HELENE.
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ont mieux aimé lé fracas des Avantures, que le vraisemblable. Tout le monde fait qu'Helene futenlevée par Paris fils de Priam, & que tous les Grecs s’intéressérent à l’injure que Menelas avoicreçue. De là sortit la guerre de Troie dont les Poètes ont tant parlé. Paris aiant perdu la vie laderniere année de cette guerre, son frété Deïphobus remplit fa place auprès d’Helene. Les Grecsle massacrèrent vilainement la nuit que Troie fut prise : ils furent en cela favorisez par Heleneautant qu’ils eussent pu le souhaiter (F). Menelas se comporta en bon homme, il sc réconciliafans beaucoup de peine avec fa femme, Lc la ramena chez lui fort humainement (G). Après qu’ilfut mort elle fut contrainte de prendre la fuite, & de se retirer dans Pile de Rhodes, où elle péritMalheureusement (H) -, car on la pendit à un arbre. Les déréglemens ignominieux de fa vie (/)
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pide il la menace de la tuer ; & c’est à elle à fe servir de ton-tes sortes d’excuses pour obtenir son pardon. Elle dit entre
&*) Sarra-® n > Poésies,5 ». 60.
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Tournoy , bal , festin , ou devisePense les belles captiver ;
Mais j« pense, quoy qu’on en dise,
Qu,'il ne ft sien tel que d’enlever.
C’est bien des plus merveilleux toursLa pajseroute ey la maistrise :
Au mal d'aimer , c’est bien toustoursUne prompte <y fouèfve crise,
C'est an gafteak de friandiseDe Venus %a fève trouver.
D Amant ejl fol qui ne s'aviseQu’il n est rien tel que d'enlever.
Je fçay bien que les premiers joursQue Becaste est bridée cy prise ,
Elle invoque Dieu au secoursEt ses parens à barbe grise :
Mais ft l’Amant qui l’a conquiseSpait bien la Rose cultiver ,
Elle chante en face d’EgliseQu’il n est rien tel que d'enlever (38).
(í) Les Grecs massacrèrent . . . Deïphobus •. . . 'favorisez,par Helene autant quils l’eussent pu souhaiter. ] \ oiez dans
Virgile l’état pitoiable où l’on mit le corps de Deïphobus j &la maniéré dont fa femme le trahit :
Atquc hic Priamiden laniatum corpore toloHeiphobkm vidit , lacerum crudeliter ora :
Ora manúsque ambas, populataque tempera ’raptisAuribus , cy truncas inhonesto vulnere nares ( 39 ).
Sed me fata mea, cy scelus exìtiale Laçant .,
His mersêre malis: illa bac mommenta rcliquh (40),
- . . Flammam média ipsa tenebat
Ingentem , & summá lìanaos ex arce vocabat.
Tùm me confetïum curis, somnoque gravatum,
Inselix habuit thalamus ; prestìtque jacentem ,
Dulcis cr alta quies , placidaque stmillima morti.
F.gregìa intereà conjux arma omnïa teSlisEmovet ; cy fidum capití subduxerat ensem :
Intra teâla vocat Menelaum , cy limina pandit.
Scilicet id magnum fperans fore munus amanti ,
Et famam exftingui veterum fie poste malorum (41 ).
Elle crut que ce barbare sacrifice éttìit nécessaire pour apaiserle courroux de Menelas : elle eût mieux jugé des choses, sielle avoir fait moins d’attention fur l’énormité de fa faute,que fur la débonnaireté du Prince Grec.
( G ) Menelas . . . fe réconcilia fans beaucoup de peine âvecfa femme , cy la ramena chez, lui fort humainement .] Cepauvre cocu fut si simple, qu’il s’imagina que fa femme fé-thoit de douleur dans la maison de Priam ; & c’étoit le prin-cipal motif qui le poussoir à la conquête de Troie (41)- Oná eu fort bonne grâce de lui reprocher que fa flamme conju-gale presque éteinte fe ralluma dès qu’Helene l’eut quité pours attacher à un autre homme :
Acrïus Hermiònen ideo dìlexit Orestes,
Este quod alterius coeperat illa virì.
Qftid Menelae dotes? ibas fine conjuge Cretcn,
Et poteras nupta latus abeste tua :
‘ ■r Pans hanc rapuit, tum demum uxore carereHon potes , alterius crevit amore iuus.
Ì1 faloit que 1‘Antiquité fut Fortement persuadée de la débon-naìreté des maris cocus , puis qu’elle nous a représenté leDieu Vulcain si facile envers fa femme. „ Le Dieu de nos-„ tre Poète, quand il furprint avec fa femme l’un de ses„ compaignons, fe contenta de leur en faire honte ... Sc,, ne laisse pourtant de s’échauffer des molles caresses quelle,, 3 uv offre, fe plaignant qu'elle soit pour ce entrée en dé-fiance de son affection:
autres choses qu après la mort de Paris, elle tâcha plusieursfois de sortirj de Troie pour fe retirer au camp des Grecs,8c que les fçhtìndles la surprirent, lors qu’elle voulut descen-dre des mufailles par une corde. Elle ajoute que Deïphobusl’épouía pár force. Paufanias fait mention d’une statue deMenelas poursuivant Helene l’épée à la main, pour la tuerquand Troie fut prise (44). Mais d’autres supofent qu’il jet-ta son épée dès qu’il eut vu la gorge d’Helene, Lc qu’il selaissa baiser par cette chienne traîtresse, Lc la caressa :
(44) FausaA.Libr. V , pag,166.
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>» Voire elle lui fait reqneste pour Un fienbástard, (f) Ai-» ma roge genitrix nato , qui luy est libéralement accordée :» & parle Vulcan d’iEneas avec honneur: (j) Arma acrifacienda viro; d’une humanité à la vérité plus qu’humaine.Et cet excez de bonté , je consens qu’on le quitte aux
B'aûJv 0 i T palav, u u. t yàp xavzaZlbá cal,
Où* Ïkt anc yvsair.a JxtCaiv’
A’/A’ áiç fo-tlbe s 1 uarh , exÊ’oeAffl» |ií>a 5Ê^f|ay, erçobóttv ahtúhXm xuvet.
Capta autem Troja (nam ey hue tua causa vtnïam)
Non intersecisti uxorem redaélam in tuam pot estât em:
Sed postquam vidiftì ubera abjeâlo gladioOsculum accepisti adulant canem prodifricem ( 45 ).
(H) Elle périt malheureusement. ] Nicostrate 8c Megapèn-the, bâtards de Menelas, l’avoient chassée de Lacedemone.Elle se retira chez Polyxo sa parente, veuve de TIepolemeRoi de Rhodes, & Régente du Roiaume pendant la minori-té de son fils. Polyxo fe souvenant que son mari étoit mortau siégé de Troie, Lc qu’ainsi elle ne pouvoir regarder Hele-ne que comme la cause de son veuvage, résolut de se van-ger ; & pour cet effet pendant qu’Helene étoit au bain, ellèy envoia des femmes habillées en Furies qui la pendirent àun arbre. Les Rhodiens-, voulant immortaliser cet accidentsbâtirent un Temple qu’ils apellérent le Temple d ’Helene Den-dritis. C’est Paufanias qui m’aprend cela (46). L’Auteurd'Athènes ancienne Lc nouvelle a raison de dire ( 47 ), quemille gens parlent de là belle Helene qui ne savent pas quellefut pendue. On a tort de dire dans le Dictionaire de Moreri,que l une des compagnes d’Helene la fit mourir. Vous trou-verez dans Photius quelle s’étrangla elle-même; Lc qu’auprèsdu chene, auquel elle fe pendit, il croissoit une herbe qu'ortnomme Heleneion , qui rendoit querelleux ceux qui en man-geoient ( 48 ). Pline attribue de tout autres qualìtez à cetteherbe: elle embellissoit les femmes, & rendoit gais ceux quien mettoient dans leur vin (49). II remarque (50) qu’ondifoit qu’elle étoit née des larmes d’Helene. Vous trouverezdans le même Photius (51), que Thetis fit mourir Helenependant le retour des Grecs; Lc selon d’autres, qu’elle alláavec Menelas dans la Chersonnefe Taurique pour chercherOreste, Lc qu’ils y furent immolez tous deux par ìphigenie.J’ailu dans Vigenere (51), qu’Herodote raconte, que Ni-costrate Sc Megapenthus chassèrent Helene, & qu’elle fe re-tira à Rhodes chez Polypo veuve du Roi Tlepolemus, &que les Demoiselles de Polypo haïssant Helene, de ce quelleavoit esté cause de la mort de leur feu Seigneur, un jour quel-le s’estoit allée esbatre en un verger fans leur maiflreste la pen-dirent ey eftránglerent à un des arbres. Je n’ai rien trouvéde cela dans Hérodote.
Le Moine Espagnol » qtie j’ái cité ci-dessus, s’est abusélourdement sur les causes de la mort d’Helene. II dit ( 53 )que s’étant retirée à Rhodes chez Polyxcne femme de Pteto-lemo Roi de cette Ile, elle fe gouverna mal, comme elleavoir toujours fait depuis fa tendre jeunesse , elle devintamoureuse de son hôte, Sc s’abandonna à lui. Polyxene enenragea de jalousie, Sc la fit pendre à un arbre. Paufanias,pourfuit-il, assûre qu’à cause qu’elle avoit commis adultéréavec Ptetolemo pendant la guerre de Troie, Polyxene la fitmourir. Jugez par là si cet Auteur Espagnol est fidelle oùhabile dans ses Citations.
(2) Les déréglemens de fa vie .] Plusieurs Auteurs (;4)Vont blasmée de lubricité. Mais fur tous Lycophron en fa Cas-sandre, ou il l’apelle , c efl-à-dire femme de cinq
maris (55). . . . Euripide en la tragédie d’Andromaque faitainsi reprocher à Hermione fille d’Helene le vice de fa mere.
tAr, 7 s!v 'líy.dcJ.t rîí IpiXcivP f ct yvvcttZyrei irctpsftíôelv'
Ne tafche point de surpasser tà mere ,
En cet amour par trop désordonné ,
Qui la fàisoit courir âpres les hommes.
(45) Eutîp,in Androiú.Vers. 627,png. m. 520.
(46) FaufàAùLibr. lll,pag. 102.
(47) Pag. m,
«ì.
(4S) Fhb-tius,^. 4 7j>,ex Ptolem.Hephsstiû-ne.
(4s) rim.Libr. XXI,Cap. XXI.
(s o) Ibidem jCap. X.
(sr) Pho-tius, pag.
47S-
(52) Sar leVròtesilasde philos-tiate, salie23í versa,Edit. in 4.
(53) Balta-sar de Vic-toria, Thea-trò de JosDiofes de làGentilidad,Libr. H,
Cap. XIX ,pag. IÏ9.
(54) Meâi-
ïiae. sor 165
Epîtresd’Ovide,pag. 485 &suivant.
Ct 5) SavoirTbesee, Me-lielas , Paris §Deïphobus ;Ct Achille.
», Dieux: C j:) Xec divis hommes composter aquum est (43)”.r; cs . de Montagne sont trop ingénieuses, pour déplai-/ ’ C1 ai1 ^ Cpnoisseurs. Mais, pour ne rien dissimuler, ílau que je dise qu'il S ’est trouvé des personnes assez oisicieu-
m»nr P root/ a r e i’2? nn . eilv à Menelas de l’armer de ressentì-- e infidélité d’Helene. Dans les Troades d’Euri-
.... Ptoleméus Hephétstìon dans Photius rapporte une Histoirefort particulière, qui fait foy de l’impudicité d’Helene. Le faitest qu’«» certain Arcadien nommé Peritanus , rencontrant HeIcne avec Paris Alexandre au pais d’Arcadie , eut affaire avêrelle. Mats Parts pour le chastier de cet adultéré, luy coupa lesparues desimees pour a génération De là vient qu en Arcadie i
ch f r ‘ z ' s a t elhnî Périt ânes. Lycophrona fait bien pis que de la nommer la femme à Citìq maris;on prétend quil la nommée colombe à catìse de fl iafei-
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