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Tome second. C - I.
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H A R P A L U S*

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fg) Dìodo-rus Siculus,Libr. X Vil »Cap. CV'III.{h) Dans la%em-. (O).

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tourna à Tenare où il avoir laissé ses soldats, Lc passa de là en Crete. Mais il né la fit pas lon-gue: un de ses amis le tua en trahison (Z) (E). Le Suplément de Moreri est fautif fur ce point-là, comme je le ferai voir (/&). Alexandre croioit fi fermement qu’Harpalus étoit honnête hom-me, qu’il fit mettre aux fers, comme de faux Délateurs, ceux qui lui portèrent la prémicre nou-velle de la fuite de ce personnage (r). La nouvelle qu’il reçut, que ce perfide chassé d’Athenesavoit été tué, rompit le dessein où il étoit de revenir en Europe, pour mettre les Athéniens à laraison (F). II s’étoit servi d’Harpalus pour faire venir des Livres (G), lors qu’il vit qu’on n’entrouvoit point dans les Provinces éloignées du Païs Grec. Le tombeau qu’Harpalus fit faire al’une de tes maîtresses fut fort somptueux (H). Je ne pense pas qu’un certain murmure contrela Providence , que Cicéron nous a conservé , regarde notre Harpalus ( I). Si j’ai raison , les

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(17) Wutar-

chus, inDemosth,fag. 87S > E

( 18 ) Libr. K,Cap. II.

(1$) Volez.Scaliger,Animadvers. in Eu-sebium,mtm. 1691,pa£.m, 127.

( 20) Pausa-nias, Libr.l,pag. 3 S

(21) Pbiloxene

Plutarque (17), & de Quinte Curce (18). Je croi que 1 acause fut plaidée avec aparat ; car Pollux cite une Harangued’Hyperides bvng a'^xàh. Je ne parle point de la Haranguede Dinarchus, qui a pour titre ún-èç r S ué ìxêìivxi st'^xXotA’áîI'mSçw-, elle passe pour suposée. II ne laisse pas d’êtrevrai que cet Orateur plaida effectivement dans cette cause :on avoit cinq de ses Harangues ors pi A'^xÁelm ( 19). CeProcès eut de grandes suites; car après qu’il eut été résoludans Athènes qu’on feroit sortir Harpalus, on informa con-tre ceux qui s’étoient laissé corrompre par ses présens. S’iln’eût point trouvé de gens à corrompre, il auroit été livréà Alexandre (20). Un des Amis (21) de ce Prince solli-cita puissamment les Athéniens de lui livrer Harpalus, &ne l’aiant pu obtenir , il leur marqua quelque tems aprèsà qui cet homme avoit donné de l’argent, 8c combien. IItrouva cela dans les papiers de l’Intendant d’Harpalus (22).

Macédonien. Paufan. Libr. II, pag. 76. (22; idem, ibidem.

F A V T ES

du Suplé-ment deMoreri.

(2?) II estdans le Su-plément duDiíìionairede Moreri.

(24) îausanias, Libr.11,

pa£. 76-

(25 ) Idem ,ibidem.

(26) C’est-à-dire dans leDictionairede Moreri.

(27) Quint.Curtius,Libr. X,Cap. IL

(28) Paufa-nias ,Libr. 11 ,t a £. 76.

(as) Idem,ibidem.

(30) Quint.Curtius,

Libr. X, Cap.

U.

Mettons ici la Critique du Philoxene du Moreri. Ce-lui qui a donné cet Article (23) assure que Philoxene Capi-taine Macédonien prit en Candie Harpalus qui avoit enlevé lesrichejjes d’Alexandre; .... qu il découvrit tous ceux à quiHarpalus avoit confie ce tkresor dans Athènes; qu’il en envoiala liste aux Magistrats pour retirer cet argent, zy les faire pu-nir, mais qu il ne voulut point nommer Demosthene , quoi qu ileût eu quelque diferend avec ce fameux Orateur , préférant encette occasion ïestime qu il fai/oit de son éloquence à son pro-pre ressentiment. On cite Pausanias. Je trouve là cinq fautes.I. II est faux que Philoxene ait pris Harpalus ni en Crete, nien aucun autre lieu. II ne prit que son Intendant qui s’étoitsauvé à l’Ile de Rhodes (24). U’Auteur que je critiquen’en parle point; cette omission fera fa II faute. III. Har-palus ne confia point ce threfor dans Athènes-, il y donna dessommes pour gagner des gens qui lui fussent favorables.IV. La Liste que Philoxene envoia aux Magistrats ne con-tenoit point les noms des prétendus dépositaires de ce thré-sor, mais le nom de ceux à qui Harpalus- donna de l’ar-gent pour les corrompre. V. Pausanias (25) ne dit pointque Philoxene ait eu envie de retirer cet argent. VI. Etbien loin de dire que ce Macédonien suprima son ressenti-ment par l’estime de l’Eloquence de Demosthene, il suposemanifestement que cet Orateur auroit paru dans le Catalo-gue de Philoxene, fi l’on eût trouvé son nom dans les pa-piers de l’Intendant d’Harpalus. Voici le raisonnement dePausanias, Si Harpalus avoit donné de l’argent à Demos-thene , on l’eût découvert par les papiers de son Intendant :& si on l’eût découvert, Philoxene l’eût marqué dans leCatalogue qu’il envoia aux Athéniens; car il avoit eu desquerelles particulières avec Demosthene, 8c il savoit qu’Ale-xandre étoit furieusement irrité contre ce fameux Orateur.Or il ne fit aucune mention de Demosthene en faisant savoiraux Athéniens le nom de ceux à qui Harpalus avoit donné del’argent, 8c combien chacun d’eux avoit touché. II faut doncpenser que Demosthene n’en toucha pas. Fiez vous aprèscela à de tels faiseurs de Dictionaire. Déplorez plutôt le fortdune infinité de Lecteurs qui ont cru fort bonnement quePausanias nous donne là un exemple dune insigne générosité,un homme si rempli d’admiration pour Demosthene son en-nemi , qu’il étoufe en fa faveur son ressentiment lors qu’il aune occasion très-favorable de se venger. Tant est grand lepouvoir de l’Eloquence ! Récrieront les jeunes Déclamateursqui auront cherché des matériaux dans ce nouveau Polyan-thea (26).

(E) Un de fes amis le tua en trahison.'] II s’apelloit Thiin-bron, à ce que dit Diodore de Sicile, 8c il étoit de Lace-demone, à ce que dit Arrien. II s’empara de tous les ef-fets d’Harpalus. D’autres disent qu’un voiageur fit ce meur-tre (27); d’autres l’attribuent aux domestiques d’Harpa-lus ( 28 ) ; 8c d’autres à un Macédonien qui se nommoitPausanias (29). Ces variations font perdre patience ,8c dés-honorent les Historiens.

(Fj La nouvelle, qu il avoit été chajfé d’Athènes, rompit

le dejfein ois Alexandre étoit de revenir . mettre les

Athéniens à la raison.] C’est Quinte Curce qui nous l’a-prend. Hìs cognitis , dit-il, Rex Harpalt Athenien/ibusquejuxta infeftus, clastem parari jubet ; Athenas protinus petitu-rus. Quod confilium dum agitai, clam litera eì redduntur,Harpalum intrajfe quìdem Athenas , pecunia conciliasse fibiprincìpum animos, mox confilio plebïs habìto, jujjum urbe ex-céder e, ad Gr&cos milites pervenìffc, à quibus interceptum zytrucidatum à quodam viatore per infidias. His litus in Euro-pam trajieiendi confilium omifit (30). II faudroit être stupi-de, pour ne pas apercevoir qu’il y a une assez grosse lacu-ne en re le I & le II Chapitre du X Livre de Quinte Cur-ce; car ou est 1 Historien si vuide de sens commun, qu’ilsoit capable de parler d’un Harpalus dc la maniéré que

Quinte Curce en a parlé dans le Passage qu’on vient de li-re; qu’il soit, dis-je, capable de parler de cette maniéré;fans avoir préalablement expliqué qui étoit ce personnage»& quelle entreprise il avoit formée. II n’est pas besoin qu ej’insiste là-dessus : si quelcun ne sent point cela, il n’est P aScapable de comprendre les raisons que i’alléguerois.

(G) Alexandre s’étoit servi d’Harpalus pour faire venir deiLivres.] Plutarque nous aprend ce fait; lisez ce qui suit»vous y trouverez qu’on ne croioit pas déplaire à ce Princeen lui envolant des Poésies. t« h íaáuv fìifiÀÍm ù» f “"

orepâív iv toiç xtu zóvrotç , st! ozrutov ÌxÍPíívfi zrspfjxi.xi )iwç tzrepvq/ev úvztù txç ze <biÁtFH (LâÀxç , six) zSv - EoppzclPx sut) 2 « 00 KA£SÇ xx) h'ie-yfi'AH zpxyqihôiv cvyjìtt, , r.r"TeAec» xxs 4 >iAo|£»ì# hbvpxu.Cu ;. Aliorum librorum quutn >*>fuperioribus provinciis non ejjet ei facultas, mandavit HarpA*lo ut mitteret. llle mifit ci Philifti libros, Euripidisque &phoclis, o 1 JEfchyli tragœdiarum magnam vim, Telestis qque Philoxenique dithyrambos (31). .

{H) Le tombeau qu Harpalus fit faire à ï une de fes W 111 'trejses fut fort somptueux.] II avoit fait des dépenses in-croiables pour Pythionice pendant qu’elle vécut; il n’en fitpas moins pour l’enterrer. Les funérailles fe firent avec laplus magnifique symphonie du monde ; tout ce que la Mus-que pouvoit donner de plus beau & en voix & en instru-mens tut assemblé ( 32 ). II lui fit élever deux superbes vao-numens, l’un à Babylone, & l’autre proche d’Athenes. "y dépensa plus de 200 talens : il consacra un temple 8c unbois à cette femme, sous le nom de Venus Pythionice ( 33 .) 1Le tombeau, qu’il lui fit faire dans l’Attique fur le chemind’Eleufis , surpassoit tous ceux qui étoient proche de I a ;On l’auroit pris pour celui d’un des plus grans hommes qu 1fussent sortis d’Athènes. Quelle devoit donc être la surpri-se des étrangers, lors qu’ils aprenoient que c’étoit celui au-ne garce? Quel jugement devoient-ils faire des Athéniens•.Cette réflexion est de Dicearchus (34). Un Auteur, ss 11fe conoissoit parfaitement en ces matières, assure que j etombeau de Pythionice fur le chemin d’Eleufis étoit j cplus beau de tous les anciens monumens que l’on pût J oirdans la Grece. xa) usr.ux ùxob xvhvzç ttsíytxi zrxezU 1 ’

ò-rr,~x e’aAîj tÍv es-iv xç%x7a, (éxç (ixXtfX xïlr.s. Ut Piortmonimentum pofuerit omnium qui in Gracia veterum opef , * n>quod fpeBetur dignijfimum (35). 11 est même vrai qu’on u®suivit pas fidèlement les intentions d’Harpalus ; on ne dé-pensa pas toutes les sommes qu’il destina à ce monumen •Charicles gendre de Phocion fe chargea dc l’intendancecet ouvrage à la prière d’Harpalus, & n’y dépensa P^^trente talens qu’on lui mit en main. II se diffama en demaniérés : 1, en se chargeant de la direction d’un rnonment destiné à une garce; 2, en s’apropriant une partiesommes qu’on lui avoit confiées. Mezu-eles xnrb zUs** ^

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zav ec| lov, ofx zâs st!pzrxXùs Xeyifstzvxt tpxfiv eìe, zì> epV eV ^th XxpsxXéuç. ffhtum Harpalus monumentum sumptuofr tncare vellet faciendum, ejus rei demandavit Charicli cur ^F.Hoc mìnisterium per fe turpe feedavit in super fepulcrumlutum. Extat enim zy hac atate in Hermie, qua Athenis £ efina itur, neque in eo triginta talenta, quantum f urnn “ irr> cúrn -penfam tuliffe in id epus Harpalo autumant Chartclem > ^

parent ( 36 ). Pausanias avoue qu’il ne fait rien, nl < e j.patrie, ni de la famille de Pythionice, mais feulement q ,le avoit exercé le métier de fille de joie dans AthènesCorinthe. Athenée en savoit un peu davantage. H dit 4 ^le avoit été servante de Bacchis la flûteuse, 8c qu’enhns’enrôla sous une maquerelle de Thrace qui demeuroitne, 8c qu’elle la suivit à Athènes où elle transporta so ^del; desorte que Pythionice étoit une triple esclave , ^triple prostituée ; are ylvee-S-xt ftsj uóvnv rpídiiMv, «AA« *orepvov xôzs\, Ut non folum ter mancipium, fed ettatntum suent (37). , p r0 vi-

(/) 5 * ne P tn fi P as qu un certain murmure contre ^ ^edence .... regarde notre Harpalus.] Voici les P aCicéron (38) : Diogenes quidem Cynicus dicere joie > ^ tûlpalum, qui temporibus illis pndo ftlix habebatur con j ctestimonium dicere, quod in illa fortuna tam dut n Je

fuis de l’opinion de Mr. Ménagé: l'Harpalus ae Sui-

Scirpalus de Diogene Laërce (39). & H S p Cirta!usde Q[

das (40), me semblent être un ^^ ^istalus de Suidaf'le 8cirpalus de Diogene Laërce, & le ^ - gí le

étoit un fameux Pirate qui prit Diogene e J Q ’ unvendit : je crois donc que l’Harpalus e - 3 Le

Pirate, 8c non pas un Capitaine d Alexandre ient nul-caractere que Cicéron a donne a Harpalus n Q t - e ron

lement au Capitaine d’Alexandre. L Harpalus étoit

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