HADRIEN VI.
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( 7 ) TiUs contrevenu aux belles Leçons qui étoient sorties de fa plume contre k pluralité des Bénéfices
sampmsyuisi ( j j ^ N otez çue quand il canonisa Antonin, & Bennon, il ne soufrit pas les dépenies qu’on" ' tn ° s “ a coutume de faire dans ces sortes de cérémonies : il les défendit comme une chose contraireà la sainteté de la canonisation ( q ). Un savant Jésuite s’eit trouvé dans l’embarras pour a-voir cité ce fait (B B). Les Successeurs de ce Pape n’ont pas cté de son goût, ils ont to-lère
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Idem, ibíd.
temere ultra horam accumbebat , etiamfi convivas magnos ha-beret, atque intérim fere adhibito 1 1 dort , qui aliquid e literisfacris recitaret, ut non minus mente, quam ventre convivadeleíîarentur, fed id tantum ad tempus , ne leélio longior cui-
(84) Ge- quam fortajsis moleftia effet (84). 11 continua auíïi de vivreraráus Mo- f ort chastement : on ne remarquoit rien de lascif, ni dans sesVn| U Ha- ,i gestes, ni dans ses discours; & il ne soufrait pas que l’ondiianì VI. proférât des obscénitez en sa présence, quoi que d’ailleurs il
se plût à dire & à entendre des plaisanteries honêtes. II nese contentoit pas de s éloigner actuellement de l'impureté, ilen évirait avec foin les aparences 8c les soupçons. II se fitun devoir tout particulier d’inspirer à ses Collègues la mêmeMorale pratique. II les y exhortoit fortement dans les Dis-cours qu’il faisoit aux Assemblées capitulasses, 8c il censuraitâprement ceux qu’il conoissoit adonnez au vin, 8c au jeu,
(85) .Ar- & sur tout ceux qui entretenoient une concubine ( 85 ). II
gmbit gn- n’oublioit rien pour les obliger à rompre ce mauvais com-mxUdttvs’ rnerce. Mais il trouva tant d'obstacles à cause que quelqucs-biUces, Lò- uns des plus âgez, 8c des plus puissans s’oposoient à son des-nei feiret , & sein, qu’il y renonça. Peu s’en salut que son zèle ne luiprffsenim, coûtât la vie; il ferait mort empoisonné , si son MédecindT u’eût trouvé un bon remede contre l’arsenic. On crut que la
JvZJS'ÏHr. concubine d'un Chanoine qui l’avoit prié à dîner avoir faitbibrrint , tjuot ce coup. Sed m re longe bonejlijjtma tantum dtfiicultatis ha-dìmntrr vtri- buìt, obnitentibus quibusdam e [enioribus ac potentioribus, es?
ni«í prifertim non fuppetente auxilio, fine quo hujusmodi non te-l,:t ' mere confici queunt, ut negotium magna ex parte infeclum re-linquere debtierit. Quinimo parum abfutt, quin per eam ip-fam caufam, vemno perierit. Id concubina unius e Canonicis ,’a quo ad prandium vocatus erat, holufeulo ejus ,quod primum
(86) Idem , omnium menft inferri folenne est, indidiffe putabatur (86).ibidem. Quand il vit que l’amendement des mœurs n’étoit point à
• espérer, & que ses efforts lui attiraient beaucoup d’ennemis,il désista tout-à-fait, 8c déclara que les Doiens des Chapitresétoient beaucoup moins responsables de ces désordres, queles Evêques ; car il faloit que les Doiens reçussent des gensdont la corruption étoit une maladie invétérée; mais rienn’obligeoit les Evêques, ou leurs Vicaires, à donner les Or-dres, 8c à conférer d s Bénéfices, comme ils faisoient, à desinfâmes débauchez. Dum fpem nullam fruêlus confpìceret,nihilque aliud fibi quam odìum v malevolentiam quart intel-ligeret, ìn totum conatu fuperfiedit, fiatis habens , fignificaffefibi dtsphcere, postquam aliud pnterea non poffet, pradìcanstamen, culpam eam non tam Decanis Collegiorum, qui jamobftinatos c r in fordibus illis inveteratos exciperent, quam E-ptjcopis, eorumque vicariis prustandam, qui quoscunque finedcledu, quantumvìs probrofios & infâmes, ad ordines & bé-néficia admitterent, nulla aut exigua , in retroaílam vitam(*7) idem, inquifitìone fada (87). Tout ceci est tiré d’un Livre faitibidem , par un Prêtre. Qu’on ne vienne donc point objecter que ce
font des médisances des Protestans.
II est fur que notre Doien marquoit la cause du mal : lanégligence des Evêques, ou de leurs Vicaires,étoit la sourcedu désordre. Ils ne s’informoient point si ceux qui étoientadmis aux Bénéfices avoient bien vécu, avoient donné debonnes preuves d’un tempérament fléxible vers l’abstinencedes plaisirs du corps. Ce défaut d’examen étoit une porte paroù entraient dans l’Eglise une infinité de gens, qui s’étoientdéjà pliez du côté de la sensualité. C’est un pli que l’on dé-fait maî-aisément, & qui se fortifie de jour en jour; il seconvertit en habitude , maladie presque incurable. Voilàpourquoi les Exhortations de notre Hadrien n’eurent aucunevertu fur des Chanoines engagez depuis long-tems à la crapu-le , 8c aux voluptez du concubinage. Ils s’étoient tellementacoquinez à ce train de vie , qu’ils ne comprenoient pascomment il ferait possible qu’ils vécussent fans cela. On a in-finiment plus de peine à résoudre au mariage un garçon dequarante-cinq ou de cinquante ans, qu’un veuf de soixantequi vient de perdre sa femme. Tant est grande la force dela coutume ! La concubine de son côté n’a pas moins de pei-ne à se séparer de son Chanoine, après avoir cté plusieurs an-nées à pot 8c à feu chez lui. Où irois-je, dit-elle, que fe-rois-je ? Où trouverois-je un si bon lit, une si bonne table,un si bon feu ? La voilà donc avec fes compagnes très-dispo-fée à s’oposer aux desseins d’un Réformateur. Un courageplus intrépide eût été fort nécessaire au Doien de St. Pierrede Louvain; car le poison de ces concubines-là n’étoit gueremoins redoutable que le poignard des Bandis. Ne se sentantpoint de vocation au martyre, il aima mieux laisser les cho-ses où elles étoient, que de s’exposer à la haine, 8c même àla mort, en les voulant réformer. In magnis voluiffe fiat est,dit-il sans doute.
( A A ) On peut lui reprocher d'avoir contrevenu aux bellesLeçons qui étoient sorties de fa plume . .. Contre la pluralité desLénéfices.’] N’étant encore que Professeur de Louvain,il sou-tenoit que cette pluralité étoit mauvaise, 8c qu’un hommequi est une fois parvenu à un Bénéfice capable de l’entrete-mr honnêtement, s’en doit contenter, 8c s’y borner. Maison vit quêtant à la Cour de Charles d’Autriche il acceptaplusieurs Digmtez, & se souvint peu de son dogme. Ces-se inconstance fut un scandale pour quelques personnes.jionores C? Jacerdotia quadam magnifica acceffere , non fine ad-
mìratione, & fortaffis effenfione aliquorum, qui eum diver fiantfacere tncufa&ant, atque atiquando docuìffet. Docuifie quipp l >non effe sas cuiquam multa habere bénéficia , sed uno aliq u}ad honefiam mundamque sustentationem vite, sufficiente, q uic ~ , jj 0 .tum ac contentum effe debere (88). L’Auteur dont j’emprun- /»
te ces paroles déclare qu’il ne veut pas examiner, ii l’on eut vita pa-tort ou raison de blâmer cette conduite (89); mais si ne jtii» 1 v ’laisse pas d’en entreprendre la justification, 8c de se servir des , /,moiens les plus spécieux qu’on puisse mettre en avant sur une ^ /n(í « a*telle matière. II dit entre autres choses qu’il ne faudrait P âS m ii>’ nirl,>trouver étrange qu’Hadrien eût cru légitime en fa persan- tl ,ne, ce qui eût été illégitime à des gens qui narraient pas, i:a fí,comme lui, des qualitez excellentes , ni des emplois à » hìf^iCour. Les grans dons que Dieu a communiquez à un PtS"
,^1»
tre font bien plus utiles à l’Eglise quand ils font accompa*gnez d’un gros revenu ; 8c l’on ne sautoir nier qu’un Ecclé-fiastique, qui a des charges auprès d’un Roi, ne fasse ne- W 011 ’cessairement plus de dépenses. L’Auteur ajoûte à celabien d’autres raisons de même nature, & qui ont toutes ledéfaut d’être fort propres à servir à une Apologie des Ca-suistes semblable à celle du Pere Pirot ; je veux dire qu’elle?peuvent être toutes emploiées à la justification de ceux q ulse trouvant situez dans les grans postes acumulent fur leurtête toutes les Charges vacantes. Ne peut-on pas dire pourleur justification, qu’ils en sauront faire un meilleur usageque ne feraient d’autres gens, 8c quelles leur sont nécessai'res afin que leurs grandes qualitez fe fassent valoir selontoute leur étendue au profit 8c à l’avantage de l’Etat •
L’Auteur ajoûte que c’est une fausseté que de soutenirqu’Hadrien ait combatu ou dans fes Leçons , ou dans ft sOuvrages , la pluralité des Bénéfices. II l’a plutôt favo-risée , continue-t-il ; 8c cela parait par son Commentairesur Lombard. Neque vero ipse Hadrianus usquam diverfiuaut do cuit , aut fcripfit, ut et falfio intendunt, sed pottus coìiptra. Légat eum qui velit, in quartum Pétri Lombardi fit st 'bentem , ubi de restitutions agens , quastionem illam ex prof f ,. 0 )fo differit (90). Tout ce que l’Auteur raporte ensuite, tiréde ce Commentaire, ne sert pas beaucoup à son but. Si l’on ’en pouvoir inférer ce qu’il prétend , ce ne ferait que p* rune conséquence bien oblique 8c bien indirecte : 8c il ne ditrien de la Harangue aucdlibetale que l’on assure qu’Hadrienfit imprimer contre la pluralité des Bénéfices. Citons unEcrivain Protestant qui raporte une Réponse que fit ce Pa-pe à ceux qui lui demandèrent pourquoi il n’ôtoit pas unabus qu’il avoit si bien condamné. Imo ohm Lovanii dffedidiffet Sfuodlibeticam orationem contra pluralitatem benefiWrum , monentibus cur ipfe qui \am poteftatem tellendi habeftt’quod ante reprahendere tantum potuiffet, omnìa bénéficia, t»*'xime ex Infertore Germania fupplìcantibus interciperet , rcsp° n 'dit: cum parvuli effemus loquebamur, fiapiebamus, facìebamdfut parvuli ; nunc autem postquam viri faSH fumus, relifffmus ea que funt parvuli. Sic homo Trajeéli non folum ex 'flijfimis parentibus ortus , verum etiam usque ad ipfiumterium, mendicitate, ZT eleemofinariis sumtibus educattis, -
infuete. fortune pruritum exiliit , fie in illa fede promond’ . Iî° fD 'hanc reformationem promifit (91). Je m’imagine que le N 1 ' E pisç 0 ?p;.nistre Wallon que je vais citer, avoit pris dans ce Latin-' 3 $elff c 'cette Remarque ( 91 ) ; „ Le Pape Adrian VI l’avoit pte ce "
„ dé. II y en avoit qui s’esmerveiiloyent le voir faire c ° n ’ 5,8 ’ . £[( .„ tre certaine Harangue qu’il avoit faite à Louvain y est an ( 92 fi„ Magister noster, improuvant la multiplication de piustcUt jíé'
„ benefices, 8c l’entassement d’iceux sous un seul chapct u ' ’di>
» qu’alors, estant Pape, il le faisoit 8c notamment des fie- '
„ nefices és Païs-bas. 11 leur respondit ce que St. Paul fi ái .
,, dit, Quand j est oy enfant , je parloy comme enfant, ’
» 1 Cor. 13 ”. On fit mention de ceci dans les Nouvel* ( 1 ,>■<•de la République des Lettres en 1684 (93). _ , n
(.BB) il défendit les dépenses ... de la Canonisation . , Vsi
savant Jésuite s'est trouvé dans l'embarras pour avoir -fi jji.
II s’est vu accuser publiquement de soutenir que l
frais de la canonisation sont contraires à la pureté, êc asainteté de cet Acte. Son Accusateur se nomme Sebattde Saint Paul : il a été Professeur en Théologie à Couva t p a0 i£l8c deux fois Provincial des Carmes dans le Païs-bas. v , («"'W
de quelle maniéré le Jésuite s’est défendu. II a dit ( 9 Aj£ t-fi'
I, Qu’si n’a fait que raporter ce qu’il avoit lu dans o . ,4
Ortizitis Chanoine de Tolede, 8c domestique d’Hadtien , í^Ly
II. Qu’aiant cité cela en Lettre Italique, 8c en notnw ^ nel0 »son Auteur, il a sujet de se plaindre d’avoir été caloT C on ruI ^’par son Critique, qui a suprimé ces circonstances; caseulement une Accusation est injuste quand on impol ^fausserez, mais aussi quand on passe sous lilence les ^tez. An ignoras certam effe apud Theologos s entent, fi’? r ’l rì tr , \l
eufatio effe poffit graviter injusta, non tantum ex ^ (
fittone , jed etiam ex réticentia vert (95) ^ *«“
accufatio
fittone , j-—- c ' vy .. . _ p,ne tss-
avoir allégué une telle chose comme glorieuie au s
d ri en VI, il ne s’ensuit pas qu’il taxe derreur le _Papes qui aprouvent, ou qui ordonnent les grandefes de la canonisation. IV. Qu si a loue Hadrien j n s-un Pontife meu d’un bon zèle, 8c qui agissoit sel ^ onttincts de la conscience, dont on peut louablement,on doit même suivre en plusieurs rencontres 1 erreur ^