7 iz HELIODORE. HELOIS E.
Un Ecrivain moderne conoissoit des gens qui auroient fait ce qu’on attribue au Prélat dcTrica (F).
Ltptdtivero optiodAtA prasultfutrum ;al-unm vcllet ,jocularemnelibrum , (jtismseripsijsctolim , an am~plijfimam facerdotixm , cui tam prœejsct,
(P) Un Ecrivain moderne conoissoit des gens qui auroient fait
ce qu on attribue au. Prélat de Jrica.] L’Ecrivain modernedont je parle est le Pere Vavasseur. II ne croit point ce queNicephore raconte: cela lui paroît badin, soit qu’on le ra-porte à ceux qui proposent une telle alternative, soit qu’onle raporte au parti choisi (19)- Néanmoins il allure qu’ilconoît des gens si amoureux de leurs Ouvrages, qu’ils ai-
Lepidias etiam judiciam & eleclìa episcopiy fa-
cfet dignitatis jatiara commune Ù' pervagum Jcnptoris nomen rcdimentis* V âVâíiûl 9 d€ lu-dicra Dictione, p**. 149 .
meroient mieux perdre les meilleurs Bénéfices du Roiaume,
que de renoncer à la louange qu’ils croient avoir méritée par
leurs Romans. Cujus t amen fatíum ne magnopere vitupere-
tur , aut ne reprehendatur ex toto , nonnulli obstant , quos ego
scio, fi ijio loco ejjent, fieretque potefias elìgendi; hoc idem & Vitit-
amplius faóluros ; talesque partus ingenii , qualia Heliodort ç 0!> de/u-
JEthiopica sunt, non Thracu modo, sed opimis Gallia facer- dieu D‘ c
dotits omnibus antepofituros , es? loco graduque , es? quavis dig- tio»* > f
nitate cejfuros potius , quam laboris , e?" industriel ,es? boni exis- ,5 °'
timationis srucíum hune qualemcumque amitterent (2.0).
(a) DansPÍArtide
ÀBHJ.ARD.
(O
Oper. Ab«e-îardi.
( 2 ) Notissd Histor.Calamitat»Abxlaxdi.
(3) Quant0
amplius i cpro rae hwni-lìande fatis -feceras , &
me pc.rìttr &tottim genusmetim subit"maveras ,tanto te minustam apudDeum , qtiamapud illos Pro-ditores ob~noxium peenareddìderas,rag. 57-,
( 4 I Annal.Lìbr. III.
(f’ill fautTubertus.
(«1 Votez.
Us témoigna -gis,citez,'parLambin furces paroles der Ode XIIdu III Livred’Horace >Mctuenttspatcua; ver-sera iingus.
( 7) JtatmesCaiìonitusParijtnusfíeloyfam nu-turalcm fi-liam babebdtprafianti in-genio formx-<}ue. Papyr.Alasso, An-nal: Lìbr.lll 5 pag. m .
Zj6.
(r) Abxl.Oper. pag.
10.
HELOiSE, concubine 6c puis femme de Pierre Abelard, Religieuse & puis Prieure d’Ar-genteuil, enfin Abbesse du Parader , a trop fait parler d’elle pour ne mériter pas un Articleun peu étendu dans cet Ouvrage. Elle avoir un oncle maternel nommé Fulbert (J 1 ), qui étoitChanoine de Paris, ôt qui l’aimoit tendrement. II prit un foin extrême de la faire bien élever j& comme elle avoir beaucoup d’esprit, elle devint en peu de rems si habile , que fa réputationvola par tout le Roiaume (B). Elle étoit d’ailleurs assez belle (C). II y avoir en ce tems-là àParis un fameux Docteur, qui faisoit des Leçons publiques avec une réputation surprenante. C’é-toit Pierre Abelard , le plus subtil Dialecticien de son siecle , Sc celui qui a commencé à met-tre en vogue la Philosophie Sc la Théologie Scholastique. II jouïssoit de tout l’éclat qu'ulihomme de fa profession pouvoir souhaiter : il avoir un nombre infini de Disciples ; il passoltpour un très-grand maître -, il gagnoit beaucoup d’argent : mais il ne faisoit point l’amour} ilcrut que cela faisoit une breche considérable à fa fortune. Afin donc que rien ne manquât à sonbonheur, il conclut qu’ii deviendrait amoureux, Sc il choisit Heloïse pour fa maîtresse. Nousavons dit ailleurs (a) les raisons qui le portèrent à faire ce choix, Sc comment il sc fourra cheZle Chanoine fur le pied de Précepteur domestique. Le bonhomme Fulbert avoit espéré que fousun tel Maître , Heloïse s’avanceroit dans les Sciences avec une merveilleuse rapidité -, mais il sctrouva qu’elle n’aprit qu’à faire l’amour. Sa docilité fur ce chapitre fut incomparable; on lui fitfaire tant de chemin en peu dc tems, que son Maître passa bientôt de la prémiere faveur à la der-niere -,
(A) Elle avoit un oncle maternel nommé , Fulbert.] Jen’ai trouvé que cela de bien certain touchant la généalogied’Heloïse ; ainsi je n’ai point dit qu’elle apartenoit légiti-mement à l’ancienne maison de Montmorenci. Je l’ai bienlu dans la'Préface Apologétique de François d’Amboise (1) :mais comme il ne cite rien, & qu’André du Chêne (2)n’en fait aucune mention , je tiens cela pour suspect dcfausseté; & d’autant plus qu’Heloïse reconoît dans ses Let-tres, que fa Famille avoit reçu un grand honneur par sonmariage avec Abelard , ôt que celui-ci s étoit fort mésal-lié (3). Papyre Masson (4J avance qu’Heloïse étoit fillenaturelle d’un certain Jean, Chanoine de*Paris. André duChêne a raison de ne s’arrêter pas à cela, puis qu’on ne ditpas d’où l’on puise cette circonstance curieuse; mais il n’apas raison d’oposer à cet Annaliste le Kalendrier du Para-der , où l’on trouve ces paroles : vu Cal. Januar. obiit Bu-bertus ( 5 ) Canonicus Domina Heloïse avunculus ; car qu’ya-t-il de plus facile que de mettre d’accord ensemble Pa-pyre Masson & ce Kalendrier ? Une même fille ne p e ni-elle pas être bâtarde d’un Chanoine , & niece d’un autreChanoine ì Mais, encore un coup, pendant qu’on ne citerapersonne , on ne méritera point d’être écouté , fi l’on ditqu’Heloïse étoit fille naturelle d’un Chanoine nommé Jean.Si l’on avoit à soupçonner quelque Chanoine là-dessus, cedevroit être plutôt Fulbert qu’aucun autre ; car la tendressequ’Abelard lui donne pour Heloïse est si peu commune par-mi les oncles (6), & resiemble si naïvement à l’assectiondes meilleurs peres, qu’il y auroit quelque lieu de s’imaginerque Fulbert fit comme une infinité d’autres, qui ne peuventpas être peres selon les Canons: ils cachent cette qualité fouscelle d’oncle, ils élèvent leurs en fans fous le titre de neveux.Voilà ce qu’on pourroit soupçonner; mais.cela ne doit pointrégler le style, ni empêcher qu’on ne donne aux gens lesqualitez fous lesquelles !e public les a conus. Fulbert dans unLivre ne doit jamais être qu’oncle. Notez, que selon Papy-re Masson, le Chanoine qui fit élever Heloïse, & châtrerPierre Abelard , s’apelloit Jean. Cet Historien ne prétenddonc pas que cette fille ait été niece d’un Chanoine, & fillenaturelle d’un autre Chanoine. II prétend que le Chanoineque tous les autres Auteurs nomment Fulbert, & qu’ils con-sidèrent comme Ponde d’Heloïse, étoit pere d’Heloïse, ôíse nohunoit Jean (7).
(B) Elle devint. ... fi habile , que fa réputation vola partout le Roiaume.] Ecoutons Maître Abelard. §ui (Fulber-tus ) eam quante amplius diligebat , tanto diligentius in omnemquam poterat feientiam literarum promoveri fluduerat. %uacum per faciem non ejfet infima , per abundantïam literarumtrat fuprema. Nam quo bonum hoc , lìteratorì/e fcilicet feien-tU , in mulieribus e(l rarìus , eo amplius puellam commenda-bat, es? in toto regno nominatifimam fecerat (8). Dans cefiecle-là une jeune fille pouvoit passer pour un miracle, avecune très-médiocre érudition. C’est à quoi il faut prendre gar-de, fi l’on ne veut pas outrer les idées qu’on se fait dc notreHeloiie: & néanmoins il faut tenir pour certain quelle mé-rite une place glorieuse parmi les femmes bien savantes. Elle^ounon feulement la Langue Latine, mais aussi le Grec& 1 Hébreu; c est.encore Abelard qui le témoigne dans laLettre qu il écrivit aux Religieuses du Parader. Magiste-rium habetts m matre, qued ad omnia vobis fufficere tam ad
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exemplum fcilicet virtutum, quam ad doP.rinam literarum p>~test , qua non folum Latins ., verum etiam tam Hebraica qufi nGreeca non expers literaturs, > fola hoc tempore illam trimn Utfguarum adepta peritiam videtur , qua ab omnibus in beatoHieronymo tanquam stngularis gratta pradicatur (9). Le Sie urFrançois d’Amboise raconte (10) qu’Heloïse contenta sub-tilement St. Bernard , qui lui demandoit pourquoi on n edisoit pas dans le Monastère du Paraclet en récitant l’Orai-son Dominicale, panem nostrum quotïdianum, mais panelsnostmrn fuperfubstantialem. Elle lui en donna une raison ti-rée des originaux , 8c lui dit qu’il faloit suivre la VersionGreque de l’Evangile que St. Matthieu avoit écrit en Hé-breu. Je ne sai pas si une telle réponse auroit plu à St. Ber-nard; mais je ne doute point qu’elle n’eût pu le dépasser,lui faire quitter la partie : 8c je voudrois de bon cœur que c®
Conte fût véritable; il nous aprendroit qu’une femme auroitbien embarrassé un grand Auteur fur un point de Controver-se, en faisant aporter le Texte Grec. J’ai été donc bien ssché, je I’avoue, lors qu’aiant consulté la Lettre (n)par François d’Amboise, j’ai trouvé qu’Heloïse n’y a rienvoir, 8c que toute la Remarque est d’Abelard qui écrivit/ 4 'dessus à St. Bernard, après qu’il eut su d’Heloïse ce st ueavoit trouvé à reprendre au panem fuperfubstantialem.soit dit sans préjudice de l’Erudition de cette Abbesse..si cjuelcun s’alloit figurer qu’elle ne devint savante qu’apj e f_clôture, je le renverrais à une Lettre de Pierre le Vcneble,Abbé de Clugni,laquelle témoigne qu’avant ce tetns-la eavoit aquis de^grandes lumières; Necdum, lui dit-il (12)adolefcent'u excefseram , necdum in juvéniles annos eva f tr fi0.quando nomen non quidem adhuc religionis tm , fe£} >on ^ -,rum tamen es? laudabilium ftudiorum mihi famaAud'tebam tune temporis mulierem , licet necdum n .bus expeditam , literatorh feientit c? studio facularis í a f! en ' stia fummam operam dare , quo ejferendo studio tuo c? ma Womnes evicifti, es? pene viros univerfos fuperafti. Le * 0 & , )d’Auxerre assure qu’elle savoir bien le Latin 8c l’Hebreu , jjuotf
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x. «mut C 11 C JUlVUiL U 1 CU 1 C JUíUill LV. 4 , - f/igst
voici ce que dit d’elle le Kalendrier du Parader; HelotJ e __
G? premier e Abbejfe de céans, de doâlrine c? reltgton t? tsplendìffante ( 13). slU i
(C) Elle étoit assez, belle. ] Je voi quantité d Auteu H slui donnent une beauté ravissante, mais sont-il*,P Iu ^lesde foi qu’Abelard , qui, aiant plus d’intérçt a gj n >£.choses qu’à les diminuer, se contente de dire qu ^oittoit pas la derniere de son sexe en beauté, mais c t n fyna »
la prémiere en Erudition, cum per faciem non e st et ^ q Ueper abundant'tam literarum erat fuprema. Est- ce j nt é r effél’on parle dune fille parfaitement belle ? Un a ]P a ? . :i j’uiieà justifier son choix, 8c la force de sa passion, m ie - niar -semblable figure de Rhétorique ? Quelques-unsq tient qu’Heloïse étoit âgée de dix-huit ans sors q 3 an sla débaucha : je n’ai point trouvé cette aX s°, f cenitt la ,aucun ancien Auteur. II est vrai que le terl ” .,. s cC pâgedont Abelard s’est servi (r;), est f® rt u 0 ™?* 1 r crt (16)de dix-huit ans. Celui de juvcncula don . eU ve U e
s’accorde aussi avec le même âge; mais un n n’Abelasc»conclut rien. C’est une chimère que de du : qu ^dans son Roman de la Rose, a fait le poi ra monde
le nom de Beauté (17). Ce Roman n est venu -u Mqu’après leur mort.
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