fr A R P A L V S.
frARÎPALUSj Seigneur Macédonien, & l’un des Capitaines cfAlexandre, se perdît par sesdepenses énormes (a). Í1 s’attacha aux intérêts d'Alexandre, pendant les démêlez qui s’élevé-fcnt entre ce Prince & le Roi Philippe, & il fút disgracié pour ce sujet {b): mais dès que Phi-hppc fut mort, Alexandre rapella Harpalus, Lc lui témoigna une amitié très-étroite. Je croi qu’ildonna le Gouvernement de Cilicie ( A ). Pour celui de Babylone, il est très - constant qu’ille Jlui donna, avec la charge de grand Thrésorier (c). Harpalus, s’étant imaginé que le Roi sonmaître ne reviendroit jamais de l’expédition des Indes, commit une infinité de malversations, afirtde soutenir les dépenses excessives de son lit fie de fa table. II se plongeoit dans toutes sortes deVoluptez, fie il ne refusoit rien à ses maîtresses (B). Plusieurs autres Gouverneurs, se figurantcomme lui qu’Alexandre ne scroit jamais en état de leur faire rendre compte de leurs extorsions,avoient commis mille injustices. La prémiere chose, que fit Alexandre en revenant des Indes, fute aue châtier très-sévèrement quelques - uns de ces Gouverneurs. Cela fit craindre un sembla-e traitement à Harpalus; desorte que pour le prévenir il s’ensuit en Grece avec des sommes im-menes^ qu’il prit au thrésor Roial qu’on lui avoit confié. 11 leva aussi six mille hommes, qu’ilebarqua à Tenare fur les terres des Lacedemoniens; fit s’en alla à Athènes, pour tâcher d’y fai-e entreprendre la guerre contre Alexandre (d). 11 gagna à force d’argent quelques Orateurs (e)-,
st savoit bien qu’il n’y a pas de plus puissant instrument que la langue de ces gens-là pour trou-er le repos public; & pour pousser les peuples à prendre les armes. Mais s’il savoit d’un côté legrand pouvoir qu’ils ont fur le peuple, il n’ignoroit point de l’autre le grand pouvoir qu’a furux une bonne somme. Se voiant donc muni de beaucoup d’argent, il espera de mettre la ville; thenes dans ses intérêts. 11 sc trompa, Phocion suc incorruptible (C); fit d’ailleurs les Lettresa Gouverneur de Macédoine, fit celles d’OIympias mere d’Alexandre , continrent les
eniens dans le respect (/). Ce fut à Harpalus à chercher une autre retraite (Z)); il s’en re-
(<«) Aife-
liíeus, L-An .XUI.pag.594 Paufa-nias, Libr.I,P“g. 3Í-
(b) Plutarch,in Alex and.pag. 669 , E.
(c) Diodor.Siculus,Libr. XVIL,
cap. cnu.
(d) Idem-,ibidem.
(e) PI Mardi.in Phocio-ne, pag. 7 s o.in Demos-thene,p« 2 .« 57 .
(/) Diodo-ru, Siculus,Libr. XVII',
cap. crin.
fi) Libr.
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J 85 , r «
si) T h T«<îtftoC Wí
T*tìoncTO ob-Stiabo»Libr. XIV,faj. 46,.
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(A) je croi ^«'Alexandre lui donna le Gouvernement deCilicie .1 Je fonde ma Conjecture fur ce que dit Athenée (t)»qu’Havpalus aiant perdu fa maîtresse, en fit venir dAthe-nés une autre, Sc la logea au Palais Roial de Iarlis. xblley fut adorée d’un chacun, 8í qualifiée Reine; 8c tous ceuxqui couronnoient Harpalus, a voient ordre de la couronneraussi. Cela supose qu’Harpalus 'demeurait à Taríìs avectoute forte d’autorité. Or Taríìs étoit la principale ville dela Cilicie {z). Je ne m’arrête point au Paíîagc d’Athe-née (3), où on lit qu’Harpalus érigea une statue de bronzeà fa maîtresse Glycera dans Tatfis ville de Syrie [f»
tíjç 2-jpí* 4 . Je ne doute point que ce Passage ne soit cor-rompu ; car outre qu’il n’y avoit en Syrie aucune villeroialc ni considérable qui eût nom Tarstts, nous voions àla page y 86 d’Athenée; que cette statue de Glycera fut éri-gée dans Rosse, e» Va<ro£. Nous voions à la marge de lapage 59j , vis-à-vis de fendrait du texte où l’on a impri-mé [Iv Taçcój.l que d’autres Manuscrits portent » PWtrâí.Athenée cite dans l’un & dans l’autre de ces deux Passa-ges le même Auteur, savoir Theopompe. II faut donc
que les Copistes aient bouleversé le nom de la ville où étoitcette statue.
(B) Il ne rtfufoit rien k ses maîtresses.'] Si quelque chosepouvoir détruire la Conjecture que j’ai avancée dans la Re-marque précédente, ce scroit la description que Diodorefle bicile nous a laissée du luxe où Harpalus se plongea pen-dant qu Alexandre étoit aux Indes; car elle porte qu’Har-palus s abandonna à la débauche des femmes ; 8c à des im-puretez encore plus odieuses ; qu’il faisoit venir de la merrouge une grande quantité de poisson ; que ses dépensesordinaires croient excessives ; 8c qu’outre cela il fit venirune célèbre Courtisane^ d’Athènes, qui s’apclloit Pythioni-ce ; qu’il lui fit des présens d’un prix immense ; que quandelle fut morte st lui fit bâtir un tombeau superbe, 8c man-da du même pais une autre fameuse Courtisane nomméeGlycera, avec laquelle st vécut dans une molesse fi prodi-gue; qu’on ne la saurait représenter. Tout cela se fit se-lon Diodore de Sicile pendant qu’Harpalus étoit Gouver-neur de, Babylone ; & Sur-Intendant des Finances, 8c de-puis qu Alexandre se fut engagé à l’expédition des Indes.J aì donc eu tort de parler du Gouvernement de Cilicie,me dira-t-on. L’Objcélion ferait forte, s’il n’y avoit lieude croire que Diodore de Sicile, à limitation de ceux quicomposent une Histoire générale, a trop entassé les événe-tnens particuliers ; St trop négligé le détail du tems. LesAuteurs qu’Athenée cite font plus croiables que Diodore;car ils se sont fait Une matière patticúliere des débauchesd’Harpalus ; la présomption est donc qu’ils en ont mieuxdévelopé les circonstances ; que Diodore ne l’a pu faire ;lui qui n’a parlé d’Harpalus qu’en gros, & qui ne passoitfur les incidehs particuliers que le plus vite qu’il pouvoir.C’est la méthode de l'Histoire générale. Gr que disent lesAuteurs d’Athenée ? Le voici. Après ìa mort de Pythio-istee qu’Harpalus avoit aimée paffionément, 11 fit venir Gly-cera ; 8c l’introduifit au Palais Roial qui étoit à Taríìs, &la fit adorer du peuple, 8t traiter de Reine. H » LíL-
Vsev cìr.ue » T» 7 $ /îcsc-fA.-íofs noie, h T Uqctp r.cti rrgeerr.visird-ài ùrebrS xa»l<»s pstvitorrrt Ac illo profefilam in
régla atu Tarfis fuit collocaffe, ut ádorarent orímes ac reginamsalutarent, iuffifie (4). S’il eût été Gouverneur de Babylo-ne , lots qu’il fit venir Glycera ; il V eût introduite dans lePalais de Babylone; c est à Babylone qu’il lui eût fait ren-dre les honneurs de '/adoration, & donner le titre de Rei-ne- H a fait cela dans Tarfis, donc il étoit Gouverneurde la Cilicie lors que Pythionice mourut, 8c lors que Gly-cera remplit la place de Pythionice ; donc Diodore de Si-cile s’est trompé aux circonstances du tems, puis qu’il sit-poie que les amours d’Harpalus pour Pythionice , 8c en-mite poux Glycera ; ont suivi 1e tems auquel Harpalus fût
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tourna
pourvu du Gouvernement de Babylone, & auquel Alexan-dre s’en alla aux Indes. Qu’on ne m'objecte point le sé-pulcre qu Harpalus fit bâtir à Pythionice dans Babylone ( 5 ) ;car cela ne prouve point que cette femme soit morte de-puis qu il fut pourvu du Gouvernement de Babylone. Jene fat fi l’on pourrait mettre entre les marques du luxe dece Gouverneur la peine qu’il prit de faire venir de Grecetoutes sortes de plantes pour fomentent des jardins, 8c desallées de Babylone ( 6 ) : car si l’on en croit Theophraste (7) ;st ne fit cela que par ordre d’Alexandre. Si Scaliger avoitconclu de cela qu’Harpalus avoit f intendance des jardins& des vergers roiaux à Babylone, ìl ne pourrait être cen-suré que d’unè chose ; mais st dit que Plutarque attribuecet emploi à Harpalus (8); il a donc bronché deux fois;ï. ìl ne s’est point souvenu qu’Harpalus étoit Gouverneurde la Province de Babylone, & qu’ainsi l’intendance desjardins n’étoit pas fa principale charge, mais une petite dé-pendance de son emploi. II. II est faux que Plutarque disece qu’il lui impute.
(C) PhociJê fut incorruptible.] C’étoit lui qu’Harpallistâcha principalement de gagner: il voioit venir à lui les au-tres Déclamateurs, & ne leur donnoit que des sommes très-modiqués ; mais il fit offrir à Phocion 700 talens , & levoUlut tendre f arbitre absolu de ses affaires. T m ùab'orm
/ 3 ijjU«T!>ç gec;-uX 7 lfr.'"fxt cfucr. i'j y.ctt upiiMee <rAí/-«wràv ; réroiç uèv àrre rcaXKa, peínça ,
xcti è'tepérfs , t f oì *bMv.twi 7 rÇ 0 T£TEujre S'tiï&ç £;r-■rxx.b(ria rxÀxirx. Concionalïum hìruiinum fuit certatttn con-curfatio Opéras suas ei -venditantiummoâicam his ille ex mul-tis obtulit esr objecit efeam, Phocìonì vero per intirnuncios fep-ûngentá talenta obtulit (9). Phocion le rebuta , Sc lui fitsignifier qu’il le ferait repentir dc ses complots, s’il le voioitcontinuer à corrompre les habitans. Cela fut cause qu’Har-palus agit avec plus de retenue: il éprouva que toutes ceslangues vénales qu’st avoit gagnées le traversoient ouverte-ment , afin dc dissiper les soupçons, 8c que Phocion quin’avoit rien pris lui étoit le moins contraire. Cela lui fitfaire de nouvelles tentatives pour le gagner; mais il le trou-va de toutes parts imprenable. Charicles gendre de Pho-cion n imita point cette intégrité , 8c se rendit fi suspect,que son beau-pere refusa de l’affister, quand il le vit accu-sé juridiquement d’intellìgence avec Harpalus ( 10 ). Pource qui est de Demoslhené, il en usa le plus mal-honnête-ment du monde: il toucha de grosses sommes, afin de par-ler pour Harpalus; maiè quand il fut question de haranguer,il parut dans f Assemblée le cou tout couvert de linges, 8cse plaignit d’un mal de gorge qui Jui ôtoit f usage de la pa-role ( 1 r ). Ce ftít alors qu’on débita le bon mot où l’orifaisoit allusion à l’esqúinancie. Ot tu<pvíiç, %xevxÇevTeç
àx, ùjrà ermáyr-rn E 0 çx<^ev àà.rr àgyvpáyxvç lt>.r,<pùxi yt itirag
tîv S-nfíetyayór. Ibi homìnes faceti cavillàntes non angina dt-xerùrit, fed argèntangina oratorem noíh correptum (xi), jjn’cn fut pas quite pour être raillé ; car ses engagemens avecHarpalus furent cause de son exil (ij). Notez que Pausa-njas le croit innocent (14). Harpalus, Sc fa concubineGlycera, firent distribuer dans Athènes une grahde quanti-té de blé. Ce fut une des choses pour lesquelles on le ber-na dans une Piece comique qui fut jouée fur les bords defHydaspe, Sc dont quelques-uns ont dit qu’Alexandre même étoit f Auteur ( 15 ). II est remarquable qu’après la mortd’Harpalus ; une fille cju’il avoit eue de Pythionice sot reÇue chez Phocion ; Sc elevée avec toute sorte de foinpar lui que par son gendre Charicles (16). ' unc
(X.) Ce fut k Harpalus k chercher une'autre retraite Tì
reçut ordre de sortir d Athènes, comme nous l’aprenons de
in ï>emofthene, peu. iej. z,;\ ,j._, , . Plutar (n) Umì
(14) Volez. U Remarque (D) à ta fin ’t[é\ lii, Jústin. Libr. ?II ,
(iSj îlutarch, in ïhëç.pai j f! . (s) Athea ' ubr - xtl ‘ ' W ir t 1 U
(ï) Theo-pompus,a Pud Acheá,■Libr. Xui,SOS.
(d) X’ezru-ê 1 , nieX’áfne «>ro-XeiçIOítç
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reffenderunt,
unam n s fuittellus hede-rnm, cjuamJemper eorru-pú impatied-tem ejm terá-perici. Plut.
'* AJexan-dfO, pag.686 , B.
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G) Plut. ,t
ífiocione,
P“&7 Sl,B.
(so) ìdíín ,tlrìdeín.