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Tome second. C - I.
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H A î L L A N,

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Continuer cette Histoire jusques à son tems ( F). II n’a point executc cette promesse. Ce quil’avoit engagé à continuer n’est pas glorieux à Philippe de Comines (c). II eut le courage de ré-futer plusieurs traditions qu’un zèle indiscret pour la gloire de la France avoit fomentées, & deparler librement fur les matières délicates, comme par exemple fur ce qui concerne la Pucelled’Orleans (G). Cette liberté fut désagréable aux petits Esprits, & a ceux qm veulent que toutv ' foie

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tllïs fcrìptoribus deleílentur , quamvis de codent argumentacommentatïs. Quod rett'e ob/ervavit Augustìnus lib. I. de Tri-nitate cap. Neque enim omnia quae ab omnibus con-feribuntur in omnium manus veniunt. Et íìeri potest , utnonnuìli, qui etiam haec nostra intelligere valent, illos pla-mores non inveniant libros , 8c in istos saltem incidant.ldeoque utile est, plures à pluribus fieri diverso stylo, nondíversà fide , etiam de quœstionibus eisdem , ut ad pluri-»°s res ipsa perveniat, ad altos sic , ad alios autem sic.

ratione inutiles librì senfim clminantur,ut alit postea nonpnt usui, qukm ut piperi zy thuri involvendo inserviant (35).

. (F) Il promit à Henri IV de continuer cette Histoire jusquesa son tems. j Je le prouve par ces paroles (36) : J’ay saisia ujst un Oeuvre de la Monarchie de France , qui se presenterabien tost à vostrt Majesté , avec la description de tous les se-crets zy affaires de ïeflabliffement , grandeur zy force de vostreEstât , zy des Roy s vos prédécesseurs. Leur Histoire que j’ayJ f 1 fie , zy finie à la mort de Charles septiesme , fera bien tostLpitre òcdl- l Htv j e de celles des autres R oys suivans jusques à vostre Ma-fi rfcí’Etat ; P u is viendra la vostre, fi vous voulez quelle soit veut.

Voilà, ce que du Haillan disoit au Roi Henri quatre dans uneEpître Dédicatoire qui est datée du mois d’Octobre 1594. IIy avoir dix ans qu’il avoir apris aux Lecteurs son change-ment de résolution;car lors qu’il dédia à Henri III, en 1584,la seconde Edition de son Histoire de France corrigée & aug-mentée , il lui parla de cette façon : „ Bien qu en mon« Epistre liminaire 8c dédicatoire à Vostre Majesté, Sc en,, la Préface de la premiere Edition j’cuffe dict que je ne,, voulois passer outre ni escrire l’Histoire du Roy Louys„ unziesme, pour cc que Philippes de Commines Sieur„ d’Argenton, l’avoit escrite : si est ce qu’ayant depuis„ changé d’advis je l’ay commencée en espérance de l’a-„ chever cest Hyver prochain si je cognois que ce mien Ia-„ beur vous soit agréable ". II est bon de voir la cause deson changement; car outre qu’on y verra ce qu’il jugeoit dePhilippe de Commines, on y trouvera qu’il a été dans l’undes cas où il est permis de travailler à une Histoire après qued’autres l’ont publiée. Ce qui m'a, dit-il (37), saisi chan-ger de délibération, zy mettre la main attdióì Roy Loy s , a estéque lediSi Sieur d’Argenton ria commencé son Histoire appelléeMémoires qu'au cìnquiesme an du Régné d'iceluy , zy que tomesles causes des guerres , c r des grands affaires que ce Roy eut ,font comprises depuis le commencement de son di£l Régné, jus-ques à ïendroiSi là ou lediSÍ Seigneur d’Argentan a commencéd’escrire : zy qu’au reste de fa diSle Histoire , il a celé plusieurschoses que j'ai descouvertes zy tirées de plufieurs Livres, Mé-moires , zy Depefches faites de ce temps là,zy de plufieurs dis-cours secrets escrits ou durant son Régné,ou peu âpres fa mort,exempts de la crainte, de la haine, de la fiaterie, zy de lalouange zy passions, ausquelles souvent tombent ceux qui escri-vent de leurs temps, zy aux deux dernieres desquelles ledth deCommines se laisse trans-porter, pouffé ou d’une grande affec-tion envers son Maistre, ou des biens qu il avoit receus de luy,ou de la crainte de son successeur. Aussi n a il diíl ce que lesautres pourraient dire & que d’autres Histoires ont diíl des ac-tions , des vices , zy des cautelles (38) duditì Roy , zy lelouant plus qu il ne devoit, fait en plufieurs endroits VOrateur

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„ de la Loy Salique qil’on lui attribue, la création des Pairsde France attribuée à Charlemaigne, 8c autres points par-„ ticuliers, ayant esté si hardi Sc si véritable neantmoins de, dire que jamais Pharamond ne passa le Rhin pour entrer„ en Gaule, & qu’il ne fit jamais la Loy Salique pour ex-clurre les filles de la succession de cesse couronne , veu„ qu’il ne passa jamais en nostre France. Sur quoy quelquesuns, qui se méfient de parler de tout 8c ne sçavcnt rien-8c qui pensent de leurs opinions mal sondées renverser cel-les qui sont assises fur le jugement de la raison, ont vouludire que je voulois exterminer les principes de nostre His-" toire quand je ne veux attribuer l’institution de ladite Loyà Pharamond. Mais (Sire) ce n est cela , ains je veuxpurger une ancienne erreur, me semblant que la Loy Sa-” lique est assez ancienne Sc approuvée puis qu’elle a estépractiquée comme Loy des 1 institution de nos premiers„ Rois (comme vous pourrez plus amplement voir au com-„ mencement du premier Livre dc cesse Histoire en la vie„ de Pharamond) Sc ne peut fur cela mon opinion donner,, aucun advantage aux estrangers ny ícandalìzer les nostres *

„ íìnon ceux qui se scandalisent de tout horsmis de ce qu ils„ pensent Sc font. Quelques uns en ce point, en celuy des„ Pairs de France, 8c en d’autres, ont trouvé mauvaise nia„ liberté de langage, dìsans que je fais contre le devoir d’un„ Historien de vouloir oster à la France 8c aux François,, l’ancienne opinion qu’elle a eue de la venue de Phara-„ mond en Gaule, de ladite Loy Salique faite par luy, Sc,, de l’institution des Pairs de France; Sc que c’est un cri-„ me d’abroger les choses desquelles l’opinion est inveterée„ 8c escrite par des ignorans qui n’avoient feuilleté les„ bons Livres, Sc crue par d’autres ignorans qui n’ont ny„ le sçavoir ny l’entendement de lire ny d’entendre les„ bons 8c anciens Autheurs, ains s’amusent à de vieils fa-„ tras aussi malpolis que leurs esprits. Les bons Historiens„ ( Sire ) ne doivent en leurs Escrits ny en leurs patelles„ suivre les opinions du vulgaire, mais seulement les véri-„ tables 8c celles qui font approuvées par véritables Au->, tlieurs, ou par bonnes conjectures 8c preuves, lesquel-„ les en multitude bien discourues fervent de tesmoignage,, véritable 8c asseuré , quand par la malice du temps la,, preuve de la vérité nous défaut pas escrits. Je n’ay vou-lu doneques suivre (Sire) en ces choses là ny en plu-,, sieurs autres l’opinion commune, ains seulement la vraye.„ En quoy je pense avoir fait un grand bien à l’Histoire„ de France, la desbrouillant de plusieurs menteries 8c fa-„ blés cfui la rendent mal plaisante 8c quelquefois dìfcor-„ dante , octant les Lecteurs du doubte de beaucoup de,, points desquels ils ne trouvoient en elle la vraye intelli-„ gence. En quoy je m’asleure estre agréable aux hom-,, mes de bon jugement ; car c'est à eux à qui je veux„ plaire , non à ceux à qui mes opinions 8c mes Escrits„ desplairont ”. Si vous désirez savoir ce qu’il a dit de laPucelle d’Orleans, lisez cet autre Passage (42. ) : Le miraclede cefie fille, soit que ce fufi un miracle composé, aposté, ouvéritable, efieva les cœurs des Seigneurs, du peuple, zy du Royqui les avoient perdus : telle est la force de la Religion , eybien souvent de la Superstition. Car les uns disent que ceste

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zy le panegyrtcq non l Historien, zy en ses longues digressions Jeanne estait la garse de Jean Bastard d’Orleans, les autresfur les affaires des Potentats estrangers passe les bornes de l'His- du Sieur de Baudrhourt , Us autres de Pothon ■ lesquels eff,

toire zy d'un Historien. Au reste, toutes les promesses que ... -. . .. /- „ .A

du Haillan fit de continuer l’Histoire de France furent nulles.

On ne trouva rien là-dessus après fa mort parmi ses Pa-piers (39): les Libraires qui joignirent à son Ouvrage uneContinuation jusqu'en l’année 1615 (40), 8c puis jusqu’en1 année 1617 , la prirent de Paul Emile, de Philippe de Com-mines, d’Arnoul Ferron, du Sieur du Bellay, 8cc.

(G) il eut le courage de réfuter plufieurs traditions ....

... zy de parler librement fur .... l a Pucelle d’Orleans .1Qu on ne s étonné pas de la longueur du Passage que jevais- citer ; elle est instructive, elle montre le vrai caractèred’un Historien , 8c le scandale ridicule que les esprits maltournez prenent de la hardiesse qu’il a de préférer la véritéà toutes choses. Ce mauvais tour d’esprit régné par tout,

8c dans tous les siécles. II est utile de marquer commentles Auteurs illustres Pont méprisé , 8c combatu. Voici lesparoles de du Haillan (41). „ Je n’ay voulu faire le fiat.

„ teur ny le Courtisan, ains THistorien, 8c dire la vérité,

„ 8c n’ay fait ce que font les Pâtres flatteurs qui paignans„ le visage d’un homme ou d’une femme, si d’adventure„ il s’y trouve quelque imperfection ou quelque chose de„ laid , la laissent du tout, ou la paignent flatteufement.

„ Mais j’ay voulu paindre les traicts les plus difformes aussi„ bien que les plus beaux , 8c parier hardiment 8c libre-„ ment de tout avec hardiesse non accoustumée 8c qui se-„ ra louable 8c louée de tous bons Lecteurs, comme par» cy devant j’ay fait en mon œuvre de T Estât Sc fuccez„ des affaires de France, auquel j’ay librement dit plusieurs„ choses que devant moY aucun n’avoit voulu ny osé dire,

„ 8c que possible on n’avoit sceues. Car tant au dit œu-" v J e s “ e i’Estat qu'en cestuy-cy j’ay impugné plufieurs» “oses qui font de la commune opinion des hommes,

" com ™ e à venue de Pharamond en Gaule , Hnstitution.

T O ME 11.

fins zy advifez, zy voyant le Roy fi eflonné qu il ne sçavoitplus que faire, ny que dire , zy le peuple pour les continuellesguerres tant abbatu, qu'il ne pouvait relever son cœur, nyson espérante , s adviserent de se servir d"un miracle composéd une fausse Religion, qui est la chose du monde qui plus estevezy anime les cœurs, zy qui plus fait croire aux hommes, mes-mement aux fimples , ce qui n est pas. Et le peuple estait fortpropre à recevoir telles superjUtions. Ceux qui croyent que c es-tait une Pucelle envoyée de Dieu, ne font pas damnez , ne fontpas ceux qui ne le croyent point. Plufieurs estiment cest Arti-cle dernier estre une herefie , mais nous ne voulons pas tresbu-cher-entlle, ny trop en Vautre cqeance. Adonc ces Seigneurspar Vespace de quelques jours , l'instruifirent de tout ce quelledevoit respondre aux demandes qui par le Roy zy eux luy fe-raient saisies en la fresence du Roy ( car ils dévoient eux mes-mes faire les interrogatoires) zy afin qu’elle peust reeognoifirele Roy, lors qu’elle ferait menée vers luy ( lequel elle n’avoitjamais veu) ils luy faisoient tous les jours voir par plufieursfois son portraiâî. Le jour designé auquel elle devoit venirvers luy en fa chambre, zy eux ayans dressé ceste partie ilsne faillirent de s’y trouver. Estant entrée , les premiers quiluy demandèrent ce quelle voulait,furent le Bastard d’Orleanszy Baudrhourt, lesquels luy demandans ce quelle demandoitelle respondit quelle voulait parler au Roy. Jls luy présent 'rent un des autres Seigneurs qui estoient-là , luy disaisc estait le Roy ; mais elle instruite de tout ce qui l m s^*saisi zy difí, zy de ce quelle devoit faire zy dire dithestoit pas le Roy, zy qu’il estoit caché en la ruelle du ìlit, í** de vray il estait) ,zy allant l’y trouver Im dh r • ( ^

profita tant a ce Royaume,qu elle releva leeín * ^ J >mul ee,

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vant Comptegne, zy menée à Rouél, là ou son protez luyRrrr

(41) DuHaillan ,

«w* // Livrede l’Estat& Succèsdes Affaíreide fiance,

Pfg* 1)8 &suìv» dedîtien de Pa-~ris 16T9,.Notezque GabiielNaudé estdu mêmeSentiment,

Les -AnsloiSydit-il , dansle III Cha-pitre desCoups d y Es-tat , pag. m.zr? , ejiíintpresque deve -nui Maifiresde la Fran-ce , il tut ne*cejsaire JlusCharles VIId 9 avoir rfcours à quel-que Coupd'Eftat pourles en ehajser íce fut done-ques q celuyde Jeanne la,Pucelle y lequelest avoiie peurtel par justtLip'e en 'esPolitiques , H-par quelquesautres Histo-riens étran-gers 5 maisparticulière-ment pardfusídes m fîres ,ffav»ir duBellay Langesen son *Artmilitaire y à*par du Hail-lan en sonHistoire , peutne citer icibeaucoupd'autres Ecri-vains demoindre con-fide ration^

estant