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Tome second. C - I.
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Quelques- tins ont dit que quand elle se coupa les cheveux dans une occasion de deuil ( Z ),

cela

Ovid.

■Metam.

Wr. Vil,V,r f. 9.

< i 6 4) Idem,’M.Vtrs. 17 .

clairement les suites honteuses St criminelles de fa conduite,8c que fa raison les condamnât.

Concipit interea validos JEetias ignés ,

Et luttât a. dut , postquam ratione furortmVinctre non poterat ; Eruflra Medea répugnas *

Ntfrio qui s deus objlat, ait (163).

Excute virgineo conuptas petlore flammas,

Si potes, infelix. Si pojjem, sanior effem;

Sed trahit invitam nova vis : aliudque Cupido ;

Mens aliud suadet. Video meliora, proboqueDétériora sequor (164).

Elle se dit à elle-même tout ce qui pouvoit la guérir de cettepassion : elle se représenta l’énormìté de la faute qu elle te-ton , & il y eut des momens où ces images du devoir etoientprêtes à remporter la victoire ; mais la vue de Jason défit ai-sément tout ce qu’elles avoieut fait.

Coniugìumne putas ? Speciosaque nomìna culpd.

Imponis , Meilca , tua ? Gju'tn aspics quantumAggrediare nef as; csr, dum licet, ejj’uge crime ».

Dixit , w ante oculos retïum pietasque pudorqueConfliterant, etr ut tla dabat jam terga Cupido.lbat ad antiquas Hecates Persi'idos aras ,

Quas mmus umbrosum, secretaque sylva tegebat :

Et jam fraâlus trat, fulfusque resederat ardor , _tlill r !l f m ’ Cum videt JEfoniden, extintïaque flamma reluxit (165).

quent ils y tombOient très-fouveht; car la vie humaine n’estpresque autre chose qu’un combat continuel des passions avecîa conscience, dans lequel celle-ci est presque toûjours vain-cue. Ce qu’il y a de plus étrange 8c de plus bizarre dans cecombat, est que la victoire se déclare très-souvent pour léparti qui choque tout à la fois les idées qu’on a de l’honnête,8c la connoìíîance que l’on a de son intérêt temporel. Jeveux croire qu’il y a des gens d’une si brutale stupidité, qu’iisne voient point que leur vie seroit plus heureuse s’ils nenourri Isolent pas dans leur sein les passions qu’ils y nourris-sent; mais je ne saurois comprendre que la plupart des jaloux ;8c des envieux ne soient bien persuadez que l’exemption déh jalousie 8c de l’envie seroit pour eux un avantage tempo-rel incomparable, 8c digne d’être acheté au poids de sor.Une femme jalouse de son mari ou de son galant, un marijaloux de sa femme ou de sa maîtresse sont des personnesqui sentent très-vivement leur malheur, 8c qui souhaitentpassionnément d’étre délivrées de ce bourreau. Elles fonttout ce qu’elles peuvent pour chasser cette furie qui les persé-cute ; elles emploient pour se détromper ou pour se trompertoutes les raisons qu’elles font capables de tirer de leur esprit ;mais malgré tous ces efforts la jalousie subsiste; elles se trou-vent à leur grand regret plus ingénieuses à inventer ce qui lafomente, qu’à inventer ce qui la peut affaiblir. Disons à-peu-près la même chose des envieux. Us savent fort bien quel’amour propre trouveroit incomparablement mieux soncompte à se contenter de leur condition, 8c à voir avec plai-sir la prospérité d’autruì, qu’il ne le trouve à s’afliger dequ’un voisin s’avance, 8c s’enrichit beaucoup plus queux

Paissons àleurs suittïi

lieu, ,ii >i.V,rf. % j.

Co WB

'nt invo- iilaites | a

Sic jam lenis amor , quem jam languere putares ,

Ut videt juvenem, specie prasentis inarfit ( 166.).

Une infinité de personnes de l’un 8c de l’autre sexe dontl’Histoire n’a rien dit se sont trouvées dans le même cas. L’a-mour leur a fait commettre mille fautes dont elles voioient siclairement 8c la honte 8c le dommage, quelles ont tâché deles prévenir, en apellant le raison a leur secours, 8c en fai-sant bien des souhaits de ne pas aimer. 11 étoit naturel qu’el-les conclussent qu’elles n’étoient point la cause de leur mau-vaise conduite entant qu'elles avoìent un entendement raison-nable, 8c une ame libre, 8c maîtresse de ses volontez. Cetteprémiere conclusion les conduisit à celle-ci, qu’une cause ex-terne 8c supérieure à tôutes leurs forces les poussoir; la secon-de conclusion leur en faisoit faire une troisième, qu’un Dieuétoit cause externe & nécessitante. Voilà l’origine de la pré-tendue Divinité de Venus & de Cupidon ; 8c parce que Vonéprouve que la jalousie, l’envie, l'avarice , l’ivrognerie, ledésir de vengeance, 8c plusieurs autres passions font commet-tre mille choses que la raison condamne, 8c qui sont mêmecontraires aux véritables intérêts de l’amour propre, 8c quel’on voudroit ne pas souhaiter , on a cru que les Dieuxétoient les instigateurs de ces choses. On ne les en a doncpoint accusez parce que l’on ne faisoit nulle réflexion, maisplutôt à cause que l’on réfléchissoit beaucoup sur ce qui sepasse dans notre ame. Si les Paiens avoient eu de Dieu lajuste idée que nous en avons, qui nous le représente commeun être parfaitement saint, ils se fussent garantis de ce juge-ment téméraire;mais attribuant aux Dieux les mêmes défautsà quoi les hommes font sujets, rien n’empêchoit qu’ils necrussent que les Dieux poussoient les hommes au mal, &rendoient inefficaces toutes les lumières de la Raison, tantôtpar une délectation prévenante qui néceffitoit la volonté,tantôt par un chagrin importun qui avoir la même suite. Pa-ris plaisait à Helene: Jason plaisoit à Medée. Elles ne pen-saient point à leur union avec ces objets fans pressentir uncontentement incroiable , elles ne pouvaient se considérercomme séparées d eux fans pressentir un cruel tourment. Cesimpressions ne dépendaient pas de leur liberté , 8c ne luiétoient pas plus soumises que le sentiment agréable ou désa-gréable que l’on a en goûtant du miel, ou du fiel. Ce quepouvaient faire ces deux femmes étoit d’oposer à ces deuxpressentímens la Raison, 8c le Devoir, foibles armes si Paris8c Jason continuent d’exciter les mêmes idées 8c les mêmesimpressions ; puis qu’cn ce cas-là ils captiveront tôt ou tard lavolonté, 8e lui extorqueront son consentement, quelque dé-sir qu’elle puisse avoir de n’être pas subjuguée, 3e de passer del’amour à l’indiférence. Vœux inutiles, velléitez, frivoles,en présence des pressentímens dont j'ai parlé, 8c dont la cau-se ne vient point de nous. D’où vient-elle donc ? Les Paiensavoient beau la chercher à droite 8c à gauche; ils ne la trou-vaient point fur la terre, 8c c’est pourquoi ils la donnèrentaux Dieux. Us le pouvaient faire en deux maniérés, ou enseposant un Cupidon qui blessait le cœur, ou en suposant quel’Auteur des corps humains en avoir monté les pieces avecun tel artifice, que par exemple celui de Jason pouvoir exci-ter dans le cœur 8c dans la tête de Medée les mouvemensdes esprits d’où dépend l’amour machinalement, 8c inévita-blement. Selon ce dernier principe fi Helene, fi Medée de-vient amoureuse, il s’en faut prendre à celui qui a formé, 8earrangé les parties de leur corps, tout de même que s’il fumedans une chambre quand 1e vent soufle, il faut imputer cela,non pas au vent, mais au maçon qui a fait la cheminée.

C étoit un abyme dont les Paiens ne pouvoient sortir, 8efalort qu’ils y tombassent toutes les fois qu’ils vouloient

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VjU lili VUlllii 5 AVctJlV-V y ‘-'V O wuijum ^-. 44 “r t T." ' '

néanmoins en dépit de ces lumières ils se chagrinent, ils sè-chent sur pied quand ils voient la bonne fortune des au-tres (167); & au lieu de s’en réjouir comme ils devroientfaire pour leur propre commodité, ils font réduits à chercherquelque rernede dans des lâcherez perfides. Us traversentpar des médisances, 8c par des coups de trahison, les afairesde leur prochain ; c’est par là qu’ils tâchent de diminuer lafievre maligne qui les ronge. Que pouvoir dire là-dessus utiPhilosophe Paien ? Ne devoit-il pas reconoître là-dedans unecause supérieure, 8e ranger tous ces gens-là au nombre desFanatiques, des Energumenes, des Enthousiastes, 8e de tousceux en général que l’on croioit agitez d’une divine fu-reur (168)? Notez qu’Ovide supose que la jalousie, qu’Aglau-re fille de Cecrops Roi d’Athènes conçut contre fa sœur, luifut inspirée par une Divinité ( 169). Le vrai Système desChrétiens est le seul qui puisse résoudre ces difficultez. Unous aprend que depuis que le premier homme fut déchude son état d’innocence, tous ses descendans ont été assujétisà une telle corruption, qu’à moins d’une grâce surnaturelleils sont nécessairement esclaves de l’iniquité, enclins à malfaire, inutiles à tout bien (170). La Raison, la Philoso-phie , les Idées de l’honnête, la connaissance du vrai intérêtde l’amour propre , tout cela est incapable de résister auxpassions. L’empire qui avoit été donné à la partie supérieu-re de l’ame sur l’inférieure a été ôté à l’homme depuis le pé-ché d’Adam. C’est ainsi que les Théologiens expliquent lechangement que ce péché a produit: mais comme la plupartdes métaphores ne doivent être pressées que jusqu à un cer-tain point, il ne faut pas abuser de celle-ci ; car il ne seroitpoint raisonnable de dire que dans l’état d’innocence la partieintérieure étoit conditionnée comme elle l’est présentement,mais qu’il n’en pouvoit arriver aucun désordre, parce que lapartie supérieure la pouvoit toûjours réprimer bien à propos.Ce seroit suposer que la machine de l’homme en sortant desmains de son Créateur auroit été actuellement tournée versles lènsualitez 8c vers les passions condamnables; 8r ce seroitfaire tort aux perfections du souverain Etre.

( 2 ) Elle fr coupa les cheveux dans une occasion de deuil.']Ce que j’ai a dire sur ce Texte m’a été communiqué par unProfesseur de Geneve (171 ). Je me servirai de ses paroles.„ Le sujet de la prémiere Lettre du Recueil de Jean Michel„ Brutus est divertissant. Victorius qui écrit à Jean délia Ca-„ fa prétend qu’Helene , pour témoigner son deuil fur la„ mort de Clytemnestra fa sœur, se coupa les cheveux jus-„ qu’à la racine, fans que cela l'empêchât d’être encore bel-„ le; Le Monsignor délia Casa est d’opinion qu’elle n'en cou-„ pa que les bouts, comme l’on fait quelquefois pour les„ empêcher de fourcher; 8c on produit là-dessus un bout dePoème fort ingénieux de cet Archevêque , adressé auComte Galeace de Florimont, où lc Prélat fait une con-fession ingénue de n’avoir encore quité le monde qu’àfleur de peau, 8c ainsi d’avoìr imité Helene, qui ne sacri-fia au deuil pour sa sœur que les extremiteZ de fa chevelu-re. La poésie en est noble.

(167) Vìdel

insiTAtor , jti^xabe r citcjHtvidtndoSuccejsitshominum Zcs.rpit<jut &carpitur unx %Sttppliciftm-que suant est*Ovidius >Metam.

Libr, IIyVers. 782.

Il parle dél 7 Envie.

(í 6 S) Est ^Deus in nobitagitante ca-lefcimtts illo mImpetus hiàJacra feminxmentis habtti

Ovidius,Fastoi. Libr wVi , circt tinit. U parlédes Poésies»

(169) Ovid,Metam.

' Libr. Il,

Fab. XII.

( 170 ) Virezles Prièresde la Liturgiede Geneve.

(/ 7 t) Mf.Minutoli ;dent on stdéjà pa.Udans les Heamarques (l.)& (M) deP rdrticle

d> ErieuKB^

'EN

9Wr'"à '* donner la raison de la contrariété qui îe rencontre entre cei u à qu e nous faisons, 8c ce que nous connoissons, 8c par corsse-

Ut capta rediens Helena cum conjuge Trota" Lmo homme, atque animi lenis, mmiumqut remtfi f" Im ìdit in cstdetn ipfam, ejr funus prope forons ,

" Syuíim prdeeps mìsiri v'trtus qugtuarat Oreftts ,

’’ Succifam de more comarn misiura fepu to, Germants cinerì > fertur demppjje captlle” y fX tandem e fummo paulum , ne forte placeret”, Tonfa minus metuens Spartanis ìmproba mœchìs.

, Haud aliter Galatie malts trroribus atlas„ Nuperego, ev Phrygios mutas Paridemque secutus„ Aufugt longe , atque idem : redtit tamen ut mens„ Ad sise, peregrì ràmmm remorata protervœ„ Ormtmnta fuga sensim lenteqtte repono , effY V V V 3

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