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Tome second. C - I.
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H' E L O I S Ei

(e) Voittjl y ÌArticUParaclet.

(/) Tottíceciefi tiré de la,Lettre d 9 A-belard, in-titulée Histo-ria Calami-tatum, à la,réserve d*unpetit nomkredt choses ,dont je cite UsPreuves àpart.

f?) VoieZél* IdrticleFoulques,*pem r (IQ,

(h) Votez. UT{em(ir<j. (T)de C ^irticle

Abelard,

(6i) Evang.de S. Jean,Chap, VIII,Vers. !o.

QUALJTS.de Maître*se plus dou-ce que cellede Femmeà Heloïse.

(6t) Ab*-lardi Ope-45 -

(fiî) trio-ns f nonnulUsauibíts tt Àc tjagio ti.jîroinfMjUs th*'Umis r cv t cu-re cotiab&rtxp.ntrt nones dtiignítus,

fei pleriuju*t.tcitii q*>bus

ju*io, libertûrte »2 vinculopraftxth^m^

<« 4 ) w° n :

Livr. Ut,Chap. V > í a l-m. lro.

(íî) sS&ir;.!Verni , AfndSpartian. ,»ejus Vita,pag. US-

(66) Voie Z.plufutirs 't'*'marques decette naturedans let IXLente de U

Critiquedu Calvi-nisme deMaim-bourg, ir

dant les

Lettres

XXI ir

XXII dela Sttite decette Criti-que.

(67) Votez.

I, Livre >"-litalé, H; s "

roired'Elot-

íe Se d’A br-iard, ‘^rfvné d t AHaie enl69S-

(62) P*l- î**

de son mari. 11 avoit bâti un Oratoire auprès de Troies, auquel il avoit donné le nom de Para- 4

clet (e), & puis il avoit accepté une Abbaïe en Bretagne. Aiant apris que son Heloïse n’avoit

ni feu ni lieu depuis qu’on l’avoit chassée d’Argenteuiì, il lui donna cet Oratoire avec toutes fesdépendances, donation qui fut confirmée parle Pape Innocent II. La voilà donc prémiere Ab-beíso du Paraclet. Elle trouva tellement grâce devant tout le monde, qu’on la combla de biensen peu de tems. Les Evêques l’aimerent comme leur fille, les Abbez comme leur sœur, 6c sesgens du monde comme leur mere (/). Cependant elle étoit très-mal satisfaite de la Providencede Dieu (g ) , 6c murmuroit beaucoup plus que Job. Elle entretint commerce de Lettres avecAbelard ( U) , 6c lui demanda des Réglés pour fes Religieuses , 6c la solution de divers Problè-mes. 11 satisfit à tout cela. Je ne trouve point que l’espérance de le voir élevé à la Prélature aitété la cause de l’envie qu’elle avoit de ne le pas épouser (X). Lors qu’il fut mort Moine de Clugni»elle demanda son corps à l’Abbé, êc l’aiant obtenu elle le fit enterrer au Paraclet, ôc voulut êtreenterrée dans le même tombeau (b). On conte un miracle des plus furprenans arrivé, dit -on,lors que l’on ouvrit le sépulcre pour y mettre le corps 6'Heloïse; c’est qu’Abelard lui tendit ses

bras pour la recevoir, 6c qu’il l’embrassa étroitement (T). 11 y avoit néanmoins plus de vingt

bonnes années qu’il étoit mort; mais ce n’ert pas une affaire: on prétend avoir des exemples depareilles choses (Z). Elle mourut le 17 de Mai 1163. Les Lettres qu’elle avoit écrites à son

mari

ment cette conséquence, lors qu’on se plaît à médire, que laPrieure d’Argenteuil ne valoir pas mieux que fes Religieuses.Mais pour moi qui n’ai point lu qu’elle ait été nommémentcomprise dans le scandale que son Monastère donna, je megarderai bien de lui porter la moindre atteinte. II faut imi-ter notre Seigneur, 8t se servir de sa Maxime (61 ), Person-ne ne vous a-t-il condamnée ou accusée ? Je ne vous condam-ne p oint , ni ne vous accuse point aujfi. Et il est bien vraique les inférieurs imitent la mauvaise vie de leurs supérieurs,mais non pas la bonne vie. La Cour de France fous LouisXIII n’étoit pas plus chaste que fous Henri IV.

(U) Elle entretînt commerce de Lettres avec Abelard. ] Cecommerce ne commença que fur le tard, & ce fut une ren-contre fortuite qui en fournit l’ouverture. Abelard avoit écrità un Ami une longue Relation de fes malheurs, qui tombaentre les mains d’Heloïse déjà Abbesse du Paraclet. L’aiantlue, elle écrivit tout aussi-tôt à Abelard les Réfléxions qu’elley avoit faites; & le ssiplia très-ardemment de lui écrire, afinqu’elle ne fût plus privée de la consolation que ses Lettres luipou voient donner en son absence. Elle lui représenta le dés-intéressement de son amour, 8c comment elle n’avoit cher-ché ni l’honneur du mariage, ni les avantages du douaire, nison plaisir; mais la feule satisfaction de lui Abelard. Elle luidit qu’encore que le nom de femme semble plus saint Sc deplus grand poids, elle avoit toûjours trouvé plus doux celuide fa maîtresse, ou de fa concubine, ou de fa garce : Eïsiuxoris nomen fanâlius ac validius videtur , dulcius mïhì fem-per extitit arnica vocabulum , aut fi non indignerìs , concubins,vel feorti ( 6i ). Elle ajoûte qu’il n'avoir raporté qu’une par-tie des raisons qu’elle lui avoit représentées pour le détournerdu mariage ; mais qu’il avoit fuprimé presque toutes cellesqui étoient prises de la préférence qu’elle donnoit Sc à l'a-mour par dessus le lien conjugal, 8c à la liberté par dessus lanécessité (63). Je ne fat comment cette fille l’entendoit;mais il y a là un des plus mystérieux rafmemens de l’amour.On croit depuis plusieurs siécles que le mariage fait perdre àcette forte de sel sa principale saveur, Sc que depuis qu’onfait une chose par engagement, par devoir, par nécessite,comme une tâche & une corvée, on n’y trouve plus les agré-mens naturels ; deforte qu’au dire des fins conoisseurs onprend une femme ad honores , 8í non pas ad delicias. „ Le,, mariage a pour fa part Futilité, la justice, l’honneur, Sc la„ constance, un plaisir plat, mais plus universel. L’Amour„ se fonde au seul plaisir, Sc l’a de vray plus chatouilleux,„ plus vif, Sc plus aigu: un plaisir attiré parla difficulté, il„ y faut de la piqueure 8c de la cuisson ; ce n’est plus A-„ mour s’il est fans flèches 8c fans feu. La libéralité des Da-„ mes est trop profuse au mariage, 8c émousse la poincte de,, l’affection 8c du désir (64) Patere me , disoit un Empe-reur Romain ( 65 ) à sa femme, fer alias exercere cupiditatesmeas, nam uxor nomen est dignitatis , non voluptatis !66). Onpourroit donc donner un fort mauvais tour au dessein qu’a-voit Heloïse de nette jamais la femme de Pierre Abelard,mais toujours fa chere maîtresse; on pourroit la soupçonnerd’avoir eu peur que le mariage ne fût le tombeau de l’a moût,8c ne l’empêchât dc goûter aussi délicieusement que de cou-tume les caresses de son ami. L’Auteur qui a paraphrasé quel-ques morceaux des Lettres de notre Heloïse (67 ), lui attri-bue dans le fond cet esprit 8c cette vue, quoi que les termessoient délicatement ménagez. On lui fait dire (68) qu’e//e netrouvoit rien que d’infipide dans tous ces engagemens publics ,qui forment des nœuds que la mort feule peut rompre, e r quifont une tri/le nécessité de la vie cy de Vamour-, que ce (69) n estpas aimer que de vouloir trouver du bien cy des dignitez, dansles tìedes embraffemens d’un mari indolent-, quelle ne croirajamais que l'on goûte ainsi les plaisirs sensibles d'une douceunion , ni qu on fente ces émotions sécrétés cy charmantes dedeux cœurs qui fe font long-tems cherchez pour s'unir-, cy qu el-le (70) efi persuadée que s’il y a quelque apparence de félicité icibas ; on ne la trouve que dans l’assemblage de deux personnesqui, s aiment avec liberté, qu un secret panchant a joints, cyqu un mérité réciproque a rendus satisfaits. Nous allons voirqu on a supofé une autre cause au dessein qu’avoit Heloïsede n épouser paS Abelard.

( X) Je ne trouve point que l'espérance de le voir élevé à la{69) P-'i- Si- (70) Pag. 54.

Prélature ait été la cause de l’envìe qu elle avoit de ne le p alépouser, j Le Sieur d’Amboise (71) fait mention d’un an-cien Poète François, qui, après avoir exhorté les hommesà ne se point assujettir à la servitude du mariage, confirmeson sentiment par celui de notre Heloïse, laquelle, dit-il,emploia les prières les plus ardentes auprès de son amant»afin d’empêcher qu’il ne l’époufàt; elle trouvoit mieux soncompte à être aimée d’un homme à qui elle verroit unjour un bon Evêché entre les mains : Satis este dìéìitans fi ‘stla intimo peâìoris amorem mutuum fervans , illum vidtrit nu-ira cy infulis Pontificalibus quibus dignus erat ornatum. LeSieur d’Amboise remarque, í, que ce Poète donne un autretour à cela, savoir qu Heloïse faisoit conoitre que les em-brassemens des personnes mariées ne sont pas accompagne 2d’un plaisir aussi délicieux que les embrassemens illégiti-mes (71). II. Qu’il faut croire non pas qu’Heloïse ait pré-féré la licence du concubinage à la condition d’épouse, maisque son amour 8c son respect pour son Galant la portoientà aimer mieux fe faire Nonnain, que d’empêcher par sonmariage qú’Abelard ne reçût les récompenses qui étoientdues à son esprit & à son érudition , comme vous diriezle chapeau de Cardinal (73). Je n’ai apefçu aucune tra-ce de cela dans les Lettres d’Heloïse ; c’est pourquoi j’enai fait la VI faute de Mr. Moreri dans l’Article d’ABî-lard. Ce qui donne lieu à ces sortes de mensonges estqu’un Auteur se donne la libertc de prêter aux gens les pen-sées qui lui paroissent conformes à leurs intérêts. II y asouvent plus de profit pour une femme à laisser courir so njeune Galant aux dignitez de l’Eglise, qu’à lui en boucher lechemin en lépoufant. Mais est-il permis pour cela de sop°*fer qu’Heloïse a eu dc semblables vues ? V oici un Conte as-sez con u : un homme qui avoit une Prébende la quitta pontse marier; le lendemain des noces il dit à fa'femme, V°1’m amie , comme je t'aime, d'avoir laissé ma Prebende p° urt avoir. Vous avez fait une grande folie , lui rcpondit-else;vous deviez garder vostre Prebende, vous neufstez putde m avoir (74).

( T) On conte .... qu Abelard lui tendit les bras V l trn "brassa étroitement .] Une Chronique manuscrite de Tours ( 75 ./raporte ce joli miracle. Hac ( Heloissa ) ficut dicitur i» *í rt "tudine ultima pofita pracepit ut mortua intra marin tun>“l u,r>poneretur, cy fie eadem dtfunSla ad tumulum apertum itfs"tata, maritits eius qui multis diebus ante eam defunclu-s fr*rat, elevatis brachiis illam recepit , cy ita eam ample x<>tlíSbrachia sua strinxit. Mais d’où vient donc qu’ils ne sont P a -dans le même monument ? François d’Amboise, qui n ° u _conte qu’il a vu au Paraclet le tombeau du Fondateur Si c£ flui de'la Fondatrice Fun auprès de l’autre, contigua fundutost 5cy fundatricis ftpulcra , devoit foudre cette petite diflsoultc.

(Z) ... On a des exemples de pareilles choses.] Voie 2 cque Grégoire de Tours raporte (76) de deux personnes ma-riées qui demeurèrent toûjours vierges, & que les habit 3 "du païs (77) nommèrent les deux Amans. La femmerut la prémiere; le mari en l’enterrant fe servit de cette Oson : Je vous remercie, ô mon Seigneur cy mon Dieu,de c f ì.je vous rens ce trésor dans la méme pureté qu il vous avoit fde me le confier. La femme se mit a sourire, cy P oura fi C> l as tdit-elle, parlez-vous d'une chose qu on ne vous detnunde pLe mari mourut peu après, 8c on l’enterra vis-à-vis d e . j eépouse; mais le lendemain on trouva les deux corps enso ^j.au même tombeau. Cette brusque interrogation pourroire croire à quelque profane, que l’époufe vierge naifl 10 ' ‘ naque le monde fût que son mari eût été fl froid. Elle soau mérite de fa continence, fans vouloir être ex P o!opinions qu’on pourroit former au préjudice de ses agreCe n’est pas ainsi qu’on doit garder ce dépôt: ce " e J u;bien le restituer, que de le rendre tout tel que l’on 1 3ce n’est pas pour cela que Dieu a institué se mariage, » ^quafitum munus in ufus. On peut donc n’êrre pas t>>que le public puisse penser, qu’on n’a pas assez plu au ^fitaire. Mais l’Hislorien remédiera à cetinconvente ’vous consultez le Chapitre XXXII de la Gloire des n Js,seurs, où le discours de la défunte est un peu mieux _ .. Qn ,Dix Chapitres après ìl raconte qu un Sénateur de , J. a

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nommé Hilaire (78), couché au sépulcre depuis un an ,ià main afin cFembrasser fa femme au cou, lors qu’on la 111to:t au même tombeau.

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