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Tome second. C - I.
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H A ï L L A N.

(b) vohí. II l’avoit eu à son service avant que de monter sur le thrône (b). Les raisons qui portèrent duu Tamara»' Haillan à terminer son Ouvrage à la mort de Charles VII sont belles 6c bonnes, 6c marquentqu’il entendoit les devoirs d’un Historien ( E ). Cependant il promit depuis à Henri quatre de

conti-

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f r, ) Mer-cure Fraiiç.Tom, il y$<ig. rn. 6i.

( 24) Voìcz.Jes parolescì-tlrffits Ci-tation ( 8 ).

(2 S*) Voitz.ci-defsas Ci-tation ( 1 S)les paroles deVEpître Dédicat. de DuHaillan.

(26) Celle deRuys en Bre -tagne. Votez.FrançoisdMmboife ,dam la Pre-face ^Apolo-gétique desOeuvresd’Abelard.

(27) Dans URcmarq. (£.)*Citât. (6 ! ).

{ 1 %) Voi:z.la Préface deson Histoirede France.

( 29 ) Lk -même.

( 30 ) Pour lemoins quel-quts années,V>icx. la Re-marque sui-vante.

offert & dédié son Histoire de France par lui recueillie des pre-cedens Autheurs, comme le premier corps d’Histoire habillé àla Françoise. Nous lisons dans le Mercure François (2.3),qu’fíe»ri troisième pour reconoiftre du Haillan de la peine qu ilavoit prise au premier Uvre de son Histoire Françoise le gratifiad'un Estât de Secretaire de ses finances. Je ne faì point ceque c’est que ce premier Livre de l'Histoire Françoise qui futrécompensé de la sorte; car du Haillan publia tout à la foisl’Histoire de France, & il ne dit point dans son Epitre Dé-dicatoire qu’il eût déjà obtenu quelque gratification. II secontente de dire ( 24 ) que Charles IX lui avoit donné fê-tât d’Historiograplie avec de belles promesses; Sc qu’Henritroisième, alors Duc d’Anjou, lui avoit aussi promis quel-ques bienfaits. Je m’imagine que le Compilateur du Mer-cure craignit le blâme d’avoir volé mot à mot les parolesde la Popelinìere, 8c qu’aiant voulu s’en garantir, il les ra-porta avec quelques changcmcns; mais il n’y fut pas heu-reux. 11 changea en premier livre de son Histoire Françoise lepremier corps de son Histoire Françoise. Ces deux phrases fonttrès-diférentes : la derniere signifie que du Haillan est lepremier qui ait publié un Corps d’Histoire Françoise: l'au-tre signifie que le premier Livre de l’Histoire Françoisecomposée par du Haillan fut imprimé seul avant tous lesautres. L’Auteur du Mercure supose d’ailleurs que ce pre-mier Livre fit obtenir à du Haillan l’état de Sécrétasse desfinances de Henri III ; mais la Popeliniere , l’original duMercure, ne dit point cela : il supose que du Haillan étoitSécrétasse des finances avant que de publier l’Histoire deFrance. Avouons néanmoins que son narré est un peuconfus: il y a fourré un depuis qui est une brouillerie; c’estun terme qui s’accorde mal avec les paroles qui le suivent.Le Mercure ajoûte, I, qu’aprcs la récompense du prémierLivre, cet Historien en obtint une meilleure lors qu’il eutdédié son Histoire de France à Henri troisième; car il futhonoré de l'Estât de Conseiller zy Historiographe de France.II. Qu ’il a sait depuis VEstât e? Succez des Affaires de Fran-ce: cela est faux; ce Livre fut imprimé avant la mort deCharles neuvieme (25 1. III. Qu’ il fut pourveu de l'Eflatdes Généalogistes des Chevaliers de l’Ordre du Saint Esprit àla création de ceft Ordre. On auroit pu dire qu’il eut encommande une Abbaïe que le fameux Abelard avoit possé-dée ( 16 ). Notez que dans la prémiere Edition de son His-toire il ne se donne que le titre d’Historiographe de France ;mais il est qualifié dans les dernieres Conseiller du Roi, Secré-taire de ses Finances z? de fa Chambre, zjr Historiographe deFrance. Notez aussi qu’en 1584 il n etoit pas encore récom-pensé. On verra fa plainte cì-dessous (27).

(£') Les raisons qui le portèrent à terminer ses Ouvragesa Charles VII, marquent qu il entendoit les devoirs d'un His-torien. ] J’entens principalement la réfléxion qu’il a faitequ’on s’expofe à une fâcheuse alternative quand on travailleà l'Hisioire des Monarques qui font morts depuis peu detems. II faut, ou dissimuler la vérité, ou irriter des person-nes de qui l’on a tout à craindre. Le prémier de ces incon-véniens choque l’honneur Sc la conscience de l’Historien ;l’autre choque sa prudence: il vaut donc mieux ne rien dire.Voilà l’une des raisons de du Haillan par raport aux Regnesqui ont suivi Louis XII (28). II ajoûte (29) une raisongénérale qui est de grand poids ; c’cst que l’on avoit déjà desHistoires particulières de tous les Regnes postérieurs à Char-les septième, 8c que selon l’opinion commune il étoit pres-que impossible d’égaler les Ecrivains qui avoient fait quel-ques-uns de ces Ouvrages. Cette considération doit toucherun honnête homme,& un Historien célèbre:il doit épargneraux Lecteurs le déplaisir d’aclietcr deux fois une même cho-se: le respect qu’il doit au public exige cela: la justice nepermet pas qu’il copie les Histoires que d’autres ont faites;c’est voler le bien d’autrui. Sa propre réputation & sa pru-dence l’engagent à chercher un chemin de gloire plus mal ai-sé 8c plus sûr. Copier ou transformer ce que d’autres ontécrit est un travail trop facile pour être glorieux , Sc quimême vous expose à l’infamie des Plagiaires. Vous passé-rez pour vain iì vous prétendez égaler la gloire de ceuxqu’on estime incomparables , 8c vous risquez de passertoujours pour inférieur quand même vous les atteindriez,ou que vous les surmonteriez. Un homme sage doit-il secommettre avec les préventions du public ? Plût à Dieuque de tels objets fissent autant d’impression fur tout lemonde qu’ils en firent fur du Haillan (30): les Bibliothè-ques ne seroient pas fi chargées de tant de Livres qui con-tiennent les mêmes choses. Donnons ici la description qu’ila faite des inconvéniens à quoi les Auteurs de l’Histoire deleur stecle s’engagent. „ Pour ce que toutes ces Histoires,, qui parlent dudit Roy François premier ont esté faites„ de son temps ou de celuy du Roy Henry son fils, ceux„ qui les ont escrites se sont plus estendus en la louange-, dudit Roy , qu’il ne convenoit possible à son mérité-, (combien qu’il fut un grand 8c excellent Roy), ny au„ devoir de l’Histoire, ny à la vérité. Ce qui est un vice„ de tous ceux qui escrivent l’Histoire de leur temps 8c des„ i nnees soubs lesquels ils vivent. Car qui seroit celuy” oLroit toucher aux-vices de son Prince, ny à hjas-,, mer les actions ny celles de ses Ministres, ny à racomp-leí les menees, tromperies , 8c destoyautez qui se sont„ commues durant son régné, ny à dire que son Prince fit

i, une telle injustice, commit une telle paillardise, ny que„ cestuy-cy fuit en une bataille, que cestuy-la fit une telle„ trahison, que tel commit un larcin, tel une perfidie, 8c„ tel un autre semblable meschant acte ? II ne se trouvera„ aucun si hardi qui face cela. Voilà pourquoy ceux qui,, escrivent l’Histoire de leur temps font agitez de diverses„ passions, 8c font contraints ou de mentir apertement„ s’ils louent en tout 8c par tout leurs Princes ou s’ils 1a-„ vorisent leur nation, ou fi en tout ils blasment leurs en-„ nemis ; ou de dissimuler ou de pallier la vérité, ou de„ bigarrer les choies, ou de farder 8c dorer de belles pa-„ rolles leurs escrits 8c les actions de leursdits Princes, ou„ (s’ils veullent dire la vérité) sont contraints de celler leur„ nom , 8c faire imprimer leurs œuvres fans le mettre.

„ Ceux qui escrivent l’Histoire de leurs devanciers ne peu-„ vent (s’ils ne veulent) tomber en ce vice, ains peuvent„ hardiment courir en la campaigne de la vérité, 8c de la„ hardiesse 8c liberté de leur langage (31) ”. Bien desgens se souviendront ici de la pensée de l’Empereur Pes-cennius Niger. Louez Marias, ou Annibal, ou quelque au-tre grand Capitaine qui ne vive plus, dit-il à un Orateur quise présentoir pour lui réciter un Panégyrique ; car c est stmoquer que de louer les vivans , z? fur tout s’ils font Empe-reurs : on attend d'eux des récompensés ; on les crains, ils pettçvent tuer, ils peuvent banir. Quum imperatori facto qui-dam panegyricum recitare vellet, dixit ei , Scribe laudesMarii vel Annibalis, vel alicujus ducis optimi vita simili, &dic quid ille fecerit ut eum nos imitemur. Nam viventes latt-dare irrìsto est, maxime imperatores , à quibus speratur, quttimentur, qui prastare publice poffunt, qui poffunt necare, q 11 *proscribere : se autem vivum placere velle , mortmim ettatnlaudari (32).

Disons en passant qu’il ne faut pas faire une Réglé géné-rale de la seconde raison de du Haillan (33); car il y sbien des cas où il est très-juste de faire FHistoire des mê-mes Regnes qui ont déjà servi de sujet aux Historiens. Ce-la est très-juste, I, lors qu’on a quantité de nouvelles cho-ses à dire, ou quand on peut éclaircir 8c rectifier en plu-sieurs endroits les Histoires précédentes. II. Lors qu’i's’agit de réunir en un Corps tous les faits qui apartiennentà une Histoire, 8c dont les uns se rencontrent dans quel-ques Livres, 8c les autres dans quelques autres. III. Lorsque le goût des Lecteurs demande un nouveau langage Leun nouveau tour. Aujourd’hui , par exemple, la plupartdes gens aimeroient mieux ignorer FHistoire , que de lireles Auteurs qui la composèrent au XV ou au XVI Siécle-Ainsi, quand même un Historien n’auroit à dire que cequi a été imprimé , il seroit Irritable de publier une Histoi-re-, pourvu que le tour 8c le style attirassent les Lecteurs,8c que l’on trouvât le public absolument dégoûté des autresHistoires. D’où paroit que s’il y a tant de Livres qui con-tiennent les mêmes choses, ce n’est pas toujours par la fi u 'te des Auteurs ; c’est assez souvent par la faute des Lec-teurs, qui ne veulent pas prendre la peine de chercher sé-parément les Faits Historiques, ni de feuilleter ce qui ,écrit en' vieux Gaulois. C’est donc pour leur commodité,8c pour leur utilité, que l’on publie des Histoires, qui n *'prennent rien de nouveau, 8c qui ne font qu’ajuster ense 01 'ble , 8c en meilleur style , diverses Pieces des autres Au-teurs. Si vous avez découvert quelque nouveau fait, vou*dira-t-on , ne publiez que cela , pourquoi en prenez-vouoccasion de faire un gros Livre où vous fourez tant u-vieilles choses ? Cette Censure est légitime en bien des ren-contres , mais non pas lors que les nouvelles découvertese peuvent répandre sur une très-longue fuite d’EvénemenS-Elles doivent être incorporées alors avec les vieilles Rela-tions; l’intérêt 8c la commodité des Lecteurs demande cela-Nous verrons bientôt que fur ce principe notre duchangea de résolution.

Ce qu’on vient de dire quant aux Livres Historiquespeut apliquer à d’autres Ouvrages. On en fait trop >íàut l’avouër , qui ne contiennent que ce qui se tr ? : tedans cent autres ; mais ce seroit d’ailleurs une conn .préjudiciable à la République des Lettres, que de n ^mettre dans aucun Ouvrage ce que d’autres Livres on ,jà rendu public (34). Un Théologien de Leide P r “ gjqu’il est très-utile de publier divers Ouvrages fur les m e

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matières quand elles sont importantes : il assure rnewe ^c’est un très-bon moien de diminuer la multitude nevies, qui accable 8c qui fait gémir tant de gens. ~,.q u .son de ce Paradoxe est qu’un nombre considérablevrages fur certaines matières occuperoit le public, çC ustune infinité d’autres Livres seroient négligez, _ f erol y 0 jonS

une excel-coërhes )

faut de la boutique du Libraire à celle de l’Ëpicier.les paroles de cet Auteur , nous y trouverons

lente pensée de St. Augustin. Id ( scribendi ca

nunc his temporibus in immensum est aullum, ut _ ,,

delam superaffe videatur, nec alio modo pojfis coercert , at? }plures divulges libros; quam rationtm agendi forte paaliquis dixerit , optimam tamen nemo jure negaveri . .

titudine librorum ntilitim immense nirmero non est q , a ^visconqaeramur , qui non facile nimis augentur.

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