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§ ue Latine & la Langue Greque, 8c il les enseigna avec beaucoup de succès prémiérement à Ve-Sc puis à Ferrare (a). Le Pape Nicolas V lui donna ordre de traduire Strabon (b) (B).
Lette Traduction étoit bonne pour le tcms: disons le même des autres Versions de Guarin qui
sont celles de quelques Vies & de quelques Opuscules de Plutarque. II mourut à Ferrare le de dé^st^àt’
Décembre ,460 (r). Tousfe Ecrits nc font pas des Traductions (C). ' 4 L,..
Qui nisi prostratas relevasset funditus artes,
Priícorum vanus staret labor (t) :
car ce sut luy , a proprement parlés , qui commença de fairevaloir Í' Eloquence C7 la Philosophie > tant par ses voyages àConstantinople , oh il apprit la langue Grecque, que par sespréceptes de Rhétorique , versons , C7 autres livres ;, mais enco-re plus par le grand nombre de ses disciples , qui s espandtrentde Ferrare, oh il enseignoit, par toute l Italie, pour déclarera guerre aux vieilles resvenes du temps pajse, L 7 faire com-prendre à la jeunesse
Sensa tot auctorum mille indeprensa per annos (j).
Ce qu’íi di t ensuite n’estpas moins digne de remarque (7):Quiconque avoit esté à Constantinopole , pour apprendre la Lan-gue Greque, en revenoit comme en triomphe , e 7 passoit pour
quelque nouveau prodige, tesmoin ct que dit fournies Unghe-retus ou Pannomus Evesque de cinq Eglises, du retour en Eu-rope de ce Guarims Veronenss,
------ Vagus omnia rumor
Gymnaíia Italise centeno murmure complet,
AíFulfísse virum gemina qui Pallade solus
Polleat, & duplicem prsestet íìtientibus haustum (j)- ^
. ncgyiica
(B.) Le Pape Nicolas V lui donna ordre de traduire Stra- citai0.bon .] vautres disent que Guarin se porta à cette entreprise Vt{par un esprit d’émulation ; il ne voulut point céder à Gregoi- voffius^ dere Tiphernas qui avoit traduit l’Afie de Strabon, c’est pour- Hist Latin,quoi il traduisit l’Europe de ce même Géographe (8). p*s- s g s.
(C) Tous ses Ecrits ne som pas des Traduirions, j 11 publia Gesnetquelques Traitez de Grammaire, quelques Lettres, quelques Bibiioth,’Harangues, & quelques Vers (9). folio us.
GUARIN (Baptiste) fils du précédent, marcha u > tems ^ Ferrare avec
très-illustre par ^intelligence des Langues savantes. II les en g e l 0 ì r e ( A).
beaucoup de réputation, & publia quelques Livres qui soutinren a § nlilToit les sonc-
11 étoit encore en vie l’an i 4 S> 4 , & il y avoit alors trente-trots an« rem^fiott les ionc ^ ^rions de la charge de Professeur aux belles Lettres dans laquelle d avoi u P ■Eí"». («)-
L’endroit òù Gesner nous aprend cela n’a pas été bien entendu par enri tien t
(A) Il publia quelques Livres qui soutinrent assez, bien sagloire. J Un Traité de Sella Epìcuri, un autre de Or dine do-etndi (i), un autre de Regno adminiftrando , des Notes furles Fastes d’Ovide > & fur Catulle, des Harangues, des Let-tres, des Vers, & la Traduction de quelques Harangues deDemosthene, & de St. Grégoire de Nazianze, Scc (z).
(B) . . . Id endroit oh G esner nous aprend cela ria pas étébien entendu par Henri Etienne .J Comparons ses paroles aveccelles de Gesner. Memini me m Biblìothecographìa Gesneri U-gere, Guatinum patrem (nam fuit a? Baptisa Guarinus ejusfilius, quem Gesnerus, etiamnum se de illo scribente, claruisfeFerrarh ait ,ubi patris succejfor jam per annos tres c? trigmta
( a) Gesner. -» Bibiioth. folio 130.
linguam tttramque florentìjftmt âocerit ) scrip fisse camnìsmatain lingua Grœca (3). Voilà ce que dit Henri Etienne, 8cvoici ce que l’on trouve dans la Bibliothèque de Gesner.Claret usque hodie EcrrarU, ubi patri succèdent, jam per an-nos tres V trigmta mramque linguam fiorentisftme docet C 7varia conscrìbtt (4). Peut-on trouver des Passages plus con-formes que ces deux-là, me direz-vous? Oui vous répon-draì-je ; car les paroles que Gesner raporte font de Tritheme :Ce n’est point Gesner qui dit claret usque hodie; 8c c’est pour-tant ce qu’a prétendu Henri Etienne, & en cela il s’est lour-dement trompé. II auroit dû raporter le mot hodie à l’an1494, que Gesner a mis à la marge de son Livre en cet en-droit-là. II est très-faux que notre Guarin fut en vie l'an*545 » qui est la dare de cette Bibliothèque de Gesner.
(í) Henrï-cus Stepha-nus, >» Dia-logo de be-ne inltituen-dis Grseca:Lingux Scu-diis,/>aç.nS,
(4) Gesner,Bibiioth.fol. 150,
GUARIN ou G U A R I N I (Baptiste) naquit à Ferrare l’an 1 f 38. II s’est faitplus connoîtrc par fa Tragi-Comédie du Pastor Fido , que par tous ses autres Ouvrages, & quepar les emplois honorables ( A ) que le Duc son maître lui donna. Cette Piece étoit son Ou-vrage favori, 8 c il le témoigna clairement par la colere où il se mit contre un Critique (A), quine l’avoit attaqué que d’une maniéré indirecte. 11 y a exprimé si vivement les mystères de l'A-xnour, qu’on prétend qu’il a été cause que l’honneur de plusieurs personnes de l’autre sexe a faitun vilain naufrage. Cela semble combatre fort puisiàmment une Maxime de Mr. de la Fon-taine (C). Je ne saisi le Guarini auroit voulu se défendre par une telle Maxime, 8c s’il n’auroit
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(A) Par les emplois honorables.] Voiez le Dictionaire de que complures pudicitìi naufragium fecijfe dicmtur. Votons laMoreri, & joignez y que Guarini, envoié par Alfonse 11 Maxime de Mr. de la Fontaine ( 61 .
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Duc de Ferrare" à Venise , harangua en Italien devant leSénat, & fut admiré; & qu’après la mort d’Alphonse il futenvoié parles Fcrrarois à Paul V pour le féliciter du Pon-tificat ( i ).
(B) La colere oh il se mit contre un Critique.] _ Jason Dé-notés (z) natif de l’Ue de Chypre, Sc originaire d’un Gen-tilhomme de Normandie, & Professeur en Morale à Ferra-re, fit un Traité dc Poétique, où il maltraita une espece dePoésie Dramatique qui étoit devenue fort à la mode. Jeparle^des Tragi-Comédies pastorales (3). II soutint quec étoìení des monstres produits par des gens qui n’avoìent
lroit-il après tout s'allarmer fans raisonPour un peu de plaisanterie?
Je craindrais bien plutôt que la cajolerieNe mit le feu dans la maison.
Chasez les Soupirant, Belles, prenez mon LivreJe répons de vous corps pour corps.
Voilà comment cet Auteur se tire d’une trè,-grande dif-ficulté. On se plaignoit que ses Contes n’étoient propresqu’à exciter mille désirs impudiques dans Pâme de ses Lee-
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... —r— uLk aimables, Sc la cajolerie de vive voix,
, -. t ne. , Nicius Erythrseus aiant dit que 1 e Pastor Fido se la vue des° b j« ^u. Mais c’est ce qu on ne sauroit
réimprimé presque tous les ans, Sc que toutes les Nations, qui nuisent » comme on le ptetend . -me to i^a„-
quelque barbares qu’elles soient, Vont fait traduire en leur
Langue, ajoute que peut-être ce n eu pas un Livre qui^. r y r Kïx lls ^ serve à la pureté des mœurs (sì » & voici la raison qu u enl, allégué: F.temm \n eiu* "
(6) Elle ejidans l*un dtses Contes*
..r- —' uavuicm a “jT <1 "vT sommes qui lisent son Livre ne
nulle conoiffance de V Antiquité , 8c contre les réglés de tems : ^* b ?ond q Q Gal ^ nt > e u es ne forferont
l’ancienne Poesie. Guarini se persuada que cette Critique laissent aproebe Réponse sent le Sophiste ; car
le regardoit; c’est pourquoi il composa une Apologie con- pomt a leur ,^™ n ditíon que le Livre même dont on se
tre Dénotés. Celui-ci répliqua , Sc mourut pendant que elle demande une conUMon que ie ^ . . . .
Guarini travailloit à uné Répliqué si sanglante, qu’on croitquelle auroit pu faire mourir le Censeur des Pastorales.
Voici ce qu’en dit Mr. de Thon. Baptista Guarinus leflisfi-tnus eques íerrarienss, qui sub id Pastorem fidum magno plau-su ubique in Italia exceptum ediderat, eum sermonem ad, inju-riam suam pertinere existimans, defensonem sub nomme Veratipublkavit, quam apologia contraria ftatim Denores refutavit.
Sed dum alteram defensonem méditatur Guarinus , morte mini-me fatali Denores conceftt, qua nis dileSlisJìmi slii calamitatesuisses pracipitatd ,alterius Verati letlione accelerarì potuisse cdita est. Tanta squidtm vi eloquenth smul <7 asperitateverborum amaritudìne in Jafsnem inveHus est Guarinus , utArchilochum ipfum in lycamben iambos stringentem to scriptosuperasse passim jaílaretur (4).
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plaint rend írès-malaisée à pratiquer. Vous voulez que nouslisions votre Livre, & que nous chafíìons les Soupirans *yous êtes injuste d’extger cela, puis que vos Poésies nousotent la force de chasser nos Soupirans. Elies nous remplis-sent d’amour, elles nous échauffent, elles nous embrasentelles nous font souhaiter violemment la présence de ces Mes-sieurs : vous avez bonne grâce après cela de nous dire quepourvu que nous les chassions, il ne nous gravera rien defâcheux. On peut faire une autre difficulté à Mr. d e laFontaine , c’est que lors même que l’on chasseroit les Sou-pirans , on se trouveroit exposée à plusieurs passions im-pures excitées par la lecture de ses Contes. Et n’est-cc Dasun assez grand mal ? Pour faire une bonne Apologie de LAuteur, il faudroit pouvoir suposer, que son Livre n va
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toiinroil uuuvuii ìuyun.» , M uc lul1 l-iivrc XI elt
. ~ , v/-~- j -- w ... , Auteur, st nréiudicier à la chasteté, Sc qu’il n’y a que
(c) Cela semble combatre . . . une Maxime de Mr. de la point capable de P rb J__. Uí>0 g, I. j- - • •
Fontaine .) Nicius Erythraeus aiant dit que le Pastor Fido seréimprimé r,*»- ----- --- °- — ■ ' ’
—.-s-- ■ r.iemm m ejus dulctdine fuavitateque tanquam in in- mente.fefio Sire,nis mari in quo etiam Ulysses erravit , vìrgmes nupta-re ME II.
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suposer, s’il est vrai, comme on le prétend , que la lectu-re du Pastor Fido ait perdu beaucoup de femmes 8c beau-coup de filles. Voilà donc mon Texte suffisamment com-
Quand ce que l’on conte des mauvais effets de ce PoèmeKkklc seroit