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Tome second. C - I.
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HELENE.

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ì’œuf dont on prétend qu’elle fut éclose. Les inventions que l’on attribue à fì plus fidele ser-vante font un titre d’infamie ÇP)- Si les Auteurs qui ont parlé d’elle avoient été bons Chrono-logues, la durée de íà beaute feroit prodigieuse -, Sc il faudroit dire que les Grecs & lesTroiens fe seroient batus dix ans pour la posseíîìon d’une vieille. Cela les rendroit bien ridicules jmais ils ne laissent pas de l’être, quoi qu’on supofe qu’elle avoit la beauté que les Poètes lui ontdonnée. Voiez dans Hérodote le cas qu’il faut faire d’une femme qui fe laisse enlever (R). Les

opi-

(ro«) Ger-manicusGatsa r, inAiareisPhxnome-nis, pag.m, 116.

(109) InEncomioHelenx*

(no) Ftol.Hephxst.apud Pho-tium, pdg,

480.

fur) Nico*ìaus Leoni*cus Tho-msus, devaria Histo-ria, Libr. ///,Cap. XXXLll devoit citerSuidas».

(112) Pho*tius, exptolem.Hcphxst.

480.

(113) J’airaporté ci-cejsus ce qu 1 ilsdirent , Re-

marque (Si)t

Citation (7}.

(n4) A’xfi-

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Aj cfâpgvv«7@ Jàyavt<j!L(jií-\ymfjw«.vràv. wirlopíat vrapatAunótpçavt.SoholiastesHomeri inIliad. Libr.ultìmum yVers. 251.

(us) lise

nommcit He-lenns. Voiez, laBibliotheq.dc Fhotìijs,aux Extraitsde Conen,P“g. 44 '-

(tt<j) Lu-cian. in Gai-1 o, O ver.Lom. Il,p“g.m. 251.

(117) Dio-dor. Siculus,Libr. IV,Cap. XIV.

(118) Ta'í/vtív tpá-uç

■ ifjtfjiiy dybpco.Nam & fe -ncóla hattdobnaxìam ejfefama perhi-betttr. Qmll-tus Calabcr,Libr. X,y‘rf 3 t 2 .

< 119 ^ Dansles PeinturesMoralesda Pere leMoine.

( 120) LaMothe leVayer, Let-tre CX1V,paf/. 14 daLame XII.

inter astra confiìtutum eo quod Jupiter in Cygnum transfigu-ras us evolaverit in Rhamnuntem Attica regìonis, ibique com-prejferit Nemefin qua zy Leda dicitur, ut refert Craies tra-gœdiarum feriptor , qua enixa efi ovum , unde nata est Hele-na (108).

Je ne finirai point cette Remarque, fans dire que Jupiterqui avouoit pour ses fils plusieurs garçons, qui étoient sortisde son commerce avec les femmes, ne reconut pour fa filleque la feule Hclene. Je parle des filles issues de ses amourspour des femmes. C’est Ifocrate qui le dit ( 109 ). Je laisselà ceux qui prétendent qu’Helene étoit fille de Venus, ou duSoleil & de Leda (110).

(P) Les inventions que l'on attribue à fa plus fidele servan-te sont un titre d’infamie. ] On prétend qu’elle inventa je nefai quelles postures, 8c qu’elle écrivit même fur cette matière.Je m’expliquerai plus clairement en Latin par les termes deLeonicus Thomseus. Astyanajfa quadam nomine , dit-il (m),inter Helena ministras zy famulas fuijfe commemoratur , quadominam à Theseo primum , postea k Paride raptam semperprojequuta efi : hanc in Venerea paUfira primant complures re-pense figurarum modes omnis perhibet antiquitas. Volumini-bus quinetiam quibusdam editis de variis comubitus generibusperscripfijje narratur , quant poftmodum Philenis zy Elephantispervulgatìjjìmt ntulieres funt infequuta, qua hujusmodi de ré-bus non minus accurate, quètm turpiter confcripta commenta-ria reliquere. Si cela est vrai, il en rejallit une-extrême igno-minie fur la mémoire d’Helene : car il est probable que fi laservante donnoit des leçons à fa maîtresse, celle-ci lui faifoitconfidence de leur effet, 8c que par là Helene 8c Aslyanasseavoient travaillé de concert à perfectionner ces maudites in-ventions. J’ai lu dans Photius ( 112 ) qu’Astyanasse dérobaune ceinture brodée, que Junon avoit obtenue de Venuspour la donner à Helene; mais que Venus l’ôta à cette ser-vante.

(S_) Sï les Auteurs .... avoient été bons Chr analogues,la durée de fa beauté feroit prodigieuse.^ On prétend qu’He-lene & Castor furent éclos d’un même œuf. On peut doncfuposer raisonnablement qu’Helene étoit une fille faite, quandîes Argonautes allèrent à Colchos ; car ses deux freres Castor& Poilus fe signalèrent dans cette fameuse expédition. Don-nons lui vingt ans pour le moins, ce n’est pas trop. N’abu-fons point de Terreur d’Eufebe: j’en parlerai ci-dessous. Pre-nons la Chronologie la plus exacte. On compte environtrente ans entre cette expédition, 8c celle de Troie : Heleneavoit donc cinquante ans plus ou moins lors que Paris l’enle-va. Le fiege de Troie dura dix ans, 8c ce fut Tannée der-. niere de ce fiege qu’Agamemnon & Achille fe querellerent.Or il faut raporter au tems qui suivit cette querelle Tadmna-tion des Conseillers de Priam (nz) pour !a divine b autéde cette femme. Voilà donc Helene, qui à l’âge de soixan-te ans, oblige par l’éclat extraordinaire de sa beauté tout unSénat à confesser, qu’elle est digne que deux puissantes na-tions s’entredéfolent pendant dix ans pour l’amour d’elle. Ce-la n’est-ìl pas bien merveilleux ? Paris aiant été tué quelquetems après, il s’éleva une dispute très-chaude entre ses freres,à qui fe marieroit avec fa veuve. Priam leur ordonna lecombat, & la promit à celui qui remporteroit la victoire.Deïphobe fe bâtit le mieux de tous, & eut Helene ( 114).L’un de ses freres (115) fut fi outré de Texclusion, qu’il sor-tit de Troie, 8c qu’il contribua de toutes ses forces à la rui-ne de fa patrie. Cela ne prouve-t-il point qu’Helene âgéede soixante ans étoit encore un prodige de beauté ? Lucienprouve qu’au tems du fiege de Troie c’étoit une vieille fem-me, & presque aussi vieille qu’Hecube. Eìco» yàp xsvrfyjth

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ià.XI.ot. <Tf ovó.'jv w(jíifbuTiv 1fXtx.ía' 7 tv ivíovv iv,s T x.sefìr,s. Siqui-dem vidi quandam candida & procera cervice ut cjgno progna-tam illam hinc conjicerent. C&terum anum Hecuba propemo-dum aquivam (116). Elle auroit été beaucoup plus vieillequ’Hecube, s’il étoit vrai, comme on le difoit (117), qu’Her-cule étoit le dernier enfant de Jupiter. Notre étonnementfur une beauté fl âgée cesseroit, si nous pouvions croire cequ’on conte , qulHelene par une insigne prérogative étoitexemte de la dure nécessité de vieillir (118); mais tout lemonde n’en demeure pas d’accord. „ L’on dit d’Helene,, que fur la fin de fa vie, toutes les fois qu’elle fe voyoit,, dans son miroir, elle cherchoit avec étonnement ce qu’elle,, étoit devenue, 8c fe plaignent du tems qui avoit été son„ troisième ravisseur, 8c avoit enlevé Helene à Helene mê-„ me ”. J’ai lureela dans le Livre d’un Jésuite, dont le styleest fort guindé ( 119). Un autre Moderne nous va raconterce fait presque de la même maniéré (no) : Celle dont vousparlez, mérité d'être regardée d'un œil tel que le vôtre. Vous yverrez bien-tôt un autre changement fort opposé à celui (121)qui vous a donné tant £ étonnement. C'est celuy qu un peud années vous feront remarquer ; celuy qui faifoit pleurer He-lene a son miroir ; c/ le même qui ïobligeait à nommer leTemps son troificme , ou quatrième ravisseur, car le nombren en efi pas bien constant. Estrange forte de rapt, ou l'on voitHelene enlevet à Helene mesme ; cy celle que les trots parties

du Monde, qui faisaient son tout alors f reconnurent pour laplus belle de son stecle, chercher son visage dans une glace demiroir qui ne luy reprefente plus rien que d'affreux. Cettepensée est assez conforme à deux Vers d’Ovide (m).

Je dois avertir que si nous suivions la Chronologie d’Eufe-be, nous trouverions qu’Helene avoit vécu plus d’un fiecle,lors que Paris T enleva ; car selon Eufebe Texpédition des Ar-gonautes précéda de quatre vingt neuf ans la prise de Troie.II a bien vu le mécompte des Auteurs Grecs, c’est pourquoiil leur fait cette objection : Si inter Argonautas fuerunt Cas-tor zv Pollux, quomodo pot est eorum for or Helena credi qu&post multos annos virgo rapitur a Theseo (123).? Considérezbien la Remarque de Scaliger fur ce Latin : In Gracis , dit-il (124), s 1 lA'/ïSTáï fusiez noXXa 'kirt ’Z’ctphévcç ânirscfsiai , quaenon multis post annis virgo capitur. Sive culpa librariorurn ,ftve quod verofimilius , Hieronymi properantia accidit , ut ne-gatio in latina interpretatione exprejfa non fit, omnino ridiculefententia ejficitur. Nam quo remotior fuerit raptus Helene eocredibilior erit. Contra quo propior his temportbus eo remotiotà Trojœ excidio , ideoque minus credibile Helena tempus in bu-jus f&culi trailum incidiffe. Cette Critique me paroît très-fausse, 8c plus je Texamine, plus j’en fuis surpris. Je ne niepoint que la particule négative, dont la fupreffion est unefaute de St. Jerôme selon Scaliger, ne puisse faire un bonsens; mais je ne faurois comprendre que le sens soit ridiculequand on fuprime la négation; 8c au contraire TObjectiond’Eufebe me semble plus intelligible à toutes sortes de Lec-teurs fans la particule négative, qu’avec cette particule. Lebut d’Eufebe est de prouver que ceux qui ont dit que Castor8c Pollux freres d’Helene avoient été du volage des Argo-nautes , 8c que Thefée enleva Helene jeune fille encore, ontmal accordé les tems. Si Castor 8c Pollux, dit-il, ont étédu nombre des Argonautes, comment fe peut-on persuaderqu’ils soient les freres d’Helene, qui fut enlevée fille par Thé-sée plusieurs années après ? Les Lecteurs les plus stupides sen-tent la force de TObjection fans avoir besoin de raisonner ,sans recourir ailleurs qu’aux seules paroles d’Eufebe; mais fil’on supofe avec Scaliger qu’Eusebe s’est exprimé de cette fa-çon, Si Castor z? Pollux ont été du nombre des Argonautes >comment fe peut-on persuader qu ils soient les freres d'Helene ,qui fut enlevée fille par ihejee peu d'années âpres ? chacunvoit que pour sentir que ce soit une Objection, il faut ôterde devant ses yeux les paroles qui la contiennent, 8c recourirà des raisons & à des calculs que Ton trouve dans les pagessuivantes; car si Ton ne considérait que les expressions d’Eu-febe , on s’imagineroit qu’il raisonne mal, 8c que ce qu’ildonne pour preuve porte le contraire de sa prétention.

Voici d’autres paroles de Scaliger qui ne me paraissent PJ Sjustes. Ab hoc tempore (125), dit-il (126), ad excidiut» â'anni funt LXXIX. ut Helenam admodum anum fuijfe apartésrit , fi Argonautica hoc tempore contigerunt. Nam adulteCastoribus , Helenam quoque maturam vira fuijfe necejfe ej 1 -Gquod fi Argonautica hic collocentur , tempore excidii lliaci tìe-lena fuerit major annorum CXX. Hoc est quod objieitbius zy mérita. C’est-à-dire, s’il y a soixante 8c dix-neuf an *entre le volage des Argonautes, 8c Ta prise de Troie, >1qu’Helene ait eu plus de cent-vingt ans lors de la prise u®'Troie. Quelle conséquence ! Est-clle digne du grand ScaU*ger? Est-il nécessaire qu’une fille ait plus de quarante ansQiQque l’on puisse dire qu’elle est prête à marier, matura v‘ rû ■C’est T expression de T Auteur que je réfute. < s

II a beaucoup mieux réussi dans la Critique des calctQd’Eufebe ; car il n’est pas vrai que Texpédition des Argons'tes, 8c celle de Troie,soient éloignées Tune de l’autre autanqu’Eufebe fe Timaginc. Mais il est stìr nn’F.nsebe a sih vl û

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— il est fût qu’Eusebe a lutvitres-fameux Ecrivains; 8c par conséquent je puis T° uten iJque si les anciens Auteurs qui parlent d’Helene avoient ^de bons Chronologues, la durée de fa beauté feroit P r °] Sgieufe, car elle passerait un fiecle. Volons un peu les ca ^que Clement d’Alexandrie a emprunte d’Apoliodore, , jquelques autres célèbres Historiens. Dans un endroitnous dit qu’il fe passa trente huit ans depuis qu’Hctcute ^commencé de régner dans Argos, après Texpédition 1gonames, jusques à fa déification, 8c que Castor 8c ^furent déifiez cinquante-trois ans après Hercule , enV1 an stems que Troie fut prise. C’est mettre quatre-vingt- 0 '? ^n-entre le volage des Argonautes, 8c la prise de y en ,

ner à Helene cent ans plus ou moins, au tems que r a aUtrcleva fur le pied d’une beauté accomplie. ^ anS -^, e t foi-lieu (128) ce même Pere fait une fuputation, st ul g, pex-xante-huit ans entre Tenlévement d’Helene par Paris,pédition des Argonautes. . ,, f e mr»i

Voiez dans Hérodote le cas qu’il faut faire d u -z-

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(121) ll parle d’une laide devenue bitte.

qui fe laijje enlever .] Hérodote, remontant Ì usc l.p* ur ‘ 0 pè 8Cmiere origine des guerres qui ont tant dure entre 1 - en tantl’Aíie, reconoît les Asiatiques pour les aggre el ’ p e squ’ils enlevèrent Io fille d’Inachus Roi d Argos ( ne

Européens (130), qui enlevèrent la fille du _ 01 Jurent

le firent que par droit de représailles. Ils n en - celuipoint là : ils entreprirent un second enlevemen , g t ste-de Medée fille du Roi de Colchos. Ce Pnnc

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