HENRI IV.
(«) Celui deRechange deU Bresse, &c,pour. le Mar-quisat de St f-luccs.
\
(59) Père-fixe, Hift.de Henri leGrand, pag,r6r, r6z.Notez, qu*Pierre Mat-thieu , Hist.de la Paix,Livr, /,Narrai. III,pag. m. 69 ,raportg
q»* Henri IVdit une parti*de ces ebofesaux ^Ambas-sadeurs d'Es-pagne quivinrent a ssis-ter k son Ser-ment,
(60) Je crûque ceci s*trouve dansU Vie duEtoc d’Epcr-noo , compo-sé* par Gi-rard.
(tft) Mat-thieu , Hiít.de la Paix,Narras, /,t*Z- rr.
(62) Lk-me •me , Narrât,III , pag. 68.
( 6 ;) Horat.de ArtePoetíca,i. 1 «9.
(<4) Vitgil.jtneid.
Libr. V,Vers. ,94.
(65) Ces mtallusion k mepensée dtP Empereur^Auguste tou-chant C étatcù il aveitmis la ville de
74a
Depuis ce jour-là jusques à íà mort le Roiaume fut exemt de guerres civiles & de guerres étrangères}si vous exceptez l’expédition de l’an 1600. Elle fut entreprise contre le Duc de Savoie, & dura fortpeu, Sc fut suivie d’un traité avantageux («), comme elle avoit été accompagnée d'acnons glorieu-ses. Si la valeur Sc le grand courage de ce Roi n’euífent paru en cent occasions, on eut regardé fansdoute comme une foiblesse, Sc comme un effet de timidité, les bontez immenses qu’il eut pour fesplus mortels ennemis j mais pares qu’on ne le pouvoir soupçonner de poltronnerie, on eut beaucoupde raison de s’imaginer qu’il en usa de la sorte par une clémence généreuse. Et il est certain que laPolitique même la plus rafinée exigeoit cela de lui : il ne pouvoir convertir fes ennemis que par cemoien : il le trouva même trop court ce moien unique ; car il ne put convertir qu’une partie des Li-gueux: quantité de Prêtres s’opiniâtrérent à ne prier point Dieu pour lui (E)- On remarque dansle Diétionaire de Moreri, que plus de cinquante Historiens , £5? plus de cinq cens Panégyristes , ou Poètes ,ou Orateurs , ont parlé de ce grand Monarque .avec éloge. 11 est certain d’un autre côté que beaucoupd’Auteurs ont malignement flétri fa gloire; Sc fe font fort apliquez à exténuer ses bonnes aétions, LCà mettre en vue ses défauts. Monst. de Sullí s’en plaint, Sc réfute leurs médisances,Sc soutient entreautres choses qu’il n’est pas vrai que ce Prince se laissât extorquer par ses maîtresses tout ce qu’ellesfouhaitoient {R). Je croi néanmoins que s’il n’eût point eu de fidelles serviteurs qui traverfoient l’avi'
sent emportez, ou fort ébrechez. Le Roy répondoit que s il avoitdefiré la Paix , ce n estait pas qu il s’ennuyast des incommoditezde la guerre, mais pour donner moyen k la Chrestienté de res-pirer : Qu íl fiavoit bien que dans la conjonUure où estaient leschoses, il en eust pù tirer de grands avantages-, mats que lamain de Dieu renversait souvent les Primes dans leurs plusgrandes prosperitez, zsr qu un sage ne devoit jamais ,pour l’opi-nion de quelque favorable êvenement, s'éloigner d'un bon ac-cord , ni se fier trop sur l’aparence du bon-heur présent, qui peutchanger par mille accident impreveus; Estant arrivé bien sou-vent qu un homme atterré, z? fort blessé, a tué celuy qui luyvoulait faire demander la vie (59). Cette réponse d’Henri IVne s’accorde point avec ce que d autres veulent qu’il ait ditau Duc d’Epcrnon qui étoit présent à la singularité du traité'de paix : Avec ce coup de plume je viens de faire plus d’exploits,■que je rien eujfefait de long tems avec les meilleures épées demon Roiaume (60). II y a en effet beaucoup d’aparence qu’ilne se prom étroit rien d’avantageux de la continuation de laguerre, & je suis sûr que les personnes les plus desintereffées& les plus capables de juger de cette espece de choses furentauffi convaincues de la foiblesse d’esprit que Philippe II fitvoir en cette rencontre, que de la prudence qu’Henri qua-trième témoigna en acceptant une telle paix. Les Espa-gnols eurent honte de la foiblesse de leur Roi. Le Princeson fils souhaita passionnément qu’une guerre si heureusefût continuée, & il accabla de sa disgrâce Don Christophlede Mora qui avoit représenté dans un Conseil les raisonsles plus capables de faire songer à la paix (61). Le Roid’Espagne ne s ébranla point, désirant avoir la paix à quel-que prix que ce fufi, il ne trouva condition aucune au Traiâíéde Vervins qui le dijfuadaft de l’aprouver, encores que son Con-seil iugeast la restitution des Villes prinjes avec tant d'heur, &fi difficiles à reprendre , honteuse zsr préjudiciable. Il prejfaquelle fttft jurée e? éxécutée (6a). II y a beaucoup d’aparen-ce qu’il eût eu des sentimens fort oposez à ceux-là , s’il eûtété dans la vigueur de son âge. Mais que voulez - vous?c’est un des défauts de la vieillesse d’inspirer la timidité.
Multa senem circumveniunt incommoda : vel quod
Qu&rit, zsr inventis miser abftinet, ac timet uti
Vel quod res omnes timide gelideqjje mintstrat (6 3).
J’ai dit ailleurs que les Républiques ont un avantage queles Roiaumes n’ont pas : le Souverain dans les Républiquesn’est jamais trop jeune, ni jamais trop vieux : il n’est sujetni aux infirmitez de l’entànce , ni à celles de la vieillesse.Les Roiaumes n’ont pas ce bonheur : ils éprouvent tantôtles désordres d’une minorité , tantôt la fougue de 1 âgebouillant, tantôt la lenteur , & la pesanteur du déclin desage. Un Roi se trouve contraint de gémir plus d’une fois dece que le nombre des années lui ôte l’activité, & la fermetéqu’il avoit eues, & qu’un jeune Prince son ennemi poffede.
Non laudis atnor , ntc gloria cejjìtPuisa metu : sed enim gelidus tardante seneâlâSangtûs hebet, frigentque ejsœti in corpore vires.
Si mih't qux quondam fuerat, quâque improbus isteExsultat fidens, fi nunc foret illa juventa (64).
Au reste , il ne faut pas s’étonner de ce que l’on critiquala paix de Vervins, & de ce que les uns censurèrent laFrance , d’autres l’Espagne, d’autres l’Espagne & la Francetout à la fois. C’est le destin de ces grandes négociations :ç’a été le fort du traité de Paix conclu à Ryswick l’an1697. Bien des gens ont- blâmé les Alliez de n’avoir pasexigé des conditions encore plus avantageuses , d’autres ontblâmé la France d’avoir cédé tant de pais. Les Françoisen ont murmuré , les Parisiens ne vouloient point faire defeux de joie ; il salut les y contraindre par des menaces ité-ratives. Us eussent voulu que la nation ne rentrât pointdans l’état des siécles passez , où l’on pouvoir dire juste-ment qu’elle savoir mieux faire la guerre que la paix , &qu’elle entendoit aussi bien l’art de rendre que celui deprendre. Us eussent voulu que les discours populaires des Fla-P e í e Mussent pas trouvez véritables. Ils favoient qu’uneinfinité d’ignorans avoient dit qu’il rie faloit pas s’allarmer dela perte de quelques villes, & qu’il faloit même s’en réjouir,puis qu on les recouvreroit fortifiées à la Vauban. Les Eco-liers exprimoient cela d’une autre maniéré ; nous les perdonsde brique, elles seront restituées de marbre (65).
(êL) Qjiantité de Prêtres s'opiniâtrèrent à ne point priesDieu pour lui. ] Le Procureur Général du Roi au Parlementde Toulouse aiant été averti qu’un fort grand nombre dePrêtres en disant la Messe omettoient la Priere pour leRoi (66), 8c qu’elle avoit été suprimée dans plusieurs Mis-sels imprimez (67), en porta fa plainte au Parlement. LaCompagnie ordonna que tous les Prêtres feroient obligez aobserver l’ancienne coutume de cette Priere dans la célébra-tion des divins Offices, défendit de se servir des Missels oucette Priere ne se trouvoit pas, ordonna aux Imprimeurs 8caux Libraires d’y faire ajoûter incessamment la feuille qui 7manquoit, & en cas de contravention les menaça d’une pei-ne corporelle, & de la confiscation des Exemplaires. CetArrêt fut rendu le 7 de Juin 1606 (68). Si douze ans âpresque le Roi eut abjuré le Huguenotisme, & eut donné biendes marques de son attachement au Papisme, & beaucoupde témoignages de fa bonté pour les Ligneux, il y avoit tantd’Ecclésiastiques qui le haïssoient mortellement, qu’eût-ilp uattendre d’une conduite oposée ? La fureur des bigots Sc desentêtez eût été infiniment plus terrible, s’il fe fût négligé dansl’extérieur de la Religion, & s’il eût agi en Prince rempli dereflentiment. L’un de fes Historiens (69) nous donne po urune action d’une politique admirable ce que je m'en vais co-pier : Des le soir mesme ( 70) , il joua aux cartes avec la Du-chesse de Montpenjier, qui ejloit de la Maison de Guise, & Uplus forte Ligueuse qu il y eust dans le Party (71). Infailli-blement cela déplaifoit à fes anciens serviteurs. II se seroitmoins pressé de faire un honneur semblable à une Dame Hu-guenote : c’est renchérir sur la Parabole de l’Evangile, dirent-ils peut-être. Cette Duchesse n’a point travaillé encore dansvotre vigne, & elle avoit fait pour la ruiner tous les esso rt ?imaginables ; & néanmoins elle est mieux paiée que nous q ulavons porté le faix du pour o 1 le hale ( 7 z ). On s’étoit con~tenté dans k Parabole d’égaler à la récompense de ceux q u íavoient travaillé toute la journée, la récompense de ceux q uln’avoient travaillé qu’une heure, & qui n’avoient fait aucundommage avant ce tems-là. II y eut fans doute bien des mur-mures de cette espece, & l’on n’y eût pas satisfait par cetteréponse du pere de famille: Vôtre œil est-il malin, parceje fuis bon (73)? Cela n’eût fait qu’irriter la plaie: Henri j*eût mieux aimé opposer à ces reproches la nécessité destems (ls\,Res dura zsr regni novitas me talia cogunt moliristlsrMonir. du Pleffis Mornai, dans une Lettre qu’il écrivit aMorlas l’an 1594, pendant que ceux qui avoient suivi k L 1 'gue s’en détachoient fous des conditions avantageuses, Rvit de ces paroles notables: „ Nous n’envions point aussi»„ que vous tuiés le véau gras pour Pensant prodigue ; st 31„ pourveu aussi , que vous disiés de bon cœur à l’enran„ obéissant ; Tu fiais, mon enfant, que tous mes biens J° n», tiens-, Au moins que vous n’immoliés pas l’obéïssant P° u .„ faire meilleure chere au prodigue. Bref tout ce qui fe ía !„ nous resjouït, pourveu qu’il soit utile; Mais nous çra-„ gnons ces marchés, esquels on lasche les choses Sc n a -,, quiert on que des paroles; Et paroles de personnes pojj„
„ plus part, qui jusques ici n’ont point eu de parole ( 7 ")^(R) Mr. de Sulli s’en plaint, zsr . . . soutient • • ; ?^n est pas vrai . . . qu’il fe laissât extorquer par fistout ce qu’elles souhaitoient.~\ 11 parle de certains Hìst°nfLj eSphes qui avoient distribué injustement les louanges, í ^ ont:censures. Us n’avoient trouvé aucune tache dans ce 3 l x r j j eils étoient mercenaires, & presque rien de bon dans H eGrand, qui ne leur avoit rien donné. Et d’autant ,dtt-n U ^qu ils ne luy peuvent pas desnier quelques louanges d enteinfinité qui font toutes publiques dans les ressentiment ntCeS .de tous les peuples, ils en oublient malicieusement les p íu tolite sfaires â fiavoìr , desguifent les autres ,& en fin les aH treextenuées le plus qu’il leur a esté possible, ils ont usé d umalice toute remplie d’impoftures, qui a esté de luy J U *l ir (pri-pudemment zir faussement des defirs, propets , desseins, e ,.pj a tjfes, z? résolutions (lors qu il est question, des a fi aireS ,- st ,[ es qiâtoutes les plus absurdes, ineptes, impertinentes, z? n 1se puissent dire. Et sur cela faisant les entendus, t s P ar ’stainfi que s’ils avoient esté les plus confidens du °^' n es pluseussent’eu communication de toutes fes cogitations z? p* l-pjerssécrété <, ou eu intelligence avec quelqu un de ses us J u irgptserviteurs pour la Paix ^ four la Guerreqm ^.‘ ur ‘J e dedites. Puis venans à parler de fa. conversation civt e > / (fe a-vie domestique, de sa conduite en teille,Z? sur tout t J fi 0 i }
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