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Tome second. C - I.
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H E N A 0 L ï.

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ìì s'cstendfe comme celle d'e bien d’autres, qui à Paris n’ont jamais joui d’une réputation aulsi„ grande que la sienne. C’estoit un homme d'esprit & d’érudition , aymant le plaisir avec3) rafinement, ct débauché avec art & délicatesse ; mais il avoir le plus grand travers dont un-, homme soit capable : il se piquoít d’Athéisme ct fáisoít parade de son sentiment avec sihd-, fureur & une affectation abominable. 11 avoir composé trois difîerens Systèmes de la mor--, talsté de l’ame ( C ), & avoir fait le voyage d’Hollande exprès pour voir Spinosa j qui 'c&», pendant ne fit pas grand cas de ton érudition. A lá mort lés choses chnngetent bien j i!-, k convertit, ct vouloir porter les choses à l’excés : son Confesseur sut obligé de fempë--, âer de recevoir le Viatique au milieu de sa chambre la corde au col. D’Henault n’estoit3, point de naissance : son pere estoit Boulenger ct lui avoir esté d’abord Receveur des tail-s, ^ es de Forés où il n’avoit pas bien fait ses affaires. II a montré à Madame des Houlieres3, tout ce qu’il savoir Lc croyoit savoir : on prétend qu’il y paroist dans les Ouvrages de ect-" Ou me ( D ) Voilà i’Extrait d’une Lettre qu’un habile homme me sir l’honneur de

m ecrne le 2.7 d’Avril 165-6. 11 m’en écrivit une autre le ip de Juillet 1697, dans laquel-

e me sit savoir aue d’Henault a fait un Fais. u m de Mr. Clodoré Gouverneur de la Martinì-9_ue contre Mr. de la Barre Gouverneur des Iles cF Araerìque , ct? un Manifeste de Mr. de Gada *&ne pour l'afaire de Gigeri. Vous trouverez dans le Furetieriana une Elégie (/,) ct uhc Eglò-gnè ( c ) de cet Auteur. L’Elégie est précédée de cet Eloge, Monfieur d'Henault étoit estimée tout le inonde . . : U étoit parfaitement honnête homme , ct? amoureux. II compoía un Sonnetqui donna lieu à Mr. Colbert de faire une belle action ( E ). 11 fut marié, ct il laissa une

" fille

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paU 77 dePEdition d'Hollande.

(c) ÌÀpAge rzr.

{\) V'à-talou luiìcs Ouv li-ges de, Tr.

ï-vremont,

*»» ir.,à P<irú p*rle Sieur P)iV"

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un Masque 'en Pattribue àMr, Goto-leodí, ^4 tu-teur de P Aï-.

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(4) VùitZiti'deJJUí lufin àtmarque (dt P Articledu ; Dwt de<ò U I 8 fc.

" tendue conformité de stile ont mis cette Lettre entieresi qui est très-longue au nombre des Ouvrages de Saint» H vie mont ; & bien des gens qui se disent Connaisseurs»» ont pris cela pour une Piece vraìement de lui. O'est uni» exemple que vous pouvez ajouter à ceux que vous avez», ramassez des erreurs où cette conformité induit tous les». jours les Critiques. La seconde Observation tombe à

» plomb sur un nouveau Censeur.qui a voulu

-, donner un jugement des Ouvrages de Saint Evre-», mont (j:) .... Cet homme a donné tout de son long-, dans le piege tendu par le Compilateur. II attaque cet-». te Lettre de Consolation à Olympe par 1 e style, par les», pensées, par les scntimens, & il emploie le quart de son-, Livre à cette belle reprehenfion Voilà ce que j’aitrouvé dans un Recueil de Remarques qu’un jeune Avocatau Parlement de Paris m’a fait la faveur de m’envoier fan1698, & qui me convainquent qu’il a de l’esprit infiniment,& une exacte connoissance de beaucoup de faits curieux, &très-propres à ce Dictionaire (4) («).

§ («) Mr. Bayle ne raporte pas dans cette Remarque lesvers fui vans , qui font dans ses Oeuvrts diverses ôíc.

E Senecœ Thieste, Actus II. Chorus,

lili mûrs gravis incubât,

A«r no t us nimis omnibus jIgnetus moritur fibi.

IMITATION.

Heureux est l'Inconnu, qui s’est bien fû connoîtrt;

ll ne voit pas de mal * mourir plus qu à naître-,ll s en va comme il est venu :

Mais helas ! que la Mort fait une horreur extrêmeA qui meurt de tous trop connu ,

F. t trop peu connu de srj-méme !

R s m. Cri t.

(C) ll aveit fait trois dìferens Systèmes de U mortalité dtTame. ] Donnons encore un morceau de ce Recùeil deRemarques dont je viens de faire mention. „ Henault dit?» dans son Epître dedicatoire , Vous J 'savez, que je fuis un», homme tout intérieur, que je ne me félicité guere de l'épi-es nion à'autrui, que mes maximes ou mes erreurs font affez„ diferentes de celles da reste du monde. II commence à de-„ couvrir par là ce qu’il étoit. Plusieurs de ses vers sont des?> imitations des chœurs de Seneque, entre autres de l’Acte>» II de la Troade où la mortalité de l ame est établie : cette», matière étoit de son goût.

?, Comme fe perd en un moment», Cette portion d’air dans les corps enfermée j?» le plus atlif element„ Développé es? pouffe en fumée ;

,, Comme au foufie des aquilons

„ On voit bien-tôt evanoúie

,, Une groffe nuée ou de grêle ou de pluie ,

?» Ard d'un déluge afreux menacé Us valons ;

„ Ainfi s’épand cette ame vaine„ Qui meut tous lei refforts de la machine humaìné.

„ Tout meurt en nous quand nous mourons :j, La mort ne laìffe rien , er n est rien elle-même ,

,, Du peu de tems que nous duronss, Ce n est que le moment extrême , crc.

», je fuis surpris que cela ait été imprimé avec privilège.

» Ce t homme avoit lé cœur tendre ; il disoit à fa maîtresse :

», Sappho fit des vers comme vous,

,» Faites l’amour comme tilt.

tome il

„ Í1 veut quelle renonce à la gloire.

,, Pour moi je ne fuis point la dupe de la gloire;

„ Je vous quitte ma place au Temple de mémoire,

,; Et je ne conpoì point que la loi du trépas,, Doive épargner mon nom íV ne m’épargner pas.

», J* mets au deffus de cette erreur commune,

„ On meurt, cr fans reffource ey fans réservé aucune.j, S’il est âpres ma mort quelque reste de moi,

„ Ce reste un peu plus tard suivra la même /w*

,i Fera place à son tour à de nouvelles choses,

„ Et fe replongera dans le sein de ses causes.

t , Ce n’est point là une traduction , c’est un original, ft„ c’est ainsi que cet homme mettoit dans les Ouvrages les„ semences de ses erreurs. Dans les deux Pieces qu’on a„ mises dans le Furetieriana vous trouverez auffi ces mê-„ mes opinions qu’il tâchoit de fourrer par tout. Áux im-„ pietez il ajoûtoit des imputerez assez grossières. II s’en,, trouve dans une Piece intitulée le Bail d’un cœur à Cloris„ qui est dans ce Recueil ; & assurément cette Cloris-lài, pouvoit bien être une Jeanneton de la Fontaine (t). Ces„ vers sont plus hardis que tous les Contes, & meritoient„ mieux les condamnations du Juge de Police

(D) On prétend qu il y paroit aux Ouvrages dt cette Da-mt.\ On a pu voir dans la première Edition de ce Dictio-naire, à' la page 1088 du II Tome, que celui à qui les paro-les de ce Texte apartiennent ajoûte tout auffi-tôt, J’ay vuentre autres remarquer ces vers de VIdille du Ruijfeau ( j.) :

,, Courez ., ruiffeau , courez , fuyez & reportezj, Vos ondes dans le sein des mers dont vous sortez ;

„ Tandis que pour remplir la dure destinée„ Ou nous sommes affuiettis„ Nous irons reporter la vie infortunée„ Dans le sein du néant d'òtt nous sommes sortis

II est sûr qu’une personne, qui parleroit de la sorte dogma-tiquement, nieroit l’immortalité de l’ame. Mais pour l’hon-neur de Madame des Houlieres, disons quelle n’a suivique des Idées Poétiques qui ne tirent point à conséquence.C’est ainsi qu’à l’imitation des anciens Poètes elle a dit ail-leurs ( ; j, qu’áprès notre mort notre ame erre fur les riva-ges de l’Enfer. Ce n’eût pas été fa croiance, fi Mr. d’He-nault lui eût enseigné ses impìétez. Ne jugeons point st’ellepar des Phrases Poétiques. Ce n’est pas qu’on ne puisse ca-cher beaucoup de libertinage fous les privilèges de, la versifi-cation. L’Avocat dont j’ai parlé a fait une Note sur ce Pas-sage. Vous avez raporté des vers de Madame des Houlieressuspetts de libertinage , m’a-t-il écrit, mais on voul en a faitoublier un (f) qui n est pas le moins fort, & qui fe trouvedans l'éditiok de ses Poésies. Il faut dire la vérité: il y alien d'autres pieces morales es? même Chrétiennes es? saintesqui cotrigent celle-là dans fès Ouvrages. Jl faloit pourtantqu on la fît paffer pour une Libertine ; car elle s'en plaintdans son Epitre au Pere de la Chaise fur Us faux dévots.C’étoit un tres grdnd esprit , l'honneur dt son fixe , es? làhonte dú nôtre.

Notez que sous prétexte qu’elle débite Hue nous sommessortis du néant, on ne pourroit pas prétendre qu’elle croioitla création; car Mr. Henault fait assev. couoitre (6) qu epar néant il n’entend point la privation de l’existence maisla simple privation de la vie. En cc sens-là il n’admettòitpoint la création.

, ( E ) ll composa un Sonnet qui donna lieu h jw r j.

faire une belle alhon.j Le Recueil de Remarques cité cidessus me fournit encore un bon Commentaire. P ow -

" ve ™ a Mr. d Henault, c’est de lui dont Mr Desnreaux„ parle dans deux endroits de la Satire IX *1, , a f V j Z

» n * «» nmu (») m. m? Z-,%

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g<nt de delkles MontsAuront bten-tôt pleuré ceth ’Tnme , Caril dtffend Us$dn*ctons ,Cbofetrès-ne-aJsMre kr Eamt. Lt

Foataine,Oèuvr. Pos-thumes, enparlant <£in-nocent XI.Quand l’olt*jet en moncœur a place tEt mesyeux il est joli iSstono nerrtenqued lìbit il-U (fi).

Idem, ibid.

§ (0) CeLatin doitfaire unVers de mê-me mcíùxeque les deuxprécédonsqui ne fontoue de tixsyllabes. Li-sez donc Dtnomen dansles Oeuvresposthumesde la Fon-taine. R s m;Crft.

(1) ll est iU fnige I64dtt / Tomedes Poésiesde Madamedes Houlie-res. Voue lttrouverezauffi dans LCourierGalant duMots de M st,<93 > paj,551 .

(s) VottzL Article

ItOIIll,'■%». (^1).

($) Neusirons repor-ter la vie ift'-fertunêe ,

HAZïRbNOUS AD O N N E'e

Dans Ufei*du néant t?**mus sommessortis.

( 6 ) VoieC ,

le Sonnet df

CAvoaàa.

(*) Jl t'*-

pelle ainfi

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U de'-