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Tome second. C - I.
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H E I D A N U S. HELENE,

7 ° *

Je parlerai ci-dessous de ses Ecrits (//)•

de son pere , parce qu’il s’étoit fait de la Religion. ^ Ï 1 futMinistre à Anvers, d’où il se retira à Francfort à causede la persécution. II trouva plusieurs Réfugiez à Francfortque les Luthériens rigides ne vouloient point foufrir , cequi les obligea à demander à l’Electeur Palatin Frideric IIun lieu de retraite. Pierre Dathenus étoit à leur tête., L’E-îecteur leur accorda le Monastère de Frankenthal, d’où lesMoines reçurent ordre de déloger. Ces Réfugiez firent làleurs exercices de Religion en Langue Flamande , 8c con-vertirent pfiu-à-peu ce Monastère en une ville. DathenusLiant été apeìlé à Heidelberg , - notre Gaspar vander Hey-den remplit fa place de Pasteur de cette Eglise.. 11 fut priéde se trouver au Synode National d’Embden l’an 15711, 8cil fut même choisi pour le Président de l'Assemblée. On ydressa les Canons de la Discipline. Peu après étant de re-tour au Palatinat, l'Electeur le mit auprès de son fils, qu’ilenvoíoit avec des troupes au secours de ceux de la Reli-gion dans les Païs-Bas/ Ces troupes furent batues : VanderHeyden se retira en Hollande, & présida au Synode Na-tional qui. fut assemblé à Dordrecht Fan r574. II servitquelque teins FEglise de Middelbourg , puis se croiant ensûreté sous le bénéfice de la pacification de Gand, il retour-na au service de son prémier troupeau à Anvers. Lors quecette ville eut étc prise par les Espagnols, il s’en retournaáu Palatinat, 8c fut fait Sur-Intendant des Eglises qui étoient

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autour de Bachârac. II étoit prêt de se défaire de cet emploi ;pour satisfaire aux désirs de l'Eglife de Frankenthal qui rede-mandoit son Ministère, lors qu’il mourut, laissant un fils uni-que nommé comme lui Gaspar, qui étoit né l’an 1566. Ce-lui-ci fut premièrement Ministre à Wolmersheim , puis àFrankenthal, 8c puis à Amsterdam, où il mourut Fan i6z6.II avoir épousé Claire vanden Borne fille du Bailli de Fran-kenthal , & il en eut six fils 8c huit filles. Notre AbrahamHeidanus fut F un de ses fils ( 13 ).

(H) Je parlerai-ci-deffous de ses Ecrits .] II publia desHarangues fur divers sujets ; l’Examen du Catéchisme desRemonltransjun in quarte de Origine ErrorisjSc. un Livre Fla-mand où il louât la cause de Dieu contre les Pélagiens Scles Semi-Pclagiens, avec une telle force que personne n’a pului répondre. Uvolve solidiffimuns cy nunquam satis laudan-àum Cotnmentarium de Causa Dei Belgice ante plures armasconscriptum (qui digniffimus videtur ut in Latinam linguamtransferatur , ut ab exteris legi poffit) in que adee nervose, adeo.elequenter partes Dei défendit contra bominem , ut Pelagianinihil in hune usque diem potuerint reperire quo vires suas pla-ne affrétas cy fraisas queant restaurare ( 14). Quant au Cor-pus Théologie Christiana in quindecim laces digeftum, 0 futpublié après fa mort en deux Volumes in quarto, par les foinsde Mr. Crudus son petit-fils Fan 1686. Volez les Nouvellesde la République des Lettres ( 15 ).

(tì) Tir iffan Oraisonfi’.nebre fre-nonce'e parWittichius,

(14) W.ïtf-

ChillS, ibid.

(rs) Mais ììJuin i« 86 ,4» Catalo-gue des Li-vres nou-veaux , mem.Viu, f.

HELENE, fille de Tvndarc Roi de Lacedemone, étoit la plus belle femme de son fiecle (A)-, rnais d’ailleurs fans honneur & fans vertu, & d’une vie toute pleine de mauvaises Avanturcs. II y a eu des Auteurs qui ont donné Un

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( A ) Elle étoit la plus belle femme de son fiecle.-} II. y ades Auteurs ( 1 ), qui ont décrit en détail la beauté d’Hele-11e: celui qui s’y est le plus étendu est Constantin Mariasses;il a renfermé dans onze Vers Grecs un bon nombre d’épithe-tes, qui représentent les perfections naturelles de cette fem-me. On n’oublie pas de dire que ía beauté ne devoir rienà l’artifice, 8c que son teint, fans avoir besoin d’être lavé,avoir un très-grand éclat ( z ). On lui a donné des jambesbien faites, une petite bouche ( z j, le cou fort long 8c fortblanc (4), de grans yeux, 8e de beaux tetons (5). Bran-tôme me fournit un Passage fur cette derniere partie. Hele-ne, dit-il (B), voulant un jour presenter au temple de Dianeune coupe gentille par certain vœu, employant l’orsevre pour laluy faire , luy en fit prendre le modelle sur un de ses beaux te-ttns , cy en fit la coupe d’or blanc, qu on ne sçauroit qu admi-rer de plus , ou la coupe ou la ressemblance du tetin, surquoy ilayott pris le patron , qui se montrait fi gentil cy fi poupin , quel’art en pouyoit faire defirer le naturel. Pline dit cecy pargrande admiration , cy speciauté, oie il traite qu il y a de Vorblanc , ce qui est sort eflrange, cy que cette coupe fut faite d'orblanc. . . . êjut -voudroit faire des coupes d’or fur les grandestetajses de certaines femmes qu il y a, ti faudroit bien fournirde l'or à Monsieur l’Orfevre , cy ne feroit âpres Jans coup àgrande risee, quand on diroit voilà des coupes faites fur lestetins de telles cy telles Dames. Ces coupes reffembleroient nonpas coupes , mais de vrayes auges qu on voit de bois toutes ron-des dont on donne à manger aux pourceaux, cy d'autres y a-t-ilque le bout de leur tetin ressemble à une vraye guigne pourrie.Brantôme se trompe en deux choses; car Helene ne consacrapoint cette tasse au Temple de Diane, & il n’est pas vrai quePline assure qu’elle fût faite d’or blanc. Minerva templum ha-bet Lindos insuU Rhodiorum in quo Helena sacravit calicemex eleâlro. Adûcìt historia matnma su& mensura. Voilà ceque Pline dit dans le Chapitre IV du Livre XXXIII.

Revenant à Helene, je dis que les Descriptions, qui ontété faites de fa beauté, n’en donnent pas une idée qui éga-le celle qu'on s’en forme, en lisant un endroit de l’Iliadéqui ne tient rien du portrait. Homère se contente de fairedire aux Conseillers de Priam , qui virent venir Helenependant qu ils délibéroient fur les affaires d’Ëtat avec leurPrince, qu il ne saloir pas blâmer ni les Grecs ni les Troiens,de ce qu ils enduroient tant de peines pour une beauté stdivine.

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AÌV«< S-i kù toîTeï eoiKí’J.

Non est indigne ferendum,Trojânos cy bené ocreatos Achivói

Tali de muliere longum tempus dolores pati:

Omnino immortalibus deabus vultu stmilis est ( 7 ).

si 3 j Des Auteurs ... ont donné un grand détail des per-feâiions de son corps,} tin Religieux Espagnol remarque quela beauté de cette femme étoit un prodige de la nature, &que depuis un fort grand nombre de fie des on a coutumede dire , quand on veut louer extrêmement une beauté ,c ’est une Helene. II ajoute que Jean Nevizan a dit quede trente choses qui font nécessaires pour rendre une femmeParfaitement belle" («), il n’y en avoir aucune qui manquâtà cel!e- c i. Nacio esta tan aventa jada, y enrequecida de her-mosura , que sue un portento, un prodigio , y milagro de natu-r sleza , quedando desde aquel ftemfo à este,y aun para muchosfîglos y en proverbio > fu *7 galiardia : de tal fuerteyque

quando queremos ponderar , J encarecer la hermofura de unatnuger , dezàmos que es una Helena: y en tal lugar la pone , elNivernìense '8), Natal Comité , Bartolome Casaneo , JuanBlemiz.ano (9) ; cl quai pone las treynta cesas ,cjue se requieren

fi grand détail des perfections de son corps ( B ),

que

para que una muges fia perfeftijsma en su hermofura : y dizeque las ténia toâas fin faltar ninguna ,la hermofa Helena (10).Je croi qu’il n'avoit pas vu l’Ouvrage de Jean Nevizan, &qu’il n’en parle que fur la foi de Chassaneuve, qui non feu-lement le cite, mais qui raporte même les Vers Latins oùfont enfermées les trente choses, qui composent, dit-on, laperfection de la beauté, 8c qui se rencontraient toutes dansle corps d’Helene. Difficile est custodire quam plurimi amant ,c’est Chassaneuve qui parle ( 11 ), ut satis colligitur ex diâiisJo. Nevizani Asttnfis in sua Sylva nupfuli, in ampliatione7. in verb. qutero juxta prsedicta, si sint duo. ubiponit, quidoperetur pulchritudo mulieris. Et ibì dicit , quo d debet haberetriginta quatuor , ad hoc , ut fit pulchra , qut his verfibus ibipofitis continentur :

Triginta haec habeat, qure vult formofa vocáriFœmina, sic Helenam fama fuisse refert.

Alba tria , 8c tondeur rrigra, 8c tria rubra puella :

Tres habeat longas res, totidemque breves.

Tres crassas, totidem graciles : tria stricta , to't amplàSint itidem huic for m se : sint quoque parva tria.

Alba cutis, nivei dentes, albique capilli,

Nigri oculi, 8cc.

§ (*) Vorez Brantôme, Tom. II. pag. zao. de ses DainesGalantes. Rem. Cri t.

Jefuprime le reste de ce petit Poème Latin (n), quo ique Chassaneuve, qui étoit premier Président au ParlementssAíx, n’ait pas fait scrupule de l’insérer tout entier dans sonOuvrage. II y joint cette queue, Non aliter hic insista circatalia, cuin satis, cy ultra quam decens fit, ponatur in diâlaSylva nuptiali. Je puis soutenir avec raison que ceux qui ci-tent ainsi Jean Nevizan, ne sont point exacts, puis qu’il estlui-meme le Copiste de quelques autres Ecrivains, 8c qu’il lescite par leur nom. La source jusqu’à laquelle il remonte estun Ecrivain François. dont le Livre s’ìntitule De la Louangecy Beauté des Dames. Les 18 Vers Latins qu’il raporte, 8cque Chassaneuve a raportez après lui, étoient une Traduc-tion du François faite par François Corniger. Il dit qu’ellen’étoit pas encore imprimée; mais qu’il y en avoir une Ver-sion Italienne dans un Ouvrage public de Vincent Calmeta.Et triginta requifita, dit-il (13), enumerantur per Gallicumin libr. de la louange cy beauté des dames circa fin. quas sati-nas fecit Francise. Corniger, quem mine resero, quia non estimprejsus : sed bene Vincentius Calmeta idem ponens in carm.vulgari. incip. dolce Flaminia, cy ecloga proxima feq. ìncip.per dare risposta. Lege ergo versus Cornigeri ;

Triginta hac habeat cyc.

Si vous consultez le Livre intitulé Les neuf Matinées dú Sei-gneur de Cholieres, vous y trouverez (14) un Sonnet quicommence par

Celle qui veut paroìr des belles la plus belle

Ces dix fois trois beautez, trois longs, trois courts, troisblancs,

Trois rouges, cy trois noirs, trois petits, cy trois grands

Trois ejlroits cy trois gros, trois menus soient en elle. *

8c qui finit par levres, doigts cy cheveux menus, teíl' fut wlene La conclusion n’est pas moins impertinente que tousles Vers précédens : car pour savoir qu’Helene érab - cfaite, il n’eût point sufi de l’avoir vue pendant nnVn ^soit ses exercices à Lacedemone T 1 elle fai-

Paris, ou Menelas, ou quelcunavoient été ses maris, ou ses adultérés.

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(10) Balta-far de Vic-toria , Predi-caier de Sar.Francesco deSalamanca,Theatto delos violesde la Gen-tilidad,

Libr. Jl,

Cap. XIX ,pag. 181Edit. deSalamanca,I610.

(n) Bar-thoíomaiasChaslànsuS,in CatalogéGloris.Mundi,Pan. 11,Considérât.XXII, par,tn. 168.

fia) 11 c$îî$aprend 18Vers,

(jî) joanft»Nevizanus,-» Sylvanuptiali,â- Xctir,P“g. I8z,Edit. Lugi.

1 S 7 a , in 8 *

„ , - 1 5 ) î il eût falu être ou

m â , e &, I LÌ eS autres âmes qui

f 1 ï) InterHeleneftudis t&ptrcarma, papilliéFcrtur, necfratres cru-buijse dees.Propert.Eleg. XIII/Libr. ///.

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