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HEIDANUS.
(J) T>rê decotationfunebred’Heidanus,prenoncée àLeiie le zotfOflobre167* , par UProfesseur
Wktichius.
f 4 ] Witti-chius, tnOiaronefw.nefcmKeidaai,
Dum Ci-Ionie initiattineris air -ywt dies fuí *•fi fie r et , indiverforio in~ciderit in fa-milÌAritatemMalincrot ii.
ele^.intijjimiin ?enii qui in-ter literatosprhnatumjure mereba-tur y hominìsPontifia'aquidam reli-gioni adâ’fli ,je d moderati ,qui etiamnuncjmm€*'m Heydanode reli%Ì9neftrmonem vo-luit cadere.
Idem, ibid.
(6) Vn Jí-f’A'te nomméJean 6uil-leminot,
Do fleur enThéologiedans l'Vni -verfité duPont a Mous-son,fit impri-sner à ParisPan tíí79deux Disser-tations deprincipiisintrinsecisrerum cou-jporearum,où il se donnemille sots lagêne pourmontrer contrele P. Mai-gri a n <ff*e l*produfliondes formesrfeft pas mtvraie créa-tion. Effortsinutiles .
dant le voiage qu’iî fît à Strasbourg avec fa famille. Le Professeur Smidius, qui l’invita à uneDisputé publique, & qui le pria d’argumenter, ne se tira pas honorablement de í’Objectioii (C)îmais la victoire d’Heidauus en cette rencontre ne fut pas auíîì sensible que dans le College des Jé-suites à Cologne ( D'). Ce savant homme mourut à Leide fort pieusement le 15 d’Octobre 1678,aiant passé fa quatre vingt 6c unieme année, qui de toutes les années climactériques passe pour laplus dangereuse , & avec raison. 11 laissa quatre enfans, deux fils 6c deux filles , treize p. tits-fils, 6c trois arriéré-petits-fils. II avoir eu beaucoup départ à l’amitié de Monfr. Des - artes, &il acheva par ce moien l’œuvre qu’il avoir commencée fous Jachaeus rofesseur en Philosophie àLeide, l’un des plus subtils Péripatéticiens qui luisent alors. Ce Jachxus rendit célèbre dansl’Académie la Question des formes substantielles { E). Le jeune Heidanus, attiré par le bruitqu’elle faifoit, examina profondément les < objections, 6c les compara avec les Réponses de Ja-chíeus. II trouva que pendant qu’on philosopheroit selon ces principes, on ne fèroit que perdreson tems ; 6c il espéra qu’il sc présenteroit un jour une route plus asiurée {b). II préiendit latrouver dans les Ecrits 6c dans la Conversation de Monfr L>es Canes. Mais si elle fut plus pro-pre à le conduire à la vérité, elle ne fut pas plus commode par raporr à fa lortune; car elle l’ex-pofa à mille traverses, 6c à mille persécutions (F), sor iefquelies son Panégyriste Wittichius,dont j’emprunte cet Article, crut devoir fermer le rideau. Heidanus éioit de bonne famille (G).
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solvit, & cum Bacheracum rediistet, ad suos Leidenses rever-surus, magno dolio optimi e? generoststtmi vìni Bacheracenfisvolait donatum.
(C) Le Proseffeur Smidius , ... qui le pria d’argumenter,ne se tira pas honorablement de l'Objeêlion.] Après s’êtrc dé-fendu plusieurs fois d’entrer en lice , on céda enfin à íeshonnétetez redoublées , & on l’attaqua fur f universalité dela Grâce que les Luthériens enseignent. L’attention desAuditeurs fut très-grande, & le succès fort glorieux à l’O-pofant. Smidius ipsum palam non femel , fed quia declìnabatnoster , iteratis vicibus ad opponendum invitavït , quod, cumnon videretur fibi falvo honore fuo poffe detrefiare, ea foliditate,ea efficacia Gratiam quam Lutherani urgent, Univerfalem itaoppugnavit , ut omnium octdos in se converterit , C? apud omnesprésentés magnum admirationem fus. conjummats eruditionisexcita ver it, dìsputationìs ver o prsses multorum judicìo parumhonorif.ee ex illa disputatïone discesterit (4
(D . La viâhire d'Heidanus . ... ne fut pas austi sensibleque dans le College des Jésuites à Cologne .] Si cette dernierevictoire fut plus aisée à remarquer que la précédente , ellefut d’ailleurs moins glorieuse ; car elle consista à faire une rail-lerie , à laqu,elle le Jésuite qui avoir mpntré tout ce qu’il yavoir à voir dans le College de Cologne, & qui étoit peut-être un Frere lai, ne fur répondre un seul mot. Heidanus de-manda à ce Jésuite si Jefus-Christ avoir fait 8c avoir soufferttout ce qu’il faloit pour notre salut ? Oui, répondit-on: Vousn êtes donc pas ses compagnons so), reprit-il. Le Jésuite cou-vert de honte & d’étonnement ne répliqua rien. MalincrotDoien de Munster qui entendit ce discours, 8c qui avoit faitconnoissance avec Heidanus (5) , le félicita de cette victoireremportée, disoit-il, fur mes ennemis. Wittichius qui enten-dit auffi la conversation la raconte de cette maniéré : Acciditut poftquam Collegium lustraveramus Jesuitarum, or jam in a-rea eramus conftituti ttt patnbus valere diceremus , conversusHeidanus ad Jesuitam qui nos ducebat , ex ipso rogaverit annonJésus omnia illa qus ad salutem ejsent necessaria egijset e? pas-sus fuistet? Acjesuitanïhiljinistrimetuens,respondìffet,Omnino ;Heidanus regesterit : Ergo vos non ests Socit Jesu; atque sic illoin ruborem dato z? attonito ut ne verbum quidem responderepostent ,discestìt noster t? nos cum ipso, atque patribus valere di-xit. 6juod Malincrotium tanto affecit gaudio , ut hoc nominegrattas solennes illi eger ’tt, quod fie suos hostes (ita vocabat Je-suitas)ad incitas ex improvisa redegijset. J’avoue quejusqu’icij’ai cherché inutilement le mot pour rire dans la conséquenced’Heidanus: je ne faurois deviner à quoi il faifoit allusion,ou de quelles réglés de Logique ìl se fervent.
§ sol A la rigueur, se dire le Compagnon de quelqu’un,c’est vouloir ferre à tous égards. Or le Jésuite avouoit queceux de sa Société n etoient pas les Compagnons de Jésus,dans l’Ouvrage de la Rédemption. Donc , mal-à-propos lesJésuites se disoienf-ils les Compagnons de Jésus. Voilà le rai-sonnement d’Heidanus,à quoi le Jésuite n’aiant pas répliqué,Malincrot regarde cela comme une victoire pour Heidanusson ami. R f. m: Cri t.
(E) Jachsus rendit célébré . . . la Question des formes subs-tantielles. ] Il n’v a point de Question dans la Physique quifaste voir plus c’air ment que celle-là le pouvoir des préju-gez. II faut qu’ils offusquent l’esnrit par raport aux notionsles plus évidentes, puis qu’il y a tant de gens qui ne voientpas que l’on ne peut point tirer une substance du sein de lamatière , à moins qu’elle n’y fût auparavant, ou à moinsqu’on ne la produise par une véritable création. Les Pé-ripatéticiens vous disent fort froidement, ou plutôt ils voussoutiennent en colere, que les formes n’existent point dansleur sujet, & que néanmoins on les en tire par une actionqu’il ne faut point nommer création, mais éduction ( 6 ).Ce dogme seroit le plus grand de tous les monstres, si cen’étoit un prodige encore plus étonnant, de voir une infi-nité de personnes doctes 8c très-habiles soutenir encore au-jourd’hui la doctrine des formes substantielles. Witichiusne pouvoit pas mieux préparer ses Auditeurs à voir dansgarnis un Disciple de Des Cartes, qu’cn leur disant cequ Heidanus , n'étant encore qu’Ecolier, jugea des princi-pes de 1 Ecole , par les embarras inexplicables où Jachaeusíe jettoit. Fcrvebat tn Academta qusstìo de formis substantia-llbus, earumque ex potentia materìs produâlione, qus miriftc'enon tantum Audit ores, fed C ? 1 ipsum defensortm earum actrri-
mum Jachsum vexabat o 1 torquebat. Quam cum univers*distmSlionum suarum panoplta expedtre non pojset, zsr ad liqut“dum oftendere qusnam tlUforms substanttales estent, à mate-ria realiter disttnilt c?" t amen matérielles, qusnam illa poteltrtia materìs , an pars ejus quidam converja m formam , an ve-ro ejus citm producitur tantum justentaculum, an auttm ut e*aster e figura scamni educìtur,ìta eodem modo prsexifieret interia forma-,cumque alis plurims superestent dipficultates, nec ul~lum suppeditantur filum ex hoc labyrinthe emergendì , saêlatnest ut auditores z? perfpicaciores discipuli , inter quos Heidanusprimas obtinebat, de tota hac philosophandi ratione quam inteìr .hgendo astequi se non poste videbant, plane desperartnt ( 7 )• PJ rl ' cll vS{E) La méthode de Des Cartes l’exposa à mille traverses V Go&J.so*.à mille persécutions.] Je n’en sai pas le détail; mais je mesouviens d’un Passage de ses Considérations, où il raportequ’il s'étoit fait beaucoup d’ennemis, & qu’il avoit été ex-posé à d’horribles médisances, pour s'être toujours éloignedes Maximes trop rigides. II n’avoit point déclaré la guer-re aux Chanoines Protestans : il n’avoit pas tonné en chai-re contre les Perruques ; il n’avoit pas été d’avis qu’on exa-minât à la rigueur les Remonstrans qui revenoient au gironde l’ancienne mere. Là-dessus on le fit passer pour enne-mi de la nouvelle Réforme qu’on vouloir introduire ; onéplucha tous ses autres sentimens j on l’accusa d etre atta-ché aux opinions de Des Cartes, & de mépriser lc jour duDimanche. II vaut mieux l’entendre lui - même. JEtattnt
illam meam ancìpitem duxi, modo tempestates, hinc exportashalcyonia, intra er extra nos pastus adversarios, hinc hostes*inde sratres, nec nunquam mordacis lingus exceptas flagelh 1 -Fuit, cum scistam in partes charistìmam hanc noftram Ecolefiam metu prsvidìmus : tum nobis fed eam sapientiam sitnU'’largitus est Deus, ut quidvis pati potius , quam idipsum ptrtntf -tere, maluerimus : Hinc jam Moderatores, per contemptuM(acst probrosum hoc nomenforet) audivimus; jam ut Cartes*plus satis addiâlì Philosophis ; hinc Sabbathi contemptorts', ir st.de nova quam urgebant quidam Reformations hostes traits"sumus : quod fœneratorìbus trapeziticis plusculum illis concédsre vifi, nec Canonicis hélium indicere, nequt de suggestis * ncomas detonarc, neque Ecclefìs disciplinam ftriâlius, nec %■*'monstrantes ad nos transeuntes rigidius examinare ,cr quasf ntid genus alia ( 8 ). Les choses furent poussées si loin, q u ° n .le déposa de la charge de Professeur en Théologie. * olCpourquoi. Les Curateurs de f Académie de Leide firent unDécret le 16 de Janvier 1676, par lequel ils défendirentProfesseurs de traiter en quelque maniéré que ce pût etr . ede certaines Propositions ( 9), que l’on agitoit depuis sts-tìrque tems, & de la Métaphysique de Des Cartes.nus fit à-peu-près contre ce Décret ce que firent les JanJCqnistes contre le Mandement de l’Archevêque de Paris, êdésendoit la lecture du Nouveau Testament de Mons. fle critiqua; il prétendit y trouver desnullitez, ou des irré-gularité!; il soutint que les vingt Propositions, qui a ^° ; eété proscrites, n’avoient pas été agitées dans l’ Aca , d ^ itde Leide, comme les Curateurs l’assûroient; il se .que ces Messieurs se fussent laissé imposer par des Dxtrainfidèles, 6 c il fit des comparaisons odieuses entre les Je _tes, & ceux qui avoient donné ces Extraits; les Jésuites» ^je, qui avoient fait condamner à Rome, comme des ^positions de Jansenius, ce qui ne se trouvoit point dan _
Ecrits de Jansenius. II se servit d’une autre comparai »
car il allégua le Luthérien Gilles Hunnius, qui, ?ar de: .
traits artificieux des Ouvrages de Jean Calvin, a prele convaincre de Judaïsme. Enfin il éclaircit les “^ 0 so enSrions condamnées, Sc tâcha de faire voir que selon j! xeS>des Auteurs d’où on les tiroir, elles étoient ortno1Cet Ouvrage de Mr. Heidanus fut imprimé en ria& puis en Latin (10). Les Curateurs en furent 1fez , qu’ils déposèrent ce Professeur. Les Amis -
nus prétendent que rien ne pouvoit lui arriver r ^propos, puis que son grand âge ne lui P ouv °' ^ s n itre de lui aquérir une nouvelle réputation par j>Jn cur s famême de soutenir celle qu’il avoit aqusse ; q p a rti
déposition le rendoit plus cher & plus
(11) , & qu’elle pouvost rendre odieuse k partie^ad l ^(G) Heidanus étoit de bonne famille. j Son b1 Gasp3 rhard vander Heyden étoit deMalmcs (rz). ? n . mais 011vander Heyden en étoit auffi 9 & ffit chasse d ^
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