HADRIEN VI. HADRIEN.
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1M dans les canonisations la pompe mondaine jrfp* des excès Pi ont choqué le menu peu-
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rente (96). V. Qu’il n’a point donné son aprobation a cemotif d'Hadrìen ,c’eft que les dépenses sont éloignées de kpureté & de la sainteté de la canonisation. v !• Q -doute point quelles n’aient pour fondement plulieurssons graves. VII. Qu’Hadrien VI a pu se tromper la-ïus en qualité de Docteur particulier, sans préjudice de J in-faillibilité des Papes prononçans ex cathedra. V 11 t. V ucBaronius raporte des erreurs bien plus notables de quelquesPapes, fans qu on puisie l’accuser d’avoir fait injure au SaintSiégé Apostolique. 3 TT
Qui ne voir là les marques funestes de l’engagement. unCatholique Romain est un vrai esclave d’esprit. II Y a '?? 1 ( , crencontres où il ne fauroit louer les belles actions. iS eit-il pas de la derniere évidence qu’Hadrien V 1 mérité d etre«prouvé, & à l’égard de ce qu’il fit, & à 1 égard de la rai-son pourquoi il le fit? Voilà néanmoins un Jésuite qui n aiantpu le louer, sans que ses éloges fussent la censure indirectedes autres Papes, se voit contraint de marcher sur des epinesen voulant se justifier ; & il ne peut se tirer d’afatte, qu en.suposant que notre Hadrien se trompa; mais que ses erreursaccompagnées de bonne intention le disculpent. C elt toutela gloire que se peut promettre un Pape Réformateur aesabus. O» l’excusera sur les erreurs de fa conscience, íx L ondira qu’il n’erre point comme Pape » mais comme Docteurparticulier. Grand merci. . ,
(C C) . . . Ses Successeurs les ont tolérées, jusqu a aes excesqui ont choqué le menu peuple.’] Tout le monde tut scanda-lisé dans Paris lan à, de voir la pompe avec laquelle lesCannes déchausse?, y célébrèrent la canonisation de SainteThcrese. II parut 1a même anime un petit Livre où Ionsupose que les bonnes femmes en murmuraient tout de bon.
L’une se plaignoit d’y avoir.été brûlée. Comment ma Cousi-ne, retpondit une jeune manee, estiez, -vous a ce feu, je newsjamais un tel désordre , ny tant de degasis, un d *™ s s’ ere [y a eu aussi toute la face emportée, V ny a encor aucune ap
parence de guartfon. Mais à quoy hon toutes ces fuperfluitex, "dit alors une vieille edentée,de mon jeune tems je noïtìs jamaisparler de Canoniser les Sainéìs de la façon, c est plufiofl tes Ca-nonner que les Çanonifer. Tout beau ma Tante, dit une Mar-chande de la rué Saintl Denis, on en a bien fait d'avantage à.Rome, ce font des refiouyjfances publiques, il n y a point dedanger de faire quelquefois ces fuperfluitez quand on y efi portéd'une pure e? fincere ajfeíìion ; C? puis, ce que les Carmes des-chaufféz en ont fait, ce n a esté que par le commandement dela Reyne, qui a fourny cefie despence, à cause que Sainéïe Thérè-se efioit d'Espagne, ll n importe, on y a plus offensé Dieu mil-le sots que de luy faire aucun honneur, dit une Bourgeoise d’au-près Saintl Leu, je vous promets pour moy que je n approuveaucunement ces choses, combien pensez, vous qu’il il y ait eu defilles enlevées, tous les bleds des environs font renversez is?trustez, ils ont trouvé le mois d’Aoust pluftost que celuy deJuillet. Pour moy, dit la femme d'un Advocat du grand Con-seil, j’eujfe esté d’avis de mettre toutes ces fuperfluitez à ladécoration de leur Eglise , à tout le moins cela leur fut demeu-ré, cries eust on estimé d'avantage, fans faire évaporer tantde rìcheffes en fumée, cela eust allumé le feu de dévotion dansle .cœur de ceux qui les eujjent visité, ou an contraire , toutl’air voisin & les champs des environs ont esté embrasez deleurs fuzées , j'ay encor un Colet monté à cinq étages qui estentìerement gfasté , encor fi on euft allumé le feu à huitl heures,on n y eust pas perdu tant de manteaux , tous les Ecoliers y es-toyent en armes ( 97 ). Après tout il faut dire ici comme enplusieurs autres rencontres, il n’y a rien qui ne serve à quel-que chose; les plus grans abus ont un beau côté. Si les cano-nisations se pouvoient faire sans de très-grandes dépenses , el-les feraient plus ordinaires: il ést bon que l’impoísibilité defournir aux frais serve de barrière à l’avidité des Ordres. Lessujets de canoniser ne manqueraient pas: éhaque Commu-nauté en voudrait avoir autant que les autres; & s’il n’encoûtoit guere, on préparerait aisément les autres machines.
( 97 Ì VairzleLivre intituléLe Çaquetde l’Accou-chée , pag. $de la líJournée*
Cela veutdire k,-/,
Adrien,
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{ f \ Valet,jtl'ct. Bi-bUl °c. Belg.
j f) Swert.
* cl gic.
í/ ) ^ApudJ> 1 . Andr.jjibiioth.«elgic.
HADRIEN (Corneille d’) en Flamand Hadrianfin ( a ) , fameux PrédicateurFlamand au XVI siecle , étoit de Dordrecht, ,11 se fit Cordelier, & fut Gardien du Couvent& Lecteur en Théologie (b). II entendoit bien lè Latin, le Grec, 2c l’Hébreu, 6 c il enseignapubliquement ces trois Langues (c). 11 prêcha trente ans à Bruges, ôt ne s’étonna jamais des
médisances qu’on publia contre lui. 11 mourut à Bruges à Page de soixante ans le 14 de Juilletif 8 i. 11 composa un Traité des sept Sacrcmens. Jean Lernutius avoit vu en manuscrit plusieurstrès-doctes Sermons de ce Cordelier ( d ). Les Ouvrages qui ont paru fous son nom après fa mortfont parsemez de bouffonneries, 8 c de quolibets malhonnêtes. Sanderus prétend que les Héréti-ques y ont fourré cela, pour diffamer la mémoire de ce bon §C innocent Religieux (e). II faudroiten avoir des preuves, ou ne le dire pas. Les Protestans parlent de ce Cordelier comme d’un violentDéclamateur (/) j & il a paru des Livres qui aprennent 'qu’il avoit introduit parmi les personnes del’autre sexe une nouvelle manière de dévotion ; c’eíl qu’il leur marquoit certains jours où elles dé-voient se dépouiller toutes nues devant lui ( A ) , afin qu’il leur donnât doucement la disciplinepour l’expiation de leurs fautes (g). II n’y a rien que ces gens-là ne soient capables de persuaderaux femmes, fous le beau prétexte de dévotion (L), lors qu’ils ont le talent de bien jaser, 6 c queleurs Prédications les rendent célèbres.
(/) T empare(juo caninxrfrfuam thcfuen*unm célébra*tijfimi nami -ntsírancisca -nus y Corné-lius ^Adria
exercebat.Schoockius,Exercírat*.Sacr. pai*ZZS.
sol P-iez]Voetius,Polit, fic-elés. Tom.Ij
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(ai) Ses dévotes devaient fe dépouiller toutes nues devantlui.] Si la Maxime de Gyges étoit véritable, qu’en se dé-pouillant dé ses habits une femme se dépouille de sa pudeur( 1 ), les afaires de notre Hadrien n’auroient pas été en tropmédians termes, supofé qu’il ne fût pas assez visionaire pour«'imaginer, que tout de bon quelques coups de fouet de famain fur le corps nu de ses pénitentes, auroient une vertusingulière par raport à l’expiation de leurs péchez. On est siporté à donner un mauvais tour aux choses, que peu de genssont capables d’attribuer la conduite de ce Cordelier à unautre principe, qu’à celui que quelqu’un apelle la curiositédes plaisirs d’autrui (z). S’íl étoit vrai, comme quelques 8a-Vans l’ont soutenu (3), que dans la primitive Eglise les per-sonnes que 1 on baptifoit, de quelque âge, & de quelquesexe qu’elles fussent, étoient auffi nues qu’en sortant du ven-tre de leur mere, on comprendrait mieux comment cet hom-me, par son beau caquet, & par de grans airs de piété, au-rait fait venir ses dévotes à son but. Le ‘Sacrement de Péni-tence, leur disoit-il peut-être, doit s’administrer comme au-trefois le batême: la peine du fouet, à laquelle je vous con-damne , fait partie de ce Sacrement, il faut donc, &c. Mu-terait (4) raconte si amplement & avec tant de circonstances,ce qui concerne les dévotes de ce Cordelier, qu’on peutcroire que cela est véritable.
Henri Etienne fait un Conte qui a du raport à celui-là.On est venu, dit-il (5), jusques 4 requérir (ainsi que quel-cun eferit) qu és confessions auriculaires il leur fust permis demanier les parties qui auroyent esté infirumens du mal duquelon f e confefferoit. Et estant remonfiré par un Evefque, a t unde ceux qui faifoient cefte requefie, la grande ordure que ce fe-ro'it s’il faloit qu hommes femmes leur monftraffent leurs par-ties honteuses: il fit refponfe que fi on ne trouvoit point deshon-neste que ceux qui oyoyent les confessions contemplassent quander quand des yeux de l’esprit (qui font trop plus précieux queceux de la chair) non feulement les membres qui ont commisles ailes vilains , mais atijjì les vihnks par iceux commises,qui leur font découvertes en la confession: moins devrait-ontrouver deshoneste qu Us regardassent ces membres des yeux cor-porels. Et allégua, en outre, que leconseffeur, entant quil re-
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prefente U Médecin spirituel , doit toucher son malade , ainfique le Médecin du corps touche er manie celuy quil visite. Etentremestant parmi fa gofierie du blasphémé es? de la prophana-tion du texte formel de l’Evangile ; amena auffi ces mots denojlre Seigneur Jefus-Chr'si , Va , <s? te monstre au prestre.Comme estant leur coustume de fe defpouiller es? monstrer nusau Prefire.
Mr. Boileau le Docteur a raporté ce qui concerne notreHadrien: Inter exempla, dìt-il (6), tam ìnfaufta notitU recen-fere non pertimefeam, Hisioriam hominis cucullati es? cordtgenconventus Brugenfis anno circiter mdlxvi tuinomtn erdt Cor-ntlio Adriafem (7) origine Dordracenfis, adverjus h&rencosGuezios ftomachofijfimi concionatorts-, qm puelUs ccufœmmasquafdam Sacramento fidelttatts es? obedienna sibi adsirtttas es?\eût pietatis devotas non quidam afperatis er nodofis fumbusverberabat, fed nudata earum,femora, es? nates mhoneftts vibt-cibus rorantes virgis betuleis aut vimmen iclibus molhter mfitc-
^rfricabat , un refert Emanutl Meteren Historia Belgica fol.cíiif e" cliv edit, Amsielodamensis anm 1570 (8). C’est dansía curieuse Histoire des Flagellans qu’il se sert de ces paroles.L’Interprete François ne les a pas bien entendues; car voicicomment il les a traduites; " Parmi tous ces tristes exemples
dune pieté rigide, je ne craindrai pas de raporter ici fur” j e témoignage de Meteren (*), l'Histoìre d’un certain Cor-” ne'dle Adriafem originaire de Dordrecht, Cordelier à Brti-”, ges, vers l’année te 66 & Prédicateur fort violent contre” j es 'Hérétiques nommez Gueux : Ce Moine avoit quelques”, filles ou femmes,qui,fous apparence de Religion, & fous,, le serment de fidélité St d’obéissance, lui étoient fi bien„ dévouées, qu’il ne sc contentoit pas de les batte avec des„ cordes , où il y avoir de gros nœux; mais outre cela il leur„ frapoit doucement les cuisses St les fesses toutes nues avec„ des Verges d’Osier, on de Bouleau ”. R est si peu vraique le Latin signifie que ce Moine se servoit de cordes àgros nœux, qu’on y voit tout le contraire.
(B) ll ri y a rien qtte ces gens-là ne soient capables de per-suader aux femmes fout . . . prétexte de dévotion. ] J’ai parléailleurs de la grande docilité du sexe. Volez les Remarquesdes Articles Fratricelii 8t Guillbmbte.
Qqqq 3
( 6 ) HistoriaElagellan-tium»
218 » LIS.
(7) ll fahi*dire H*-drianseacomme a faitle Traduàturde Mctetcn,
(fc) Je nectei pasy ait aucun*telle Editiertde Meteren,
(*) HistoriâtBeígicxfolio cuti& 6LlvEâït. <Amjìe*lodamenjïssAnnì 1570*