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Tome second. C - I.
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ire à profit leurs lectures. II fut obligé dé demeurer malgré lui à la Cour de France quelques années*

II y lut très-bien dissimuler ses chagrins: il les chassa même, il les dissipa souvent par le secours ddquelque galanterie, à quoi son tempérament & la corruption des Dames prêtoìenp toutes sortes de fa-cilitez. La Dame de Sauves, femme d’un Sécrétasse d’Etac, fut Pune de les principales Maîtresses .

(W). 11 ne s’amuía pas tellement à faire l’amour, qu’il n’entrât aussi quelquefois dans des intrigues (m) trâ

d’Etat : il eut part à celles qui furent formées peur osier k gouvernement à la Reine mere, 3 chasser les Sxc - H,TlGuises de la Cour ( n ). Cette Reine ayant découvert ces pratiques (o) le fit arrefter luy 13 le Duc d'Ale n-son, 3 kur donna des Gardes , & voulut qu'ils fusent interrogez fur plusieurs cas très-atroces (p) (N).

Ces deux Princes furent mis en liberté par Henri III, au crevant duquel Catherine de Medicis les a-yoit menez jusqu’au Pont de Beau voisin (y). Le Roi de Navarre s’évada enfin 1 an if 76, & I e retiraà Alençon (r). II rentra dans le parti Huguenot 3 professa de nouveau fa premier e Religion (f). LesRocheîois le reçurent dans. leur viiie, & après qu’il y eut séjourné quelques mois , il alla prendre posses-sion de son Gouvernement de Guyenne (t). Depuis ce tems-là jusqu en iphp, fa vie fut un méningé oe ^ zà wl-combats, Sc de négociations, Sc d’amoureites. Sa femme lui étoit un grand embarras, Sc ne laiffa r>

point quelquefois de'lui être utile (O). II y eut souvent des ruptures & des pacifications entre lui Sc ^ ^^ Cour de France j mais enfin Henri troisième íe confédéré avec lui tout de bon & dc bonne foi* me,pa^^s mpour résilier à la Ligue qui étoit plus furieuse que jamais depuis la mort du Duc & du Cardinal deCuise. La réconciliation Sc la confédération de ces deux Rois fut conclue au mois d Aviil ijs§9 •leur entrevue fe passa à Tours le 30 du même mois avec de grandes démonstrations d’un contentementréciproque. Ils joignirent leurs troupes quoique tems après pour faire le siégé de Paris. Ils le firent cnpersonne, Sc ils étoient fur le point de subjuguer cette grande ville, Le de lá châtier selon son mérite*lors que le Roi de France fut tué par Jaques Clement au bourg de St. Clou. Le Roi de Navarre luisuccéda le z d’Août if8p; mais ce ne fut qu’avec de très-grandes dìssicultez, Sc qu’en renonçant ala Religion Protestante, qu’il força la Ligue à le reconoître pour Roi. La ville de Paris persista dansla révolte jusqu’au z z cíe Mars ifpq. Je veux dire que le Roi n’y fit son entrée que ce jour-là. IIdéclara la guette aux Espagnols Tannée suivante, & n’eut guerc de sujet d’en être content. II y per-dit beaucoup plus qu’il n’y gagna ; mais par un bonheur inconu à tous fes Prédécesseurs il fit un trai-té de Paix où il fe dédommagea de fes pertes (P). Ce traité fut conclu a Vervins le z de Mai r p.98.

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d’Aubigné ( 44) raporte de la même maniéré la réponse du séparément le Roi de Navarre, Sc le Prince de Condé. Les

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Roi dé Navarre; & voici en quoi elle conJiíte dans l'Inven-taire de Jean de Serres. ” Le Roy de Navarre supplie sa Ma-il jesté se souvenir de sa promesse, de la conlànguinité n’a-» guercs contractée, 8c ne le point violenter en la Religioni, qu’il a dés ion enfance apprise (45 ) L’Auteur de i’His-toire des choses mémorables n’en dit pas davantage. Celuides Commentaires de statu Religionis £7 Reipublice in regnoGallU n’est pas plus prolixe à Végard du sens, quoi qu’il em-ploie plus de mots (46); & notez qu’íl remarque expressé-ment que la réponse fut faite d’une voix tremblante (47).Ainsi voilà quatre Ecrivains Protestans qui font conformes àMezerai. On ne peut donc pas avoir pour suspecte la bonnefoi de celui-ci. Cela ctant ne doit-on pas se moquer de l'His-torien, qui alonge de trois ou quatre pages la réponse dontil est ici question? Nostre Henry , dit-il (48) fit une refponfequi monstra destort quelle feroit la hauteur de se n courage, laprofondeur de son Jens , z? la grande douceur dé fa clemence.

Il supplia fa Majesté de ft refouvenir de fa foy donnée , de leurparenté fi proche , £?■ de leur nouvelle alliance , ejr de n appor-ter autunt violence à la Religion qu il avoit dés fm enfancefuccé comme le laiél de fa nourrice. Dit , Que c estait un grandmalheur qu un fi grand Roy , qui aiioìt en son ame les semencesde toutes grandes vertus, eufi esté fi pernicieusement conseilléde forcer Jes fubjets par meurtres cr massacres de servir Dieu àfa fantaisie. Qu il n y avoit rien qui domptaft les peuples cou-rageux , < 7 * notamment Us François , que la douceur du Princequils reverent quasi autant que Dieu. Que c estait le cheminqu'avoit tenu Flammus pour acquérir aux Romains toute làGreceen forte qu'estant le plus fort dans la ville de Thebes,Jì usa t'il d autant de persuasion pour attirer le peuple, çjueufifaiU un harangueur de la Tribune des harangués : b qu il fal-loit qu il fçeuft qu il commandoit à des gens qui ne peuvent sup-porter toute la liberté ny toute la servitude, £7 que la puiffan-ce Royale nefloit pas une domination fur des esclaves, mais »;>gouvernement fur des concitoyens. Qu il avoit souvent ouy di-re que ces grands Romains avoïent commandé tous les peuples ,CT* s estoient rendus Seigneurs de tout le mondée pour fe mons-trer sujets à la raison, er ne (e laisser emporter à la vengean-ct .C 49) Voflre Majesté fiait qu un seul exemple d'hu-

manité des Romains tut plus de force pour s emparer des Fallis-ques estrangers , que toute leur puijjance militaire n avoit fceisfaire: queust dont faiâl la douceur de vostre Majesté à l’en-droit des Protestans fes naturels sujets f Un grand Roy commevous ne doibt pas fe laisser aller à tout ce qtìil peut faire : maisimiter le Soleil qui chemine plus lentement, quand il est le plus

eftevé .(50) Ceux qui vous ont fi mal conseillé ont plus

failly que vous, vr font auffi dignes de peine que ceux qui em-poisonnent, la fontaine publique , faisans mourir tant de ginsqui cn boivent- J’ai fauté la plupart des choses que ce longsemeur de Lieux communs met en la bouche du Roi de Na-varre ; mais je n’ôte rien à la Répliqué .qu’il attribue fausse-ment à Charles neuf. ” Voyla, ce dist se Roy, de bellesu picces que vous avez apprises de Chrestien vostre Gouver-» ueur ; mais j’en sçay bien une plus belle, que Dieu a don-" F>é le souverain commandement au Prince, le? ressorts du-" fFfLl n’est pas loisible au sujet de toucher; la gloire d’o-" njm’.ncc luy Allez N faites mon commandement" ar P einc dé la vie ; Et bien que je ne fois tenu de vous" Ejmte conte de mes actions, si est ce que je veux bien» vous faire - ' - - - -

, e 1 t éndre que

autres Historiens racontent que Charles neuf manda ces deuxPrinces en même tems.

(N) La Reine Mere voulut que lui er le Duc £ Alençonfusent interrogez, fur plusieurs cas trés-atroces. ” ($z) Le,, Chancelier v oui ut interroger le Roy de Navarre; mais,quoy„ que captif & menacé, il ne voulut pas faire ce tort à ià di-*, gnité que de répondre. Toutefois, pour contenter la Reine„ Mere,il fit un long discours luy adressant la parole;par le-„ quel il déduisoit beaucoup de choses touchant l’estât présent„ des affaires; mais il ne chargea jamais personne, comme,, avoit fait assez faiblement le Duc d’Alençon (53 ;

(O) Sa femme lui étoit un grand embarras, C7 ne laiffapoint quelquefois de lui être utile.'} Catherine de Medicis lalui avoit amenée l’an 1578 (54). II tenoit alors fa petite Courà Nerac. (5 5) L'un c? l'autre des deux époux furent mécon-tens de se revoir. ” (56) Marguerite, qui aitnoit 1 c grand,, éclat de la Cour de France, où elle nageoir, s’il faut ainsi,, dire, en pleine intrigue,croyoit qu’estre en Guienne.c’es-„ toit un bannissement pour elle; Et Henry, connoissant son„ humeur & sa conduite , l’eût mieux aimée loin que près.

„ Toutefois comme il vid que c’estoit un mal fans remede,'

„ il se résolut de la souffrir,. & luy laissa une entiere liber-

11 té.(57) Et s’accommodant à la saison. Sc au be-

„ soin de ses affaires, il taschoit de tirer des avantages de ses„ intrigues & de son crédit.Ï1 n’en r'eceut pas un petit dans la„ Conférence, que lùy Sc les Députez des Huguenots eurent.

„ à Nerac avec la Reine Mere. Car tandis qu’elle penfoit„ les enchanter psr les'charmes des belles filles quelle avoit,, avee elle, 8e pat l’éloquence de Pibrac ; Marguerite luy„ opposa les mesmes artifices, gagna les Gentilshommes,qui„ estoient auprès de fa mere. par les attraits dc ses filles, Sc„ elìe-mesme employa st adroitement les siens , quelle en-,, chaîna f esprit Sc les volontez du pauvre Pibrac ; désertéi, qu’il n’agissait que par son mouvement, 8c tout au rebours’

„ des intentions de la Reine Mere ; Laquelle ne se défiant„ pas qu’un homme si sage pust estre capable dune telle fo-„ lie, y fut trompée en plusieurs articles, 8e portée infenfi-„ blement à accorder beaucoup plus aux Huguenots qu’clle„ n'avoit résolu

{P) Pdr un bonheur inconu k tous fes prédécesseurs il fit untraité de paix oti il fe dédommagea de fes pertes. ] Bodin (58)observe que depuis cent ans les Espagnols n’avaient fait aucuntraité avec la France fans y avoir çu l’avantage. II avoit rai-son de parler ainsi, Henri IV est le prémier Roi de Francequi ait gagné quelque chose en faisant k paix avec l’Espagne,ïl recouvra tontes les places qu’il avoit perdues en Picardie;il recouvra Blavet dont les Espagnols étoient les maîtres".Cette paix n’échapa point à la critique. II y eut des gens quiblâmèrent le Roi d’Espagneil y en ent auffi qui blâmèrentle Roi de France. Citons Mr. de Peréfixe. Plusieurs £ entreles François, <sui ne fçavoient pas au vray le pitoyable estât où.eftoit le Roy d'Espagne p- fes affaires, ne pouvoient comprendrecomment ce Prince avoit acheté la Paix fi cher, qu e de rend 'fix ou sept bonnes places, entre autres Calais qt Blavet ^pouvoit nommer les clífs de la France. LeS Espagnols ' mtraire, qui voyoìent que leur Roy estoït moribond & (i, T ° m ~épuisées] les Pais-Ba) ébranlez, le Portugal ™ rJJ^Trtalie fur le point de fe révolter I* £i. , -—l e, Tes d I-

ce à

Isij Pers-fixe, Hist.de Henrils Grand, j

ptg. m. }ê, èl'aim 1,74.

(íl ) Vtiésoci dessus la .l^emarg.jGf

f s 4) Pererfixe, Hist.de Henrile Grand»54 -

(lî) La-ml-me, pag. 57. ’

($f) Là-

(5,7) Lì-mi~me ,pog. jf.

(j8l Éodin,da la Répu-blique, Livr,V, Chap. I,pag.m. « 76 .

la vérité, mats qui aìmoit bien leTtpos^fla' * > °- n Pnn ''v . -i**- wut grand exemple semble avoir les François, ayant (t bravement rebri< a fi’ tJtonnolent

" DublsoìiA r h ° s N ^wsouité > qui se recompence par futilité tes leurs forces âpres le Traité du Ducll a?* ' & reum t ss' :" PUUiqïlC Notez qu’il fuposc que 1 c Roy fit venir pas pouffé dans L

Aaaaa 3 fini