir du mauvais arrangement ;car selon sa suposition il est visible que la Lettre XCVIIest antérieure à la LXXXVIII. Cela est visible par un au-tre endroit. Scaliger dans la XCVII avertit qu’il a reçule Commentaire de Casaubon sur l’Histoire Auguste , &dans la LXXXV il marque qu’il a déjà averti deux fois dela réception de ce Livre ; il est donc certain que la Let-tre XCVII fut écrite avant la LXXXV. Or celle - ci estdatée du 19 Septembre 1603 ; il faut donc , pour supléerla date d’année qui manque à la Lettre XCVII, ajouter 1603au XVIII Kalend. Septembris marqué par l’Auteur. C’està quoi n’ont pas pris garde ceux qui ont publié ces Let-tres; ils ont mis celle-ci parmi celles de lan 1604 , assezloin de la Lettre LXXXVIII datée du 8 de Décembre1603.
(C) . . . Casaubon a parlé assez amplement de cette Avan-ture. ] II conçut de l’amitié & de l’estime pour ce person-nage sur la recommandation de Scaliger (4) ; il lui procuraune condition, & il travailloit à le faire entrer Précepteurchez Mr. de Montaterre. La chose étoit presque conclue,quand l’Ermite trouva moien de se fourrer chez. Mr. deVie qui se préparoit à l’Ambassade de Suisse. Mr. de Vieétoit un fort honnête homme ; mais extrêmement attachéaux menues dévotions de son parti, 8 c frappé de l’humeurconvertisseuse : Eft autem Vìcquius optimus vir quidem zy£v to?4 u-áxicce ipiX0y.ee .>. 05 , sed superftitionìbus rSo i’í ivccvTueçsupra fidem obnoxius ( 5 ). II eut bientôt gagné l’Ermite ;une seule Conférence avéc un des grans clabaudeurs de cetems-là en fit la raison. C’est de quoi Casaubon ne se pou-voir pas consoler. II conoissoit la force du Convertisseur,& celle du Converti : il savoir que l’Ermite étoit plus docteque le Moine Portugais; & cependant il aprit que du pré-mier choc le Moine terrafla l’Ermite. Adolefcentem orsop7-cì uicf '.çuiTx ìv0vf : zsr bette doHum ab imperiûjfimo piano cuinullus ineft mêlions eruditionis sensts prima congrejfione devic-tum efte , indignisfime sero {€). Mais il découvrit bientôt laraison d’une íi petite résistance : l’Ermite ne demandoit pasmieux que de se persuader que la Religion la plus richeetoìt ausiì la meilleure. Ergo, mi Toanìol , Lufitanus ifte mi-rabtlt aliquod pietatis arcanum te docuit , antea tibi incogni-tum ? Ego qui hominem intus zsr in cute novi satis acceptum ha-beo non te ab illo, sed ipfum à te potuijfe docert : non acumenin eo tantum , non eruditìo , non leclio patrurn , ut ad primumejus congre (fum herbam porrigere cogereris. Viélus igitur es nonquia refifiere non poteras ,sed quia volebas optabasque vincì (7).
La convoitise des richesses qu’on avoir remarquée en luiparut un mauvais augure (8). La condition qu’on luiprocura lui valoir cinquante écus par an (9). Cette som-me lui parut d’abord bien grande, puis bien médiocre , Scaprès cela un rien. II épioit toutes sortes d’occalions des’engraisser , & fur tout il j étroit la vue fur les massons Epis-copales. Casaubon Fempêcha deux fois de s’y engager;mais il ne s’oposa pas à son entrée chez Mr. de Vie. Lejeune homme s'y fit Papiste, & alla en Suisse avec cet Am-bassadeur. Son pere, bon vieillard, 8 c bon Protestant , futaccablé de cette révolte ; il tâcha de ramener au bon che-min son enfant prodigue , & il semble même qu’il lui fitchanter la palinodie ; mais ce fut une action trompeuse-Casaubon fit savoir à Leide que Daniel l’Ermite étoit unmangeur d’images , 8 c l’homme du monde le plus affaméde Messes (10). Autre tromperie ; car il n’en ufoit ainsique pour aller aux pensions. On lui avoir entendu direque toutes les Controverses des Catholiques & des Protes-tans lui patoissoient indifférentes, 8 c que pour lui st étoittout prêt à s'accommoder aux rems selon l’intérêt de sesaffaires; 8 c st se moqua un jour de la sottise de ceux quine choiíissent pas bien le chemin de la fortune. Vir fidedìgnus zsr fibi notijftmus his diebus narrabat mihi audijfe se c»mdìceret , omnia fibi quse hodie disputantur teque & probari8 c improbari, paratumque se ad omnia pro rempote 8 c re-rum suarum emolumento. Cum vir pius hanc vocem abomi-naretur , cachìnno Eremita eft exceptas , ftultitiam eorum stt-yooir. ridentis qui nescirent rà làtcc. ió Ticnvhai (11).
(X>) Il écrivit pour Scaliger contre . . . Scioppius. ] Sciop-pius assure (11) que Daniel l’Ermite est l’Auteur de Y Epis-tola nobìliffimi zsr literatijjimi vìri Patavio ad Gasp. ScioppiusnRomam scripta. Excusa anno ióro. Je ne pense pas qu’ilse trompe.
(£) . . . Scioppius le réfuta .... en publiant mille Contesdiffamatoires. ] II y avoir cinq ans que Scioppius l’avoit vuà Rome : l’Ermite , dit-il, le joignit avec les deux frétésRubeins, 8 c avec deux autres Flamans, pour aller à Tivoli,8 c ces Messieurs furent horriblement scandalisez de ses dis-cours pendant ce petit volage. II ne leur parloir que dePétrone , 8 c des postures de l’Aretin , & il insultoit rude-ment ceux qui paroissoient choquez de l’impureté de cetteconversation. Bien plus, il peignit toutes sortes de saletez sorles murailles du cabaret où ils logèrent. In toto illo itinere H-lud unum agere vifus est ut Petronium velut unìcum z? quetn-admodum ipfe loquebatur, diviniffimum psederastiae descriptO"rem, magistrum , & artificem . . . omnibus quotquot funt >Gracis ac Latinis Scriptoribus multum ad laudem anteferret. ( nquo ne parum profecijfe credereiur ,non mod'o obscenìjfimìs piSla-ris diversorii parietes implevit, sed perpetuo varia ifc, o-viuríaischemata in ore habuit , ZX tanquam Elephantidos libellonsncommentatorem atque interpretem ageret , historias peccare do-centes, quibus vel Hippolyto fibula laxari ac nequitia persuades>posset , recìtare non cejfavit. Ac si quis ex comiftbus , ejus i> e (quitiam reprehenderet, suasque aures tam imparts zx nefandtssermonìbus violari nollet, huic ille hypocrifin zy pudieïtia fir»#'lationem invidiosé objicìebat. Nec enìm quemquam mortalÌH> fícastum ac pudicum esse perfuasum habet , conjectura scilicet deanima suo duCta , sed plerosque five propter XXy fopian , five q^dantmì satis non habeant pœnasque metuant , suam cujuscunfijfgeneris lìbìdinem difiïmulare zsr occultare crédit. Itaque vetij 1 'mile non eft quàm se comités ejus gavisos esse dixerint ,(imul aCRomam reverfi à tam propudioso monftro lìberatos (e senfif-tfs'Nam piaculares fibi faâîi videbantur, cum ejusmodi ex fecrabd eSturpijfimì zy impudentijftmi scurra sermones, quo s neque sob ur 'ranae puellae aquo anima audirent , in aures suas admifi r,trì . t(13). Aiant disparu quelque teins après, on s’imagina qu e (jmisère savoir réduit à se jetter dans quelque Chartreuse;on sot qu’il s’étoit retiré à Sienne, où il fit fa cour à l'Arcm'vêque Ascagne Piccolomini, qui le recommanda à Su vlPiccolomini grand Chambellan du Duc de Florence ; 8 c P a (ce moien st obtint une pension de ce Prince , en récom-pense d’un Panégyrique qu’il fit lors du mariage du ZraNDuc avec Magdeleine d’Autriche. II sollicita si bien P°.“ eêtre envolé en Allemagne avec le Député qui alloitsavoir à plusieurs Princes de l’Empire , 8 c à plusieurs ^les Impériales la mort du pere du grand Duc, qu’il obtice qu’il souhaitait. A quoi servirent de beaucoup lessons de Silvjo Piccolomini , qui représenta qu’un tel s 0 .,^me étant Allemand pourroit en plusieurs rencontres sode bon Interprète , 8 c de bon espion tout à la fois. L'mite se vanta dans une Lettre écrite d’Augsbourg 1 ^étoit l’un des Envolez du grand Duc, ce qui parut tresdicule à Léonard le Coq Confesseur de Christine de .raine , grande Duchesse de Toscane. Etant de retour ,Florence 11 fit cent contes fur l’ivrognerie des Alle 1I,a, _ c [
afin de faire fa cour aux Italiens. 11 fit bien rire ceux- ,
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