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Tome second. C - I.
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HELENE. HELIODORE.

{I) Vtiez. I*Citât.

{fl) Che-valier deMeré > Dis-cours desAgrémens,

IZ8

Edit. deHollande.

(r 73 ) Là-même. Voìex.ci m dessus ta%trnaY(j. (^4)de Í’^írncleDellius.

(<0 Heliod.jEthiop.Lìbr. X , fub

(l) Nam.

73 ,f*g. t il,

à-fil.

(z) Huet.de Origin.Fabul. Ro-man. p. 3 S.

( 3) Voiez. laBibliot h.de Gesnei,filie 30I,

(4) Sorel,Remarquesfur le XIIILivre duBerger ex-travagant ,pag. 68 s.

(a) Remar-ques fur JeBerger Ex-travagant ,Lìvr. XIII,pag. 477.

(b) Tom. II,P- 304.305 >Edir. deHeLUndc.

(c) Rìblioih.Giscï Tom.VI,pag. 787.

(d) Sam-mart. Elo-gior. p. 39.

(r) Bibliot.Françoise,pttg. srS.

(f) Bibliot.Françoise,pttg. 3 <S+-

cela ne fit point que ses charmes diminuassent. Un Auteur François prétend qu’elle avoit beau-coup d’esprit Lc d’éloquence, & qu’elle se fit aimer par là autant que par sa beauté (/) {AA).

Les modes des coëffures peuvent être tellement diversifiées,qu’il s’en peut trouver où les agrémens du visage ne soufrentaucune diminution par la perte des cheveux ; mais en généralil est certain que cette perte paffe pour un accident formida-ble à la beauté. Voiez la Remarque (G) de l’Article d’A n a-c r e o n.

( A A ) XJn Auteur François f retend quelle avoit beaucoupd'esprit zs? d’éloquence , e?* quelle se fit aimer par là autantque par sa beauté. ] Cet Auteur François est le Chevalier deMeré. 11 prouve par deux grans exemples qu il ne saut pasque les femmes prennent trop de confiance en leur beauté , niles hommes en leur bonne mine-, & que c est ladre fie ztr le tourde lesprit qui font presque tout , pourveu que la personne n aitrien de choquant (171). Cleopatre lui fournit le premierexemple. Filé avoit peu d'éclat, dit-il (173), ,, Le de la„ forte que le monde en parloit elle n’étoit pas si belle que„ d’abord on en fût surpris : mais quand on venoit à la con-,, fiderer , c’étoit un charme; & ce fut par ses maniérés'deli-„ cates qu’elle tint César trois ou quatre ans enchanté. ...„ Pour une preuve bien seure que c'étoit l’esprit qui faisoit„ tant souhaiter cette Princesse, c’est qu’Antoine qui pou-,, voit choisir auffi bien que César,ne la vit que dans un âge„ où peu de femmes font encore belles, & qu’il en devint si„ éperdument amoureux qu’il aima mieux renoncer à l’Em-„ pire du monde que de la perdre de veuë Voici son se-cond exemple :

„ Helene par même voye„ Aux rares beautez, de son corps„ Alouftant de lesprit les aimables thresors,

,, Causa lembrasement de Troye.

„ Si son esprit n eust eu des charmes„ Ce peuple n eust jamais voulu,

„ Contre le droit des gens d'un pouvoir absolu,

„ Pour la garder prendre les armes.

„ La Grece auffi l'euft oubliée„ Entre les bras de son amant,

,, Mais elle se souvint de son esprit charmant,

„ Et la guerre fut pulliée.

„ II y a beaucoup d’aparence , Madame , que sa beauté„ n’étoit pas feule, puis que tous les Dieux le partagèrent,„ pour la donner à ceux qu’ils favorisoient, & si elle n’eút

„ eu que son visage, 8c sa taille, c’eút été leur faire un me-,, diocre présent. Je m’imagine que ce qu’ils estimoient ert„ elle de plus haut prix, étoit l’adresse qu’elle avoit de plai-,, re, 8c de se faire aimer par ses entretiens (174) ”• Joi-gnez à ceci les paroles du même Auteur, que J ai raporteesen faisant mention du Nepenthes (175).

Je réexamine point s’il a raison dans le fait particulier dela belle Helene; mais il me semble qu’en général sa Maxi-me est véritable (176). La beauté, sans les agrémens del’esprit & de la langue, n’est pas d’une grande force ; 8c uelle fait des conquêtes , elle les fait à la maniéré de cesbraves Généraux qui subjuguent promtement une Provin-ce , 8c qui ne savent pas la garder. L’empire des belles seconserve pour le moins autant par les charmes de 1 esprit,que par les charmes du visage. Ce sont deux sortes de grâ-ces qui ont besoin l’une de l’autre, & qui se rendent mutuel-lement de bons offices. Certains discours fades 8c ridiculesdégoûteroient extrêmement, si la beauté de la personne neleur prêtoit un je ne sai quoi qui les farde. Certaines beau-tez du corps ne feroient aucune impression, si les agrémensde l’esprit ne se répandoient sur elles. Voilà des secours ré-ciproquement donnez. Mais comme l’esprit est presque toû-jours le principal instrument pour conserver la conquête, 8cassez souvent pour la faire, on peut prétendre que c’est luiqui contribue le plus à établir la domination de la beauté. L ePoète qui assûre qu’il ne faut pas moins de forces pour con-server que pour aquérir,

Kon minor est virtus , quam quarere, part a tueri :

Cafus inest illis ; hic ent artis opus ( 177 ),

est un des plus grans Législateurs de i’Empire de l’Amour, &il aplique cette Sentence à l’afaire dont il s’agit en cet en-droìt-ci. II passe même plus avant ; il fait entendre que 1 a-quiiition est moins dificile que la conservation :

NunC mihi , fi quando , Puer z? Cytherêa, favete :

ÌSunc Erato : nam tu nomen amoris habes.

Magna paro ; quas poffit Amor remancre per artes

Dicere , tam vafiopervagus orbe puer ( 178 J,.

C’est auffi la pensée de plusieurs Historiens touchant les ps°"grès des armes (179).

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HELIODORE, natif d’Emcse dans la Phenicie (0), est plus conu par le Roman qu’il ^p^ 1 *composa pendant fa jeunesse (A), que par l’Evêché de Trica ( b ) où il fut eníuite élevé. H rh ^‘ l ‘ic-n’y a guere de gens qui croient qu’il ait été déposé par un Synode, pour n’avoir pas voulu con- ^sentir à la su pression de ce Roman (B). Nicephore est le seul Auteur qui dise cela. Socrate (s) ‘ops* 11 ’

raconte

{A) Par le Roman qu il composa pendant sa jeunesse.^ IIa pour Titre Aiâ-urznxà, & contient les Amours de Theage-ne & de Charidée. On en trouve un Extrait dans Pho-tius (r). Mr. Huët juge qu’Heliodore a été à l’cgard des Ro-manciers, ce qu’Homere à I égard des Poètes, c’est-à-dire quel’Ouvrage d’Heliodore a servi de source 8c de modele à uneinfinité de Romans. Eum fibi sequent'tum temporum fabula-tores Romanenses tanquam exemplum propofuerunt ad imitan-dum , zv tam verb omnes dici poffunt ex hoc fonte, quàm Poè-te- ex Homerico suas, fie ut dicam ,aquas haufiffie (1). La pré-miere Edition de celui-ci est, ce me semble, celle de Bàle1534. Opfopgeus, qui la dédia au Sénat de Nuremberg, as-sure qu’u u soldat en sauva le Manuscrit lors que la Bibliothè-que de Bude fut saccagée (3J. Stanislaus Warszewiczki Che-valier Polonois est l’Auteur de la Traduction Latine , qui futimprimée à Bàle avec le Grec l’an rççr. Amiot commençases Versions Françoiscs par celle de cet Ouvrage. Melin deSaint Gelais Evêque d’Angoulême («) en a mis une bonnepartie en Vers François (4). Les Notes de Jean Bourdelotfur ce Roman font très-doctes; elles furent imprimées à Parisl’an i6rp, avec le Grec d’Heliodore, 8c la Traduction duChevalier Polonois.

§ (a) Si Sorel a dit ce que Mr. Bayle semble lui faire dire,savoir que le Poète Melin de S. Gelais a été Evêque d’An-goulême, il n’avoit consulté ni les Eloges de Ste. Marthe,ni la Gallia Christiana. C’est Octavien de S. Gelais, Perenaturel de Melin , qui a été Evêque de cette Ville. II vivoitfous les Rois Charles VIII. & Louis XII. & plusieurs Poésiesde ce Prélat font entrées dans le Recueil in 4. Gothique, im-primé fous le titre de Verger d'Honneur.

II est étonnant que Mr. Bayle ait laissé échaper une tellefaute ; ce ne peut être que par une de ces distractions aux-quelles les plus habiles gens font sujets. Eu copiant Sorel (4),d’où il a tiré cela, il n’a point pris garde que cet Auteur s’é-toit trompé; car autrement il en auroit averti selon sa coutu-me. Sorel ne l’a peut-être fait non plus que par inadvertan-ce; mais c’est toujours un grand défaut, puis qu’outre Mr.Bayle cela a fait-tomber dans la même erreur non seulementl’Auteur des Essais de Littérature [b], mais même le célèbreMr. Fabricius (c). Au lieu de Mellin de St. Gelais , il falloitdire Octavien de St. Gelais son Pere, qui a été en effet Evê-que d Angoulême {d), & qui est celui dont on a voulu par-i/\ ' re * de ’ ™ Verdier (e), ni La Croix du Maine

(/), m aucun autre Auteur, que je fâche, ne fait aucunemention de cette Traduction en Vers d une partie des A-llioiïrs de Theagetie Lc de Charidée; Lc Sorel est peut-être

le seul qui en ait parlé.

Par occasion je remarquerai, que dans les Incunabula Ty-pographu de Seughem, pag. 17 6, on a métamorphoséOÍlavien de St. Gelais en Oélavicus de St. Gervais. C’esttrangement défigurer les Noms. R e m, C r i t.

(B) Il n y a guere de gens qui croient qu il ait été dépose p aun Synode pour ri avoir pas voulu consentir à la suprejfi lin l .ce Romans Nicephore conte qu’un Synode aiant donn eopter à Heliodore, ou de brûler son Roman, ou de re»ocer à son Evêché, l’Auteur aima mieux cesser d’êtreque, que de jetter au feu son Ouvrage ( ç ). Cela P a L^fabuleux : une chose aussi finguliere que celle-là suroîtraportée par plusieurs Historiens ; 8c ce ne seroit pas N* •phore seul, homme crédule 8c de peu de jugement, Hnous l’auroit conservée. %tu omnia eo me facile reducu »ut diffidam iis maxime qua addit Nìcephorus, script or crelus , sapientìa er fidei non satis fpeòfata , SynodumProvincialem cognito periculo , in quod leéíio fabula hui ’cui autoris fui dignitas tantum ponderis z? autoritatisjuvenes, suapte naturâ ad id propensos z? quasi nutanltS fJ tí 0pelleret , eam ipst conditionem obtulifie , m aut opus J ^flammis aboleret, aut sud dignitate cederet ; eumquf > ^ reultimum erai , pratuliffe (6). Socrate auroit-il P useI L p0 sédans l’endroit où il remarque qu’Heliodore _avoit coides Livres d’amour pendant fa jeunesse? ob ’ c ,, r

factTci ifanty.à fb-fiXÍ* , â véoç ffl» r.aà ceiShnf*;'' 1 .file

yíptv<rti Cujus nomine circumferuntur amatorii librt 4 ydum juvenis effiet composuit , er Athiopicos tn J crl ^cJ 0 \ e ceMr. Valois , non content de rejettes comme une „ orna nque Nicephore débite, ne croit pas même que ce p urait été fait par Heliodore l’Evêque. Voiez ses ^ g or el.cet endroit de Socrate. Voions ce qu'a dit se Vy a ytJe ne sçaurois croire qu Heliodore fut Evesque, & 1 e deesté fi sot que d’aymer mieux perdre son _ Evesche > ^ j- ûJltbrusler son livre selon le choix que l'on lui donnoit. ^4-de petits contes faits à plaisir ; car fi J on Uvre estott Jleux que l’on ne luy voulust pas donner la ‘‘ c ss ce , „ aa nd ^tre au jour , l’on n eust pas laissé de le de í° n

eust quitté sa charge, tellement qu tl s j onn er í° n

attente (8). Cet Auteur auroit mieux ne vaut

jugement non raisonné; car la raison qu ‘ n’emP^'rien: la condamnation d’un Livre par un Synode n ^^che pas qu’il ne soit lu , qu il ue 01 ’ t pj e liodore

çoive les éloges qu’il mérite; & par ^ ^ même sej

n’auroit pas été frustré de son attente , B c ondam ne

Evêques qui lui proposèrent 1 alternative aur sou

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